ASSIMILATION DU CARBONE. M
en plein air dans des capsules de verre remplies de silex qu'on arrosait d'eau distillée, ont donné, dans l'espace de trois mois, des plantes pesant àTétat sec 10»%721, et renfermant 3k',703 de carbone. 11 y a donc eu une absorption de 1^,60/» de carbone, qui n'ont pu provenir que de l'atmosphère, puisque les plantes étaient isolées du sol. (Th. de Saussure.)
Les conditions auxquelles est soumise la décomposition de Tacide carbonique par les végétaux avaient échappé à Priestley ; car bien qu'il eûi reconnu que Tair vicié par la respiration était amélioré par les feuilles , il ne pouvait pas toujours reproduire ce phénomène à volonté. Ingenhousz et Senoebier prouvèrent les premiers qu'en exposant des feuilles fraîches et vertes à l'ombre et au soleil pendant qu'elles trempaient dans de l'eau contenant de l'acide carbonique, il se manifestait, sous l'influence solaire, un dégagement d'oxygène dû à la décomposition de l'acide carbonique dissous.
Th. de Saussure reconnut que la décomposition de l'acide carbonique par les végétaux n'a pas lieu sans le concours de la radiation solaire , puisque des plantes exposées à l'ombre, dans une atmosphère ne contenant que de faibles proportions d'acide carbonique, n'ont vécu que peu de jours, ou se sont accrues beaucoup plus lentement que dans l'air ordinaire.
Le même observateur constata en outre que l'action des végétaux sur l'acide carbonique exige le concours de l'oxygène, car des plantes placées dans un mélange d'air et d'acide carbonique en différentes proportions n'ont commencé à végéter que dans une atmosphère ne contenant qu'un onzi^e d'acide carbonique. Leur végétation est devenue alors plus vigoureuse que dans l'air atmosphérique pur ; et, après dix jours d'expérienoe, l'acide carbonique avait presque en totalité disparu pour faire place à de l'oxygène, ayant cédé son carbone aux plantes. .
Si toutes ces expériences tendent à démontrer que, sous l'influence de la lumière, les parties vertes des végétaux décomposent l'acide carbonique dont elles s'assimilent le carbone, il est intéressant de connaître si cette assimilation se fait aux dépens de l'acide carbonique de l'air ou de celui que renferme les eaux qui imbibent le sol.
Lorsqu'on pense à l'immense consommation d'oxygène opérée par la ôombustion et la respiration, et cependant à la proportion invariable de ce gaz dans l'air atmosphérique , et que l'on se rappelle que cette consommation d'oxygène a pour objet de produire un volume de gaz carbonique égal à celui de l'oxygène absorbé , dont la quantité dans l'air ne dépasse pas 4 à 5 dix-millièmes, on est disposé à croire que la perte de l'oxygène ne peut être réparée que par la décomposition d'un corps gazeux existant dans l'atmosphère et qui lui rendrait continuellement les volumes d'oxygène que la combustion et la respiration lui enlèvent continuellement.
)2d GHIMIB VÉOÉTALB.
Dans une savante argumentation sur Tassimilation du carbone de l'acide carbonique de Tair, M. Liebig a admis que l'assimilation du carbone est une des plus importantes fonctions de la vie végétale, en ce qu'elle a pom* conséquence de rendre à l'atmosphère l'oxygène enlevé par la combustion et la respiration. Ce chimiste établit ensuite que , d'après le poids de l'atmosphère dont l'acide carbonique , contenant 27 centièmes de charbon , est la millièoae partie , il existe dans cette atmosphère 1500 billions de kilogrammes de carbone, quantité bîaa plus que suffisante à la nutrition des plantes.
