‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 10 sur 206 · CM A · texte numérisé non relu

CM A

Az. 175,00 2,97

OW 1000,00 17,02

HO 112,50 1,9/i

L'acide hyodiolique a été découvert dans la bile de porc par MM. Strecker et Gundelack.

rroprlélét.

Cet acide est résineux, de couleur blanche, fusible dans Teau chaude, très peu soluble dans ce liquide et insoluble dans Téther. Les dissolutions d*acide hyocholique précipitent les sels de chaux et de baryte.

Lorsqu'on chauffe l'acide hyocholique en présence de l'acide azotique concentré, il se convertit en une masse jaunâtre formée d'acide oxalique, d'acide cholestérique et d'acides gras volatils.

Les mêmes acides gras volatils et de l'acide cyanhydrique prennent naissance lorsqu'on oxyde l'acide hyocholique par un mélange d'acide sulfurique et de bichromate de potasse. L'acide sulfurique concentré charbonne l'acide hyocholique. L'acide chlorhydrique bouillant le convertit en un acide hyocholotdtque ^ en hyody$lysine ^ et en sucre de gélatine.

Les alcalis et les carbonates alcalins dissolvent facilement l'acide hyocholique. La potasse caustique transforme cet acide en acide hyocholaliçue.

Préparation.

Pour obtenir l'acide hyocholique, on additionne la bile d'un excès de suliate de soude cristallisé, et l'on chauffe modérément ce mélange sur un bain de sable. A mesure que le sulfate se dissout, l'hyocholate de soude se dépose, entraînant avec lui le mucus et une matière colorante jaune. Le dépôt est recueilli sur un filtre, lavé avec une dissolution concentrée de sulfate de soude, séché à 110% et traité par l'alcool absolu, qui enlève l'hyoeholate de soude En additionnant d'acide sulfurique une dissolution aqueuse d'iiyocholate de soude, on met en liberté l'acide hyocholique.

ACIDE L1TU0F£LLIQU£. 5S

ACIDE GHÉNOGHOLIQDB.

L'acide chénocholique existe dans la bile d'oie à l'état de sel de soude. On ne le connaît qu'en combinaison avec cette l)ase.

On isole le chénocholate de soude en additionnant la bile de 2 fois son volume d'alcool concentré, filtrant pour séparer le mucus, évaporant à sec la liqueur claire, desséchant le résidu à 110% le pulvérisant, puis le faisant digérer avec de l'alcool absolu qui dissout seulement quelques matières grasses et le chénocholate de soude. La solution alcoolique, soumise à l'évaporation, donne une masse sirupeuse qui, lavée à l'éther, reprise par Falcool, décolorée par le charbon animal et desséchée à 100", doit être considérée comme du chénocholate de soude pur.

Le chénocholate de soude est cristallisable. Il précipite les dissolutions de chlorure de baryum, de chlorure de calcium, de sous-acétate de plomb, et donne, lorsqu'on le chauffe avec de l'acide sulfurique et du sucre, la coloration violette caractéristique des acides de la bile.

(M. Marsson.)

AGIDE LITBOFELLIQUE. G^H^^O^fHO.

Zi250,00 100,00

Propriétés.

L'acide lithofeUique compose presque exclusivement les calculs biliaires connus sous le nom de bézo'ards orierUaux.

Cet acide cristallise en prismes rhomboïdaux incolores, insolubles dans l'eau, solubles à chaud dans 6 parties d'alcool et dans Ul parties d'éther.

Les cristaux d'acide lithofeUique fondent à 205% et se prennent par le refroidissement en une masse cristalline. Quand après les avoir chauffés au-dessus de leur point de fusion, on les laisse refroidir, ils se con* crètent en une masse vitreuse qui peut fondre alors à 105'* L'acide lithofdlique amorphe, repris par l'alcool, donne de nouveau de l'acide cristallisé (H. Wœhler). Lorsqu'on fond l'acide lithofeUique sur une lame de platine, il se voIatUise lentement en répandant des vapeurs blanches dont l'odeur est aromatique. Enfin, quand on le soumet à la distillation, il se transforme en un acide qui a pour formule C^^H'^O^, et auquel on a donné le nom d*acide pyrolUhofellique (MM. Malaguti etSarzeau).

34 CHIMII ANIMALE.

Sous l'influence de Tacide azotique bouillant, Tacide lithofellique se transforme en un acide azoté qui a pour formule : C***H^AzO^.

Quand on chauffe l'acide lithofellique avec un mélange d'acide sulfurique et de sucre ; la masse prend une coloration violette. Les lithofellates n'ont pas encore été étudiés. (Gobbel*)

PrépAmtio».

On obtient l'acide lithofellique pur, en dissolvant à chaud les bézoards dans l'alcool, décolorant la solution par le charbon animal, et la faisant ensuite cristalliser.

TAURINE C^H'AzS^O*.

S». /iOO^OO ^6,60

Qfi. 600,00 38,û0

Cette substance a été découverte par M. Gmelin dans la bile. Elle existe également dans la chair musculaire des mollusques (Valenciennes et Fremy). M. Strecker l'a reproduite artificiellement en soumettant l'iséthionate d'ammoniaque à l'action de la chaleur.

