SEL MARIN
d'alcalis (Th. de Saussure). Cela tient surtout à la présence des silicates alcalins que Teau enlève difficilement Du reste, ces cendres ainsi lessivées, et qui sont connues sous le nom de charréesy contenant une quantité beaucoup moindre de carbonates alcalins, sont préférables, parce que les cendres non lessivées peuvent détruire les plantes, à cause de leur action caustique et brûlante.
Voici quelques analyses de charrées :
Matières organiques ••*•.••*.••
CHARRÉE de
NANTB8.
CHARRéB
de
LA ROCHBLLB.
CHARRÉE de
LA FLOTTI.
3,ZiO
Sels solubles dans l'eau
Carbonate de chaux > . . . .
Oxyde de fer, alumine et phosphate de chaux. •••••••••••••• ..
Silice
Magnésie et perte
( MM. BOBURRE et MORIDE.)
Les charrées conviennent surtout aux sols argileux ; on peut se dispenser, dans ce cas, d'employer des engrais organiques, car les cendres favorisent Tassimilation des gaz de l'atmosphère.
Les cendres de tourbe sont employées comme engrais dans le nord de la France et dans les Pays-Bas : leur action se rapproche plutôt de celle des amendements, car elles contiennent fort peu de sels solubles ; on y trouve surtout du carbonate de chaux, de la chaux caustique et un peu de sulfate de chaux.
Les cendres de houille doivent aussi être rangées parmi les amendements ; la grande quantité d'argile calcinée qui s'y trouve les rend très propres à augmenter la légèreté et la porosité du sol.
Enfin, on utilise aussi les cendres de varechs^ très riches, comme nous l'avons vu, en principes alcalms.
SEL MABIN.
Les etTets que le sel marin exerce sur les végétaux ont été différemment appréciés par les agriculteurs : les uns le considèrent comme nuisible ; les autres pensent au contraire que ce corps peut être employé avec beaucoup d'avantage dans certaines localités. 11 parait certain que le sel produit de bons efTets lorsqu'on le répand sur des terrains
argileux et marnés ; il agit, soit comme corps excitant, soit comme pouvant fournir aux végétaux, à défaut de potasse, la soude qui est nécessaire à leur développement. Il résulte d'expériences faites sur Tusage du sel marin, que cet agent doit être employé en petite quantité à la fois, et seulement en présence de Thumidité; car par un temps de sécheresse, le sel peut détruire les feuilles et les plantes elles-mêmes. Le meilleur mode d'emploi est d'arroser, par un temps humide, avec une dissolution très faible de sel. D'ailleurs il nuit à la germination, et ne doit être versé sur les plantes qu'après leur sortie de terre.
(H. Becquerel.)
La quantité de sel que l'on doit employer dépend de la nature du sol et de celle du sous-sol ; si le sous-sol est perméable, il peut arriver que le sel ajouté ne produise aucun effet, et qu'il soit entièrement entraîné par les pluies.
Au reste, le sel n'est utile aux végétaux que dans certaines proportions, au delà desquelles il leur nuit évidemment. Pour évaluer ces proportions, il faut avoir égard aux quantités de sel déjà contenues dans les engrais, le sol et l'eau souterraine qui peut arriver aux racines (M. Cbevreul). Cet effet fâcheux du chlorure de sodium, employé en grande quantité, a été démontré récemment par les expériences de M. Kuhlmann. Il est important de donner une assez grande quantité d'engrais aux terrains que l'on soumet au salage ; le sel, agissant en effet comme stimulant, ne peut suppléer aux engrais, et accroît au contraire les besoins de la plante.
On a reconnu que la présence de l'élément calcaire dans le sol était nécessaire pour que le sel produisît des effets convenables. D'un autre côté, on peut croire que le chlorure de sodium, étant mis en présence du carbonate de chaux très divisé, forme du chlorure de calcium et du carbonate de soude. Le sel marin produirait donc sur les sels calcaires un effet analogue à celui des cendres, en apportant aux plantes des principes alcalins. On pourrait, d'après cela, employer le sel marin sur les sols non calcaires, en le mélangeant préalablement à de la chaux, et laissant la réaction que nous venons de mentionner se produire lentement avant de répandre sur le sol ce nouveau stimulant composé de chlorure de calcium et de carbonate de soude (MM. Girardin et du Breuil).
Il existe encore d'autres substances minérales employées pour favoriser la végétatidfc, mais d'un usage plus restreint que les précédentes. La suie, riche en substances salines et surtout en matières organiques, produit d'assez bons effets, analogues du reste à ceux de l'écobuage. Les substances improprement désignées sous le nom de cendres noires ou pyriteuses, de cendres vitrioliques, ont une action très vive due surtout aux sulfates acides de fer et d'alumine qui s'y trouvent mélangés avec de la craie, de l'argile, des sulfures et des oxydes de fer, et des matières orga-
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niques; enfin, on a essayé de^substituer aussi aux engrais du so/pe/re ou des sels ammoniacaux.
