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ALUMINIUM

L*aluimnium est ordinairement grisâtre ; il devient blanc popune Fétain lorsqu'on le frotte avec un brunissoir; sa densité est de 2,6 : il fond au rouge vif; il est ductile, inoxidable à Tair à la température ordinaire; mais lorsqu'on le fait chauffer au rouge dam; du gaz oxigène pur , il brûle avec un vif éclat, et se transforme en oxide d'aluminium (alumine). La température qui se produit dans cette combustion est assez élevée pour faire entrer en fusion l'alumine , qui est cependant un des corps des plus réfractaires que l'on connaisse.

L'eau bouillante n'agit que lentement sur l'aluminium. En présence jdfô acides étendus , l'aluminium dégage de l'hydrogène, et donne naissance à des sels d'alumine.

Les alcalis pouvept aussi déterminer l'o^idation de l'aluminium ; ce métal se dissout en dégagent de Thydrogène , ^t produit des alumiuat^s alcalins.

L'aluminium ^, été isolé par M. Wœhler, en décomposant dans un creuset de platine le chlorure d'aluminium anhydre par du potassium; il se forme dans cette réaction du chlorure de potassium et de l'alumir nium. On reprend h masse par l'isau froide, qui dissout le chlorure de potassiun^y et laisse l'aluminium.

H. Wœhler a indiqué récemment une modification à son premi» procédé qui permet de [M'éparer l'aluminium avec facilité. On introduit dans un petit creuset de platine un ou deux grammes de potassium bien sec ; ce creuset est placé dans un autre creuset plus grand, également en platine, où l'on met du chlorure d'alun^inium anhydre. On recouvre le grand creuset de son couvercle, que l'on fixe au moyen d'ui^ fil de fer, et l'on chauffe avec précaution. Le potassium donne alors des vapeurs qui décomposent lentement le chlorure d'aluminium ; la réaction est beaucoup moins vive que lorsqu'on chaufTe ensemble le potassium et le chlorure d'aluminium^ et l'on évite ain^i une projection de matières et une détonation qui ont souvent lieu ayec le mélange direct de ces deux corps.

Dans la préparation de l'aluminium, il faut se garder d'employer un excès de potassium; car, après la réaction, le potassiuiç, dans son contact avec l'eau, jNroduirait de la potasse qui déterminerait l'oxidation de l'aluminhun en formant de l'aluminate de potasse.

OXIDE p\tvmmm* — aluiiine. M^0\

Gel oxide eadsta en grande quantité dans la nature; on le trouve dans les argiles, les marnes, le feldspath, le mica, etc. , et dans un grand nombre de minétaux.

h&fmim l'alaminfi eu pure , on lui doime le nom de Corindim, Le co-

200 OXIDI d'àluminiom.

rindon est la substance la plus dure que l'on connaisse après le diamant. Sa densité est de 3,97. U cristallise en dodécaèdres à triangles isocèles , ou en prismes hexaèdres.

Le corindon est appelé cwindon hyalin ou saphir blanc lorsqu'il est transparent. Si lé corindon est coloré en rouge, il porte le nom de Rtd>i$ oriental ; s'il est bleu , on le nomme Saphir ; s'il est vert, il constitue YÉmeraude orientale. Lorsqu'il est jaune, on le nonune Topaze orientale: Améthyste orientale^ s'il est violet. Sous ces différentes variétés , le corindon constitue des pierres précieuses, dont la valeur est souvent comparable à celle du diamant.

L'émeri est un corindon qui contient une assez grande quantité de fer; on l'emploie pour tailler les agates, polir les glaces, les métaux, etc.

Pour préparer l'alumine pure par voie sèche , on se sert ordinairement du procédé de M. Gay-Lussac, qui consista à calciner au rouge Talun ammoniacal, qui a pour formule : (AzH»,HO,S(H),(AlK)»,(S05)3),24HO. Tous les éléments qui entrent dans ce sel.se dégagent par la chaleur, et l'alumine reste parfaitement pure.

L'alumine ainsi préparée est blanche, elle happe à la langue; elle est infusible aux températures les plus élevées que l'on puisse produire dans les foyers ; elle entre en fusion au chalumeau à gaz hydrogène et oxigène et devient très fluide : elle ne peut pas, conmie la silice, être étirée en fils. M. Gandin, en la fondant avec des traces de chromata d'alumine, a obtenu des rubis artificiels. L'alumine est insoluble dans l'eau, et se dissout dans les acides lorsqu'elle n'a pas été calcinée : mais si on la soumet à une température élevée , elle ne se dissout plus que très difficilement.

L'alumine est complètement soluble dans la potasse et la soude. Elle est indécomposable par la chaleur ; lorsqu'on la chauffe avec l'azotate de cobalt, elle forme un beau composé bleu , qui a reçu le nom de bleu Thenard.

Elle est indécomposable par le chlore.

L'alumine exposée à l'air n'absorbe pas l'acide carbonique; on ne connaît pas jusqu'à présent de carbonate d'alumine.

Quoiqu'il n'existe qu'un degré de combinaison de l'aluminium avec l'oxigène, on représente l'alumine par la formule AIW, parce que cette base est isomorphe avec les oxides dont l'équivalent est représenté par 2 équivalents de métal et 3 équivalents d'oxigène.