M. Cloetta l'a extraite du tissu pulmonaire.

Propriétés.

La taurine cristallise en prismes hexaèdres réguliers terminés par des pyramides à quatre ou six faces. Ces cristaux sont incolores ; ils craquent sous la dent ; leur saveur est piquante. Ils n'exercent aucune action êur la teinture de tournesol. Lorsqu'on les soumet en vase clos à l'action d'une température graduellement croissante, ils fondent au-dessus de 400^ (au-dessus de 2^0% M. Strecker), puis ils se charbonneni en dégageant une huile brune empyreumatique et un liquide acide «jui paraît renfermer de Tacétate d'ammoniaque.

L'eau chaude dissout mieux la taurine que l'eau froide : 1 partie de taurine exige 15,5 parties d'eau à 12' pour se dissoudre. L'acide azotique et l'acide sulfurique concentrés la dissolvent sans l'altérer.

La taurine est presque insoluble dans l'alcool absolu et inattaquable par le chlore. Les alcalis, les sels de mercure et d'argent ne la précipi* tent pas de sa dissolution aqueuse.

Lorsqu'on chauffe une dissolution de potasse dans laquelle on a ajouté

Googk

TAURINB. S5

de la taurine, cette substance laisse dégager de Tammoniaque, et le reste de ses éléments se combine avec de la potasse.

PrépAmtlon.

Pour obtenir la taurine, on peut :

1* Verser de Tacide chlorhydrique dans la bile, filtrer pour séparer le mucus, additionner la liqueur claire de nouvel acide chlorhydrique, faire bouillir ce mélange et l'abandonner quelque temps à lui-môme. Il se dépose du sel marin , tandis que la taurine reste en dissolution. En ajoutant alors 5 ou 6 fois son volume d'alcool bouillant à la liqueur, et la laissant refroidir, la taurine se dépose à Tétat cristallin. On purifie cette substance en la faisant cristalliser de nouveau.

2** Laisser la bile se décomposer spontanément dans un endroit chaud, jusqu'à ce qu'elle présente une réaction acide, y ajouter alors de l'adde acétique, filtrer, évaporer à siccité et épuiser le résidu par de l'alcool à 90", qui laisse la taurine à l'état insoluble.

3» Épuiser par l'alcool ordinaire les muscles de la sèche ou de l'huttre, évaporer l'extrait alcoolique au bain-marie jusqu'à consistance sirupeuse, et l'abandonner à lui-même. Il se dépose, au bout de quelques heures, des aiguilles de taurine, que l'on soumet à une nouvelle cristallisation dans l'alcool, après les avoir essorées sur du papier à filtrer qui les débarrasse de l'eau mère colorée dont elles sont imprégnées (Valenciennes et Fremy).

4° Faire digérer avec de l'eau froide pendant douze heures environ des poumons de bœuf hachés, filtrer l'extrait aqueux, l'additionner de quelques gouttes d'acide acétique, et le chantFer ensuite jusqu'à ce qu'il se ooagule : on le filtre de nouveau, et après l'avoir réduit par évaporaticm au dixième de son volume, on y verse de l'acétate neutre de plomb, puis de l'acétate tribasique après avoir filtré. Le précipité contient alors de l'inosite et de l'acide urique, tandis que la liqueur retient en dissolution de la taurine, de la leucine et un excès de sel de plomb dont on se dâNtrrasse par l'hydrogène sulfuré. On évapore ensuite à oonsistanoe sirupeuse ; le résidu est mélangé à ft^oid avec de l'alcool et de l'acide sulfurique étendu, puis filtré; l'excès d'acide sulfurique étant précipité par Teau de baryte, on évapore la liqueur filtrée, jusqu'à ce qu'elle précipite abondamment par une petite quantité d'alcool, ce dont on s'assure en en essayant une petite portion. La liqueur est alors mélangée avec son volume d'alcool et chauffée légèrement pour redissoudre le précipité. La taurine se dépose au bout de quelques jours en aiguilles brillantes qu'on purifie par cristallisation (M. Cloetta).

On est parvenu, dans ces derniers temps, à reproduire artificiellement la taurine en faisant agir la chaleur sur l'iséthiouate d'ammoniaque. 11

suffit de maintenir ce sel à la température de 230**, de reprendre le produit de sa décomposition par Teau, et d'ajouter de ralcool dans la dissolution aqueuse. La taurine se dépose à Tétat cristallin (M. Strecker).

GHOLESTÉRINE. G^H'^Q.

La formule de la cholestérine n'est pas encore définitivement fixée, parce que cette substance n'est ni acide ni basique, et qu'elle se prête mal à des réactions nettes.

M. Chevreul, qui a fait la première analyse de la cholestérine, lui a trouvé par sa composition élémentaire des nombres correspondant avec la formule C^H^. Cette formule s'accorde aussi avec une analyse faite par M. Payen; mais, d'après MM. Schwendier etMeissner, la cholestérine aurait pour équivalent un nombre beaucoup plus élevé et qui peut être représenté par la formule suivante : C**H'K)^.

