‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 135 sur 206 · M. BU.TZ · texte numérisé non relu

M. BU.TZ

Le produit le plus important que Ton extrait des roses, et surtout des roses très odorantes, telles que la Bosa ceniifolia, est Yessence de roie. Cette huile volatile est jaune, épaisse, d'une consistance butyreuse à une basse température : son odeur est très forte et désagréable si on la respire en grande quantité. Nous avons vu (tome V, p. 268) que l'essence de rose est un mélange de deux huiles, dont Tune est encore peu connue.

L'essence de rose est souvent falsifiée avec de l'assence de géranium. Cette fraude se constate par les moyens suivants : on traite le mélange par Facidp sulfurique, qui lui fait prendre une odeur désagréable, tandis qu'il n'altère en rien l'odeur suave de l'essence de rose pure ; l'essence à essayer est soumise à l'action des vapeurs "de l'iode qui ne la colorent pas si elle est pure, et la brunissent dans le cas contraire.

Lorsqu'il s'agit d'établir une distinction très nette entre l'essence de rose et l'essence de géranium, on peut traiter séparément ces deux essences par les vapeurs nitreuses. La première jaunit, tandis que la seconde verdit. (M. Guibourt.)

OOHVOSÉSS.

ARTBMISIA 8ANT0NICA {Santonim).

Les boutons des tleurs de cette plante constituent le semen-contra, employé en médecine comme vermifuge. On a retiré du semen-contra im acide particulier, Vacide santonique^ dont les propriétés ont été indiquées tmne IV, page 3ft8. Pour obtenir cet acide, on mélange le semen-contra avec une petite quantité de chaux caustique, on épuise la masse par l'alcool ordinaire, et après avoir évaporé la liqueur jusqu'à volatilisation VI. 32

498 CHIMIE VÉGÂTALB.

complète de Talcool, on sursature le résidu par Tacide acétique. Le précipité qui se forme est répris par Talcôol bouillant, ïa dis&olutioii 'est décolorée par le noir animal : elle laisse déposer en se refroidissanl dé beaux cristaux d'acide santonique. (M. Gerliardt.)

GARTHAMUS TINGTORIDS {Carthame].

Il existe dans les fleurs du carthame deux matières colorantes dont une seule, Isicarthamine, est employée en teinture (voy. tome Y, p. 536). Ces fleurs sont vendues dans le commerce sous le nom de Safronum^ ou de safran bâtard. On les cueille lorsqu'elles sont bien développées, et par un temps sec, car l'humidité les fait noircir; elles sont ensuite desséchées à l'ombre et conservées dans un endroit sec.

En Egypte, les fleurs du carthame sont comprimées entre deux pierres, après avoir été cueillies, puis lavées, et expriitiéés dé riciiîvëati à la main; on les fait ensuite sécher sur des nattes (Hasselquist). Voici la composition dé diverses espèces de safranum :

Çatt perdue à plus 4e 20*.

Albamine végétale ....

Matière jaune et sulfates

solubles

Malimsëxtractives. . . .

i^rlie cireuse

Matière éolorante jaune. .

Càrthamine

Ligneux. .........

SiUce

Alumine et oxyde de fer .

Oxyde de manganèse. . .

M. Saltetat.

Nous avons étudié précédemment le mode d'extraction de la càrthamine : cette substance, broyée avec un peu d'eau et du talc très fin, donne le rouge végétal dont on se sert comme fard.

Nous nous occuperons maintenant du pollen ou matière fécondante des végétaux, qui est contenue dans Y anthère^ une des parties de la fleur.

VOIXEV«

Les observations microscopiques faites avec le plus grand soin par BfM. Mohl, Brown, Payen, Decaisne, et surtout par M. Fritzche, démon-

trent que le pollen n'est pas iih principe immédiat, car il est essentieile-^ ment formé de membranes extérieures enveloppant une substance Itttèrne à laquelle on a donné le nom de fovilla.

La composition de la tbtilla paraît être fort complexe; on y trouve un liqui4e*épais, des gouttelettes huileuses, de petits corpu^ules gi^aniileux, et quèk]uetois de l'amidon . « . . • .

