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GARAGTÈAES DISTINCTIFS DES SELS DE CHAUX

Les sels de chaux sont incolores, d'une saveur amère et salée ; ils se reconnaissent au moyen des réactifs suivants :

Potasse et soude. — Précipité blanc, gélatineux, de chaux.

Ammoniaque. — Pas de précipité.

Carbonates et bicarbonates dépotasse t de soude et d'ammoniac. — Précipité blanc de carbonate de chaux.

Acide oxalique et oxalate d'ammoniaque. — Précipité blanc d'oxalatede chaux , insoluble dans l'eau et dans l'acide acétique , mais très soluble dans l'acide azotique : cette réaction est caractéristique pour les sels de chaux.

Acide sulfurique et sulfates solubles. — Précipité blanc de sulfate de chaux ; le précipité n'apparatt pas lorsque la liqueur est trop étendue , et se forme aussitôt lorsqu'on y ajoute de l'alcool.

Sulfures alcalins. Cyanoferrure de potassium. Acide hydrofluosilicique. — Ne forment pas de précipité.

Au chalumeau. — Les sels de chaux, et principalement le carbonate ,

CHLORURK DB CUCIUM. 169

rq[)aiideDt ua éclat éblouissant lorsqu'on les chauffe à Textrémité du dûrd de la flamme.

BoMfe «• Ut dMinc.

Quand une dissolution ne contient pas de substance insoluble dans Talcool faible, on verse dans cette dissolution de Facide sulfurique, et on traite la liqueur par de Talcool ; il se dépose du sulfate de chaux que Ton jette sur un filtre : le précipité est lavé avec de Teau alcoolisée , on le calcine, et son poids fait connaître celui de la chaux qui se trouvait dans la liqueur.

On dose ordinairement la chaux en saturant sa dissolution par de r^mmoniaque, et en y versant un excès d*oxalate d'ammoniaque. Si Ton abandonne la liqueur à une douce chaleur, Toxalate de chaux se dépose très facilement; on le jette alors sur un filtre et on le lave jusqu'à ce que Teau de lavage passe parfaitement pure.

Pour apprécier la quantité de chaux contenue dans Toxalate de chaux, on peut : 1** calciner le précipité avec du carbonate d'ammoniaque : la chaux est dosée alors à l'état de carbonate de chaux ; 2* chaufTer le précipité au rouge blanc, et peser la chaux à l'état anhydre; 3* calciner ï'oxalate de chaux avec un excès d'acide sulftirique : la chaux est alors dosée à l'état de sulfate de chaux.

Il est important que la liqueur d'où l'on précipite la chaux soit neutre ou même légèrement alcaline, car Ï'oxalate de chaux , étant sensiblement soluble dans les acides , ne se précipiterait qu'incomplètement.

C'est aussi pour cette raison que , dans la précipitation de la chaux , Ï'oxalate d'ammoniaque doit toujours être préféré à l'acide oxalique : cet acide , en eflet , ne peut précipiter la chaux d'un sel sans éliminer une quantité correspondante d'acide qui dissout toujours une partie de Ï'oxalate de chaux.

GHLORUAE DE CALCIUM. CaCl,6H0^

Le chlorure de calcium existe dans les eaux de la mer, dans les eaux de rivières, de fontaines, de puits ; on le trouve souvent aussi dans les matériaux salpêtres.

On peut le préparer en faisant passer du chlore sur de la chaux portée au rouge, ou mieux en dissolvant delà chaux ou du carbonate de chaux dans l'acide chlorhydrique.

Hais le procédé de préparation le plus simple consiste à traiter par l'eau les résidus de la préparation de l'ammoniaque. La liqueur, qui est toujours alcaUne , est saturée par l'acide chlorhydrique, et évaporée ensuite à sec.

Le chlorure de calcium est blanc ; sa saveur est amère ; il cristallise en prismes à 6 pans terminés par des pyramides à 6 faces. Il retient alors

170 OXKBLORURI Dl CALCinH.

ti9 p. iOO d'eau ou 6 équivalents. Ces cristaux, desséchés dans le vide , perdent U équivalents d'eau .