H. Boussingault a exécuté des expériences qui doivent avancer la solution de cette question : dans un appareil convenablement disposé , il fait pénétrer une branche de vigne en pleine végétation , sur laquelle, par la disposition particulière de son appareil, passent par heure douze litres d'air. On s'assure, avant de soumettre la vigne à l'action de l'air atmosphérique, de la quantité d'acide carbonique que cet air contient , et par une autre analyse on apprécie celle qui reste dans l'air qui a passé sur la vigne. Deux expériences consécutives ont prouvé que l'air, en traversant l'espace où vit la branche éclairée par le soleil , se dépouille des trois quarts de son acide carbonique; tandis qu'il se mélange au double de son poids d'acide carbonique , lorsqu'on fait fonctionner l'appareil dans la nuit.
Les considérations exposées par M. Liebig , et les expériences de M. Boussingault, prouvent donc que le carbone assimilé par les plantes est fourni en grande partie par la décomposition du gaz adde carbonique de l'atmosphère. Il est probable aussi que l'adde carbonique provenant de la décomposition des substances organiques qui existent dans le sol doit être absorbé par les plantes et servir ensuite à leur développ^noit.
AlimZ&ATXOV us &'OXTOàinB.
Lorsqu'on expose pendant la nuit, sous une cloche pleine d'air atmosphérique, des plantes fraîchement cueillies, le volume de l'air diminue, une partie de l'oxygène disparait, et il se forme de l'acide carbonique dont la quantité ne représente pas celle de l'oxygène disparu. (Th. de Saussure.)
Si dans cette circonstance une partie de loxygèue a été absorbée par les plantes pour la combustion d'une partie de leur carbone , il parait évident que les mêmes plantes en condensent l'autre partie.
Ces phénomènes A'inspiration ne se reproduisent pas toujours avec la môme intensité : ils sont subordonnés à la nature des feuilles. Ainsi, celles des cactus, qui sont épaisses et aqueuses, condensent l'oxygène en ne laissant apparaître qu'une petite quantité de gaz adde carbonique;
ASSIMILATION DE L'OXYGÈNB. 321
il est probable que Teau, qui existe en assez grande quantité dans les feuilles, retient Tacide carbonique en dissolution. Linspiration nocturne des plantes n*est pas le résultat d'une action mécanique, car les végétaux n'absorbent ainsi que l'oxygène.
Si l'on expose ensuite à la lumière solaire ces mêmes plantes qui ont présenté dans l'ombre le phénomène d'inspiration, elles restituent la plus grande partie de l'oxygène qu'elles ont condensé ou qui a été employé pour produire de l'acide carbonique, et l'atmosphère reprend son premier volume et sa première composition. Ce dernier phénomène est désigné par le nom d* expiration.
Nous venons de démontrer que dans l'obscurité les plantes vertes absorbent de l'oxygène en donnant naissance à de l'acide carbonique ; il convient d'examiner si l'oxygène exerce la même influence sur les organes des plantes qui sont dépourvues de parenchyme vert.
Quand on place sous une cloche remplie d'oxygène une racine détachée de sa tige , le volume du gaz diminue , et il se forme du gaz acide carbonique, dont la racine absorbe une partie au moyen de son humidité. Dans cette circonstance, à l'ombre ou à la lumière, les racines se comportent comme les feuilles vertes , qui végètent dans l'obscurité. Si la racine est encore pourvue de ses tiges et de ses feuilles, et qu'elle communique avec une quantité limitée d'oxygène , les feuilles restant à l'air libre , on remarque que cette racine absorbe plusieurs fois son volume d'oxygène. Dans ce cas , l'acide carbonique produit est porté dans tout le végétal, où il éprouve une décomposition. (M. Boussingault.)
La nécessité de la présence de l'oxygène autour des racines est démontrée par l'expérience qui consiste à faire communiquer avec de l'acide carbonique, de l'hydrogène ou de l'azote, les racines de plantes munies de leurs feuilles ou de leurs tiges vertes végétant à l'air libre : ces plantes ne tardent pas à périr. Aussi , dans la pratique, rend-on le sol léger et perméable au moyen de labours et de diverses autres opérations mécaniques, afin que l'oxygène puisse arriver jusqu'aux racines.
Les arbres, dont les racines baignant dans une eau stagnante, sont par cela même privées d'oxygène, ne tardent pas à périr.