Les grains du pollen de quelques plantes présentent en outre à leur extérieur une nfttière grasse qui les lie incomplètement les uriâ aux antres. a

Les propriétés de ces diverses matières ont été décrites dernièrement dans un mémoire, dont nous donnons ici le résumé, (tlôéz' et Rremy.) ' ' *

Substance grasse extérieure du pollen. — Cette substance est fortement colorée en jaune (1), onctueuse, filante, neutre aux réactifs colorés, insoluble ()ans Teau, peu soluble dans l'alcool, et très soluble dans i'éther.

Elle possède une odeur de cire très marquée. Les alcalis la saponifient avec difficulté et toujours incomplètement. Le savon qui se produit, étant décomposé par un acide, donne un acide gras liquide ressemblant à l'acide oléique.

goumise à l'analyse, }a su|)stance grasse extérieure (|u pollen a présenté |a composition suivante :

Cari)Oiie 79,65

Hydrogène 13,09

Oxygène 8,26

ioa,oo

Elle se rapproche, par sa composition, de certaines espèces de cjr^ végétales analysées par M. Lewy, et elle présente particulièrement de l'analogie avec la cire jaune.

Pour obtenir la substance grasse extérieure du pollen, on traite ce corps par I'éther, puis on évapore l'extrait éthéré. *^ Jfxamen des principes immédiats qui constituent le pollen. — L'eau froide n'agit pas sur le pollen ; mais lorsqu'on porte Teau a l'ébullition* la liqueur se colore fortement en jaune et se charge de dextrine; si l'on prôlôrigé l'action de la chaleur, cette dextrine se transforme en glucose. ' Cette expérience ne laisse aucun doute sur l'existence de l'amidon datrs l'intérieur du pollen, comme cela avait été établi précédemment par M. Payen. Elle fait présumeir en outre que dans l'uitérieur du grain

(1) La matière jaune qui colore le corps gras extérieur du pollen se détruit très rapidement au contact de Pair, sous Tinfluence de la lumière même diffuse.

500 CHIMIK VÉGÉTALB.

se trouve une substance particulière, qui peut agir comme la diastase sur Tamidon.

Du reste, la présence d'une matière azotée soluble existant dans le pollen n'est pas douteuse, car Textrait aqueux, soumis à l'évaporation, laisse toujours coaguler une substance comparable à l'albumine ou plutôt à la caséine.

L'alcool et Téther n'agissent pas sur le grain de pollen qui est entier, mais ces dissolvants retirent du pollen que Ton a broyé une quantité considérable d'huile grasse.

Cette huile se saponifie avec facilité ; en cela elle diffère du corps gras extérieur du pollen ; sa couleur est légèrement jaun&tre. Elle présente la composition suivante :

Carbone 75,36

Hydrogène 12,»0

Oxygène ii,7Â

Le pollen épuisé par l'eau bouillante, par l'alcool et par l'éther, laisse un résidu très abondant, qui est évidemment formé des membranes extérieures du pollen, et peut-être d'une partie de la fovilla, qui a résisté à l'action des dissolvants. Ce résidu contient encore une quantité asseï considérable d'azote et paraît s'éloigner du ligneux.

Les réactifs semblent démontrer également que les membranes extérieures du pollen ne sont pas formées par de la cellulose; elles résistent en effet à l'action de l'acide sulfurique même concentré qui les colore en noir, mais qui ne les dissout pas ; elles sont remarquables par leur grande fixité.

U existe une analogie frappante entre la composition d'un pollen et celle d'une graine oléagineuse. On trouve en effet, dans le pollen comme dans la graine, des menibranes plus ou moins azotées, de l'amidon, une sorte de diastase, de l'huile grasse en grande quantité et des substances albumineuses. Il est curieux de voir la déhiseence et le développement du tube ou boyau pollinique^ qui peuvent être comparés jusqu'à un certain point à un phénomène de germination, se produire dans un corps présentant la môme composition qu'une graine.

(Clokz et Frimv.)

