FOUGÈRES
ASi’iDiUM fïlix mas ( Fougère mâle).
Cette racine est verdâtre, d’une saveur astringente et amère. Elle renferme :
Huile grasse avec des traces d’essence 6,10
Résilie âcre et astringente 6,22
Acide tar trique avec un peu de sucre et acide malique. 31,53
libre végétale. Zi5,00
(M. Wackenrodkr.)
On l’emploie en médecine. Les propriétés thérapeutiques de la racine de fougère sont dues à la substance huileuse qui s’y trouve contenue, et qui agit comme vermifuge.
Cette huile est d’un jaune brunâtre, d’une odeur et d’une saveur désagréables. Elle est plus dense que l’eau , et présente une réaction acide. Les alcalis en séparent de l’acide stéarique, de l’acide oléique et de l’acide margarique. L’alcool la dissout en partie ; la dissolution dépose de la stéarine par l’évaporation.
^ Pour obtenir l’huile grasse qui existe dans la racine de fougère, il faut épuiser cette racine par l’éther et soumettre ensuite l’extrait éthéré à l’évaporation.
AROXÏJ J23ES.
acoiujs cal AMIJ s ( Acore ).
La racine d’acore est spongieuse, d’un jaune fauve à l’extérieur, d’un rose pâle à l’intérieur, d’une saveur amère et astringente. Elle contient :
Huile volatile amère
Résine
Matière extractive et chlorure de potassium Gomme et traces de phosphate de potasse.
Inuline
Fibre ligneuse
Eau
( Trommsdorff.)
On en fait usage en médecine et dans la parfumerie.
CHIMIE VEGETALE.
A ROI MAC LL AT UM (Gouet pied-de-veau).
La racine d 'Arum maculatum est jaunâtre à l’extérieur, blanche à l’intérieur, d’une saveur âcre et amère. Elle laisse exsuder, lorsqu’on la comprime, un suc laiteux qui irrite vivement la peau.
L’analyse de cette racine a donné les résultats suivants :
Huile grasse . .
Extrait sucré .
Gomme ....
Mucilage. . . .
Amidon humide
(Bucholz.)
On s’est longtemps servi de la racine d 'Arum maculatum comme purgatif; mais on l’a presque complètement abandonnée aujourd’hui pour cet usage, à cause de sa grande énergie.
En soumettant cette racine à une légère torréfaction, on peut lui enlever son âcreté et l’employer ensuite comme aliment.
GRAMINÉES
tritïCLM iîepens ( Chiendent ).
La racine de chiendent donne par décoction 15,6 pour 100 d’un sirop agréable et sucré.
M. Semmola est parvenu à extraire de la racine de chiendent une substance cristal lisable qu’il a nommée cynodine.
Le chiendent est employé dans certaines maladies aiguës.
On a pensé à fabriquer de l’alcool en se servant de la racine de chiendent, mais il paraît difficile de se procurer une quantité convenable de cette racine, sans que les frais d’approvisionnement absorbent la plus grande partie des bénéfices d’une telle fabrication.
ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES
CYPÉEâCÉES.
CYPERUS ESC.ULENTUS ( Chufa , Soucliet alimentaire).
Le tubercule du soucliet est brun , d’une saveur sucrée, d’une odeur agréable qui se rapproche de celle de la noisette, il renferme :
Huile grasse Zi,8
Albumine végétale 1,5
Amidon *22, h
Inuline Zi, 3
Gomme 17,8
Sucre 12,5
Principe colorant l,Zi
Sels de potasse, de chaux et de magnésie, silice. . . . 5,5
Fibre végétale 21,0
Eau et perte 8,8
(M. Semmola.)
D’après M. Ramon Luna , le tubercule de souchet contient :
Huile grasse 28,06
Fécule 29,00
Sucre cristallisable 1Zi,07
Eau 7,10
Albumine 0,87
Cellulose l/t,01
Gomme, matière colorante , sels et perte 6,89
Depuis longtemps le souchet est employé en Espagne comme aliment. A Madrid on en consomme environ 12 000 kilogrammes pour la préparation de l’orgeat. Il donne, par compression entre deux plaques métalliques chaudes, une huile d’excellente qualité. La pulpe provenant de cette opération peut fournir 12 à 14 pour 100 de sucre cristallisable, et en outre une grande quantité de fécule.
L’huile grasse extraite du souchet est jaunâtre, inodore, transparente, d’une saveur analogue à celle de l’axonge, d’une densité égale à 0,919. Elle se solidifie, comme l’huile d’olive, sous l’influence de l’acide hypo-
azotique. L’éther la dissout facilement. Elle brûle avec une flamme lumineuse.
Les alcalis la saponifient avec rapidité ; le savon produit renferme de l’acide oléique et de l’acide margarique.