Nous adopterons la formule C^H^, qui est la plus simple et qui se rapproche le plus de la composition centésimale de la cholestérine.

La cholestérine est blanche, insipide, inodore, insoluble dans l'eau, peu soluble dans l'alcool froid, mais très soluble dans l'alcool bouillant, qui la laisse déposer, en se refroidissant, sous forme de belles lames cristallines, douces au toucher, fusibles à 137** (M. Chevreul).

La cholestérine est soluble dans l'éther, dans l'esprit de bois, dans l'essence de térébenthine et dans l'eau de savon. Les corps gras neutres peuvent aussi la dissoudre. Elle résiste à l'action des alcalis concentrés et bouillants, mais la chaux la détruit vers 250'', en dégage de l'hydrogène, et la transforme en une matière grasse amorphe, presque insoluble dans l'alcool.

Une dissolution de cholestérine dans un mélange de 2 volumes d'alcool et de 1 volume d'éther, laisse déposer par une évaporation spontanée des cristaux feuilletés, transparents, d'hydrate de cholestérine (C^H»0}3,2HO. Ces cristaux perdent toute leur eau vers lOO*.

La cholestérine est attaquée par le chlore et par le brome, qui lui enlèvent de l'hydrogène à l'état d'acide chlorhydrique ou bromhydrique, et produisent des composés chlorés ou bromes dans lesquels l'hydrogène éliminé se trouve remplacé par une quantité équivalente de chlore ou de brome. La combinaison la plus chlorée a pour formule C^H^HÎl^O.

ACIDE GflOLBSTÉRIQUB. 57

La cbolestérine se sublime sans altération à S00«. Si on la chauffe davantage, elle se décompose en donnant divers produits huileux et un corps solide, d'un aspect velouté. Quand on la distille dans une cornue, elle donne un résidu de charbon et un liquide oléagineux, neutre, insoluble dans la potasse, et dont une seconde distillation avec de Teau sépare une huile volatile d'une odeur agréable de géranium.

Lorsqu'on ajoute peu à peu de l'acide sulfurique^ concentré dans un mélange de cholestérine et d'acide suli'urique étendu de son volume d'eau et légèrement chauffé, la cholestérine devient molle et d'un rouge foncé ; elle se décompose en perdant tout son oxygène à l'état d'eau, et se change, sans dégagement de gaz, en trois carbures d'hydrogène qu'on peut séparer de l'acide suliurique en les lavant avec de l'eau dans laquelle ils sept insolubles.

Ces carbures sont facilement cristallisables et se font remarquer comme la cholestérine dont ils dérivent, par un point de fusion très élevé. L'un fond à 127% l'autre à 255*» et le troisième à 240\ Ce dernier carbure produit facilement de l'acide cholestérique par l'action de l'acide azotique.

ÉlBt Milwel* — Fr«panitlôB.

La cholestérine se rencontre en abondance dans le cerveau, les nerfs, la bile et le foie ; elle existe aussi dans le sang et dans le jaune d'œuf. Les calculs de la vésicule du foie, qui portent le nom de calculs biliaires^ sont formés de cholestérine à peu près pure. Ces calculs, traités par l'alcool bouillant et un peu de charbon animal, donnent de la cholestérine pure.

On retire la cholestérine du cerveau en traitant la matière cérébrale par l'éther, additionnant l'extrait éthéré d'une dissolution alcoolique de potasse, faisant bouillir le mélange et l'abandonnant au refroidissement. n se dépose de la cholestérine, du cérébrate et du phosphate de potasse. Le dépôt, traité par l'éther, cède la cholestérine à ce dissolvant (Couerbe, Fremy).

Aonov vm Ii'aods asotiqvb ïïuwl ul

AGIM GHOLBSTÉRIQVB. (^HK)4,H0.

1162,50 100,00 L'adde azotique bouillant convertit la cholestérine en un mélange

58 CHIMIB ANIMALB.

formé d'acide choloïdanique, d'une matière résineuse et d'un adde nouveau, qui a reçu le nom d*acide cholestérique.

L'acide cholestérique e$t solide, incristallisable, très soluble dans Teau et dans l'alcool, déliquescent, d'une saveur acide, amère et astringente. Il est détruit par la distillation.

Les cholestérates alcalins et terreux sont solubles et incristallisables. Les cholestérates métalliques proprement dits sont presque tous insolubles, et ont pour formule générale M0,C*H*O.

Fr«paratton.

