‹ Traité de chimie, générale, analytique, industrielle et agricoleChapitre 69 sur 322 · ALUN Mt P0TAS6I · texte numérisé non relu

ALUN Mt P0TAS6I

Certaines espèces de schistes, exposées à Tair, se transforment spontanément en sulfate. On en forme des tas de 60 mètres environ de Ion» gueur sur 1/i de largeur et 2 de hau^ur. Ces tas reposent sur un sol argileux ; ils sont recouverts par un toit et quelquefois inéme exposés à Tair libre. Ce n*est qu'au bout d'un an au moins que Toxidation des pyrites est complète. Pour reconnaître Tétat de décomposition de la masse, on en épuise une petite quantité par l'eau et on essaie la dissolution. Si l'on voyait que l'oxidation devint trop rapide , et que la masse prit feu , on y ajouterait de nouvelles quantités de pyrite; quand elle se fait au contraire avec trop de lenteur, on y met le feu au moyen de canaux ménagés sous le tas. Lorsque la combustion est achevée , la masse n'occupe plus que la moitié environ de sa hauteur primitive : il ne reste plus qu'à la soumettre à la lixiviation.

En Picardie, où il existe des gites nombreux et puissants de schistes alumineux, connus sous le nom déterre noire ou cendre noire ^ on en fait des tas qu'on expose à l'air libre et qu'on remue de temps en temps à la pelle, en prenant la précaution d'éteindre le feu, s'il apparaissait sur quelque partie ; la masse est ensuite soumise à un lessivage méthodique qui fournit des liqueurs à 20* de l'aréomètre et qu'on évapore jusqu'à ce qu'elles marquent 49 ou 50^" à chaud. A ce moment, on les coule dans des caisses où elles se prennent en magma. Avant d'atteindre ce terme la dissolutikm laisse cristalliser par le refroidissement une grande quantité de sulfate de fer (vitriol vert).

Le résidu de la cendre noire , après avoir été lessivé , est abandonné au contact de l'air, où il se dessèche. Un ouvrier en fait un petit tas auquel il met le feu et entr^eit la combustion en ajoutant chaque jour de nouvelles quantités de résidus. Il donne au tas une hauteur d'un mètre environ sur une longueur de &0 à 50 mètres. La combustion convertit une grande partie du fer en sesqui-oxide, qui colore la masse en jaune sale. Une nouvelle lixiviation fournit des liqueurs riches en sulfate d'alumine contenant encore du sulfate de sesqui-oxideet deprotoxidede fer. Cesliqueurs, ccmoekitrées au même degré que les dissolutions précédentes, fournissent le magma rouge qui sert à préparer l'alun comme le magma précédent (1).

Dans plusieurs localités, les schistes alumineux sont immédiatemeit soumis à un grillage qui rend leur oxidation plus rapide. Pour faire ce grillage, on mêle les schistes avec de la bouille, lorsqu'ils ne contiennent pas assez de bitume pour être inflammables; on en forme des tas très étendus en surface, et l'on y met le feu sur diCférents points. On doit cherdier dans ce grillage à produire une chaleur continue, mais lente ; une température trop élevée décomposerait les sulfates de for et d'alumine.

(I) 100 kil. de terre noire de Picardie founiiieenty en général , 360 kiK de magma oii136kil.d'alan.

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