‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 122 sur 206 · DÉSIGNATION DES BOIS · texte numérisé non relu

DÉSIGNATION DES BOIS

ÉLÉMENTS

Carbone.

Hydrogène.

Oxygène.

Aiote.

Cendrée.

/ Hêtre ....

BOIS \ Chêne. . . .

da ^Bouleau. . .

tronc J Tremble. . .

VSaule . . . .

/ Hêtre ....

BOIS Chêne. . . .

de J Bouleau. • .

Saule ....

(M. Regnault.)

Le bois vert contient environ 40 pour 100 d'eau : il en perd 25 pour 100 à 10*.

Lorsqu'on traite successivement le bois par les réactifs, on en extrait les divers principes qui le constituent.

Le Morus tinctoria et le bois de gaïac, soumis à ce traitement, ont cédé aux dissolvants les quantités suivantes de principes immédiats.

414 CflUIll VÉGÉTALI.

Jaane ( Monu tinetoria).

Ligneux 74^0

Matière colorante contenant de Tadde galllque 9,1

Tannin ... * 4,0

Gomme 2,0

Résine 9,0

98,i (Georges.)

Galac ( Gaiacum offMnaU).

Résine .... ; 26,00

Extrait amer 0,80

Matière colorante jaune 1,00

Extrait mucilagineux avec tolfote de chaux. 2,80

Ligneux 64,40

(M. Gdibodrt.)

Le bois ayant une composition variable, comme le montrent les expé* rienœs précédentes, ses propriétés, et par suite ses usages, doivent nécessairement changer avec son espèce.

En effet, les bois peuvent être divisés en cinq classes distinctes, auxquelles correspondent cinq genres différents d'application :

1*» Bois blancs ou légers,

2^ Bois durs ou lourds,

3« Bois de travail.

U^ hoi$ colorants^

5* Bois résineux et odorants.

Bols blancs. — Parmi les bois blancs, le peuplier est employé, à cause de sa légèreté, pour fabriquer les objets d'emballage, les tonneaux, les voliges des toitures. Le bouleau, dont le tissu est plus compacte, sert à confectionner des boîtes, des tabatières, etc. , et, en général, des objets capables de résister à Thumidité. Son écorce donne par la distillation une matière goudronneuse qui, mélangée avec du jaune d'œuf, peut, en étant appliquée sur diverses peaux animales, leur communiquer Todeur et les qualités du cuir de Russie. Il existe en outre dans le bouleau une matière résineuse dont nous avons déjà parlé, la bétuline, qui s'oppose à la décomposition du bois. L'ûwne, le bourdaine, le tilleul, le fusain, ser-

ÈTUDB DBS PRINCIPALBS TIGES. 415

T6Dt à préparer un charbon très combustible, qui entre dans la composition des poudres.

La sciure de boit blanc peut se convertir en glucose sous Tinfluence des acides.

Bois dvrs. — Les bois durs sont utilisés dans le chauffage, la menuiserie et les constructions. Nous citerons principalement le chêne, dont on se sert pour alimenter les foyers, dans les constructions, la fabrication des meubles, la teinture, le tannage, et qui fournit en outre le liège.

\ d« tmwau. — Les bois de travail sont ordinairement très durs ; ils rentrent donc, jusqu'à un certain point, dans la classe précédente. On fait principalement usage du charme, du hêtre^ du noyer, du frêne, du châtaignier et du merisier dans rébénisterie. Vorme est employé dans le cbarronnage, et V érable, pour confectionner les instruments de musique. Vacacia, que sa dureté, sa croissance rapide et son prix modique ont classé en première ligne parmi les bois de travail, sert à fabriquer certaines pièces mécaniques soumises à un frottement considérable, les bobines des filatures, les pavés de bois, et les traverses des voies ferrées. Le cormier est employé dans la confection de certains outils et des roues d'engrenage.

— Le campéche {Hematoxylum campechianum), le santal [Pterocarpus tantalintm), le bois jaune {Morus tinctoria), le fustet et le quercitron, fournissent une partie des matières colorantes employées dam la teinture.

