‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 28 sur 206 · COMPOSITION DE LA SALIVE A L*ÉTAT MORBIDE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE LA SALIVE A L*ÉTAT MORBIDE

D'après Simon, la salive morbide contient souvent un acide libre qui est l'acide lactique et quelquefois l'acide acétique. Gmelin a examiné la salive fournie par le ptyalisme mercuriel. Elle était trouble, contenait beaucoup de graisse et très peu d'albumine. Il y découvrait nettement dans plusieurs cas des traces de mercure. Dans une analyse de salive d'un homme affecté de ptyalisme mercuriel, le docteur Wright trouva une quantité considérable de mucus, mais ne put y découvrir aucune trace de mercure. Voici sesrésultats :

Eau 988,7

Ptyalinc 1,9

Acide gras 0,4

Albuminate de soude 0,6

Mucus 3,8

, . /de potasse . . .

Lactates. . . . \ , ,

«^ . , < de soude. . . .

f^^'»" \ dechaux..... . 2^

^, , / de potassium. . ^ '

Chlorures . . • \ , .,

^ ,. < de sodium . . •

SollDcanares . j decaldum. ..

11 arrive quelquefois que les glandes salivaires ou leurs conduits renferment des concrétions ou calculs salivaires. Les dents se recouvrent aussi quelquefois à leur bord d'un dépôt auquel on donne le nom de tartre. Ces productions sont en général composées par un mélange de carbonates et de phosphates insolubles avec du mucus, et elles dérivent habituellement d'une altération dans la sécrétion salivaire.

Amilyse ta ourtre éw é&tu par Bcndlos*

Ptyaline M

Mucus. 12,5

Phosphates terreux 79,0

Matière animale dissoute par l'acide chlorhydrique. • • 7,5

Aaalyse en ourtre «es éemu par Vav^vcIIb «t Lawier*

Eau 7

Mucus insoluble dans Teau et les acides 13

Phosptiates de diaux, traces de magnésie 66

Garixmate de chaux 9

Matière organique dissoute dans l'acide cblorfaydriq«e. . 5

SÀLIVB. 133

Les calculs salivaires existent quelquefois chez lliomme, mais on les observe plus fréquemment chez les animaux herbivores. On a surtout analysé les concrétions salivaires du cheval et de Tàne.

ABftiysM 4e oilealt Mill¥«lrcfi kaaiaUis*

Phosphate neutre de chaux 94

Matière animale formée probablement de ptyaline et de

mucus salivaire U

Eau 2

Analyte 4« M. Latialfoc.

Phosphate de chaux 3

Carbonate de chaux BU

Matière animale 9

Perte 1

Analyse et M. LccMia.

Phosphate de chaux 75

Carbonate de chaux 20

Matière animale et perte 5

Analyses de calcnls salivaires da ekeYal.

Carbonate de chaux 80,50

Phosphate de chaux 2,75

Matières animales solubles 8,60

Matières animales insolubles UtUO

Oxydes de fer et de manganèse 1,00

Carbonate de soude. 1,75

(M. Warza.)

Carbonate de chaux. 85,52

Carbonate de magnésie 7,56

Phosphate de chaux A./lO

Phosphate de magnésie * 0,0/i

Chlorure de sodium traces

Matière organique azotée 2,48

100,00 (M. Henry.)

ilU CHlMtB ANlBIALB.

Analyse d'an calcul Millvalrc d'ànc par M. Cavcntoa.

Carbonate de chaux 91,6

Phosphate de chaax ...••» /i,8

Matière animale 3,6

QOMMSITION M LA SALITB GHBI LB8 ANIllAtll.

La salive qu'on obtient chez les animaux ne provient pas ordinairement de la cavité buccale, parce qu'on l'extrait dans la plupart des cas par la division d'un conduit glandulaire. Or, M. Bernard a reconnu que les glandes salivaires fournissent des salives différentes. Ainsi, chez le chien, la salive que donne la glande sous-maxillaire par la division du canal de Wharton est un liquide gluant et filant comme du blanc d'œuf, tandis que la salive fournie par la parotide, quand on divise le canal de Sténon, est un liquide clair comme de l'eau et dépourvu de viscosité. Les analyses de la salive du cheval et de la brebis ont été faites par Gmelin et M. Lassaigne sur la salive parotidienne de ces animaux. Magendie et M. Rayeront les premiers étudié comparativement les propriétés de la salive mixte du cheval. Ils l'ont obtenue en faisant manger aux chevaux du son bien lavé à l'eau distillée bouillante, puis séché. Le son, ayant été imbibé de salive mixte dans la cavité buocale, était ensuite recueilli par une plaie faite à l'œsophage, puis exprimé afin d'obtenir le liquide salivaire qui l'humectait. On recueille la salive mixte, chez le chien, en le faisant baver à l'aide d'une substance salivaire.