La graine est la partie de la plante qui sert à reproduire de nouveaux individus.

Nous examinerons surtout les graines qui présentent une grande importance, soit au point ^e vue de Talimentation, soit dans leurs applications industrielles.

AVBNA SATITA {Avoine).

L'avoine est employée oomme aliment pour les bestiaux. Elle renferme un principe aromatique qui, se combinant avec Turée, donne de Tacide hippurique qu'on retrouve dans Turine des chevaux (M. Sacc). L'analyse ûnmédiate de cette céréale a donné :

Gluten et albumine 11^9

Amidon et dextrine 61,5

.Matières grasses 5,5

Ligneux et cellulose 4,1

Substances minérales 3^0

Eaa !Û,0

100,0 ( M. BOUSSIRGAULT. )

L'avoine sèche renferme d'après l'analyse élémentaire :

Carbone 50,33

Hydrogène 6,32

Azote 2,34

Oxygène 37,14

Cendres 3,98

(M. B0US8INGAULT.)

On a pour la composition centésimale de ces cendres :

Potasse 13,18 12,9

Sonde 14,69 »

Chanx 7,29 3,7

Magnésie 4,58 7,7

A reporter. . . , 38,74 24,3

Report. ..... 38,74 2û,3

Oxyde de fer . . . . iM 1,3

Acide phosphorique l,9/i iA,9

Acide sulfurique 2,15 1,0

Chlore 1,50 0,6

Silice. 56,25 53,3

(M. LÉVT.) (M. BOOSSIRGAULT.}

.1 î- r ' j i L'ayoine donne en générai 62 pour iOO de tarine, 17 de son et

21 d'eau.^(M. Sacc.)

TAITIGVM {Froment).

^; Le froment est la céréale la plus importante, au point de vue de n^tr^ alunentation; aussi sa culture est universellement répandue. Il, e^te plusieurs variétés importantes de froment, et toutes sont remarquables par la propprtiqn de matières azotées qu'elles renferment. Le blé contient en effet quelquefois jusqu'à 21 pour 100 d'un principe azoté, le gluten. Les blé& çlurs sont plus riches en gluten que les blés tendres ou blancs; ceux-ci fournissent une farine plus blanche, mais moins nourrissante.

Le blé donne en général 72,5 de paille et 27,5 de grain, présentant en moyenne la composition suivante :

GluteD. 12,8 )^

Albumine 1,8 j

Amidon 59,7

Dexlrine 7,2

Matières grasses. • . 1,2

Cellulose 1,7

Sels minéraux .... 1,6

fiaa 16,0

Matières azotées • • • 16,6

100,0 (M. BODSSINGAULT.)

L'analyse immédiate du froment a donné :

Carbone 46,10

Hydrogène 5,80

Azote .2,29

Oxygène Aâ,ûO

, Cendres 2^1

(M. BOUSSINGAULT

La grande quantité de matières azotées qui existe dans le froment fa;t comprendre que les engrais très riches en principes azotés doivent augmenter là proportion de gluten contenu dans cette graine ; c'est en effet ce qui a été reconnu. (Hermbstaed.)

Les cendres du froment renferment :

Froment FYoment

de GiesMD. d'Alstce.

Potasse. . . . . 33,84 30,12

Chaux . 3,06 3,00

Magnésie 13,^4 16,26

Oxyde de fer 0',3i »

Acide phosphorique 49,21 48,30

Acide suifurique » 1»01

alicc » 1,31

■ I 3 il

(FRE8E1IIU8 et WILL.) (Mv BOUSSIMGAOLT.)

Ces cendres sont surtout très riches en phosphates et en silicates alcalins et terreux, il sera donc convenable que le terrain ou les engrais employés contiennent aussi ces mêmes sels.

Pour préserver le grain que Ton doit ensemencer de Vatta4ue des insectes, et de maladies telles que la carie, il estindisjpensablede le chauler. On se contentait d'abord pour le chaulage détremper les grains dans un lait dé chaux; on a employé ensuite d'autres substances telles que Talun, les sulfates de fer ou de zinc, le réalgar, Tacide arsénieùx, le sulfate de cuivre; ce dernier sel donne de bons résultats, mais on préfère à remploi des substances précédentes, qui sont presque toutes vénéneuses, le procédé connu sous le nom de sulfatage.