Le chlorure de calcium a uae grande affinité pour Teau ; c'est un des corps les plus déliquescents que Ton connaisse. L'eau peut en prendre 15 fois son poids à la température de 15\ Une dissolution saturée de chlorure de calcium n'entre en ébullition qu'à la température de 169". Sa grande affinité pour l'eau le fait employer pour dessécher les gaz et pour enlever à certains liquides l'eau qu'ils peuvent tenir en dissolution. Toutefois , le chlorure de calcium ne dessèche pas les gaz d'une manière absolue.

En chauffant le chlorure de calcium hydraté, il entre en fusion dans son eau de cristallisation, se solidifie en se desséchant, et peut éprouver ensuite le fusion ignée.

Le chlorure de calcium fondu , puis exposé à la lumière et porté ensuite dans l'obscurité, parait lumineux : on lui donnait autrefois le nom de Phosphore de tfomberg.

Lorsque le chlorure de calcium est anhydre , et qu'on le met en contact avec l'eau, il s'hydrateen produisant de la chaleur. Si l'on met au contraire du chlorure de calcium hydraté dans l'eau, cet hydrate se dissout rapidement , et abaisse la température du liquide. Un mélange de neige et de chlorure de calcium hydraté en poudre, peut produire un froid capable de congeler le mercure.

Si l'on calcine à l'air le chlorure de calcium , il se transforme en partie en chaux et en carbonate de chaux, et le résidu devient alcalin. Toutefois cette altération n'a lieu qu'avec beaucoup de lenteur.

Chauffé avec les sulfates de barite et de strontiane , le chlorure de calcium donne naissance à des sulfates de chaux et à des chlorures de barium et de strontium.

Le chlorure de calcium anhydre se dissout facilement dans l'alcool. 10 parties d'alcool peuvent dissoudre 6 parties de chlorure de calcium anhydre à la température de 80^ Si l'on fait évaporer cette dissolution , on obtient, d'après M. <îraham, des lames rectangulaircis qui contiennent 59 p. 100, ou 8 équivalents et demi d'alcool ; dans ce composé, l'alcool remplace l'eau de cristallisation.

Le chlorure de calcium se combine avec l'ammoniaque : 100 parties de chlorure ammonié peuvent absorber 119p. d'ammoniaque, et former un sel anhydre qui a pour formule : Caei,/!iAzHî. Aussi ne peut-on pas se servir du chlorure de calcium pour dessécher le gaz ammoniac.

oxicnLORURE DE C4LGIUM. CaCI,3CaO.

On obtient ce composé en introduisant de la chaux dans une dissolution bouillante et concentrée de chlorure de calcium. L'ébullition doit être maintenue pendant quelque temps , et il se dépose, par le refroidissement

n.0OMJftE DE CALaUM. 171

de la liqueur, de longs cristaux prismatiques qui ont pour formule CaCl, (CaO)^,i5HO. Ce corps n'est stable que dans une eau diargée de chlorure de eakium. Il se décomposa immédiatemetHen chlorure de calcium et en durax sous rinfhienoe de Talcool ou de Teau pure.

L'oxichlorure dA calcium anhydre existe asies souvent dans les résidus de la préparation dfl Tammoniaque. C'est lui qui rend alcalin le chlorure de calcium qui a été calciné à Tair.

FLUORURS DB CALCIUM. CaFl.

Ce composé se trouve dans la nMure ; il porte en minéralogie le nom de Spath fluor. Il entre pour quelques millièmes dans la composition des os et surtout dans Témail des dents.

Le fluorure de calcium est rarement incolore , et présente ordinaire-^ ment des teintes jaunes ou violettes. Sa forme dominante est celle du cube; sa densité, de 3,1.

Lorsqu'on le soumet à l'action de la chaleur, il devient phosphorescent. Certaines variétés de spath fluor, désignées sous le nom de C/dorophane^ émettent après la calcination une lumière verte.

