‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 112 sur 206 · BUCHOLZ · texte numérisé non relu

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La racine de serpentaire, dont on se sert en médecine, est employée par les sauvages de l'Amérique du Nord pour guérir de la morsure des serpents. La substance, qui agit dans ce cas, est contenue dans l'extrait jaune que l'on obtient en précipitant une décoction aqueuse de cette racine par l'acétate de plomb, lavant le précipité, le reprenant par l'alcool, évaporant la liqueur jusqu'à siccité et épuisant le résidu par l'eau bouillante. La solution ainsi préparée est d'un beau jaune d or, amère et irritante. Elle brunit sous l'influence des alcalis et donne un précipité abondant avec le sous-acétate de plomb. Elle laisse, quand on Tévapore, une matière résineuse et amère nommée aristolocinne ou serpenlarine. (M. Chevallier.)

On vend quelquefois dans le commerce, sous le nom de serpentaire de Virginie^ une racine qui présente une certaine analogie avec celle de YAristolochia serpentaria : cette fraude se reconnaît au peu d'odeur et à la texture intérieure de la fausse serpentab'c. (M. Guibourt.)

ÉTUDE DIS PRmCIPALBS RACINES. 57S

VOlB-TOémÛEB.

RHBVM PàLWlTtM ( Rhubarbe }.

La racine de rhubarbe se trouve dans le commerce en morceaux arrondis, cylindriques et veinés comme du marbre : elle est rouge à rintérieur et d'un jaune sale à l'extérieur; son odeur est désagréable, sa saveur acre et amère. Elle colore la salive en jaune orangé.

Voici la composition de la racine de rhubarbe :

Pectme et amidon 10,55

Sels et fibres végétales 56,00

Acide chrysophaniqae (nimicine, jaune de rhubarbe). 7,50

Phaîorétine, aporétinc, érylhrorétine 15,9/ii

Acides galliqae et tannique 6,50

Sucre et eau 3,51

Les propriétés de Taporétine , de la phaïorétine et de rérythrorétine ont été étudiées précédemment.

RUNBX PATIBNTIA {PcUience).

(lette racine présente la composition suivante :

Cire et matière grasse 1,/io

Résine 0,/iO

Gomme, mucilage , sucre 16,00

Amidon 1,60

Acide tannique 3,00

Substance particulière 11,80

Matières extractives 17,60

Malates, sulfates et phosphates de potasse et de chaux. 1,80

Oxalate de chaux 0,80

Soufre 0,20

Fibre végétale, huile volatile, eau, perte /4o,60

(M. IlERBBRGER.)

Elle contient une substance particuli»îre cnslallisaMe, a laquelle on a donné le nom de rumicine. (Geiger. )

l-A rumicine parait identique avec l'acide chrysophanique (|ue renferme la racine de rhubarbe.

87ft (.Umil YÉOÎTAU.

BBTA 4l.T|||#f||4 (SiUerave).

Nous avons déjà fait connaître la cortipoeitieii ehimique et le mode de culture de la betterave. Il nous reste , pour compléter Tétude de cette racine, h décrire quelques nouveaux procédés employés pour en extraire le jus.

Pendant longtemps le lavage méthodique de la betterave, opéré dans le but d'en retirer le suc, n'a pas donné de résultats satisfaisants. Biais, dans ces dernières années, on est parvenu , en combinant Tancien procédé des presses , avec le système de lévigation, à retirer de cette racine une proportion de jus plus considérable que celle obtenue par la compression seule.

Deux appareils ont été proposés pour opérer cette extraction : le premier est dû à M. Claëz; le second, à M. Schûtzembach.