Les fruits et les parties ligneuses des plantes absorbent l'oxygène comme les racines, et changent ce gaz en acide carbonique. Cet acide est ensuite entraîné jusqu'aux parties vertes, où il se décompose en oxygène et en carbone.
Les expériences précédentes démontrent donc que le volume de l'oxygène éliminé par les végétaux n'est pas égal à celui de l'acide carbonique décomposé : une partie de l'oxygène provenant de la décomposition de l'acide carbonique est absorbée par la plante.
Indépendamment de ce mode d'assimilation de l'oxygène, il faut encore tenir compte de celui qui doit nécessairement résulter de la n. 21
Digiti
décomposition de l*eau , qui s'opère probablement sous les mémei influences que Vassirailation du carbone.
Quoique cette décomposition de Teau dans Tacte de la yégét^Ltion ne soit pas aussi rigoureusement démontrée que celle de Tacide carbomque, il est difficile de ne pas l'admettre, lorsque Ton considère que, si Toxygène absorbé par la combustion et la respiration n'était pas rendu e» entier à l'atmosphère par la décomposition de Tadde carbonique, U ariv verait un moment où l'oxygène ne serait plus en rapport suffisant dans l'atmosphère pour rendre l'air respirable. On peut donc admettre qu'une certaine portion d'oxygène versé dans l'atmosphère provient de U décomposition de l'eau par les végétaux.
ûwnwjVÊihTiom vm &>flnniaootes.
L*hydrogène qui se trouve dans les végétaux paraît provenir également de la décomposition de l'eau. Pour le démontrer, il suffit de rappeler que des graines germent facilement sur un sol artificiel privé de toute substance organique et arrosé avec de l'eau distillée. Il est évident que, dans ce cas, l'eau apporte aux végétaux ses éléments unis et dans un état qui est éminemment propre à l'assimilation. (M. Boussingault.)
On trouve en efiet dans certaines plantes un excès d'hydrogène par rapport à la proportion d'oxygène qu'elles renferment , ce qui est dû sans doute à la décomposition de l'eau , dont l'oxygène a été éliminé ei l'hydrogène assimilé.
Hytfrof «ne excédant let pr^porttoiif BéecMUtret pmr ftimw et Vmm»
Trèfle 0,023
Pois. 0,060
Froment 0,002
Trèfle repiqué 0,042
(M. Boussingault.)
A8AIIIII.ATZOV US L'AXOTS.
On a considéré pendant longtemps l'azote comme ne faisant pas partie essentielle de la composition des végétaux ; mais des travaux récents et rigoureux ont démontré qu'il n'existe pas un seul végétal qui n'en contienne uue proportion plus ou moins grande.
La présence de l'azote dans les plantes étant incontestable, et l'asaimilation de ce corps étant prouvée par les résultats obtenus dans l'analyse du végétal aux diverses époques de son accroissement, il cQUvieDt de
ASSmitATION DB t'AZOTE. 32S
rediercher par quelles voies et à quel état Tazotc s'introduit dans la plante.
Lorsqu'on examine l'action des engrais azotés sur les végétaux , on est conduit à les considérer conune la principale source de Tazote. Il est effectivement reconnu que les céréales renferment d'autant plus de gluten qu'elles se sont développées sur un terrain plus riche en matières asotées (Hermbstoedt). Mais des observations nombreuses paraissent prouver que, dans certaines circonstances, l'atmosphère cède aux plantes une partie de l'azote nécessaire à leur formation. On sait en effet que si k plupart des cultures épuisent le sol , il en est d'autres au contraire qui le rendent fécond : que l'on sème, par exemple, du trèfle, et qu'après avoir fait une première coupe, on enfouisse la nouvelle pousse, le sol devient assez fertile pour que cette culture soit suivie de récoltes abondantes et riches en principes azotés. Le trèfle n'a pas reçu d'azote , et cependant il en donne une quantité notable au sol. Il faut nécessairement qu'il en ait pris ailleurs que dans les engrais.