On obtient l'acide cholestérique, en faisant réagir à plusieurs reprises, dans un appareil distillatoire, l'acide azotique faible sur la cholestérine. 11 se produit une masse résinoïde d'un brun jaunâtre, qui se dissout lentement par Tébullition avec un excès d'acide azotique. La liqueur, suffisamment concentrée dans la oomue, laisse un résidu gommeux et acide qui contient une très grande quantité d'acide cholestérique mêlé à de l'acide choloïdanique et à une matière résineuse. Ce résidu refroidi présente deux couches, dont l'une, supérieure, légère, est formée par un corps cristallin, V acide choloïdanique ; l'autre, liquide, épaisse, d'un jaune brun, d'une saveur amère, consiste principalement en acide cholestérique. On filtre le mélange sur du verre pilé, qui retient l'acide choloïdanique et laisse passer le liquide visqueux. Ce liquide, mis en contact avec de l'eau, se sépare d'une résine insoluble, et donne, après plusieurs évaporations et traitements successifs par l'eau, une eau mère qui ne contient plus que de l'acide cholestérique et de l'acide oxalique. On unit tes deux à acides l'oxyde d'argent, et l'on traite ces deux sels, préalablement lavés à froid, par l'eau bouillante, qui laisse Toxalate d'argent et dissout le cholestérate de la même base : ce sel se dépose par le refroidissement en une masse cristalline, dont on retire l'acide cholastériqm à 1 aide dâ l'hydiogène sulforé.

RÉMATOCKISTALLINB.

Cette substance, découverte dans le sang par M. Funke, est rougeàtre, cristalline, facilement altérable au contact de l'air, soluble dans l'eau,

HÉtMATOiDlNE. S9

dans rammoniaque, dans l'acide acétique, dans l'acide sulfliriqué et Tacide chlorhydrique étendus d*eau. Sa dissolution aqueuse se coagule à 53*, 5 ; elle se trouble lorsqu'on y verse de l'alcool, de l'azotate d'argent ou du sous-acétate de plomb ; elle précipite par le sulfate de cuivre, l'azotate de protoxyde de mercure et le bichlorure de mercure.

La dissolution acide d*azotate de mercure la colore en rouge.

L'hématocristalline se décompose entre i(M>» et 170° en répandant une odeur de corne brûlée, et en laissant 1,2 pour iOO de cendres qui con-tiennent de 91 à 95 pour 100 d'oxyde de fer (M. Lehmann). Elle est attaquée par le chlore.

PrCpÉrâdoii*

Pour obtenir rbématocristaltine, il faut exprimer le caillot d'un aang nouvellement coagulé, laver le résidu de la compression sur un linge avec de l'eau pure, faire passer, pendant trente minutes, de l'oxygène dans la liqueur rouge filtrée, et y diriger ensuite un courant d'acide carbonique. L'hématocristalline ne tarde pas à se déposer.

Cette méthode fournit avec le sang de rat, de souris et de cochon d'Inde de beaux tétraèdres réguliers d'hématocristalline. Mais avec le sang du cheval, du chien, du hérisson, du hamster et du poisson, qui donnent une hématocristalline plus soluble et d'une forme cristalline différente, il est indispensable, avant de faire passer l'oxygène dans l'extrait aqueux du caillot, d'y ajouter une certaine quantité d'alcool.

On n'a pu réussir à débarrasser complètement l'hématocristalline d'une petite quantité de globules du sang, qui lui donne une teinte rougeâtre. Si l'on essaie de faire cristalliser de nouveau cette substance albumineuse, elle se décompose.

HÉMATOÎDINE. O*H^hz0\U0.

Az 175,00 10,68

Le sang épanché dans l'épaisseur des tissus d'un animal vivant dépose, au bout de quelques jours, une substance cristalline, décrite pour la première fois par Everard Home en 1830, et désignée par Virchow sous le nom A^hématotdine.

60 CHIMIB ANIMALE.

L'hématoïdine a été étudiée avec le plus grand soin, dans ces derniers temps, par M. Cb. Robin.

L'hématoïdine forme des prismes obliques à base rbomboïdale, durs, cassants et d'un rouge magnifique. Ces cristaux sont insolubles dans Teau, Talcool, l'éther, les essences et Tacide acétique. Ils se dissolvent facilement, et avec une belle teinte i*ouge, dans Tacide azotique ordinaire ; si cet acide est concentré, la dissolution s'opère avec dégagement de gaz. L'acide chlorbydrique dissout aussi rhématoïdine ; la solution est d'un jaune d'or ou d'un jaune rougeàtre. L'hématoidine n'est pas soluble dans l'acide sulfurique : elle devient d'un rouge foncé au contact de cet acide.

Lorsqu'on chauffe l'hématoïdine à l'air , elle répand une odeur de corne grillée, dégage des produits goudronneux, brûle avec une flamme claire, et laisse un résidu volumineux de charbon qui finit par disparaître complètement. Soumise à la distillation, elle donne des produits visqueux et fétides, et laisse un charbon boursouflé.

La potasse et la soude gonflent les cristaux d'hématoïdine, les fendillent et ne les dissolvent qu'en petite quantité; l'ammoniaque, au contraire, les dissout rapidement en se colorant successivement en rouge amarante, en jaune safrané et en brun.

L'hématoïdine examinée par M. Robin avait été trouvée dans un kyste hydatique du foie, qui en renfermait 3 grammes, quantité correspondant au moins à 1800 grammes de sang épanché.

PROTÉINB. 61

MATIÈRES ALBUMINEUSES

PKOTÉINB. C«H»»Az50«».

tP« 387,60 7,09

Toutes les substances aibumineuses, c'est-à-dire Talbumine végétale ou animale, la fibrine, la caséine, etc., seniblent résulter de la combinaison du soufre, du phosphore et de quelques sels, avec une substance azotée nommée protéine (M. Mulder).