Le fluorure de calcium entre en fusion à une température élevée, et cristallise par le refroidissement.

Comme il est insoluble , on peut l'obtenir par double décomposition en précipitant un fluorure soluble par un sel de chaux. Le fluorure de calcium résiste à l'action des hydrates de potasse et de soude, mais il est décomposé facilement par voie sèche sous l'influence des carbonates de potasse et de soude.

Le fluorure de calcium sert à préparer l'acide fluorhydrique et les fluorures de silicium et de bore.

Pour obtenir au moyen du spath fluor de l'acide fluorhydrique cpii ne contienne pas d'acide hydrofluosilidque, on calcine le spath fluor ordinaire avec du carbonate de potasse, et l'cm r^rend la masse par l'eau ; il se forme de l'hydrofluosilicate de potasse insoluble que l'on sépare facilement , et il reste ds^s la liqueur du fluorure de potassium que l'cm décompose ensuite par l'acide sulfurique.

Le fluorure de calcium présente souvent de belles teintes violettes ou jaunes : aussi l'emploie-t-on pour faire des objets d'art , tels que des coupes, des vases , etc.

Le spath fluor est une substance essentiellement de filons ; il existe en grande abondance dans les filons d'époques assez modernes. Il s'y trouve associé avec les minerais de plomb et de zinc.

Le spath fluor est exploité en général conune fondant ; on l'emploie surtout dans le traitement des minerais de cuivre.

172 PBOSPHURE DE CALCIUM.

MONOSLLFUttE DE CALCIUM. CaS.

On prépare ce corps : 1'' en calcinmii lesulfate de chaux avec le diarbon, (CaO,SO», + 2C = CaS + 200»,) ; 2* m décomposant au rouge le sulfate de chaux par Foxide de carbone, CaO,SOa, + 6C0 « CaS + ûC(P ; 3*» en faisant passer un courant d'acide sulfhydrique sur la chaux.

Le sulfure ainsi obtenu est blanc, amorphe, d'une saveur hépatique et d'une réaction alcaline. L'eau ne le dissout qu'en proportion très faible ; mais dans son contact avec l'eau bouillante, le monosulfure de calcium se décompose, selon M. H. Rose, en sulfhydrate de sulfure de calcium et en chaux hydratée.

Le sulfure de calcium mêlé avec de l'eau est décomposé avec facilité par Tacide carbonique. Il se forme du carbonate de chaux et de l'acide sulfhydrique (CaS + HO + Cœ =;:CaO,CO* + HS). Le monosulfure de calcium luit dans l'obscurité : on le nonmiait autrefois Phosp/tore de Canton .

BISULFUËE DE CALCIUM. CaSs»

Herschel a obtenu ce sulfure en cristaux jaunes en faisant bouillir pendant quelques instants un mélange de lait de chaux et de soufre en excès. lise dépose par le refroidissement de la liqueur filtrée, des cristaux qui ont pour formule CaS2,3HO.

PENTASULFURE DE CALCIUM. CaS*.

Ce corps se foime par une ébullition prolongée du mélange précédent.

Ces deux polysulfnres servent à la préparation du bisulfure d'hydrogène. Le pentasulfure de calcium absorbe l'oxigène avec rapidité ; Schéele l'avait appliqué à l'analyse de l'air atmosphérique.

PHOSPHUBE DE CALCrUM, PhCa^

On obtient ce composé en faisant passer de la vapeur de phosphore sur de la chaux, portée au rouge. M. Paul Thenard a décrit un appareil qui permet de préparer une grande quantité de phosphure de calcium (pi. 11, fig. 4).

Cet appareil se compose d'un creuset A, rempli de boulettes de chaux vive.

B est un ballon de verre qui contient des fragments de phosphore : au moyen du fourneau à double grille représenté dans la figure , on fait d'abord rougir le creuset qui contient la chaux et l'on y fait ensuite passer la vapeur de phosphore.