L'enfouissement en vert du trèfle ou de toute autre plante dite améliorante rend par conséquent au sol, outre le carbone, l'oxygène et Vhydrogène, la quantité d'azote qui lui a été enlevée par la végétation.
Les végétaux peuvent donc recevoir l'azote des engrais et de l'atmosphère. Ce dernier fait a été démontré par M. Boussingaull , à l'aide des expériences suivantes :
Des graines dont on avait dosé les éléments furent placées dans du sable calciné et humecté d'eau distillée; on déposa les vases contenant le sable ensemencé dans une pièce vitrée où les rayons du soleil pénétraient sans obstacle. Après une culture de trois mois, ces plantes, qui avaient accompli tout leur développement , furent enlevées avec soin du sol factice , agitées doucement avec de l'eau pour les débarrasser du sable adhérent, desséchées à l'étuve et soumises à l'analyse élémentaire.
hw résultats obtenus, étant comparés à ceux que l'analyse préalable des graines avait donnés , prouvèrent ^ue l'assimilation de l'azote peut être indépendante du concours du sol arable , puisfpie la végétation avait eu lieu dans un sol ne renfermant aucune matière organique. En effet :
gr. Carbone. Hydrogène. Azole. Oxygène.
l*D«fralM»d«lrèSa,peMaieiiiemble 1,5S6,«I contenant 0.806 0,005 0,M4 0,571 donnèrent une récolte du poids de 4,106 — t,683 0.271 0,156 1,597
Le gain pendant la culture était égal à t,520 représentés par 1.276 -j- 0.176 -f^ 0,042 -f. 1,02G
(M. BOUSSINOAULT.)
Les gi*aines de trèfle avaient donc pris 0r,042 d'azote à l'atmosphère.
gr. Gariione. Hydrogène. Axote. Oxyf^âne.
S* Des pois pesant ensemble 4 ,07S, et contenant 0,5i5 0,069 0,040 0,442
donnèrent une récolte du poids de ... 4,441 — 2,376 0,284 0,iOi 1,680
Le n^ain pendant la culture avait donc ét^ de 3,369 représentés par 1 ,861 -f- 0,21 5 -|- 0,055 -f- 1 ,238
(M. BOOaSDMAULT.)
La quantité d'azote que contenaient les pois avait donc plus que doublé pendant cette culture.
gr. Carbone. Hydrogène. Aaote. OxjgèM.
3* Desgrainesde froment, pesantensemble 1,644, et contenant 0,767 0,095 ,0,057 0,725 donnèrent une récolte du poids de 3,022 — 1,456 0,173 0,060 1,333
Le gain pendant la culture avait donc été de 1,378 représentés par 0,689 -(- 0.078 -j- 0,003 + 0,608
(M. BOOSSINGAULT.)
L'atmosphère avait donc cédé Ocr^^OS d'azote aux graines de froment.
Dans cette dernière culture, la proportion de carbone, d'oxygène et d'hydrogène a augmenté considérablement, tandis que le gain en azote a été presque nul. Cependant les soins donnés au froment étaient les mêmes que ceux donnés au trèfle et aux pois.
Comme les plantes obtenues dans ces trois cultures ne présentaient aucune vigueur, et qu'il est parfaitement constaté que la richesse du terrain sur lequel lèvent les semences influe avantageusement sur les végétaux pendant toute leur période d'accroissement, que les végétaux aient été ou non transplantés, il était possible que les plantes chétives récoltées par M. Boussingault eussent mal accompli leurs fonctions dans l'atmosphère. Pour s'assurer de ce fait, on répéta les expériences sur des végétaux provenant d'un sol fertile , et repiqués dans du sable calciné. Voici les résultats obtenus :
gr. Carbone. Hydrog. Aaote. Oxygène.
Du trèfle bien venu, pesant avant son repiquage 0,884, et contenant 0,384 0,048 0,033 0,410 a pesé après 63 jours de culture dans le sable 2,264 représentés par 1 .200 0,1 45 0,056 0,863
U gain avait donc été pendant la culture de 1 ,380 représentés par 0,810 + 0,097 -|- 0,02^4-0,444
(M. BotnsiMOAULT.)