Propriétés.

La protéine est blanche, inodore, insipide; elle attire rapidement l'humidité de l'air ; elle se décompose par la chaleur en donnant naissance à tous les produits qui caractérisent la distillation des corps azotés.

Elle est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther ; elle forme avec les alcalis et les acides de véritables combinaisons. Lorsqu'on la fait bouillir avec la potasse, elle se décompose en dégageant de l'ammoniaque.

Le cyanoferrure et le cyanoferride de potassium précipitent la protéine de sa dissolution dans les alcalis ; une ébuUition prolongée finit par redissoudre complètement le précipité.

La protéine, traitée par l'acide chlorhydrique concentré, se dissout en produisant, sous l'influence de l'air, une belle coloration d'un bleu indigo. La protéine, traitée par l'acide azotique, se colore en jaune et forme un acide désigné sous le nom d'acide xanthoprotéique.

L'acide xanthoprotéique a pour formule C^H^Az*0**,HO. Il est insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther ; il se combine non-seulement avec les bases, mais encore avec les acides. Ses combinaisons sont colorées en jaune.

L'acide sulfurique concentré se combine avec la protéine et donne naissance à Yacide suhfoprotéique. Lorsqu'on fait bouillir de la protéine avec de l'acide sulfurique étendu, il se forme une substance blanche et cristalline que l'on a désignée sous le nom de leucine ou aposépédine.

Iji chlore réagit sur toutes les dissolutions de protéine et produit un précipité blanc, insoluble dans l'eau, dans lequel M. Mulder admet l'existence de l'acide chloreux.

Le tannin se combine avec la protéine, avec laquelle il forme un composé insoluble. Plusieurs sels s*unissent également à la protéine.

Prép«ratton.

Pour obtenir la protéine pure, on traite Talbumine ou la caséine successivement par Teau, Talcool et Téther ; on la soumet ensuite à l'action de l'acide chlorhydrique étendu, afin de la débarrasser des sels terreux qu'elle peut coiitenir ; on la dissout à une température de SO*» dans de la potasse étendue et on la précipite par de Tacide acétique.

Le précipité doit être lavé jusqu'à ce que l'eau de lavage ne contienne plus d'acétate de potasse. (M. Muldbr.)

La fibrine est la substance qui se trouve en suspension dans le sang et qui lui donne la propriété de se coaguler. C'est elle qui constitue en grande partie la substance solide des muscles. Elle est alors traversée par des prolongements de vaisseaux, par des artères, des nerfs, des aponévTOses dont il est Impossible de la débarrasser.

L'étude de la fibrine est due à Berzellus, à MM. Mûlder, Dumas, Cahours, Liebig et Bouchardat.

Propriétés.

La fibrine, récemment obtenue, présente l'aspect de longs filament» élastiques et transparents qui sont complètement insolubles dans l'eau froide , l'alcool , l'éther et perdent dans le vide 80 pour 100 d'humidité. Ainsi desséchée, la fibrine peut absorber jusqu'à trois fois son poids d'eau sans reprendre son aspect primitif.

Lorsqu'on maintient pendant quelque temps la fibrine à une douce chaleur, elle devient cornée, grise et opaque : si on la chauffe à 200**, elle se décompose en donnant naissance à des produits ammoniacaux el en laissant un charbon brillant et volumineux ; quand on la brûle, elle abandonne 2 ou 3 pour 100 de cendres, qui sont formées principalement de phosphates de chaux et de magnésie.

Un contact prolongé avec l'eau bouillante altère la fibrine qui se dédouble alors en une substance soluble dans l'eau ( tri-oxyde de pro* téine), et en une matière insoluble [bi-oxyde de protéine). (M. Mûlder.)

La fibrine, chaufiee à 150" avec de l'eau, se dissout en laissant un faible résidu* La dissolution précipite par les acides. (M. Wœhler*)

On a reconnu que la fibrine extraite du sang des jeunes aninmux peut|

piiaiNi. ti

sous rinfluence d'une faible chaleur, devenir compléteroeni soluble dans Teau et présenter alors tous les caractères de Talbumine. (Magendie al Fremy.)

L'eau oxygénée est immédiatanent décomposée par la fibrine et peut servir à caractériser cette substance. Lorsqu'on abandonne pendant quelques jours de la fibrine dans de Teau, cette substance se dissout complètement en dégageant Todeur de Thydrogène sulfuré. (Gay-Lussac.) Le liquide ainsi obt^u a Todeur du vieux fromage ; il contient une matière albumineuse ooagulable par la dialeur, de TamAioniaque , de l'acide acétique , de l'acide valérique y de l'acide butyrique et diverses substances peu connues. (M. Wurts*)

La fibrine éprouve à l'air une véritable combustion : elle absorbe de l'oxygène et laisse dégager de l'acide carbonique. Cette altération estmobis rapide quand la fibrine a subi longtemps l'action de l'eau bouillante.