Lorsqu’on abandonne l’huile de souchet à elle-même, elle laisse déposer une matière grasse cristalline dont la nature n’est pas encore déterminée.
(M. Ramôn Luna.)
MÉ1ANTHACÉES.
VERATRüM album ( Ellébore blanc).
La racine d’ellébore blanc contient de l’oléine, de la stéarine, du gallate de vératrine, une matière colorante jaune, de l’amidon, du ligneux et de la gomme. Les cendres de la racine d’ellébore blanc sont formées de carbonate de potasse, de sulfate de chaux, de phosphate de chaux et de silice. (Pelletier et Caventou.)
Quand, après avoir ajouté de l’acide chlorhydrique dans un extrait alcoolique de racine d’ellébore blanc, on additionne la liqueur de carbonate de soude , il se forme un précipité qui contient, outre la vératrine signalée par Pelletier et Caventou, une base organique nouvelle, la jervine , dont la découverte est due à M. Simon. En épuisant ce précipité par l’alcool, décolorant la dissolution par le noir animal, et la faisant cristalliser, on obtient des cristaux de jervine; la vératrine reste en majeure partie dans les eaux mères.
Les principales propriétés de la jervine et de la vératrine ont été décrites dans le tome 1Y, pages û56 et û57.
C’est à la présence de la vératrine dans la racine d’ellébore blanc que l’on doit attribuer les effets violents de cette racine sur les animaux.
LILIACEES.
COLCHICUM AUTUMNALE ( Colchique d’automne ).
La racine de cette plante est blanche et comme farineuse à l’intérieur. Elle contient de l’oléine, de la stéarine, une matière colorante jaune, de la gomme, de l’amidon , de l’inuline, du ligneux, un acide organique volatil et une base particulière, la colchicine , dont les propriétés se rapprochent de celles de la vératrine.
La colchicine a été étudiée précédemment. On l’obtient en épuisant la racine , la fleur ou la graine de colchique par de l’alcool contenant une petite quantité d’acide sulfurique : l’extrait , saturé par le carbonate de
ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES. 363
chaux , additionné d’acide sulfurique et soumis à l’évaporation , donne , lorsqu’on y verse une dissolution de carbonate de potasse, un précipité blanc, auquel l’alcool absolu enlève la colchicine.
Cet alcali est purifié par des cristallisations successives dans l’alcool.
Pelletier et Caventou, qui analysèrent les premiers la racine de colchique d’automne , confondirent la colchicine avec la vératrine. Ce fut en 1833 que Geiger et Hesse, en constatant la solubilité de la colchicine dans l’eau, et la propriété qu’elle présente de se colorer en brun-jaunâtre sous l’influence de l’acide sulfurique, établirent une distinction entre ces deux bases : nous rappellerons ici que la vératrine est insoluble dans l’eau et se colore en violet rougeâtre au contact de l’acide sulfurique.
smilax sarsaparilla ( Salsepareille ).
La salsepareille présente une racine ligneuse qui est tantôt blanchâtre, tantôt d’un rouge orangé, quelquefois d’un noir roussàtre, et qui contient, sur 100 parties :
Résine âcre et amère 2,8
Extrait gommeux. 5,5
Amidon . 5Zt,2
Fibre ligneuse ..................... 27,8
(Canqbbio.)
On a trouvé en outre dans la racine de salsepareille une substance cristallisable, la smilacine , dont nous avons déjà étudié les propriétés.
La smilacine se dépose à l’état cristallin par l’évaporation de l’extrait alcoolique de salsepareille.
ALLIUM SATIVUM (AU).
L’ail donne par expression un suc incolore, mucilagineux, acide, d’une odeur désagréable et caractéristique.
Le suc d’ail laisse déposer de l’albumine lorsqu’on le chauffe ou bien quand on l’additionne d’acide sulfurique ou d’acide chlorhydrique. Il est précipité par le tannin, le sulfate de protoxyde de fer et l’azotate de mercure au minimum.
L’ail, distillé avec de l’eau, donne une huile essentielle sulfurée que nous avons déjà décrite; c’est à la présence de cette huile qu’il doit son odeur.
ALLIUM CEPA {Oignons),
Lorsqu’on broie les oignons, il en découle un suc incolore dont l’odeur est pénétrante et excite le larmoiement.
Le suc d’oignon est acide; il se trouble lorsqu’on le chauffe, et donne un dépôt albumineux imprégné d’une essence sulfurée soluble dans l’alcool.
SCILLA MARITIMA ( Soûle ).
Les bulbes de la scille sont ovoïdes ou arrondis, blancs à l’intérieur et recouverts d’un épiderme brunâtre. Leur saveur est âcre et amère. Ils renferment :
Matière âcre et volatile, quantité indéterminée.
Gomme
Sciilitine.
Tannin.
Citrate de chaux
Sucre
Ligneux ...................