D'après M. Paul Thenard, la réaction se détermine entre 1/i équivalents de chaux et 7 équivalents de phosphore :

1/iCaO + 7Ph «= (CaO)2,Ph05 + 5PhCa».

UTK)CBLORITI Dl CHAUX. 173

11 se forme donc 2 équivalents de phosphate neutre de chaux, et 5 équivalents de phosphure de calcium correspondant à Vhydrogène phosphore liquide PhH».

Ce phosphure de calcium est amorphe ; sa couleur est brune ; lorsqu'on le met en contact avec Veau, il est immédiatement décompose et se transforme en phosphure d'hydrogène inflammable qui a pour formule PhIP. Les réaction^ secondaires qui se produisent lorsqu'on met le phosphure de calcium en contact avec Teau, ont été examinées avec détail au chapitre qui concernait les phosphures d'hydrogtoe.

AZOTATE DE CHAUX. CaO,AzOS4HO.

Ce sel existe souvent en abondance dans les matériaux salpêtres. M. Berzélius Ta trouvé en quantité notable dans les eaux des fontaines de Stockholm.

On peut l'obtenir facilement en dissolvant le carbonate de chaux dans l'acide azotique.

n est très soluble dans l'eau , déliquescent , soluble dans l'alcool. Il cristallise dans l'eau en longs prismes hexagones qui contiennent k équivalents d'eau ; il se décompose facilement par la chaleur et laisse un résidu de chaux anhydre.

L'azotate de chaux forme avec la chaux deux sels basiques , dont la composition n'a pas été déterminée.

HYPOCHLORITE DE CHAUX. CaO,C10.

On donne le nom de chlorure de chaux, chlorure décolorant, à un mélange d*hypochlorite de chaux et de chlorure de calcium qu'on prépare en traitant l'hydrate de chaux ou le lait de chaux par le chlore : sa + 2CaO = cao,ao + caa.

Ce composé est blanc, amorphe, pulvérulent, d'une odeur d'acide hypochloreux qui rappelle celle du chlore; l'eau le dissout en grande quantité.

Lorsqu'on le traite par les acides affaiblis, on en élimine d'abord de l'acide hypochloreux ; mais , en présence d'un excès d'acide, l'acide hypochloreux réagit sur l'acide chlorhydrique qui provient de la décomposition de chlorure de calcium, et il se forme de l'eau et du chlore : CIO + Ha — Cl^ + HO.

Pour expliquer la production du chlore dans la réaction précédente, on peut admettre aussi que l'acide que nous représent^xons par A élimine simplement l'acide hypochloreux, et que l'oxigène de ce dernier acide, oxide directement le calcium du chlorure de calcium mêlé à l'hypochlorite ; on a ainsi :

CaO,CIO + Caa 4- 2A = 2(CaO,A) + 2a.

174 BTPOCHLORIU DE CiAUX.

Les cbimistes ipii u*fKknattent pas la présenee de rbypochloriie de cbaiu dans le chlorure de chaux , et qui regardent ce composé oonune résultant deTunion directe du chlore avec la chaux en lui donnant pour formule CaO,Cl, expliquent la décomposition du chlorure de chaux par les acides de U manière suivante ;

GaO,Cl + A = CaO,A + Q,

Dans ks deux hypothèses, tout le chloro absorbé par la i^ux est dégagé à Tétat de liberté par les acides ; on comprend alors que, dans un grand nombre d'applications, oîi remplace le chlore par le chlorure de chaux , qui contient sous un petit volume des quantités considérables de chlore , et qui peut le dégager entièrement par Faction des acides.

Le chlorure de chaux agit sur les substances organiques et les décompose : lî détruit les matières colorantes; toutefois son action sur les matières colorantes s'exerce lentement lorsqu'il contient un excès de ôhaux. Ainsi Ton peut mêler ensemble de la couleur bleue de tournesol et du chlorure de chaux, sans observer aucun phénomène de décoloration ; mais Tintervention d'un acide, même très faible, déplace l'acide hypochloreux et détermine aussitôt la décoloration du tournesol.

