‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 26 sur 206 · DIGESTION · texte numérisé non relu

DIGESTION

DXOX8TZOM.

La digestion est une fonction qui a pour but de faire subir aux aliments une certaine série de modifications qui les rendent aptes à passer dans le sang et à servir aux phénomènes de la nutrition.

Les changements que les aliments éprouvent dans le tube alimentaire sous l'influence des sucs intestinaux constituent les phénomènes digestifs proprement dits, tandis que les modifications qui leur arrivent ensuite dans le sang, au contact de Toxygène puisé dans le poumon, constituent les phénomènes de Y assimilation. Nous examinerons successivement ces deux périodes de la fonction nutritive.

1' Aliments, — Toutes les substances qui peuvent servir d'aliments sont en général d'origine animale ou végétale. Elles ne possèdent pas ordinairement des caractères chimiques saillants et elles se distinguent par leur neutralité.

Malgré la diversité de leur origine et de leur forme physique, toutes les substances alimentaires peuvent être, au point de vue chimique et physiologique, rangées en deux classes, suivant qu'elles contiennent ou non de l'azote.

AtOlBlITS SnmBS AX0TÉ8.

b'orifiiie •nimale.

D'origine Tësëtale.

AlbumiDe.

Albumine végétale.

Fibrine.

Fibrine végétale ( gluten).

Hématosine.

Êmnlsine , etc.

Caséine.

Caséine végétale ( légumine)<

GélaUne.

Fungine, gliadine, mucint.

Gâatine végétale ( pectine ).

ALUnUITI SOrnUBS NOIl AXOTÉi«

D'origine animale.

D'origine végétale.

Sucre de lait.

Amidon.

Acide lactique.

Dextrine.

Graisses et battes.

Sucres.

Gommes.

Sucs acides.

Huiles grasses.

^ Fluides digestifs, — C'est en définitive sur les principes alimentaires ci-dessus mentionnés que les liquides intestinaux doivent agir successivement. Quand on observe les instincts variés des animaux qui les portent à se nourrir tantôt de substances végétales, tantôt de substances animales, et quand on examine les dispositions particulières qui affectent leur tube

intestinal, on pourrait croire qu'il existe chez eux des difiTérences profondes dans les phénomènes digestifs. Cependant ces différences ne sont qu'apparentes et tout à fait secondaires ; car chez Thomme et chez les animaux, on renox)ntre toujours un certain nombre de liquides sécrétés qui agissent chimiquement de la même manière sur les substances alimentaires simples.

Ces fluides intestinaux sont :

1*» La salive ;

2^ Le suc gastrique ;

3" La bile ;

&• Le suc pancréatique ;

5* Le suc intestinal.

fiLlVB.

La salive est un fluide qui arrive à peu près contmuellement dans la bouche, mais en plus grande abondance au moment de la mastication et de la déglutition des aliments. Chez Thomme, elle est fournie par six glandes qui sont : les deux parotides, les deux sous-maxillaires et les deux sublinguales ; il faut y joindre encore les glandules labiales et massétérines.

Le fluide salivaire , tel qu'il est rejeté par la bouche , est composé d'un mélange de salive et de mucus. Cette salive mixte constitue un liquide filant, spumeux, opalin, qui, par le repos dans un verre, se sépare en deux parties : l'une supérieure, claire et liquide; l'autre inférieure, troublée par des parcelles de mucus et des débris d'épithélium. Par la filtration, on enlève les parties tenues en suspension, et alors la salive est claire comme de l'eau et présente' souvent une légère teinte bleuâtre. La salive est un peu visqueuse et filante ; sa pesanteur spécifique varie entre 1,004 et 1,008. Par rébuUilion, la salive filtrée se couvre d'abord d'écume en même temps qu'elle se trouble faiblement. Par le repos, il s'y forme un dépôt floconneux, le liquide devient très clair, un peu jaunâtre et cesse d*étre filant entre les doigts.

Lorsque la salive coule abondamment dans la bouche, elle offre constamment une réaction alcaline. Si parfois on trouve la muqueuse buccale acide, il ne faut pas l'attribuer à une sécrétion salivaire adde, mais tout simplement à une altération spéciale du mucus buccal au contact de l'air.

La salive se mêle incomplètement à l'eau. Les acides y produisent un léger précipité, tandis que les alcalis n'y déterminent aucun trouble appréciable. Les azotates d'argent, de plomb et de mercure, le deutochlorure de mercure et Tacétate de plomb y forment des précipités abondants. L'alcool et la teinture de noix de galle produisent des précipités

SALIVE. tl§

mdns considérables. Quand on abandonne la salive à Tair Kbre, elle se trouble, dépose des flocons et subit bientôt la putréfaction. A ce moment, elle répand une odeur d*abord ammoniacale, puis fétide et tout à fait spéciale.

GOilMSITlON BB LA SALIVE HIHIAINB A L'ÉTAT M SANTÉ. 1* AMdyte et Bcneltei.

Eau 992,9

PtyaUne 2,9

Mucus i,/i

Extrait de viande avec lactatM alcalins 0,9

Ghlorure de sodium. 1,7

Soude 0,2

1000,0 s* Analyte d« 1

Eau 991,225

Matériaux solides. 8,775

Graisse contenant de la cholestérine 0,52')

Piyaline avec matière extractive /i,375

Matière extractive et sels 2,/i50

Albumine , mucus et épilhélium 1,^00

3* ABalyse eu «•cicur Wrlflil.

Eau 988,1

Ptyaline 1,8

Acide gras. • • • 0,5

Chlorures de sodium et de potassium 1,/i

Albumine avec soude 0,8

Lacutes de potasse et de soude 0,7

Sulfiocyanure de potassium. 0,9

Soude 0,5

Mucus avec ptyaline. 2,6

Asalyse et Boslock.

Eau 80,0

Albumine coagulée. 8,0

Mucus 11,0

Seb 1,0

lit CHtMlK AI^IMàLK.

ABAljnc «e ■crtoff.

Eau 99,/iO

Parties solides 0,60

Ptyaline 0,09

Graisse 0,6fi

Albumine et mucosités 0,30

Matières extractives et sels , chlorure de sodium ,

phospliate et lac ta te de soude 0,17

GompotlUon des centfref tfe la MillTe.

I Phosphate de soude tribasique 22,122 Chlorures de sodium et de potassium. 67,930 Sulfate de soude 2,315

! Phosphate de chaux \ Phosphate de ma^ésle / 6,509 Phosphate de fer j

4* Analyse de la salive bmiMilne peeaelllle dlreeieneat pdr le coudait de Siénoa par M, G.-G. mischerlleli.

La quantité de cette salive soumise à l'analyse était de 66«'^,5. Par révaporation dans le vide, elle a laissé un résidu de 1*%121, dont 0«%281 étaient insolubles dans l'eau et l'alcool, 0«%352 solubles dans Feau et insolubles dans l'alcool, et enfin 0«',192 solubles dans l'eau e| Talcool. Pour neutraliser 100 parties de cette salive parolidienne, il fallait de 0«%196 à 01^,223 d'acide, ce qui correspond à 0,153 et ^,nâ pour 100 de soude. Par l'incinéFation, 100 parties de la même salite ont laissé environ 1/2 pour 100 de résidu contenant :

Chlorure de calcium • 0,180

Potasse primitivement combinée à facide lactique 0,095

Soude probablement combinée dans la salive avec le mucus. 0,164

Phosphate de chaux 0,017

Silice 1 0,015

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