Bois résiaeux. — Les bois résineux, tels que \epin, le sapin, le mélèze, le cèdre, qui sont peu altérables à Tair, s'emploient dans les constructions exposées à l'humidité.

Ils fournissent en outre la térébenthine, dont on extrait l'essence de ce nom, et qui sert à préparer la poix.

Les oolonies produisent certains bois odorants, tels que le bois de rose, {Convolvulus scoparià), le Cedrela odorata, YAmgris balsamifera, avec lesquels on fabrique des meubles de luxe.

Noos allons maintenant examiner les bois les plus connus.

uktiojIzs.

BOIS lAVNB {MoTfjts tinctoria),

Ls bois jaune provient d'un mûrier particulier, le Morus tinctoria, qui 86 rencontre au Brésil et dans les Antilles. Ce bois renferme souvent des cristaux jaunes ou couleur de chair, dont

la dissolution est employée en teinture pour obtenir de belles teintes jaunes.

Le principe colorant du Monts tinctona a été étudié par M. Chevreul, qui Ta nommé morin. Ce chimiste, Tayant obtenu sous trois modifications différentes, a désigné chacune de ces modifications sous les noms suivants :

Morin blanc ou incolore,

Morinjaune^

Morin rouge.

D'après M. Wagner, la matière cristalline du bois jaune se compose de deux acides diflérents, V acide morique et V acide morintannique.

Les propriétés de l'acide morintannique ont été étudiées (tome IV, p. 316). Nous examinerons maintenant Tacide morique.

ACUiB MOBIQOB. C)^H<H)l%dHO.

V acide morique^ ou morin blanc ^ est cristallin, peu soluble dans Teau, très soluble dans Talcool et Tétber. Il se colore lentement en jaune au contact de Tair. Les acides faibles le dissolvent sans se colorer. L*acide azotique fumant le transforme en acide oxypicrique. L'acide sulfurique concentré le dissout en prenant une teinte jaune ; la solution, soumise à l'action de la chaleur, dégage de l'acide sulfureux et de l'acide phénique.

Les alcalis et les carbonates alcalins dissolvent l'acide morique en se colorant en jaune.

Quand on verse du percblorure de fer dans une dissolution d'acide morique, la liqueur prend une coloration brune ou d'un vert noirâtre.

La dissolution aqueuse d'acide morique réduit, à chaud et en présence de la potasse, le sulfate ou l'acétate de cuivre ; il se forme un précipité de protoxyde de cuivre anhydre. L'azotate d'argent, additionné d'ammoniaque, donne de l'argent métallique, sous l'influence des dissolutions bouillantes d'acide morique.

Les morales de chaux et de baryte ont été obtenus à l'état cristallin.

Pour extraire l'acide morique du bois jaune, il faut étendre de dix fois son volume d'eau un extrait alcoolique bouillant de ce bois; il se précipite du morate de chaux, qu'on recueille sur un filtre, et qu'on dissout ensuite à chaud dans l'alcool. La solution est additionnée d'acide oxalique, filtrée à chaud pour séparer l'oxalate de chaux, et mélangée avec une certaine quantité d'eau qui précipite l'acide morique. On purifie cet acide en le dissolvant à plusieurs reprises par l'alcool et en le précipitant ensuite par l'eau. (M. Wagner.)

ÉTUDB DES PRINCIPALES TIGES. kil

riJSTBT (Rhus cotinus).

Les parties ligneuses du Ithus cotinus, arbrisseau cultivé en Provence, renferment une substance cristallisable de couleur jaune, qui est employée en teinture.

Cette substance, que Ton a nommée fustine, est d'un jaune orangé ; elle se dissout dans Teau, Talcool et Téther. Les dissolutions de fustine se colorent en rouge sous Tinfluence des alcalis ou des terres alcalines; elles prennent une teinte d*un vert-olive en présence du sulfate de protoxyde de fer, et précipitent en jaune les acétates de plomb et de cuivre.