ApiMurell de ». ciaëx. — La pulpe est introduite, au sortir des râpes , dans des vases dont la partie inférieure , fermée par une toile métallique , permet l'écoulement du jus. Ces vases sont suspendus dix par dix à des tringles fixées horizontalement, par leurs extrémités, aux anneaux de deux chaînes sans fin verticales, s'enroulant sur des poulies animées d'un mouvement de rotation lent et uniforme. Un filet d'eau , arrivant d'une certaine hauteur, tombe dans le$ vas» ûê la première rangée, épuise la pulpe qui s'y trouve, passe dans les vases de la deuxième rangée, dont il enlève partiellement la matière sucrée, puis dans ceux de la troisième rangée, et ainsi de suite; de façon qu'en sortant de la dernière, il se trouve presque aussi chargé de sucre que le jus naturel. Par suite du mouvement de la chaîne, les vases de la deuxième rangée prennent la place de ceux de la première, puis sont remplace par ceux delà troisième, et ainsi de suite. A mesure que la pulpe des diverses rangées est épuisée, on la mêle avec de la betterave nouvellement râpée, à laquelle elle fournit une certaine quantité d'eau. Le mélange des deux pulpes est comprimé sous la presse , où il donne un jus presque aussi riche en matière sucrée que celui qu'on obtiendmit avec des bettei^aves non lavées.

ViU résumé, dans l'appareil de M. Claë/, la plus grande partie de la pulpe est épuisée par l'eau; et le meianm-, que Ton fiiit en dernier lieu, de la pulpe épuisée par le lavage avec celle qui ne l'a été que par la compression, n'a d'autre but (jucdu diminuer la (luantité d'eau que contient la première de ces pulpes , et de la rendre propre ainsi h la nourriture des bestiaux.

Ap^rell de M. SchAtsemlMich. — L'appareil de M. Schutxetnbarli présente une certaine analogie avec celui (jue l'on em|>loie pour épuiser.

Googk

ÉTUDE DB^ P|l|]^f3ipA^|K^ IIACiNES. .Ifft

Qlf iQpyen d'up lavage méthodique, les spudes ou I^» matériau» aa)** pétrés. 11 se coippqse ^p douze vases étages de ^QOQ y\\v^ f^WWQU de capacité, et qui déversent leur contenu de la partie inférieure (Jo i'Wl dans la partie sMpérieure de l'autre ^u n^oyon d'un tub^ en S- Up robinet, placé au l)asde ce tube, permet d'interrompre Técoulen^eiîM jA up second robinet, adapté au fond du vase, en laisse vi(l0r h yo\Qj)\i tout le liquide daps le réservoir à jus. A une certaine distance dij fond de chaque vase, se trouve un clayonnage en toile métallique destiné à supporter la pulpe. Le centre de ce playonnage est disposé de fiiçpn à laisser passer une tige de fer dirigée suivant Taxe du vase et po}|v§n| être animée d'un mouvement de rotation. Une barre transversale, garnie de dents montantes, et fixée à cet axe au niveau du clayonnage, remue? en tournant la pulpe de betterave, ce qui facilite son contact avec Teau. Entre les dents de cette barre transversale s'insèrent le^ dents d'une autre barre placée au niveau supérieur de la couche de pplpe, et destinée également à renouveler le plus possible le contact des suffi^ces. Cette seconde barre est mise en mouvement par le même axe. Elle est surmontée d'un couvercle percé comme une écumoire et qui empêche la pulpe de s'élever au-dessus des dents. Deux brosses de chiendent, fixées transversale(u<iOt au mèm^ ase^ et toutfnaai avee lui, pMeent, l'un« au^Lcssus, Tautre au-dessous des faux-fonds , détruisent la mousse et dégagent les ouvertures. En un mot, chaque vase est muni de deux (aux fonds immobiles, de deux brosses et de deux râteaux tournants.

Pour procéder à l'épuisement, après avoir placé 300 kilogrammes de pulpe entre les deux faux fonds, on fait arriver de l'eau jusqu'aux deux tiers du premier vase, et l'on met l'axe en mouvement. Au bout d'uq certain temps, le robinet du tube en S est ouvert, le liquide s'écoula dans le deuxième vase , épuise la pulpe qui s'y trouve, et passe dans le troisième, où il opère le même épuisement, et ainsi de suite jusqu'au hul** tième. Le liquide est alors presque aussi chargé de sucre que le jus naiui:ei; on en fait écouler 330 litres dans la chaudière à défécation, tandis que le reste est versé sur le neuvième vase rempli de pulpe nouvelle.

La pulpe du premier vase est retirée, soumise à l'action de la presse, et portée aux silos, jusqu'au moment où les bestiaux la consommeront.