Le poids de l'azote que renfermait le trèfle avait donc doublé pendant la végétation dans le sable.
gr. Carbone. Hjfdrog. Aiote. Oxygène.
DeTavoineen tige pesant 1,560, et contenant 0,827 0,106 0,059 0,568
A pesé après 41 jours de culture dans l'eau
distillée 3.118 représentés par 1,500 0,193 0,053 1,372
Le gain avait donc été pendant la culture de 1 ,558 représentés par 0,673 -f- 0,087 — 0,006 -|. 0,804
(U. BouasmoAULT.)
ASSIMILATION DE L'aZOTE. 525
Cette expérience montre que loin d'avoir gagné de l'azote , Tavoine en a perdu au contraire une certaine quantité.
En résumé, on voit que dans la culture en vase clos, le trèfle et les pois se sont assimilé Tazote de Tair, tandis que le froment et Tavoine n*en ont pas absorbé une quantité sensible.
Ce résultat conduit à classer les végétaux en deux groupes distincts :
!• Végétaux qui absorbent Tazote de Fair , tels que les pois, le trèfle , les topinambours, et qui, pour cette raison, sont employés comme plantes améliorantes.
2" Végétaux qui empruntent l'azote aux engrais , tels que le froment , l'avoine, le colza, et qui exigent, pour donner des récoltes abondantes , un sol contenant une grande quantité d'engrais azotés.
L'état sous lequel l'azote est assimilé par les végétaux n'est pas encore connu. Plusieurs opinions , fondées sur de nombreuses expériences , ont été émises par divers observateurs. Les résultats étant souvent contradictoires, nous nous bornerons à les rapporter ici sans les juger.
OFUnra »■ TH. WE EAUSSUIB.
Th. de Saussure reconnut le premier que l'azote peut être cédé aux plantes par l'ammoniaque qui existe dans l'atmosphère.
Cette opinion est soutenue dans le mémoire que l'illustre physicien a publié sur la végétation , et dont nous reproduisons ici textuellement un passage :
« Si l'azote est un être simple, s'il n'est ^s un élément de l'eau , on doit être forcé de reconnaître que les plantes ne se l'assimilent que dans les extraits végétaux et animaux et dans les vapeurs anmioniacales ou d'autres composés solubles dans l'eau , qu'elles peuvent absorber dans le sol et dans l'atmosphère. On ne peut douter de la présence des vapeurs ammoniacales dans l'atmosphère, lorsqu'on voit que le sulfate d'alumine pur finit par se changer en siilfate ammoniacal d'alumine. »
Plusieurs chimistes se sont arrêtés aux opinions de Th. de Saussure.
OFimON »B IL LIBBIO.
M. Liebig admet en effet que c'est l'ammoniaque de l'atmosphère qui fournit l'azote aux végétaux, et il tonde son opinion sur les observations suivantes :
Lorsqu'on sème des graines dans du poussier de charbon arrosé avec de l'eau de pluie, elles germent et produisent des plantes vigoureuses. 11 faut par conséquent que ces plantes aient reçu l'azote nécessaire à leur organisation, soi^ de l'air que l'eau de pluie tient en dissolution, soit de
326 CBIMIB VÉGÉTALE.
ramraoniaque qui s'y trouve toujours en certaine quantité. Or, on connaît le peu d'affinité de l'azote pour les corps autres que l'oxygène et rhydrogène : il n'est donc pas probable que les matières végétales absorbent l'azote à l'état de liberté ; d'ailleurs , il est bien constaté que beaucoup de plantes exhalent l'azote qui pénètre dans leurs organes sous forme gazeuse ou en dissolution dans l'eau.
En donnant de l'extension aux expériences d'Hermbstoedt sur l'abondance et la richesse en azote des récoltes d'un terrain bien fumé , on voit que dans les céréales la quantité de gluten varie avec la proportion d'ammoniaque que les engrais placés aux racines dégagent par la putréfaction. Ce dernier fait prouve que l'ammoniaque provenant des engrais a cédé son azote aux végétaux, ou bien qu'elle a été assimilée sans décomposition.