En général, les acides agissent sur la fibrine et la convertissent en une masse blanche et gélatineuse.

L'acide azotique froid s'unit à la fibrine et la colore en jaune : si l'on fait chauffer légèrement un mélange d'acide azotique et de fibrine, il se dégage de l'azote et il se produit de l'acide xantroprotéique. Le gaz acide chlorbydrique est absorbé par la fibrine qui se transforme en un composé peu soluble dans l'eau. (M. Mûlder.) L'acide chlorbydrique liquide dksoutà chaud la fibrine en prenant une teinte violette ; la liqueur brunit par une ébuUition prolongée au omtact de l'air, et la fibrine se décom* pose en ammoniaque, en leudne et en tyrosine, en une matière brune à peine connue, en un corps cristallisable et en une substanoe sucrée (H. Bopp), La dissolution de fibrine dans l'acide chlorbydrique dépose une matière blanche (chlorhydrate de fibrine) lorsqu'on Tétend d'eau. Le chlorhydrate de fibrine est insoluble dans l'eau acidulée et très soluble dans l'eau pure. U est précipité de sa dissolution aqueuse par les acides et par le cyanoCemire de potassium.

L'acide chlorbydrique, très affaibli et ne contenant que 08<'',69& d'adde pour 1 litre d'eau, convertit à froid, après quelques heures de contact, la fibrine en une ge^ transparente qui se dissout en presque totalité dans l'eau pure. La partie dissoute {albuminose) est coagulée par la chaleur, précipitée par le cyanoferrure de potassium, le tannin, l'adde chlorbydrique, le chlorure de mercure, et prés^te les principaux caractères de l'albumine du blanc d'œuf. La partie insoluble (épidermose) parait être identique avec la substance qui constitue en grande partie l'épiderme et les matières cornées (M. Bouchardat). L'acide chlorhydrique étendu dissout encore plus facilement la fibrine lorsqu'on le mélange avec quelques gouttes de suc gastrique. Cette propriété peut expliquer la ra{Hdité avec laqudle la fibrine se dissout dans l'estomac (MM. Bouchar^ datetSandras).

U résulte des expériences de M. Lielbig que la fibrine du sang est cornplétement insoluble dans Tacide chlorhydrique étendu, et que la propriété de se dissoudre dans cet acide chlorhydrique appartient seulement à la fibrine musculaire qui laisse cependant un résidu insoluble plus ou m(Hus considérable.

L*acidesulfurique se comporte d'une manière différente, suivant qu'on le met en contact avec la fibrine des musdes ou la fibrine du sang. La fibrine musculaire, traitée par Tacide sulfiirique, devient gélatineuse et se dissout ensuite complét^nent; loi'squ'on étend cette dissolution et qu*on la fait bouillir pendant quelque temps, il se produit du sulfate d*ammoniaque, de la leucine et une substance soluble dans l'alcool.

La fibrine du sang, traitée par Tacide sulfurique concentré, donne ime gelée transparente et légèrement jaunâtre, insoluble dans un excèsd'acide. La fibrine du sang, soumise à l'action de l'acide sulfurique étendu, semble se dédoubler en produisant une substance gélatineuse insoluble, et un composé soluble dans l'eau ; la partie gélatineuse se dissout dans l'eau lorsque l'on a enlevé par des lavages l'excès d'acide.

L'acide phosphorique convertit la fibrine en une gelée blanche, qui est soluble dans l'eau pure, et n'est pas précipitée de cette dissolution par les acides.

La fibrine, mise en contact avec l'acide acétique, produit une gelée incolore et soluble dans l'eau bouillante. La dissolution aqueuse de cette gelée, soumise à l'évaporation , se recouvre d'une pellicule blanche qui est considérée comme de Yacétate de fibrine.

L'acétate de fibrine est précipité par les acides, le cyanoferrure de potassium et les alcalis ; un excès d'alcali redissout le prédpité.

Le tannin précipite les dissolutions saturées de fibrine.

La fibrine est soluble à une douce chaleur dans une dissolution de potasse même étendue, et neutralise en grande partie la réaction alcaline de cette base. 11 se produit ainsi une combinaison qui pi'ésente la même composition que l'albuminate de potasse.

Quand on place dans un flacon une dissolution très étendue de potasse avec de la fibrine, cette substance se dissout lentement, et peut, si l'on sature en partie l'alcali par l'acide acétique, former des précipités diversement colorés dans les sels métalliques (M. Mûlder).

La fibrine, dissoute à l'ébullition dans la potasse, parait avoir éprouvé une certaine altération, car la dissolution, traitée par les acides, dégage toujours de l'hydrogène sulfuré.

Si l'on porte à 180** un mélange de fibrine et do chaux potassée, il se dégage de l'ammoniaque, divers produits volatils, et il se produit un acide gras qui reste combiné avec la potasse (M. Wurtz).

La potasse caustique, en agissant à une haute température sur la

fibrine, donne naissance à de la leucine, de la tyrosine, du butyrate, du valérate et de Toxalate de potasse (M. Bopp).