D'après Tiedemann et Gmelin , la salive du chien est plus riche en principes soHdes que celle de l'homme. Elle possède du reste une composition cliimique entièrement semblable à celle de la salive humaine. Il en est de môme pour la salive de la brebis et du cheval, d'après Tiedemann et Gmelin, MM. Leuch et Lassaigne, Simon, Magendie et M. Rayer. Toutefois Simon signale dans la salive parotidienne du cheval une certaine quantité de matière caséeuse.

PHOPIIÉTÉS PHYSIOLOGIODE ET FONCTIONS DH LA SALIVB.

La salive favorise l'opération mécanique de la mastication et de la déglutition des aliments; mais, indépendamment de cette action physique bien évidente, la salive a-t-elle encore un rôle chimique à remplir dans la digestion des matières alimentaires? Cette opinion, qui a été soutenue surtout dans ces derniers temps, a eu pour point de départ un fait découvert par M. Leuch. Cet observateur remarqua que la salive humaine, mise en contact avec de l'amidon hydraté à une température voisine de celle du corps, a la propriété de le transformer en glucose. Cette expé-

9tt ftASTRlQtrt. itS

répéiée avec sueoètt fSLt Mûller^ Schivftti, Sébastian^ etc., a M reprise plus tard par M. Mialhe, qui a (k)nstaté le même Ait. Seule-* m^t, il a ajouté que cette propriété de la ëalive résidait dans une malière organique lalivalrô soluble dans l'eau et précipitable par TaU ooqI, à laquelle il a donné le nom de diastase salivaire. Les expériences de M. Laasaigne, Magendie et celles de M. Ben^ard démontrent clairement que la salire mixte ou buccale possède seule cette action de transfor-* mation sur Tamidon, tandis que les salives parotidienne et sous-maxil-» laire, isolées ou réunies, sont totalement dépourvues dé cette propriété.

En étudiant ce phénomène avec attention , il perd beatiooup de sa valeur. En efiet, on voit que cette faculté de transfortner Taraidon en dextrine et glucose n'est pas spéciale à la salive mixte, et qu'elle appartient à une foule d'autres liquidée iiofl digestifs. Magendie a montré que le sérum du sang avait la même action. M. Bernard a vu de son cdté que les liquides pathologiques provenant des hydropisies de l'ovaire ou du péritoine, etc., transformaient l'amidon en glucose avec une grande rapidité. L'infusion des membranes muqueuses jouit également de la même propriété. Avec la salive comme avec la muqueuse, la transformation de l'amidon ne s'arrête pas à la ibrmatioti du glucose, et bientôt les fermentations lactique ou butyrique se montrent. Mais la salive agit sur l'amidon comme une muqueuse au contact de l'air, et les faits qu'on observe dans ces cas ne diflferent pas de ceux qui ont été sigpalés sur la formation de l'acide lactique au moyen des membranes animales. Nous ajouterons encore, pour compléter la similitude, que la salive bouillie ou devenue acide ne transforme plus l'amidon. Or, quand il s'agit du pouvoir digestif de la salive examiné sut* l'animal vivant, il ne faut pas oublier cette dernière circonstance, parce que le bol alimentaire insalivé ne reste pas au contact de l'air, mais est au contraire avalé et' porté dans l'estomac qui, offrant constamment une réaction acide , supprime aussitôt l'action de la salive sur l'amidon.

L'action de la salive sur l'amidon ne s'exercerait donc que dans le temps excessivement rapide de la mastication et de la déglutition. Les autres matières alimentaires grasses ou albuminoides n'éprouvent aiicune action de la part de la salive. En résumé, d'après tous ces faits, l'action du fluide salivaire, dans les phénomènes chimiques de la digestion, doit être excessivement restreinte, quoique les aliments absorbent d'une assez grande quantité de ce liquide.

136 CHlMn AlfllULB.

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