On obtient la fustine pure en ajoutant une petite quantité de gélatine dans une décoction de fustet. Le tannin se précipite, tandis que la matière colorante reste dissoute. La liqueur, étant évaporée à sec, laisse un résidu d'un jaune verdâtre, qui est repris par l'éther, puis séparé de ce dissolvant par distillation. On le traite alors par de l'eau tenant en suspension de l'oxyde de plomb ; il se forme une laque qui, décomposée par l'acide sulfhydrique, donne la fustine pure.

BOIS DE GAMPÊGHB (Hematoxylum campechianum).

Le bois de Campéche est rougeàtre à l'extérieur, jaunâtre à l'intérieur ; très dense, d*une odeur douce, qui ressemble à celle de la' violette. Il renferme :

Une essence,

Une matière colorante {hématoxyliné),

Une substance azotée.

De la résine.

De l'acide acétique,

Du chlorure de potassium.

Des acétates de potasse et de chaux,

Du sulfate de potasse,

De l'oxalate de chaux.

De l'alumine,

De l'oxyde de ter,

De l'oxyde de manganèse. (M. Chevreul.)

L'hématoxyline a été découverte par M- Chevreul, et étudiée avec soin par M. Erdmann. Les propriétés de cette matière colorante ont été décrites (tome V, p. 526).

1 kiiogi*amme d'extrait de campéche contient environ 125 grammes d*hématoxyline pure.

Dans le commerce, on trouve le bois de Campéche en poudre ou plus VI. 27

ftiS CHIMIE VÉGÉTALE.

souvent en morceaux, parce que, sous ce dernier état, l'extraction de la matière colorante est plus facile.

L'eau n'enlève qu'avec difficulté l'hématoxylineau bois de Campècbe : un gramme de ce bois réduit en poudre exige, pour être épuisé, environ deux litres d'eau bouillante, et la liqueur, soumise à l'évaporation, ne donne que 0^,25 à 0^,30 d'extrait coloré. (M. Chevreul).

Le commerce livre des extraits de campéche qui ont été préparés en faisant agir simultanément la vapeur et Teau sur le bois colorant réduit en poudre. L'eau chargée d'hématoxyline est ensuite évaporée à sec, ou bien à consistance sirupeuse : le résidu de cette évaporation constitue l'extrait.

La poudre de campéche destinée à la teinture est parfois soumise à un traitement qui a pour but d'augmenter son pouvoir colorant, tOQt en diminuant la quantité de matières qui accompagnent l'hématoxyline et qui altèrent souvent la blancheur des parties réservées du tissu.

Une couche de campéche, de plusieurs centimètres d'épaisseur, est étendue sur les dalles d'une chambre dans laquelle on peut facilement établir un courant d'air. Celte poudre est humectée d'eau avec un arrosoir, puis recouverte d'une nouvelle couche de campéche pulvérisé, qu'on mouille de la même manière, avant de placer une troisième couche. La superposition du bois colorant est continuée ainsi jusqu'à ce que Ton atteigne la hauteur de l'",50, moment où la masse est abandonnée à el)e*méme. La température s'élève rapidement, la fermentation commence et détruit les matières autres que l'hématoxyline. Si l'on ne prenait soin alors d*établir un courant d'air dans la chambre et de déplacer de temps en temps le campéche pour éviter une trop forte élévation de température, la matière colorante se décomposerait inévitablement. Quand la température a été bien ménagée, le bois est, au bout de trois ou quatre semaines, d'un beau rouge de sang ; et malgré toute l'eau qu'il renferme, son rendement en matière colorante est égal aux 5 huitièmes de celui du bois non traité.

B018 ftB BIÉSIL.

Les arbres du genre Cœsâlpina, connus dans le commeroe sous le nom

de bois de Brésil ^ renferment une matière colorante rouge qui a reçu le

nom de brésiiine (M. Chevreul). Us ne sont pas tous également estimés ;

. nous les examinerons ici dans l'ordre où on les classe d'après leur valeur.