Quelques sels, tels que Tazotate de potasse, le chlorure de baryum, le sulfate de potasse, etc., peuvent opérer la dissolution de la fibrine. Cette dissolution avait été considérée par quelques chimistes comme présentant les propriétés de l'albumine, mais il est facile de reconnaître qu'une dissolution de fibrine dans le nitre ne possède pas les caractères de l'albumine ; elle peut bien se coaguler par la chaleur comme l'albumine, mais elle est précipilable par l'acide acétique, ce qui la distingue complètement de l'albumine (Magendie et Fremy). La fibrine absorbe un certain nombre de sels,' et produit des composés qui sont insolubles et imputrescibles (H. Denis).

Analyses ût la fibrine.

Les résultats obtenus dans les analyses de la fibrine présentent des différences assez notables pour qu'il ne soit pas possible d'assigner une formule certaine à cette substance.

On a trouvé en effet que la fibrine renferme :

ORIGINB.

Carbone. .

Hydrogène.

Soufre. . .

Observateurs :

Chair

de poule.

Chair

de

poisson.

M. Strecker.

Sang veineux

Sang

artériel

et veineux

du bœuf.

M. Schérer.

Sang

artériel

et veineiix

du mouton

MM. Dumas et Cabours.

MM. Mûlder et Liebig admettent que la fibrine présente exactement la même composition que la caséine et l'albumine.

Le peu de rapport qui existe entre ces diverses analyses peut être attribué à ce que la fibrine n'est pas un corps unique. Si l'on examine cette substance au microscope, il est facile d'apercevoir des fibres blanchâtres au milieu desquelles se trouvent emprisonnés des granules fort nombreux : ces deux corps diffèrent par leur inégale solubilité dans l'acide acétique. Du reste, l'action de l'acide chlorhydrique faible sur la fibrine parait confirmer cette observation (MM. Lebonte et de Goumoens).

Extraction.

Lorsque le sang est extrait des vaisseaux qui le contiennent, il se sépare VI. 5

66 CHIMIB AMMALE.

en deux parties : Tune forme une espèce de gelée que l'on nomme caillot, tandis que l'autre est liquide et constitue le sérum. La fibrine reste entièrement dans le caillot ; c'est elle qui retient comme dans un réseau les globules du sang qui sont colorés en rouge. Pour séparer la fibrine du caillot, ou le coupe en tranches minces que Von écrase, et qui sont placées ensuite sur une toile ; on les soumet à Taction d'un filet d'eau froide : les globules sont entraînés, tandis que la fibrine reste sur la toile, sous la forme de filaments blancs et élastiques*

La fibrine peut encore être obtenue en battant du sang avec un balai, à l'extrémité duquel viennent s'attacher de longs filaments de fibrine impure. On lave d'abord cette fibrine à grande eau pour la débarrasser des principes solubles du sang qu'elle peut retenir, on la soumet à la dessiccation, puis on la lave avec de l'alcool et de l'éther, qui enlèvent les matières grasses. On la traite ensuite par les acides faibles, et enfin par l'eau distillée.

Si Von reçoit le sang au sortir de la veine dans un vase contenant du sulfate de soude cristallisé, et qu'après avoir agité le mélange, on le verse sur un filtre imbibé d'une dissolution de sulfate de soude, les globules colorés du sang restent sur le filtre, tandis que la liqueur passe à peu près incolore. En la mélangeant avec son propre poids d'eau, la filtrant de nouveau, et répétant ces dilutions et ces filtrations un certain nombre de fois, on finit par précipiter la fibrine à l'état de pureté.

Pour retirer la fibrine de la chair, on épuise la chair hachée par Veau froide et l'on délaie le résidu dans l'acide chlorhydrique additionné de 10 fois son volume d'eau. La liqueur se charge de fibrine et dépose cette substance quand, après l'avoir filtrée, on la neutralise par l'ammoniaque (U. Liebig).

En traitant par l'acide acétique de la chair de poisson hachée et préalablement épuisée par Veau, on obtient la fibrine à l'état de gelée transparente et assez pure (U. Baumhauer).

ALBDIUNB.

Cette substance, que Von peut considérer comme de la protéine unie à quelques traces de soufre et de phosphore (M. Mûlder)^ est abondamment répandue dans l'organisation animale et végétale.

Un grand nombre de chimistes, parmi lesquels nous citerons Schéele, Berzelius, MM. Chevreul, Thenard, Dumas, Mûlder, Cahours, Wurtz, Lehmann, etc., ont étudié Valbumine. Nous donnons ici le résumé de leurs travaux;

ALBUMUU. 67

Propriétés.

L'albumine dessécliée est transparente, amorphe, incolore, insipide, soiuble dans l'eau et insoluble dans Talcool, qui la précipite de sa dissolution aqueuse à Tétat de flocons blancs insolubles. Elle rougit la teinture.bleue de tournesol (M. Wurlz), et laisse, quand on la brûle, un faible résidu de cendres.

Lorsque Talbumine a été bien lavée, elle absorbe peu à peu l'oxygène et dégage de Tacide carbonique. Ce phénomène de combustion lente, déjà observé pour la fibrine, établit une analogie nouvelle entre cette substance et Talbumine.