La dissolution aqueuse de chlorure de chaux présente , d'après M. Mitscherlich , la propriété curieuse d'être décomposée , même à froid, par le contact du bi-oxide de manganèse, des bi-oxides de cuivre et de mercure , et du sesqui-oxide de fer ; elle produit un courant continu d'oxigène , qui ne s'arrête que lorsque tout le chlorure de chaux a été transformé en chlorure de calcium.

Pr«pttratl«i|.

Pour préparer le chlorure de chaux dans les laboratoires, on fait passer un courant de chlore dans un lait de chaux , ou dans de la chaux éteinte. On a soin de maintenir constamment un excès de chaux, pour que l'hypochlorite ne se transforme pas en chlorate. La masse étendue d'eau, décantée ou filtrée , donne une dissolution concentrée de chlorure de chaux.

Dans les usines où la fabrication du chlorure de chaux se fait sur une grande échelle, il faut employer des précautions particulières pour saturer la chaux de chlore et pour empêcher que la chaleur développée pendant la combinaison ne décompose une partie du clilorure de chaux ; on doit éviter que la température ne dépasse 45 à 50*^.

Dans quelques fabriques, pour rendre l'absorption du chlore par la chaux plus facile, on place la chaux hydratée dans des cuves où elle est continuellement remuée au moyen de palettes. Souvent les vases dans lesquels s'opère la nturation sont en grès : on évite, dans la construc-

HYPOCHLOAITI DB CHAUX. 175

tion des appareils, la présence du fer qui est attaqué rapidement par le chlore.

Pour fabriquer le chlorure de chaux on peut avoir recours au procédé suivant, que Ton doit à M. Michel. Le chlore se produit dans des bonbonnes en grès qui sont placées sur des plaques en fonte que Von peut chauffer à Volonté: ces bonbonnes communiquent au moyen de tubes en plomb avec un ccmdenseur en grès, d'un mètre cube environ de capacité et contenant la chaux hydratée. On introduit dans chaque bonbonne §0 kil. environ de peroxide de manganèse et S7^5 d'acide chlorhydrique: cette quantité de manganèse peut servir à quatre opérations ; seulement il faut avmr le soin après chaque opération d'enlever le liquide contenu dans le bonbonne et de le remplacer par une nouvelle quantité d'acide chlorhydrique.

La chaux qui sOTt à préparer le chlorure de chaux doit être blanche : on l'éteint en l'arrosant d'eau, après l'avoir étendue sur le sol; on la remue à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'elle soit réduite en poudre , et on la tamiMe. On peut en éteignant la chaux employer un excès d'eau, ce* pédant la chaux ne doit pas paraître humide à la main : 65 kil. de cette chaux hydratée sont introduits dans le condensateur; on a le soin de les étaler également sur toute la surface. Lorsque le condensateur est chargé, on le met en communication avec les bonbonnes, et on laisse la réaction se foire à froid pendant quelques heures ; on chauffe ensuite peu à peu , et ron augmente la chaleur vers la fin de la saturation. Une opération dure douze heures environ.

Le chlorure de chaux se prépare aussi quelquefois dans des diambres en bois portant des étagères également en bois sur lesquelles on étale la chaux éteinte (pi. 21, flg. 3 et d), ou dans des compartiments en maçonnerie oiduits de Jbitume. Le chlore s'engendre dans des tourilles en grès, qui demandent à être chauffées avec précaution.

Nous donnons dans l'atlas (pi. 19, fig.3) le dessin d'un gazomètre à diknre, qui peut é^ appliqué avec avantage à la fabrication du chlorure de chaux.

Le chlorure de chaux est employé en quantité considérable pour le blanchiment des toiles et de la pâte à papier : on s'en sert comme rongeur dans les fabriques de toiles peintes. Les miasmes qui se dégagent dans les salles d'hôpitaux, dans les amphithéâtres de dissection etc., peuvent être détruits par le chlorure de chaux; ce corps doit toujours être employé en petite quantité, parce que le chlore en excès venant à se répandre dans l'atmosphère, pourrait exercer une action fâcheuse sur la respiration.

