CHAUX
Les calcaires purs tbuniissent , par la calcination , de la choxix grasse.
Si le calcaire est impur, et surtout s'il est argileux, il laisse une chaux qui porte le uom de chaux maigre^ qui foisonne peu et se durcit par ion contact avec Veau. (Voir Chaux hydrauliques et mmHiers.)
Lorsqu'on soumet à la calcination le carbonate de chaux pur, on reconnaît que sa décomposition est lente et exige une température élevée.
DifTérents gaz, tels que Foxide de carbone, Thydrogène, mais surtout la vapeur d'eau, exercent de Tinfluence sur la décomposition du carbonate de chaux. Lorsqu'on remplit un tube de porcelaine de fragments de carbonate de chaux, et qu'on expose ce tube au rouge sombre, on ne remarque aucun dégagement d'acide carbonique ; mais si , dans le tube, comme l'a indiqué M. 6ay-Lussac, on fait passer à cette même température un courant de gaz ou de vapeur d'eau, la décomposition du sel se détermine aussitôt
L'influence de la vapeur d'eau sur la décomposition du carbonate de chaux est connue depuis longtemps des fabricants de chaux , qui savent qu'une pierre encore humide se décompose plus facilement que celle qui a été desséchée à l'air : aussi jettent-ils souvent dans les fours à chaux une petite quantité d'eau, qui, en se volatilisant, active la décomposition de la pierre calcaire.
On emploie différents fours pour calciner le carbonate de chaux. D^ns quelques localités on construit avec la pierre à chaux elle-même un four qui présente de l'analogie avec celui que l'on emploie dans les forêts pour fabriquer le charbdn. Ce four est entouré de gazon et de terre, et on. laisse dans l'intérieur une cheminée centrale , par laquelle se dégagent les gaz qui proviennent de la combustion.
On emploie aussi cpielquefois un four intermittent, dans lequel la Voûte est formée par la pierre à chaux elle-même. Ce mode de calcination présente tous les inconvénients des procédés intermittents (pi. 21, fig. 1).
On réalise une grande économie dans la main-d'œu\Te et le combustible en se servant de fours dans lesquels la calcination est continue. Les fours continus sont appelés Fours coulants. Ils sont de deux espèces. Tantôt on introduit dans le four un mélange de calcaire et de combustible ; tantôt le combustible est brûlé dans des foyers séparés , et l'on fait arriver la flamme dans le four qui sert alors de cheminée de tirage. La première espèce de four est la plus employée ; on y brûle généralement do la houille ou de l'anthracite. I^ur fonne peut être celle d'un cône renversé, quelquefois aussi elle est elliptique : nous donnons le dessin d'un de ces fours dans l'atlas (pi. 21, tig. 2).
La pratique a démontré que la décomposition du carl)onat(i de chaux était plus rapide lorsqu'on opérait sur de petits morceaux, et que la qua-
168 CARACTÈRES DiSTINCTIFS DES SELS DE CHAUX.
lité de la chaux est d'autant meilleure que la pien^e employée est plus dense.
DMiffM ée lu clMiax.
Les usages de la chaux sont nombreux.
La chaux sert de base à la préparation des mortiers: on remploie dans le tannage pour gonQer les peaux, dans la purification du gaz de réclairage pour absorber les acides sulfhydrique et carbonique.
Elle sert aussi dans la préparation de la potasse et de la soude pour enlever par voie humide Facide carbonique aux carbonates alcalins.
La chaux est employée avec avantage dans la saponification des corps gras destinés à la fabrication des bougies stéariques, et dans la fabrication du sucre, pour Topération qui porte le nom de Défécation,
Elle sert dans Tagriculture conmie amendement. Lorsqu'une terre est trop argileuse, on la mélange souvent avec une certaine quantité de chaux qui, en absorbant Teau et l'acide carbonique, se délite, rend la terre plus légère et la végétation plus facile. Cette addition de chaux permet aussi de restituer à la terre l'élément calcaire que la végétation lui enlève chaque année.
BI-OXIDE DE CALCIUM. CaOî.
M. Thenard a découvert le bi-oxide de calcium en versant de l'eau oxigénée dans une dissolution de chaux ; il se forme un précipité blanc, cristallin , de bi-oxide de calcium hydraté. Ce corps est peu stable, et se décompose même sous l'eau en chaux et en oxigène.