Pour ot)érer, d'après cette méthode, sur un hectolitre de grains, on prend 640 grammes de sulfate de soude que Ton fait dissoudre dans 8 à 9 litres d'eau chaude, et 2 kilogrammes de chaux caustique éteinte au moment même. On arrose avec la dissolution saline le blé cjue Ton place à cet effet dans un baquet, et que Ton remue dans tous les sens; puis on saupoudre avec la chaux, en continuant à remuer pour que tous les grains soient bien recouverts de chaux ; ils sont alors étendus sur ïe sol t)Our être séchés. Ce |)rocédé, très efficace, est le plus employé.

Le froment donne, d'une part, la farine employée à la confection du pain, de l'autre, le son que les bestiaux consomment en partie. La mouture fait subir au grain une sorte de décortication, il ne reste plus qu'à le soumettre au blutage pour séparer le son. La quantité de farine que

50li CHIMIE VÉGÉTALE.

donne le blé varie selon les procédés de mouture ; en moyenne on obtient :

Farine 74

San 23

Décheu 3

(M. BOUSSINGADLT.)

La nature du blé fait naturellement varier beaucoup ces quantités ; certains blés peuvent donner 85,5 pour 1 00 de farrne. (M. de Dombasle.)

Nous reviendrons plus loin sur les farines; quant au son, il contient encore assez de matières azotées :

Gluten et albumine 11,9

Amidon et dextrine 61,5

Matières grasses 5«5

Ligneux et cellulose . 4,1

Sobsumces minérales . • « 3,0

(M. BOUSSINGAULT

Il est très important, dans les analyses de blés, de déterminer la quantité de son et de farine qu'ils peuvent donner, et aussi combien la fisirine renferme de matières azotées. Les quantités relatives de son et de farine s'obtiennent avec beaucoup d'exactitude eu séparant la farine du son par un tamisage du blé préalablement broyé; en pesant le son resté sur le tamis, on a la farine par différence. Quant au gluten, nous avons vu, en parlant de l'amidon, qu'on pouvait l'évaluer en soumettant la farine à un faible courant d'eau qui entraine l'amidon et laisse le gluten; mais ce procédé n'offre pas toute la précision désirable. Il vaut mieux doser directement l'azote contenu dans la farine ; sachant d'ailleurs que les substances azotées, gluten et albumine, qui entrent dans la farine, renferment 0,16 d'azote, la détermination de ces principes azotés se fera par un calcul très simple. (M. Boussingault.)

C'est d'après ces procédés qu'ont été obtenus les résultats indiqués dans le tableau qui suit.

Nous donnons enfin, dans un deuxième tableau, les résultats de l'analyse immédiate de quatorze variétés de blés.

frrUDK DBS PRINCIPALES GKAINBS.

c>*i>>aor«aoooaoaoaoaoi>>ooa030oooOQOi>>oooooor«QOQO

co -^ *< co ^^o> C4 itd o> 00 eo &o ^o^^r* k/3r3iA<roooQOtA

^ C< w4 ® * iO .ft O O © O O O 0^40^3 art ift ifl O O lA O lO

00 oTeo 00 o ^ c ;o irt art ^QO '^or^r^Too ;srirt'^rrcr»rt oT r*r^r*çoao;or*oojOQ030r*r*r*oooer*r>.r*ooaoaot>.r»

Ooo^onirtkrtoooo^OLrtirtOtrtirtirtooirtOirt •<oo««coooîo<:îàrtirtO^«^©ooow<eo-^o>aoa4»rt©

aa

os

«8 -ocu s<us.a-Sss.sg.,s

• • • ^ •*- • »s 'oSiO osooQ^oSs4)a5o

2 -I ""g": • ë~: • •*■* »-* t » « «r iT 2 ^'-a s 2 ^- «)s^SiS='0-^A'ëc: = cecccscsscoa

Page 1