476 CBLOftOMÉTR».

GHLOROBIÉTRie.

La propriété que posdtèdeat les alcalis d'absorber de grandes quantités de chlore et de le restituer entièrement sous Tinfluence des acides les plus faibles, est précieuse pour Tindustrie : elle permet en effet de concentrer en quelque sorte le chlore, substance gazeuse et peu soluble dans Teau, et de le traa^rter, sans plus de frais que les ccHrps solides ou liquides, dans des lieux éloignés des centres de fabrication.

Le chlorure de chaux étant toujours un mélange de chlorure de calcium , d^hypochlorite de chaux et de chaux en excès , il était important pour l'industrie de pouvoir déterminer, par un procédé à la Cois simple et rapide^ la quantité de substance utile contenue dans le chlorure de chaux , c*estrà-dire la proportion de chlore qu'un chlorure de chaux pouvait d^fager sous Tinfluence des acides; c'est à cet essai que Ton a donné le nom de chlorométrie.

Les premiers essais de chlorométrie étaient fondés sur la pn^riété que présente le chlore , soit libre, soit satura par des alcalis faibles ou par la chaux, de détruii^e les matières colorantes. On déterminait le titre des chlorures décolorants en aj^réciant le volume d'une dissolution titrée d'indigo que ces chlorures pouvaient décolorer.

M. Balland de Toul, et après lui M. Maroxeau, proposèrent ensuite de déduire le titre des chlorures décolorants de la quantité de protochlorure de mercure que ces composés pouvaient dissoudre en changeant le protochlorure de mercure en bichlorure.

Le procédé que l'on suit généralement aujourd'hui pour titrer un chlorure décolorant est dû à M. Gay-Lussac. Il est fondé sur la propriété que présente l'acide arsénieux en dissolution dans l'acide chlorhydrique faible de se changer, sous l'influence du chlore et de l'eau, en acide arsenique, connue l'indique l'équation suivante:

Az03 + 2H0 + 2a ?= Az05 + mCL

En faisant réagir sur une quantité constante d'acide arsénieux différents échantillons de chlorures de chaux pris sous le même poids , le titre de ces chlorures sera d'autant plus élevé qu'il faudra moins en employer pour transformer en acide arsenique la proportion d'acide arsénieux qui sert à mesurer la force du chlorure de chaux.

Si on ajoute à la dissolution arsénieuse chlorhydrique de la teinture d'indigo , cette matière colorante n'est pas détruite tant qu'il reste de Tacide arsénieux à transformer en acide arsenique; ce qui prouve que le chlore agit plutôt sur l'acide arsénieux que sur l'indigo ; mais dès que l'acide arsénieux est transformé en acide arsenique , et que le chlore ne trouve plus d'acide arsénieux sur lequel il puisse porter son action , l'indigo est détruit instantanément. On peut donc reconnaître ainsi le terme de la suroxidation de l'acide arsénieux.

CHLOROMÉTRII. 177

Pour faire l'analyse d'un chlorure de chaux par la méthode de M. Gay- Lussac, on prépare d'abord une dissolution arsénieuse telle que cette dissolution soit détruite par son propre volume de chlore sec à la pression de 0*,76, et à la température de zéro.

Cette liqueur s'obtient facilement en dissolvant li^.UiO d'acide arsénienx pur dans 2 à 3 décilitres d'acide cMorhydrique étendu d'environ aon volume d'eau, et en introduisant cette dissolution dans une carafe de la capacité d'un litre qu'on achève de remplir avec de l'eau à la température ordinaire. On d(mne à cette liqueur le nom de disaoltUwn orsénieti$e normale.