Le CœsoCpina crista, que l'on trouve à la Jamaïque et au Brésil, reçoit dans l'industrie le nom de bois de Femambouc. Sa dureté est considérable; sa densité, beaucoup plus grande que celle de l'eau.

Ce bois présente une teinte jaune à l'intérieur et rouge à l'extérieur.

ÉTUDE DBS PRINCIPALBS TfGES. àl9

Cette dotiière coloration, qui s'est formée sous Tinfluence de Fair, disparait par l'action prolongée du même agent.

lie CcBêoipinë sappan ou bois du Japon, bois de sappan^ etc., offre beau<eoup d'analogie avec le précédent.

Le Cofêûlpina ec/ûnata fournit les boiê de Sainte-Marthe, de Nicaragua et de Lima,

Enin le Cœsaipina visicaria ou Brésil, que Ton considère comme iniérteur.à tous les autres.

La distinction qui a été établie entre ces divers bois provient surtout de ce qu'ils contiennent des quantités plus ou moins grandes de matières astringentes, qui altèrent la teinte de la brésiline. On a proposé d'enlever ces matières en eyoutant h l'extrait coloré un certain volume de lait et en chauffant ensuite le mélange. La caséine se coagule et détermine la séparation des matières astringentes. La liqueur qui reste après ce traitement est du rouge le plus pur, et peut servir directement soit à Timpreesion, soit à la teinture.

Les bois de Brésil diffèrent du bois de Campéche par leur teinte claire, par le précipité rouge que leur infusion donne avec la chaux, la baryte, le protocblorure d'étain, l'acétate de plomb, etc., au lieu du précipité bleu que produit l'infusion du bois de Campéche avec les mêmes corps. Le seul caractère commun à ces deux espèces de bois est de donner une infusion qui prend une teinte jaune sous Tinfluence d'une petite quantité d'acides sulfurique ou chlorhydrique, et qui vire au rouge en présence d'un excès de ces acides.

Les traitements que l'on fait subir au bois de Brésil avant de l'employer en teinture sont les mêmes que ceux qui s'appliquent au bois de Campéche. La valeur du bois est déterminée par les procédés indiqués en pariant des essais de garance.

Nous oompléterons ici les détails que nous avons déjà donnés sur la llréailine.

Celte subetance, soumise à la distillation, donne divers produits de déeompomtion parmi lesquels se trouve une matière peu connue d'un rouge pourpre. On peut conserver la brésiline dans l'eau, môme au contact de l'air. Cette propriété permet, dans les ateliers de teinture, de préparer à la fois de grandes quantités de décoction de bois de Brésil. On sait que lea décoctions obtenues depuis longtemps possèdent un pouvoir tinctorial double de celui des décoctions récentes. -

L'acide sulfhydrique décolore les solutions de brésiline, en formant avec cette substance un composé particulier.

En réagissant sur la brésiline, l'acide chromique donne naissance à une combinaison colorée fort peu stable.

Pour obtenir cette matière colorante, il faut épuiser par l'eau le bois de Brésil réduit en poudre et évaporer l'extrait aqueux jusqu'à siccité,

420 GHIMIB VÉGÉTALE.

afin de chasser par volatilisation Tacide aoétique libre qui s*y troave. Le résidu étant repris par Veau, on agite la liqueur avec de l'oxyde de plomb, pour saturer les acides fixes qu'elle renferme. L'excès d'oxyde de plomb se dépose, et la liqueur éclaircie peut être décantée dans une capsule, puis évaporée à sec. La dissolution alcoolique de ce nouveau résidu est filtrée, concentrée par évaporation, mélangée avec de l'eau et additionnée d'une solution de gélatine, jusqu'à ce qu'il ne se précipite plus de tannin. En évaporant une dernière fois à sec, et en épuisant par l'alcool, on enlève seulement la brésiline, qui cristallise par le r^oidissement. (M. CÛvasuL.)

B0I8 M SANTAL (Pterocarpus santalinuê).

Le bois de santal se trouve dans le conmierce en firagments et en poudre; il donne une infusion jaunâtre ou rouge employée en tanture. La matière colorante que renferme ce bois a été étudiée successivement par Vogler, Pelletier, et M. Preiser ; on lui a donné le nom de santaline

100 parties dé bois de santal cèdent à l'alcool bouillant 17 parties de santaline.