Si les plantes cultivées dans un terrain contenant des engrais tirent leur azote du sol même où elles ont pris leur accroissement, tout végétal produit par un sol ne renfermant pas de principes azotés devra emprunter l'azote à l'ammoniaque de l'atmosphère. En effet, des expériences nombreuses ont établi que l'air aiHio«phériqm est dnf gé de vapeurs de carbonate d'ammoniaque que l'eau de pluie amène toujours à la surface de la terre , où elles contribuent à l'entretien de la végétation.
La présence de l'ammoniaque dans les eaux de pluie, de fourae^ de rivière et dans celles qui proviennent de la fonte des neigee au dégel , est facile à constater : il suffit d'additionner cette eau d'une petite quantité d'acide chlorhydrique , d'évaporer à sec et de chauffer lég^rmoent le l'ésidu, après l'avoir mélangé avec de la chaux vive en poudre ; une odeur ammoniacale prononcée se répand aussitôt.
Lorsqu'on soumet à l'analyse le suc de l'érable saodiarifère, du bani'bou, de la betterave, les pleurs de la vigne, les eaux distillées des pbti^ macies, les feuilles de tabao fraîches, et une infinité d'autres plantes, on y trouve non pas de l'axote , mais de l'ammoniaque. Ces résultats dé*montrent clairement que pendant la végétation l'ammoniaque est absorbée sans décomposition.
A. mesure que cette base pénètre avec la sève dans le végétal , elle se décompose et contribue à la formation des pi'incipes immédiats que les pousses, les bourgeons et les feuilles s'assimilent. Elle produit aussi sans doute l'acide nitrique que renferment certaines plantes, telles que le tabac, la bourrache, l'héliotrope, et qui parait indispensable à leur développement.
Tels sont, d'après M. Liebig, l'origine et le rôle de l'azote dans les plantes.
Les recherches de cet habile chimiste ont été complétées par l'examen qu'il a fait de plusieurs engrais employés en agriculture. Il a reconnu :
!<► Que parmi tous les engrais animaux, l'urine de l'homme, qui pro-
ASSI!rfILATION DB L'AZOTE. 327
doit en se décomposant une grande quantité de carbonate d'ammoniaque, doit être placée au premier rang pour son efficacité ;
2* Que l'influence du plâtre si favorable à la végétation dépend de ce que le carbonate d*aramomaque contenu dans Tatmosphère convertît le sulfate de cfaaui en sulfate d'ammoniaque, qui, dissous par Teau de pluie , s'introduit dans les plantes et leur fournit Tanmioniaque nécessaire à leurs besoins ;
3^ Que l'argile agit surtout en absorbant l'eau ammoniacale qu'elle abandonne ensuite aux plantes ;
*• Que le poussier de charbon est efficace, parce qu'if conserve les gaz qui s'introdtrisent dans ôes potes, et qu'il !es cède ensuite, par petites portions, Mx végétaux.
OPINIOII W ll« lOQSSIVMUMIItT.