S'il faut 2 litres d'eau de chlore ou de dissolution de chlorure de chaux pour détruiro complètement un litre de liqueur arsénieuse normale, c'est que ces deux litres de liqueur contiennent un litre de chloro ou 3«',i70 ; si une autre dissolution contenant du chlore libre ou un chlorure de chaux , peut , sous le volume? d'un demi-litre, détruire un litre de liqueur normale, c'est qu'elle contient un litre ou 3«',170 de chlore. On voit donc qu'en déterminant exactement le volume d'une dissolution de chlorure décolorant qui est nécessaire pour oxider un volume connu de liqueur normale d'acide arsénieux , on pourra apprécier la quantité de chlore contenue dans ce chlorure.

Ces observations préliminaires permettront de suivre facilement les détails d'un essai chlorométrique.

On prend dans la masse du chlorure de chaux qu'on se propose de titrer, un échantillon moyen dont on pèse 10 grammes. On le broie dans un mortier de verre ou de porcelaine avec un peu d'eau ; on décante le liquide clair, dans un vase d'un litre, on remet de l'eau sur le précipité qu'on lave de nouveau, et on dissout ainsi tous les corps solubles contenus dans le chlorure de'^chaux. On complète un litre avec les premières liqueurs et les eaux de lavage.

Au lieu d'essayer à la fois toute la dissolution dont il s'agit de déterminer le titre, on n'en emploie qu'une faible partie, ce qui permet de multiplier les essais; on rapporte ensuite par le calcul les r^ultats obtenus aux 10 grammes de chlorure avec lesquels le litre de liqueur a été préparé.

Les instruments cUorométriques consistent en une pipette de dix cen« timètres cubes; en une burette graduée dont chaque division représente un dixième de centimètre cube, et en un vase de 3 à 4 décilitres en verre blanc et à fond plat.

On mesure d*rf)ord 10 centimètres cubes de liqueur normale arsénieuse avec la pipette graduée, et on laisse tomber cette liqueur dans le vase de Zkk décilitres où doit se faire l'analyse. On colore eu Ueu les 10 centimètres cubes de dissolution arsénieuse avec 2 ou 3 gouttes de sulfate d'mdigo.

On remplit exactement la burette avec la dissolution de chlorure de H. 12

178 chloiométeh.

chaux et on verse cette dissolation goutte à gootte dans la liqUeur arsénieuse, à lac^ueUe on imprime continuellement un mouvement d'agitation. On cesse d'ajouter le chlorure au moment même où la cokvation bleue disparait, et on lit sur la burette le nombre[de divisiona qui ont été employée pour produire cette décoloration. Supposons qu'on ait employé i08 divisions de dinohition de chlorure de clMux pour décomposer iO centimètres cubes de liqueur normale arsénieusCf on devra en conclure que dans 108 divbions représentant 10««c-,8, il y a 10 centimètres cubes de chlore. On connaîtra le volume de ce gaz contenu dans le litre, c'està-dire dans les 1000<^<^- de dissolution faite avec 10 gmmùes de chlorure de chaux , en étaUiasant la proportion suivante :

10,8: 10 ::looo : x.

X = 926 cent cabes.

Ces 926 cent, cubes ou 92"°^- ,6 indiquent que le chlorure analysé marque 92,6 degrés chlorométriques. La quantité de chlore contenue dans un kilogramme du môme chlorure de chaux est 100 fcns plus considérable, puisque 10 k"-. x 100 = un kilogramme. Elle est donc égale à 9260 centilitres ou à 92 «'^^O, qui correspondent à 2938%542 (92,6 X3sM7 = 2938%5^2).

Pour qu'un essai chlorométrique soit exact , il faut verser le chlorure décolorant dans la liqueur arsénieuse ; si, au lieu d'opérer ainsi, on visait la liqueur arsénieuse dans le chlorure de chaux, cette liqueur qui contient beaucoup d'acide chlorhydrique éliminejrait plus de chlore que n'en pourrait absorber l'acide arsénieux, et le chlore se dégagerait à l'état de liberté.