La dissolution de santaline donne avec les sels métalliques des préci'» pités diversement colorés. Le précipité obtenu avec les sels d'étain au minimum est pourpre ; il est violet, avec les sels de peroxyde de plomb ; violet foncé, avec les sels de peroxyde de fer ; rouge écarlate, avec les sels de protoxyde de mercure ; et rouge brun, avec les sds d'argent.

D'après les recherches de M. Prâser, la matière colorante enlevée par l'alcool au bois de santal n'est pas de la santaline pure, et pour obtenir cette substance à l'état de pureté, il faut agiter l'extrait étbéré de santal avec de l'oxyde de plomb, placer dans de nouvel éther la laque qui se produit, et faire passer un courant de gaz acide sulfhydrique dans la liqueur. Il se précipite du sulfure de plomb, tandis que la santaline reste dissoute dans l'éther, qui l'abandonne en cristaux incolores par l'évaporation.

La santaline ainsi préparée se colore facilement en rouge à l'air, sous rinfluence des acides ou au contact des alcalis. Elle se dissout dans l'eau, tandis que le principe colorant rouge obtenu par Pelletier est insoluble dans ce liquide.

Vécorce est Tenveloppe externe des plantes : elle se compose de deux parties principales, Yépiderm^ et le parenchyme.

ETUDE DBS PRlNaPALSS TIGES. iS(21

On distingue en outre, dans le parenchyme, le tissu cellulaire et la couche subéreuse.

En général, cette dernière portion de l'écorce présente une épaisseur invariable pendant la durée de la végétation ; mais parfois, au contraire, la couche augmente avec une telle rapidité, que Tépiderme, dont TeiLtension est moins prompte, se déchire en plusieurs points du tronc. La couche subéreuse qui se développe ainsi est désignée sous le nom de liège.

Plusieurs écorces renferment des substances employées dans les arts ou en médecine.

COMÏÏWkBMB.

PINIJ8 MABITIMA.

L*écorce de cet arbre renferme :

Tannin 52,195

Matières exfractives. 17,180

Résine 1,035

Fibre Tégétale 25,4ù5

99,815 (M. Nardo.)

C'est du Pinus maritima que Ton retire la térébenthine de Bordeaux.

PINIJS STLVB8TBI8.

L'écorce de Pint4s sylvestris a présenté la composition suivante :

Tannin et prodoits de sa décomposition 13,18

Résine 12,67

Extrait contenant du sucre et une matière amère . . . 28,57

Qoinate de ctiaux 1,01

Sal)6taQce gélatineuse 3û,57

Eau el perte. 10,00

100,00 (Berzrlius.)

On a proposé de se servir de l'écorce du Pynus sylvestris dans le traitement des fièvres intermittentes.

^M cHiMd végAtali.

sAuonrtxs.

8ÀLIX ALBA {Saule blanc).

On trouve dans Técorce du saule blanc des matières grasses et dreosed, un principe colorant jaune, du tannin, un acide particulier, une snb* slance cristallisable que nous avons étudiée sous le nom de so/tcme, enfin de la fibre ligneuse.

C*est à la présence de la salicine que Técorce de saule doit son action dans les fièvres intermittentes.

POPULUS TBEllULA (Tremble).

L'écorce du tremble est lisse, blanchâtre et fortement amère. On remploie aux États-Unis comme fébrifuge. Son action sur Téconomie animale est due à deux corps particuliers, la salicine et la populine. Les propriétés de ces deux corps ont été décrites (tome V, p. 224 et 228).

ovpuzJFiaLss.

QUBBOUS BOBVB {Chêne).

Lorsqu'on enlève à un chêne encore jeune son écorce, elle offire une teinte rougeâtre. Elle répand une odeur fade particulière. On l'emploie sous le nom de tan, pour rendre les cuirs imputrescibles (voy. tome IV, p. 319).

