‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricoleChapitre 68 sur 322 · CHLORURE P' ALUMINIUM. A\K · texte numérisé non relu

CHLORURE P' ALUMINIUM. A\K

Le chlorure d'aluminium est solide, volatil ; d'une couleur légèrement jaune. Il est très soluble dans l'alcool ; il répand à l'air des fumées blanches. Lorsqu'on le met en contact avec l'eau, il s'hydrate et se disaout en

cnoiniB D'Aumofiuii. SOS

faisant entendre un bruit pareil à celui que produit un fer rouge que Ton plonge dans Teau ; il se forme alors du chlorure d'aluminium hydraté, qui peut cristalliser avec 12 équivalents d'eau.

Une dissolution de chlorure d'aluminium se décompose par l'évaporation en alumine et en acide chlorhydrique : aussi ne peut-on jamais obtenir le chlorure d'aluminium anhydre en évaporant à sec une disso* lution d'alumine dans l'acide dilorhydrique.

Le chlorure d'aluminium se combine avec l'acide sulfhydrique, l'hydrogène phosphore et avec le gaz ammoniac. Cette dernière combinaison contient, d'après M. P^rsoz, un équivalent de chlorure d'aluminiun^ et trois équivalents d'ammoniaque.

On obtient le chl(»rure d'alumimum hydraté, m diasolvapt raluaÛM dans l'acide chlorhydrique.

Le chlorure d'aluminium anhydre a été découvert par OErsted, qui l'a préparé m suivant une méthode dont le principe avait été indiqiB^ par MM. Gay-Lussao et Tbenard. La chlore seul na décompose pa» l'alunûne, mais si Ton aoumat à l'action du chlore sec et sous l'influenoa de la dialeur, l'alumine préalablonait mélangée au charbon, U m forma du chlorure d'aluminium et de Foiida de carbone ; on voit qua dans cette expérience on fait intarveoir deux affinités,! celle -du chlcNre pour Talu*minium et celle du carbone pour 1 oxigène.

Cette préparati(Hi peut être faite dans un tube de porcelaine , où l'on introduit un mélange intime d'alumine et de noir de fumée ; nciaia on ne peut opà^r ainsi que sur une quantité très limitée de naélanga ; il vaut mieux préparer le chlorure d'aluminium dans una comua de grte tubuléa.

On commença par faire de petites boulettes d'alumine, da noir de* famée et d'huile, que l'on calcine fortement dans un creuset, afin de déconq[K)6er la matière grasse et de chasser compl^em^t l'humidité* On introdiiii ensuite ces boulettes dans la cornue de grès qui porte dans sa tubulure un tube de porcelaine pénétrant jusqu'au fond : (la cornue est ehauffée au rouge vif; on fait arriver dans le tuba de porcdaina un courant da chlore bien sac ; le col de la cornue communique avec une allonge où se condense une partie du chlorure d'aluminium ; il faut avoir le soin de déboocber de temps en temps le col da la cornue, qui s'obatrue assai rai^ideiuent par la cl^lorure d'alumimum qui s'y condensa, le chlorure d'alpmiuiuui obtenu doit étra renfermé auisitAt dans des flar cousit l'ànari bîao aaca.

20!i SULFATES D'aLUMIME.

SULFATES d'alumine.

L'acide sulfurique peut se combiner avec ralumine en plusieurs proportions, et former une série de sels dont les plus importants sont représentés par les formules suivantes :

(Al^O^^âSOî;

Le sulfate d'alumine , qui a pour formule Al20s,3SOs, est considéré comme le sulfate neutre; il cristallise en petites lames minces, flexibles et d'un éclat nacré ; il est très soluble dans Feau et à peine soluble dans l'alcool. Sa saveur est sucrée et astringente, sa réaction est acide : il contient 18 équivalents d'eau ; lorsqu'on le chauffe, il entre d'abord en fusion, se boursoufle et se décompose ensuite, en laissant un résidu d'alumine. Il se trouve dans quelques localités et principalement en Amérique, n se prépare directement en unissant l'alumine à l'acide sulfurique ; on l'obtient en tables incolores et transparentes en le dissolvant dans l'acide chlorhydrique chaud , et en abandonnant la liqueur au refroidissement. Lorsqu'on fait cristalliser le sulfate neutre d'alumine à une basse température, il retient 27 équivalents d'eau.

Le sulfate d'alumine sesquibasique (Al3O)3,SS03 peut être obtenu en faisant digérer une dissolution concentrée de sulfate neutre d'alumine avec de l'alumine hydratée.

On prépare le sulfate d'alumhie tribasique (Al»O)',3S0 en précipitant le sulfate d'alumine par une petite quantité d'ammoniaque; il se forme une poudre blanche de sulfate d'alumme basique qui contient 9 équivalents d'eau.