II est évident aussi que , pour transformer en acide arsenique l'acide arsénieux contenu dans 10 c. c de liqueur normale, il faut employer un volume de chlorure décolorant inversement proportionnel au titre de ce chlorure; que l'on suppose, par exemple, deux échantillons de chlorure de chaux du commerce , dissous dans l'eau , sous le poids de 10 gr., de manière à former un litre ; s'il faut 20 c. c. de l'une de ces dissolutions et 10 de l'autre pour décomposer 10 c. c. de liqueur arsénieuse normale , on comprend que la dernière dissolution est sous le même volume 2 fois plus cliargée de chlore que la première.

. Cette observation montre qu'un calcul est nécessaire poiu* avoir le titre d'un chlorure décolorant. Ce calcul est très simple comme on vient de le voir. Cependant, pour l'éviter, M. Gay-Lussac adressé des tables où sont inscrits les degrés chlorométriques qui correspondent au nombre de divisions de la burette employées pour décomposer la liqueur normale arsénieuse; et M. Collardeau a proposé l'emploi de burettes sur lesquelles se trouvent inscrits les degrés chlorométriques à côt4^ des divisions de l'instrument.

SULFITB DE C8AUX. 179

Le cbl<mire de chain du oominerce marque ordinairement 80 à 110 degrés chlorométriques ; il contient donc par kilogramme 80 à 110 litres de diloreque kaaeidea en dégagent à Tétatde liberté.

SULFATE DE CHAUX. CaO,SO^

Le sulfate de chaux est connu à l'état anhydre et à l'état hydraté.

Le sulfate de chaux aQhydre porte le nom de Karsténite ou anhydritê. Il ejÀsie surtout dans les terrains intermédiaires ; il est rarement cristallisé avec régularité ; cependant , en clivant ses cristaux , on arrive au prisme rectangulaire droit. Ce corpB est plus brillant que le marbre, plus dur que le suKate de chaux hydraté. Sa densité est de 2,96/i. Il est presque sans usage ; toutefois on cite une variété silicifère bleue , qui est employée en Italie pour faire des chambranles de cheminée.

dULFATB DE GHAUX HYDRATÉ. GaO,S0^2HO«

Le gypse ou pierre à plâtre se présente, soit en couches contemporaines, puissantes, dans les terrains tertiaires (bassin de Paris), ou dans la formation des marnes irisées (Meuse , Âveyron) , soit en amas postérieurs dans les différents terrains secondaires (Alpes, Pyrénées); ces amas, constamment en relation avec des roches ignées, sont aussi fréquemment associés avec des dolomies , du sel gemme , du bitume et du soufre.

Le sulfate de chaux hydraté cristallise en grandes tables transparentes, qui se clivent facilement, et présentent la forme de prismes droits quadrangulaires à base rhomboïdale, dont les angles sont de 113' et de 07%* ces cristaux sont ordinairement groupés en fer de lance.

Lorsque les cristaux de sulfate de chaux sont opaques , ou leur donne le nom d'Albâtre gypsettx. Il ne faut pas confondre ce sulfate de chaux avec le véritable albâtre, qui est du carbonate de chaux.

Le sulfate de chaux est insipide ou d'une saveur légèrement amère ; il est incolore , indécomposable par la chaleur. D'après M. Lassaigne, ce sel est également soluble dans Teau , à froid et à chaud , car à + 10" et a 100», 1000 parties d'eau dissolvent 3 parties de plâtre. Il entre plus facilement en dissolution dans Tacidesulfurique concentré, et forme avec cet acide un bisulfate CaO,(S03)2,HO qui est décomposable par Teau. Il est complètement insoluble dans Teau alcoolisée. Sa densité est de 2,31 ; il contient 20,9 p. 100 d'eau ou 2 équivalents d'eau ; il se déshydrate entièrement à une température inférieure à 200* , surtout dans un courant de gaz.

Le sulfate de chaux hydraté présente la dureté de la pierre ; après sa déshydratation, il devient pulvérulent et farineux. Lorsqu'on met le sulfate de chaux ainsi déshydraté en contact avec l'eau, il s'hydrate de nouveau,

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