Dans le but de reconnaître si les plantes s'assimilent l'azote de Tàlr, M. Boasmngault a exécuté de nombreuses expériences, que nous décrirons icL
Première iériê (texpériencit ^ dont k résultat a été de frower que lt$ plantée qui prennent leur aecreieument dam une atmosphère limitée n absorbent pas Vcetote de Voir,
Des grsmtt sont miteft à gemer dans de la ponce caleinée, et placées eatnito ao«s ta oloehe d*QB appareil AoêA Tatmosphère, privée d'ammo*- Biaqm, ne se reoûvrelle pas. Les gnrines lèvent et produisent des végé^ taux complets, portant feuilles, fleurs et semences ; mais la quantité d'aMIe que contienneat les plantes est égale a celle que renéérment las gnânes : oe gaa n*est dane pas fixé pendant la végétation*
L'appareil eaoployé se dompose d'une cloche de verre de 35 litres de capacité, reposant par sa partie ouverte sur trois dés de porcelaine placés dana une cuvetle à fond plat contenant, de l'acide suUurique étendu. La deehe recouvre un vase de cristal porté par un pied de verre et dans lequel se trouve une couche d'eau pure, ayant 3 centimètres de hauteur : ce ^ase doit recevoir le pot qui renferme la ponce ensemencée, aûn qve l'eaa nécessaire à la ptente lui arrive par inhibition. Deux tubes de vatrev recourbés de manière à pénétrer dans la cloche par l'e^iMce laissé entre son bord et le fond de la cuvette , aisèneiit , l'un l'eavi pure dea^ iMe k remplacer celle que les plantes absorbent, l'autre l'acide carbonique indkqpensaUe à la végétation ; ce dernier tube est muni d'un robinet qui permet de régler l'introduction du gaz acide carbonique.
La calcination de la ponce a lieu dans un creuset perc^, dont on se sert eÉSulle eomma d'un pot è fleurs pour semer les graines. On évite
ainsi de transvaser le sol factice, opération pendant laquelle des substances organicjues peuvent être accidentellement mélangées à la ponce. Le creuset-pot encore rouge est placé sur une rondelle de terre cuite également chaude ; le tout est recouvert d'une cloche. Le refroidissement s'opère par conséquent à Tabri de la poussière. Lorsque la température s'est suffisamment abaissée, la ponce est humectée d'eau distillée privée d'ammoniaque et tenant en suspension des cendres de fumier. On y plante ensuite la graine, puis on dépose le creuset-ppt dans le vase de cristal.
La cloche de verre étant replacée sur les dés, toute communication entre son atmosphère et l'air ambiant se trouve interceptée; d'ailleurs si, par l'effet de la pression ou par suite d'un phénomène de diffusion, l'air extérieur entrait dans la cloche, il perdrait son ammoniaque et la poussière en traversant la liqueur adde.
Quand la graine a germé, et que les parties vertes se développent, on introduit dans la cloche plusieurs centièmes d'acide carbonique pur, afin que la plante puisse s'assimiler du carbone. Conrnie, pendant la durée de l'expérience, ce gaz disparaît par absorption et par diffusion, il faut de temps à autre en déterminer la proportion sur une petite €[uantité. Pour cela, on fait pénétrer dans la cloche l'extrémité d'un tube de verre convenablement recourbé et muni d'un robinet ; puis, après avoir engagé l'autre extrémité du tube sous uneéprouvette graduée rem* plie de mercure, on ouvre un moment le robinet, afin qu'une portion de l'air de la cloche se rende dans l'éprouvette. Cet air, ainsi enlevé à l'appareil, est agité avec une dissolution de potasse, qui absorbe l'acide carbonique : la diminution de volume qui a lieu indique la proportion d'acide carbonique existant dans la cloche. Du reste, la latitude est grande, car la végétation s'accomplit tout aussi bien, que l'atmosphère renferme 1 centième ou 8 centièmes d'acide carbonique : cette dernière proportion n'a jamais été dépassée dans les expériences de M. Boussingault.
Après trois mois de végétation environ, les plantes sont retirées du creuset-pot, séchées et soumises à l'analyse, dont les résultats doivent montrer s'il y a eu assimilation d'azote.
11 est indispensable, dans cette analyse, d'opérer le dosage de l'azote sur la plante entière, parce que quelque sohi qu'on ait pris pour diviser et mélanger les différentes parties du végétal, il peut se faire que l'on agisse seulem^it sur une fraction ne représentant pas la constitution de l'ensemble. L'erreur alors se trouve multipliée par 3, 4, 10, 100, etc., selon qu'on a analysé le tiers, le quart, le dixième, le centième, etc. de la plante récoltée, et l'on arrive à un résultat erroné. De plus, il faut doser l'azote du sol, qui peut retenir des débris de la plante, et celui renfermé dans le creuset-pot, qui, à cause de sa porosité, peut avoir