Ce sel existe dans la nature, surtout en Angleterre ; il peut se combiner en différentes proportions avec l'alumine et produit alors d'autres sels basiques.

Depuis plusieurs années, on commence à remplacer, dans quelques fabriques de toiles peintes, l'alun par le sulfate d'alumine dont l'emploi est plus économique. En effet, le sulfate de potasse ou le sulfate d'ammoniaque contenus dans l'alun ne jouent aucun rdle dans les opérations de la teinture ; ces sels ne sont introduits dans les aluns que pomr rendre la purification du sel d'alumine plus facile.

Pour pr^arer le sulfate d'alumine eu grand, on traite l'argile par l'acide sulfurique. On choisit pour cette préparation une argile peu ferrugineuse ; ou la maintient pendant plusieurs heures à une température de 300"* environ ; on la pulvérise et on la fait chauffer avec de l'acide sulfurique. Le produit traité par l'eau fournit une dissolution de sulfate d'alumine, contenant toujours une certaine quantité de fer. Pour purifier le sulfate d'alumine, on précipite le fer par le cyanoferrure de potassium ;

ALUNS. 205

la dissolution filtrée et évaporée donne une masse que Ton fait fondre et qui est coulée sur des plaques de plomb, relevées sur les bcmls.

Le bleu de Prusse résultant de l'action du cyanoferrure de potassium sur le sel de fer contenu dans le sulfate d'alumine impur, est converti avec des lessives de soude en cyanoferrure de sodium qui sert à purifier de nouveau lesulfete d'alumine. Comme les argiles contiennent delà potasse , il arrive souvent que lorsqu'on évapore leur dissolution dans Tacide sulfurique, les premiers cristaux qui se d^>osent sont de l'alun à base de potasse.

Jusqu'à présent ou ne connaît aucun moyen économique de retirer le sulfate d'alumine pur des schistes alumineux. On ne peut en séparer le fer par des procédés vraiment industriels qu'en faisant passer le sulfate d'alumine à l'état de sel double par l'addition d'un sel de potasse ou d'ammoniaque.

ALUNS.

Les bases salifiables, qui sont représentées par les formules MO— M^O^, peuvent, en se combinant à l'acide sulfurique, former deux classes de sulfates neutres qui ont pour composition générale : MO,SO^— AP03,3SO-\

Exemples :

KO,SO»; FeK)»,3S0>;

NaO,S03; AIW.SSO*;

MnO,SO»; C;r»0»,3S(P;

FeO,S03; Mn^oa.ssO^,

On donne le nom d'aluns aux sulfates doubles formés par les combinaisons d'un sulfate de la première classe avec un sulfate de la seconde; ainsi l'alun d'alumine et de potasse sera formé de (K0,S0^),(A1^«,3S0') ; l'alun de fer et dépotasse sera (K0,Sœ),(Fe^',3S0») ; l'alun de pousse et de chrome sera représenté par (K0,Sœ,(CrW,3Sœ).

Un alun ne contient pas nécessairement du sulfate de potasse; ce sel peut être remplacé .par un sulfate formé par une base à un équivalent d'oxigène comme le sulfate de soude NaO,SO^, et même par le sulfate d'ammoniaque : ainsi l'alun que l'on nomme alun ammoniacal a pomr

formule:

(AzH3,HO,S05j,(Al^,3S03).

Les aluns cristallisent tous en cubes ou en octaèdres.

Tous les aluns contiennent le même nombre d'équivalents d'eau , qui s'élève à 2/i. Les aluns à base d'ammoniaque font seuls exception ; ils cristallisent avec 25 équivalents d*eau (Pelouze). Ce fait s'explique facilement ; on se rappelle , en effet , que tous les sels ammoniacaux formés par les oxacides contiennent un équivalent d'eau qui est nécessaire à leur existence; le sulfate d'ammcmiaque n'est pas AzH^,S03, mais bien Azff,HO»Sœ; on comprend alors que le sulfate d'ammoniaque AiH»,

SM ALUN M fOTASSB.

H0,80> en fonnant des aluns, augmente d'un équitalent la quantité â*eau contenue ordinairement dans cette classe de sels.

ALUN DE POTASSE. (K0,S0^),(AP0\(S0^)') ,2/tHO.

Ce sel est blanc, sa sateur est astringente , et sa réaction acide. Sa d^sité est représentée par 1,71.

D'après M. Poggiale t

parties d^alon.

iOO

p. d^eau à

dissolvent 3,29

L'alun, exposé à l'air, s'efSeurit lentement. Il peut cristalliser en oc* taèdres ou en cubes. Une solution concentrée d'alun dans l'eau bouillante laisse déposer des cristaux octaédriques. L'alun cubique tend surtout à se former sous l'influence d'un excès d'alumine et à une température qui n'excède pas 40 à 50*. En dissolvant de l'alun octaédrique dans de l'eau à 40 ou &5*, ajoutant de la potasse jusqu'à ce que le précipité cesse de se dissoudre en totalité, et faisant cristalliser à une douce chaleur la liqueur filtrée , on obtient de l'alun cubique ex^tipt de fer et aussi pur que celui qu'on retire de l'alunite.