On fait arriver dans le deuxième vase de l'eau, (jui passe ensuite dans le Irpisième , et successivement jusque dans le neuvième. Dès que le neuvième vase est rempli , on enlève la puli)e épuisée du deuxiènie, pour la porter aux presses; 330 litres de jus sont soutirés du neuvième vase et versés dans les cuves à défécation, tandis que l'excès de ce Jus se rend dans le dixième vase.

En opérant ainsi, les quatre premiers vases sont vides lorsque le jus arrive dans 1^ dou^ènie. A ce mom^nt, le li(iuide ne se lrc>uvaut plus assez concentré pour être traité dans la cuve à détèfMiQU,

on rélève au moyen d'une pompe jusqu'au premier vase , qui a été rempli de pulpe nouvelle, et l'opération recommence comme la pre- \nière fois.

Ce nouveau lévigateur présente, sur tous ceux qui l'ont précédé, l'avantage d'épuiser uniformément la pulpe et de faire éviter les pertes causées par les fermentations lactique et visqueuse. Les fabricants qui l'ont introduit dans leurs sucreries l'emploient avec grand avantage.

Profïédé de ni. TUI07. — M. TiUoy place les betteraves dans des sacs de toile, les soumet à l'action de la presse , plonge ensuite les sacs dans une eau chargée de tannin, les comprime de nouveau , et se sert du jus qui en sort pour immerger d'autres sacs. Il obtient ainsi :

Pour la première pression 78 de jus.

Pour la deuxième pression 10

Pour la troisième pression 7

En tout, pour iOO de beUeraves 95 de jus.

NfiaTMo nM4c tfe tndi«M«ii en ]«■ «e betterave 9 pmr U. 1

' On se rappelle que pour éviter l'altération du sucre il faut additionner le jus qui sort de la presse d'une petite quantité de chaux et le porter ensuite, aussi promptement que possible, à la température de 95**. Alors les acides se précipitent à l'état de sels de chaux, et l'albumine, qui aurait pu agir comme ferment, devient inactive. Le petit excès de chaux employé dans cette opération forme avec le sucre du sucrate de chaux, qui est éliminé pendant les divers traitements que subit le sucre avant d'être livré au commerce.

En remarquant la fixité du sucrate de chaux, M. Kulhmann eut l'idée de se servir d'un excès de chaux dans l'opération précédente et de soumettre ensuite le sucrate de chaux à l'évaporation par les procédés ordinaires. Ce chimiste espérait ainsi éviter les pertes qui ont Heu pendant la concentration, et supprimer en outre l'emploi du noir animal. Le sucrate de diaux, décomposé par un acide, devait fournir du sucre pur et d'une grande blancheur. Mais les essais opérés dans l'industrie ne donnèrent pas de résultats satisfaisants, et le procédé de M. Kulhmann fut abandonné.

Dans ces dernières années, M. Rousseau a repris les expériences de M. Kulhmann, et il est parvenu à déterminer les conditions favorables au traitement du jus de betterave par la chaux.

Voici comment ce traitement est conduit dans un certain nombre d'usines :

Le jus, extrait des betteraves par les moyens ordinaires, est additionné de 2,5 pour 100 de chaux éteinte et mise en suspension dans une petite quantité d'eau. On porte le mélange à la température de 95°, puis on le fait écouler dans une caisse dont le fond, d*étofife pelucheuse, est chargé de noir animal. Le sirop limpide qui filtre est reçu dans une chaudière à double fond échauffée par la vapeur, et dans laquelle doit s'opérer l'élimination de la chaux par de l'acide carbonique.

Dans ce but, un mélange de coke et de charbon de bois enflammé est placé sur la grilie d'un four clos, et maintenu en combustion par l'air qu'une pompe lance continuellement sur le foyer. L'azote et l'acide carbonique produit sortent par un tube de fonte, traversent un flacon laveur où se déposent la cendre entraînée et les vapeurs condensables , puis se rendent dans la chaudière remplie de sucrate de chaux. La décomposition s'opère rapidement; il se précipite du carbonate de chaux, et le sucre, mis en liberté, reste dans la liqueur. La mousse qui se forme au commencement de l'opération diminue peu à peu et finit par disparaître complètement. On porte alors la masse à l'ébullition pour chasser l'excès d'acide carbonique, puis on la filtre sur du noir animal.

Le sirop filtré est évaporé jusqu'à ce qu'il marque 31*, passé encore une fois sur le noir animal, et soumis enfin à la cuite.