Soumise à l'analyse , Técorce de chêne a donné les résultats suivants:

Substances extraites par Teau et Talcool

Substances extraites!

par Tacide chlorhydrique et la potasse. . • • * •

'Acide galliqae, acide tanniqae. i»09

Gomme et traces de sels S,60

Acide qnercitannique 5,60

' Sucre, dilorure de sodium, adde mallque,

sels , extrait coloré 8,66

Résine iM

Matière cireuse 0,66

Produits de Taltération de Tackle taonique. 2,36

Matières extractives 1,67

Matières extractives altérées 2,5A

Acide pectique 6,77

f Phosphate de chauï 0,40

Phosphate de magnésie 1,15

Malates de chaux et de magnésie 0,80

"^Ligneux. 58,28

99,53 (Gbbbuu)

ÉTUDE DBS PRINGfPàUS TIGES. 62S

Voici les quantités d'acide quercitannique trouvées dans quelques écorces de chêne :

Écorce blanche de vieux chêne ......... 15 pour iOO

Écorce de jeune cliêne 16 —

Écorce de chêne colorée . U —

Écorce entière de chêne 6,3 —

(HOMPHRT Davt.)

QCBRGU8 8UBBB (Chém liège).

Lé Quertus suber présente une écorce noirâtre à Textérieur, jaunâtre à rîntérieur, épaisse, fendillée et spongieuse. Cette écorce se déchire au bout d'un c^tain temps, tombe et se trouve remplacée par une seconde enveloppe qui se détache également du tronc, pour faire place à une troisième, et ainsi de suite ; de telle sorte qu'après un certain nombre d'années, l'arbre a produit une quantité d'écorce assez considérable.

La partie corticale, détachée du Quercvs suber, étant débarrassée de l'épiderme qui la recouvre, peut servir à plusieurs usages; on lui donne le nom de liège,

Propiiéiés. — Gompotltlon.

Le iiége est une matière jaunâtre, élastique et poreuse, qui est formée de :

Huile odorante, adde acétique, acide galllqne, gallate

de fer, matière colorante, substance axotée, cbaax» 1Â,25

Gérine et résine 15,75

Matière particulière ( subérine ) 70,00

100,00 (M. Ghevreul.)

La subérine est blanche, compressible, inflammable; elle donne des produits huileux et ammoniacaux à la distillation. Elle se convertit partiellement en acide subérique sous l'influence de l'acide azotique. Le même acide se produit aussi, lorsqu'on traite le liège par l'acide azotique.

On obtient la subérine en épuisant le liège par l'alcool et l'éther.

Le Iiége traité par l'éther dans un appareil de déplacement a donné de belles aiguilles cristallines, blancheâ et soyeuses; la substance résineuse qui les constitue est formée de :

Carbone 82,6

Hydrogène 11,12

100,0 (M. BoussingaultO

&24 CBIMIB VÉGÊTàLI.

Èimî naiiirel. -* BxtnicttOD.

Le liége prend naissance sur plusieurs espèces d'arbres ; mais c'est du Quercus 8ub€)\ chêne liége ou alcomoque qu'on le retire pour les besoins des arts.

Le Quercus suber se rencontre en Espagne et dans quelques départements du midi de la France. Les premiers déchirements de Tépiderme commencent quinze ans après la germination, et la couche subéreuse apparaît aux endroits lacérés. On pourrait ^commencer l'exploitation vers cette époque, mais la quantité de liége obtenue serait peu considérable. Ordinairement la décortication n'a lieu que sur des arbres âgés de quarante ans : une entaille est pratiquée à la hache dans toute la longueur du tronc, de manière à ne pas blesser la partie ligneuse ; deux autres entailles sont faites en travers aux extrémités de la première; puis, à l'aide de la hache, agissant comme levier, on soulève la section comprise entre les trois coupures.

Deux opérations de ce genre suffisent pour décortiquer complètement un tronc qui fournit deux plaques de liége pesant en moyenne 50 kilos. (M. J. de Passa).