L'alun cubique paraît avoir la même composition que l'alun octaédrique, et lorsqu'on le dissout dans l'eau froide, il se dépose par l'évaporation ilpontanée des cristaux d'alun octaédrïque. Souvent ces deux formes se combinent , et les plans du cube remplacent les angles solides de l'octaèdre.

L'alun soumis à l'action de la chaleur entre en fusion à la température de 92° ; refroidi dans cet état , il conserve sa transparence, oti le nomme dors Alun de roche : en continuant à le chauffer , il perd de l'eau , se boursoufle beaucoup et forme une espèce de champignon volumineux et opaque, employé en médecine, comme caustique, sous le nom d*Alun calcinée

L'alun, maintenu à 100% perd d'abord 10 équivalents d'eau , d'aprêsf M. Hertwig; à une température de 120 , il dégage de nouveau 9 équivalents d'eau ; on obtient ainsi de l'alun retenant 5 équivalents d'eau. Ce corps peut supporter une température de 160* sans se déshydrater de nouveau. Porté à 180* , il perd U équivalents d'eau ; il reste alors un sel à un éqmTalent d'eau , qui dégage encore 1/2 équivalent d'eau à 200^. L'alun deisédié^ à ^OO*" , retient donc 1/2 équivalent d'eau.

L'alun, dissous dans l'acide sulfurique concentré et bouillant , se précipite par le refroidissement avec trois équivalents d*eau seulement.

Si on chauffe l'alun à une tempà^ture élevée , on le décompose conn

ALtm M POTASSR. 209

plétement. Leréàdu de cette décomposition est un mélange d'alumine et de sulfate de potasse. A une chaleur très intense, le sulfate de potasse est hii-mème .déc(»npo6é par Valumine, et le résidu est formé alors d'alumine et de potasse.

Un mélange d'alun et de charbon Aoaiïe, par la calcination , un pyrophore dont nous ayons parié en traitant du sulfate de potasse.

^répamdoii.

Il existe à Pounole, près de Naples , une pierre qui contient de l'alun tout formé; on la pulvérise et on la soumet à l'action de l'eau : les li^ queurslaissentdéposer par l'évaporation des cristaux octaédri(}uâs d'alun.

Lia production naturelle de I'aIuu peut se ooroprendre facilement. On rencontre dans les mêmes localités des pyrites de fer et des roches feldspathiques qui contiennent de la potasse. Les pyrites, au contact de l'air, se transforment eu sulfate de fer et en sulfate d'alumine acide; ce dernier sel réagit par son acide sur les roches feldspathiques, produit du sulfate de potasse, qui s'unit au sulfate d'alumine et forme l'alun*

On trouve encore en Italie, à la Tolfa, près de Givita->Vecohia, une I»erre qui porte le nom de Pierre d'alun ou Alunite^ et qui peut être représentée dans sa composition par de l'alun ordinaire, combiné à un excès d'alumine hydratée. Lorsqu'on soumet cette pierre à une légère calcina* tion , <m déshydrate environ les deux tiers de l'alumine qu'elle contient ^ et l'on rend cet excès de base insoluble. La chaleur doit être tnénagée ^ car une température trop élevée décomposerait complètement l'alun. La pierre d'alun, ainsi calcinée, est abandonnée à l'air, où elle se désagrège ; on la traite eisuite par l'eau ; les liqueurs, convenablement éva-^ poréeSi donnent de l'alun pur, que Ton nomme Alun de Rome* Cet alun a presque toujours une teinte rougeàtre, qui est due à lafNPésened du peroxide de fer, mais qui, se trouvant à l'état insoluble, ne peut nuire dans l'application de l'alun à la teinture. Il est cristallisé en cubes opaques; sa dissolution, portée au-dessus de AO'', laiâte d^xiser une trèa petite quantité d'alun basique, et <hi eu retire par l'évaponitioD des cristaux octeédriques d'alun ordinaire.

niirleatton Se l'almi «n mojen Set fcliliics almnlMax.

La plus grande partie de l'alun que Ton trouve en France, en Aile* magne et en Angleterre, s'extrait d'un schiste alumineut cdtîténant du sulfure de fer et (tes matières bitumineuses ; le sulfure de fer etpo^é à l'air se transf(Mme en suliiMe de fer et en acide sulfùrique, comti» rexprhné l'équaticHi suivmte: FeS' + 0» « FeO,SO» + 80». Cette oxldation se produisant en présence de schistes qui contiennent de l'alumine, donne naissaaoe à des mélanges de sulfate de fer et de sulfate d'alumme : 3FeS» + kWfi + 0« = 3(FeO,S05) + APœ,3S0\

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