‹ Traité de chimie générale: comprenant les applications de cette ..., Volume 6Chapitre 36 sur 206 · CHYLE · texte numérisé non relu

CHYLE

Le chyle est un liquide constamment alcalin qui est puisé darts Vm* teslin grêle par les vaisseaux chyliferes : il parcourt successivement l'appareil chylifère depuis l'inteslin jusiiuc dans la veine sous-clavière gauche où il se déverse dans le saog.

CftTLB. ' 163

Sur le trajet de l'appareil cliylifère se rencontrent des gangliotls nommés ganglions tnésentériqueê , qui ont une certaine influence sur la compositiott du chyle.

On distinguait autrefois de*Uk espèces de diyies. L'un, tiortim^ thgb végétal, qui ne se remarquait que chez les herbivores, avait Tâspect d'un liquide clair, limpide et transparent. L'autre, qui était le chyle animal^ se rencontrait éheA les cfti*liitôt*eé j il était fbrWé pal* tltl liquide blanc, laiteux, d'une certaine consistance. Actuellement, il est reconnu que la teinte Ot)aline et blanchâtre du chyle est due uniqiiemeht à la présence de k matière gtâsse existant dans le chyle à l'état d'émulsion (Magendie); il n'existe donc qu'un seul chyle.

On avait cru aussi que le chyle représentait la totalité des matières alimentaires dissoutes par les procédés digestifs, et que par conséquent le chjrle devait être regardé cdmtne le liquide nutritif pat excellence. Il est prouvé maintenant que la plus grande partie des matières nutritives n'est pas absoi'bée par les vaisseaux chylifères : toutes les matières azotées, amylacées et sucrées, Sont absorbées par les veines de l'intestin ; les matières grasses seules sont absorbées par les vaisseàul chylifêres.

Le chyle provietit généralement du canal thoraciqlié ; pour l'examiriéri on doit le prendre chez un animal en pleine digestion. Le chyle qu'on obtient ainsi est limpide ou laiteux.

Lfe chyle, lol^u'il est limpide, se coagule comme le sang, par l*expo^ Sltioti à l'air, et le liquide se divise alors en deui portions : Tune constitue le sérum, l'autre le caillot. Si ce chyle est laiteux , une couche dé graisse surnage le sérutn. On a remarqué de plus que le chyle, exposé à Tair, prend une teinte légèrement rosée à sa surface. Emmert, le prettiiel', a observé que le chyle présente quelques différences, suivant qu'ori l^examitie ail sortit* de l'intestin avant le passage à travers les ganglionë mésentériques, ou suivant qu'on l'étudié plus tard dans le canal thoracique. Le chylè, avant d'aVoir traversé les ganglions tnésentériques , est blanchâtre; il se coagule difficilement; son coagulum est mou, la fibrine y est {)eu abondante. Le chyle qui présente ces caractères ne rougit pas à l'air.

Haller évalue à 100 gi*anunes en moyenne la quantité de ehjle qui se forme journellement chez l'homme.

Le micfosoope permet de distinguer dans le ehyle des globale! de deux espèces : les globules de graisse et les globules paf ticuliefs du chjrle.

Le8 globules de graisse apparaissent sous iorme de gouttelettes plates, arrondies ou un peu irrégulières, diaphanes, à bords obscurs, de volumes très divers.

i66 CHIMIE ANIMALE.

Les globules particuliers du chyle sont grenus, arrondis et peu réguliers : leur quantité augmente en raison de la diminution de la graisse; ils sont plus abondants après le passage à travers les ganglions mésentériques. Du reste , ces globules sont semblables à ceux de la lymphe. (M. Schullz.)

ooMPotinow cHmi^ux nv ohtu.

Nous avons dit que le chyle se coagule comme le sang, par l'exposition à Fair, et se divise alors en deux parties, dont Tune constitue le sérum et Tautre le caillot.

Tiedemann et Gmelin ont examiné la proportion relative du caillot et du sérum dans le chyle de différents animaux. Suivant ces chimistes, le cliyle du cheval est celui qui se coagule le plus facilement : 100 parties de ce liquide donnent 1,06 à 5,65 de caillot frais, et 0,19 à 1,75 de caillot sec. Le chyle du chien se coagule moins facilement : la quantité de caillot frais est de 1,36 à 5,75 pour 100 ; et celle du caillot sec de 0,17 à 0,56. Le chyle des brebis est le moins coagulable de tous; il donne, pour 100 parties, 2,56 à 6,75 de caillot frais et 0,26 à 0,82 de caillot sec. Le chyle des animaux à jeun se coagule d'une manière plus complète et contient plus de caillot frais et sec que celui des animaux nourris avec profusion : la proportion du caillot dans le chyle des chevaux à jeun varie entre 1,00 et 1,75 pour 100, et dans celui des clievaux nourris d'avoine entre 0,19 à 0,78 seulement.

D'après les mêmes chimistes, la quantité de parties solides tenues en dissolution dans le sérum du chyle est très variable. Le sérum desséché provenant du liquide contenu dans le canal thoracique d'animaux tués à jeun contient plus d'albumine et de ptyaline, mais moins d'osmazôme et plus de graisse que celui des animaux qui ont pris de la nourriture en abondance. Gmelin a trouvé dans le sérum du chyle de cheval :

Graisse brune. # 15,67

Graisse jaune 6,35

Osmazôme, acétate de soude, chlorure de sodiam cristallisé en octaèdres , sans doute à cause de la présence d'ane matière

animale 16,02

Matière soluble dans Teaa et insoluble dans Talcool , avec carbonate de soude et très peu de phosphate de soude. 2,76

Albumine. 55,25

Carbonate et un peu de phosphate de chaux obtenus par la combustion de Talbumine. . 2,76

98,61 En général , on ne retrouve, dans le chyle , aucune trace des matières

CHTLB. 165

qui ont servi à l^alimontation des animaux : seulement , après l'usage du beurre, ce liquide est fort riche en graisse, et après celui de Tamidon on y découvre du sucre.

Rees , ayant eu Toccasion d'analyser le contenu du canal tlioracique d'un homme , une heure et demie après la mort par submersion , le trouva composé de : Eau, 98,^8; albumine, avec traces de fibrine, 7,08; extrait aqueux , 0,56; extrait alcoolique, 0,52 ; chlorure de potassium^ carbonate , sulfate et traces de phosphate de potasse avec oxyde de fer, 0,^4 ; matières grasses, 0,92. Les matières grasses avaient le même caractère que celles du sang , seulement elles ne contenaient pas de phosphore ; la cendre de l'extrait aqueux contenait du fer, celle de l'extrait alcoolique donnait plus de carbonate de soude que le sang.

On doit aussi à F. Simon l'analyse du chyle de trois chevaux nourris, le premier avec des pois , les deux autres avec de l'avoine :

Page 1