Quelle que soit la nature des amendements qui ont été employés pour fertiliser une terre arable, il aiTive une époque où ces principes minéraux deviennent tout à fait insuffisants, en ce qu'ils ne donnent aux plantes qu'une partie des principes nécessaires à leur développement ; les végétaux croissent dans un sol ainsi amendé, mais ils sont maigres et cbétits ; leur récolte ne dédommage que très imparfaitement le cultivateur de ses soins et de ses dépenses. Pour rétablir dans le sol une fertilité convenable, il faut y introduire ce mélange de matières organiques végétales et animales en décomposition, auquel on a donné le nom d* engrais. L'engrais apporte dans le sol avec le carbone, l'oxygène, l'hydrogène et l'azote, des phosphates, des carbonates, des azotates, des sulfates, des silicates, des chlorures, etc., que les plantes s'assimilent et qui conviennent à leur développement.
L'emploi des engrais est le complément nécessaire de presque toutes les pratiques agricoles, qui ont principalement pour but de modifier les propriétés physiques du terrain où l'on doit ensuite introduire les substances nécessaires à la nutrition des plantes, avant de livrer enfin ce sol à la culture.
On ne peut apprécier exactement les valeurs relatives des divers engrais, car on ne connaît pas de relation précise entre l'efficacité d'un engrais et sa composition chimique ; néanmoins on joint toujours à l'analyse d'un engrais sa richesse en azote; maison ne pourrait établir d'une manière absolue la valeur relative des nombreuses substances azotées pouvant être utilement employées comme engrais, en indiquant la quantité d'azote qui s'y trouve. En effet, les engrais n'agissent pas seulement par l'azote qu'ils renferment, mais aussi par leur état physique, par les diverses matières minérales qu'ils contiennent, et sans doute aussi par les matières minérales non azotées , qui , en se décomposant, dégagent de la chaleur et fournissent en outre aux plantes de l'acide carbonique. On comprend d'après cela que de nombreuses matières de diverses provenances peuvent servir d'engrais ; nous n'étudierons que les engrais le plus généralement employés.
ruMiu M niuiB«
Cet engrais est formé par le mélange des déjections des animaux et de la paille employée comme litière. Las excrémenlt des gnimaux renfer*
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ment, outre le carbone, l'hydrogène , l'oxygène et l'azote, des substances minérales formées principalement de sulfates, phosphates et chlorures alcalins et terreux. Ces mêmes sels se retrouvent dans les plantes ; d'un autre côté, la décomposition des matières organiques des excréments et de la paille donne lieu à la formation d'acide carbonique et d'eau par la combustion du carbone et de l'hydrogène ; l'azote donne de Tammoniaque: le fumier de ferme apporte donc dans le sol les éléments nécessaires à la nutrition des plantes.
ta qualité du fumier de ferme peut varier suivant les animaux qui le produisent, la nourriture qu'ils reçoivent et la nature de la litière. Ainâ, il est certain que l'engrais de fero^ dont la litière sera composée de paille de céréales contiendra plus de principes fertilisants, notamnMDt d'azote, que l'engrais dont la litière aura été formée de débris organiquts de toute nature. Cet engrais apportera dans le sol des quantités très appréciables de substances alcalines, salines et siliceuses, dans on état oi les céréales, qui les contiennent en proportions notables, pourront ùkAlement se les assimiler.
Pour obtenir le fumier de ferme, on répand sous les animaux de h litière qui, pour la meilleure qualité de l'engrais , doit être , autant que possible, de la paille de céréales en quantité suffisante pour absorber les déjec^ons des animaux.
Cette disposition est facile à exécuter pour les chevaux, mais il n'en est point ainsi pour les bétes à corne, et surtout à l'époque du printemps et de Tété, où les excréments des bestiaux sont extrêmement liquides. Il conyient alors de pratiquer dans les étables des rigoles destinées à conduire dans des réservoirs les déjections hquides que la litière n'aurait pas absorbées.
Les étables à moutons ne nécessitent pas cette disposition ; car, en raison de la solidité des excréments de ces animaux, la litière suffit toujours pour absorber les urines.
L'enlèvement des fumiers des écuries et des étables n'est poiat régulier. Dans les casernes de cavalerie , on renouvelle tous les jours la litière, après avoir enlevé le fumier et mis à part, pour la faire sorvir de nouveau, la litière qui n'est pas trop altérée; souvent on ne faU cette opération qu'une ou deux fois par semaine; enfin, dans certaines exploitations, on met tous les jours de la litière neuve sur l'aiieiefi fumier , et Ton ne s'arrête que lorsque l'élévation de l'écurie ou de retable ne permet plus d'y accumuler le fumier. Si l'on ne devait avoir en vue que la confection du fumier, il est certain que par ce dernier procédé on obtiendrait de très bons résultats : la litière, brisée par le piétinement des animaux, s'imprégnerait plus sûrement de leurs déjections et subirait plus facilement une désorganisation ultérieure ; mais il faut considérer aussi la santé des animaux, et il est démontré que dans