La dissolution aqueuse d albumine dévie à gauche le plan de polarisation des rayons lumineux (M. Biot). Elle devient opaline à 65<», et déposer à 75° Talbumine qu'elle renferme.

L'albumine qui se précipite dans ces conditions offre l'aspect de pelli- , cules opaques. Elle est devenue complètement insoluble dans l'eau froide : on la désigne sous le nom d'albumine coagulée. La coagulation de l'albumine est due à une modification isomérique, car elle se produit sans perte d'eau (H. Chevreul). L'albumine, en se coagulant par l'action de la chaleur, rassemble dans une sorte de réseau tous les corps qui sont en suspension dans le liquide : aussi l'emploie-tHon pour clarifier les difierentes liqueurs. Si l'on chaufle l'albumine à une température de 150", dans un tube de verre fermé aux deux bouts, l'albumine, qui s'est d'abord coagulée, se redissout ensuite par l'action de la température et de la pression.

La coagulation de l'albumine sous l'influence de la chaleur est incomplète quand la dissolution est très étendue. Ainsi une liqueur qui est formée de 1 partie d'albumine et de 10 parties d'eau ne se coagule plus par la chaleur, et devient simplement opaline. La coagulation ne s'opère pas non plus en présence des carbonates alcalins.

Quand on fait bouillir, pendant soixante heures au moins, de l'eau qui tient en suspension de l'albumine coagulée, le précipité disparaît peu à peu et se transforme en une substance soluble dans l'eau, nommée Irioxyde de protéine^ et qui a pour formule C*W*Az*0**,HO, la protéine étant représentée par la formule C*®H^*AzH)** (M. Mùlder).

Si l'on abandonne à elle-même une dissolution albumineuse, elle ne tarde pas à présenter tous les phénomènes de la putréfaction ; elle éprouve dans ce cas une décomposition complète, et se convertit en un ferment qui peut produire la fermentation alcoolique du sucre (M. Thenard).

L'albumine, précipitée de sa dissolution aqueuse par l'alcool, se trouve dans le même état que l'albumine coagulée par la chaleur ; il est possible, à l'aide d'une petite quantité d'alcali, de maintenir l'albumine en dissolution dans l'alcool (H. Schérer).

L'éther, la créosote et Taniline coagulent aussi Talbumine.

L'albumine coagulée se putréfie lentement au contact de Teau ; on trouve parmi les produits de la décomposition : 1* une substance soluble dans Vacide chlorhydrique, et qui communique à cet acide une belle teinte violette ; 2** de Tacide valérique ; 3* de Tacide butyrique (M. Bopp).

Le chlore et le brome déterminent la précipitation de Talbumine. 11 se forme, sous l'influence du chlore, une combinaison d'acide chloreux et de protéine, que M. Mùlder représente par la formule C^W*AzH)**,C10'.

Presque tous les acides précipitent en blanc l'albumine, à l'exception de l'acide phosphorique tri-hydraté et de l'acide acétique. Ce dernier acide fait prendre en gelée les dissolutions concentrées d'albumine.

L'acide azotique est de tous les acides celui qui coagule le plus facilement l'albumine, ce qui permet de reconnaître sa présence dans les liquides de l'organisation animale. L'albumine coagulée se transforme en ' un acide jaune par Taclion de l'acide azotique concentré.

L'albumine se dissout à chaud dans l'acide chlorhydrique en produisant, sous l'influence de Tair, une liqueur d'un beau bleu. Par uneébuUition prolongée, le même acide décompose l'albumine en ammoniaque, en leucine, en tyrosine et en diverses autres substances indéterminées (M. Bopp).

En agissant sur l'albumine, l'eau régale produit des corps à la fois nitrés et chlorés.

L'acide tartrique ne précipite pas l'albumine; toutefois, comme l'acide phosphorique et l'acide acétique, il fait prendre en gelée les dissolutions concentrées d'albumine.

Le tannin précipite complètement l'albumine.

L'albumine forme avec les bases minérales des combinaisons (albuminates) qui sont solubles dans l'eau.

La baryte, la chaux et la strontiane précipitent l'albumine ; les combinaisons ainsi obtenues sont insolubles dans l'eau. Quelques sels exercent sur l'albumine des réactions dignes d'intérêt ; ainsi la présence de l'albumine dans des dissolutions de fer et de cuivre empêche les oxydes métalliques d'être précipités par la potasse.

Presque tous les sels métalliques sont précipités par l'albumine ; nous citerons principalement le bichlorure de mercure qui forme, dans les dissolutions d'albumine, un précipité blanc insoluble dans l'eau. Aussi l'albumine est-elle considérée comme le meilleur antidote du sublimé corrosif (Orfila). Ce précipité est une véritable combinaison d'albumine et de bichlorure de mercure (M. Lassaigne). L'albumine peut se combiner avec d'autres sels, principalement avec le sulfate de cuivre.

L'alun, le sous-acétate de plomb, l'azotate d'argent, le ferrocyanure de potassium et le bichromate de potasse précipitent les dissolutions d'albumine.

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