Avant d'être livré au commerce, le liége subit un traitement qui a le double résultat de le débarrasser de l'épiderme qui recouvre une de ces faces, et de lui communiquer une grande élasticité. Ce traitement consiste : l"" en une immersion prolongée dans l'eau froide, qui ramollit l'enveloppe épidermique, et permet de l'enlever facilement à l'aide d'une doloire tranchante; 2'' en une ébuUition avec l'eau, qui fait prendre au liége l'élasticité convenable.

sotho&biaoAbs.

€BOTON BLBUTBBlA {CoscariUe).

Void les principales substances qu'on a trouvées dans l'écorce de cascarille :

De l'albumine, du tannin, une matière colorante rouge, une substance grasse, une essence d'une odeur agréable, de la cire, de la résine, une matière gommeuse, de l'amidon, de l'acide pectique, du ligneux, une matière cristallisable {casccariUine), un sel de chaux, du chlorure de potassium.

Les propriétés de la cascarilline ont été étudiées précédemment (t. IV, p. 661).

Cette substance s'obtient en ajoutant de l'acétate de plomb dans l'extrait aqueux d'écorce de cascarille, filtrant et précipitant l'excès de plomb par l'hydrogène sulfuré. La liqueur, évaporée à une douce cha-

ÉTUDE DES PHINCIPALES TIGBS. U^5

leur, laisse déposer une masse amorphe qui, lavée à i*alcool froid et traitée ensuite par Talcool bouillant, cède la cascarilline à ce dissolvant. On purifie la cascarilline en la faisant cristalliser à plusieurs reprises, après ravoir décolorée par le noir animal. (M. Duval.)

BUXCS SBMPBBVIBBNS (Buis).

L'écorce du buis est blanchâtre sur les tiges les plus fortes et verte sur les jeunes tiges. Elle renferme :

Chlorophylle 0,6

Matière d*an brun rougeâtre 0,3

Cire l,û

Substance grasse azotée 1,1

Résine 6,0

Matières extractives l/î,l

Une base particulière ( buxine ) à Tétat de malate. . . l ,1

Gomme û,/i

Ligneux 67,8

Cendres formées de :

Sulfate de potasse

Sulfate de chaux

Carbonate de chaux

Carbonate de magnésie ) 5,2

Phosphate de chaux

Oxyde de fer

Silice

100,0 (M. Fauré.)

La buxine est brune, transparente, amère, incristallisable, insoluble dans Teau, soluble dans Talcool et en petite [quantité dans Féther. Elle ramène au bleu le papier de tournesol rougi par les acides, et forme des sels parfaitement neutres, qui donnent des précipités blancs gélatineux avec les dissolutions de potasse, de soude ou d'ammoniaque. On obtient la buxine en décomposant à chaud, par un lait de magnésie, la matière provenant de Tévaporation d'un extrait aqueux d'écorce de buis. La buxine reste mélangée avec l'excès de magnésie employé. On l'en sépare àl'aidederalcool.

kK CfiPMIB VÉGÉTALE.

lOLVnXKtEB.

LAOBVS G1IIIVAH0MIIM {Lauriêr-Cannêllier).

La cannelle est Técorce intérieure des jeunes pousses et des branches du laurier-cannellier.

On trouve dans le commerce cinq espèces de cannelles :

La cannelle de Ceylan^

La cannelle de Chine,

La cannelle de Sumatra,

La cannelle de Cayenne,

La cannelle mate,

La cannelle de Ceylan est rougeàtre à Tintérieur, d'un brun grisâtre à Textérieur, d'une saveur chaude et aromatique, d'une odeur agréable. Elle renferme :

Une essence.

Du tannin,

Une matière colorante,

De l'amidon,

De l'acide cinnamique.

Lorsqu'on la distille avec de l'eau, il passe dans le récipient une essence formée d'un hydrure particulier, Yhydrnre de cinnamyle (voy. tome V, p. 200), et d'un carbure d'hydrogène peu connu.

L'essence de cannelle, abandonnée à elle-même, laisse déposer deux résines, qui présentent en centièmes la composition suivante :

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