Ainsi le corindon cristallise comme le peroxide de fer et le sesqui-oxide de chrome qui ont pour formulé FeW — CrH)», et de plus ces oxides peuvent se remplacer mutuellement dans les différentes combinaisons salines sans altérer la forme cristalline des sels. On connaît en effet un sulfate double d'alumine et de potasse qui porte le nom d'o/im, et qui a pourformule : (KO,Sœ),(AP(H,(SO»)»),2ftHO.CeaelcristaUi8een cubesou

alominàti de POTàSSI. 201

en. octaèdres. Le peroxide de fer et Foxide de chrome forment aussi des ahmsquicristalliseniexactementcommeralun d'alumine, et qui ontpour formule : (KO,Sœ),(FèH)»,(SO»)»),24HO— (KO,SO»),(CrîO»,(SOi)»),2ftHO.

HYDEATB d' ALUMINE.

On peut obtenir l'alumine hydratée en précipitant un sel d'alumine par de Fammoniaque, ou mieux par le caiiionate d'ammoniaque. U se forme un précipité gélatineux, que Ton avait considéré jusque dans ces derniers temps comme insoluble. MM. Malaguti et Durocher ont démontré récenunent que l'alumine hydratée est sensiblement soluble dans l'eau, et qu'il ne se forme pas de précipité, lorsqu'un sel d'alumine très étondu est traité par un grand excès d'ammoniaque.

L'alumine anhydre ne se combine pas directement avec l'eau; mais l'hydrate obtenu par précipitation retient fortement l'eau, et ne l'abandonne complètement qu'au rouge vif.

L'alumine peut condenser une quantité considérable d'humidité, et son poids augmente alors de 15 p. 0/0. L'agriculture tire un grand parti de cette propriété; c'est l'alumine, en effet, qui, se trouvant en quantité variable dans différents terrains, leur conserve l'humidité qui est utile à la végétation.

L'hydrate d'alumine peut se combiner avec la plupart des matières collantes 9 et donner naissance à des composés insolubles qui portent le nom de Laquei, Si l'on précipite, par exemple, de l'alumine dans une dissolution de bois de F^mambouc , la matière colorante forme avec cette base un composé insoluble, et la liqueur se trouve complètement décolorée. Cette propriété s'étend aux sels d'alumine qui sont employés en tdnture pour fixer les matières colorantes sur étoffes , et qui portent le nom de mordante.

n existe des hydrates d'alumine naturels. On donne le nom de gibiite à l'hydrate qui a pour formule : AP0^,3H0. Le diaspore qui a été trouvé en Sibérie, rhydrorgilite décrite récemment par M. G. Rose, sont aussi déshydrates d'alumine; le diaspore a pour propriété caractéristique de se réduire en poussière lorsqu'on le chauffe fortement au chalumeau.

On peut obtenir, d'après M. de Bonsdorff, de l'hydrate d'alumine cristallisé semblable à la gibsite, en abandonnant à elle-même dans un flacon contenant de l'acide carbonique , une dissolution d'alumine dans la

ALUlflNATE DB POTASSE. KO,APO'.

L'alumine parait jouer dans quelques circonstances le rôle d'acide ; elle se dissout dans la potasse et la soude.

On a pu obtenir Taluminate de potasse ci*istalliséeu soumettant à une éviqporation lente, une dissolution d'alumine dans la potasse. U se dépose

302 CBCOMJEE d'ALUMIMIUII.

des cristaux blaitcs grenus, doot la saveur est snctéè^ et la réactkm forte- ;?3ent alcaline. L'alumipate de potasse a pour formule : KO, AIKH. (Fremy .) L'alumine peut se combiner areo d'autres bases et jooar )p râla d'acide ; on connaît un minéral très dur; cristallisé en octaèdres, auquel on a donné le nom de spinelle^ qui a pour formule : MgO, AI^O\

OiVfiflêrt» 4cf aaU

Potasse. — Précipité blanc, gélatineux, d'alumine hydratée, soluble dans un excès de précipitant.

Ammoniaque. — Précipité d'alumine, insoluble ou à peine soluble dans un excès d'ammoniaque : Fammoniaque ne forme pas de précipité dans les dissolutions très étendues de sels d'alumine.

Carbonates^ et bicarbonates de potasse, de soude et d*ammotiiaqu€. — Précipité blanc d'alumine, insoluble dans un excès de précipitant; ce précipité est accompagné d'un dégagement d'acide carbonique.

Sulfate de potasse. — Forme, dans le sulfate d'alumine, un précipité cristallin d'alun. Le précipité se dépose rapidement lorsqu'on agite la liqueur.

Sulfate d'ammoniaque. — Forme, dans le sulfate d'alumine, un précipité cristallin d'alun ammoniacal.

Sulfures. — Précipité blanc d'alumine, accompagné d'un dégagement d'acide sulfhydrique.

Cyano ferrure de potassium. — Précipité blanc, qui ne se forme qu'au bout d'un certain temps.

Les sels d'alumine ont tous une réaction acide ; leur saveur est astringente et désagréable; calcinés avec une petite quantité d'azotate de cobalt, il» produisent une substance bleue caractéristique (bleu Thenard). Us ne sont précipités de leur dissolution par aucun acide, même par l'acide

hydrofluosilicique.

IN»MS« «e ralnatae.

Dans les analyses, on précipite ordinairement l'alumine par l'ammoniaque. Toutefois comme l'alumine est un peu soluble dans un excès d'anunoniaque , il vaut mieux la précipiter par le sulfhydrate d'ammoniaque , qui d'après les observations de MM. Malagutî et Durocher ne parait pas dissoudre de traces d'alumine. Avant de calciner l'alumine au rouge vif pour la dessécher, il faut la chauffer graduellement avec précaution dans un creuset de platine surmonté de son couvercle, pour éviter qu'une petite quantité d'almnine ne soit projetée.

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