Le sucre obtenu est blanc, plus abondant et d'une saveur plus agréable que celui qui a été fabriqué par la méthode ordinaire. En outre, la quantité de noir animal employée pour le clarifier est réduite à 0,2 de ce qu'elle est dans l'ancien procédé. Enfin les incrustations calcaires des appareils se trouvent totalement évitées.

Pr«eC«é 4e M* DaknuifioC yonr eitralre le toere «es mélaMc».

Dans ces derniers temps, M. Dubrunfaut a trouvé le moyen d'extraire du sucre cristallisable des mélasses brunes et impures, dont la plupart des fabricants ne trouvent l'emploi que dans les distilleries où l'on prépare l'alcool. Voici par quel procédé cet habile industriel arrive à ce résultat.

La mélasse est additionnée d'un excès de sulfure de baryum dissous et de soude : il se produit du sulfure de sodium et du sucrate de baryte qui se précipite, parce qu'il est insoluble dans le sulfure de baryum en excès. Ce sucrate de baryte est recueilli sur un filtre, lavé, comprimé et décomposé par l'acide sulfureux, qui met le sucre en liberté. La liqueur filtrée, soumise à l'évaporation , donne du sucre presque pur qu'on raffine par les procédés ordinaires.

Le précipité de sulfite de baryte, débarrassé par des lavages du sucre

378 CHimiS VK^£TilL|S.

qu'il renfenpe , est converti çn sulfure de barypoi, q^i s^rt à proflqire 40 nouveau sucrate de baryte.

Cette méthode a été appliquée dans plusieurs usines, où pll# a donpfl d06 bons résultats.

M. Dubrunfaut l'a simplifiée en remplaçant le sulfure de baryum par la baryte hydratée , et en décomposant ensuite le suarate de baryte par Facide carbonique. Toutefois l'extraction du sucre des mélasses ^ été abanfdonnée depuis que \^ sucre t^insi obtenu a été taxé comme pe(ui qui prpvient directement du jus de betterave.

Nous indiquons , en terminant l'étude de la betterave et des produit^ (ju'on en extrait, les quantités de sucre trouvées dans cette racine.

TaMmo et la «nantlté de t«ere eontenae dans loo parties de betleraYe.

Beuerave blanche de Bondues 5,8

Betterave blanche de Bondues 6,3

Betterave blanche de Bondues. 6.d

Betterave blanche de Bondues • 7,9

Betterave blanche de Bondues 793

Beuerave blanche de Bondues. 7,5

Betterave blanche de Bondues. 8»0

Betterave blanche de Bondues 8»0

Betterave blanche de Bondues 8,3

Betterave blanche de Bondues 8,5

Betterave blanche de Bondues 9,0

Betterave Manche de Bondueft • . 4 . . • « . « 9,2

Betterave rose 9,8

Betterave rose de Bondues 9,8

Betterave blanche de Famars, près Valenciennes 7,2

Betterave rouge (tnême champ) 6,6

Betterave blanche à peau rose (même champ) 9,2

Betterave rose de Famars 9,8

Betterave blanche de taroars 8,5

Betterave jaune , dite de Casielnaudary, de Famars 9,0

Betterave rouge de Famars 9,0

Betterave peiite graine de deux ans 0,0

Betterave rose montée de un an 7,5

Betterave blanche des environs de Dunkerqiie 8,2

Betterave à peau rose des environs de Dunkeique 9,5

Betterave blanche de la fabrique de M. Grespel , à Arras . • 9,5

Betterave à peau rose de la fabrique de M. Grespel , à Arras. 19,9

(PCIiOlIZK.)

ETUDE DJ»» PHfNfUPAMtô HACINES.

Betterave blanche de Silésie

Betteraf e de Sibérie •

CARTOPHTIXiSS.

SAtONàftiA OFFIGINALIS (Saponaire),

La saponaire possède une racine jaunâtre couverte d'un épiderrae gris. Cette racine a une saveur qui paraît douce d'abord et ensuite d'une âcreté insupportable. Elle est composée, en centièmes, de :

Résine » , . . 0.25

SapoDiae impure. 3/t,00

Goauoe 83,00

Fibre ligneuse , 22/25

Extrait ', 0,25

Eau 13,00

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