à 8,3 pulvérulentes
(M. Persoz.)
Lorsque les garances sont additionnées de matières inorganiques, le iésidu qu elles laissent après l’incinération s’élève souvent à 20 ou 25 pour 100. En soumettant ces cendres à l’analyse, on reconnaît facilement les substances minérales étrangères qu’elles renferment.
loin faciliter les recherches, nous donnons ici la composition des cendres de 1a garance pure.
Potasse
Soude ....
Chaux
Magnésie.
Oxyde de fer
Acide phosphorique
Acide sulfurique
Chlore .
Silice
Acide carbonique. .......
Charbon et sable.
Chlorure de sodium
(M- Koechlin.) (M. May.)
Il est extrêmement difficile de reconnaître la nature des matières organiques étrangères qui ont servi à falsifier la garance; mais on peut
arriver facilement à constater leur présence par trois méthodes différentes.
La première consiste à faire en petit une opération de teinture; la
CHIMIE VEGETALE.
seconde, à isoler la matière colorante afin de la peser; la troisième, à déterminer le pouvoir colorant à l’aide d’un appareil nommé colori-
mètre.
Première méthode.
Cette méthode, due à M. Schlumberger, consiste à teindre avec un poids constant de garance une quantité donnée de toile mordancée, et à comparer cette toile teinte et avivée à une série de toiles colorées, dont la gradation de teintes correspond à des poids connus de garance. Pour former la série des couleurs qui doivent servir à évaluer plus tard la richesse d’une garance, on teint des morceaux égaux de toile mordancée, avec 1, 2, 3... 10 grammes de garance pure, ce qui donne une sorte de gamme de teinture. La gamme obtenue, on prend 10 grammes de la garance à essayer et on les emploie à teindre un morceau de toile de la grandeur des types. 11 est facile alors d’apprécier la richesse de la garance, par l’éclat plus ou moins grand de la teinte que présente la toile, et par le rapport qu’elle offre avec les couleurs types.
Deuxième méthode.
Premier procédé. — La garance est épuisée à chaud par de l’alcool à 36°, contenant, par litre, 12 grammes d’acide chlorhydrique concentré. La liqueur provenant de ce traitement est évaporée à siccité. Le résidu qu’elle laisse est placé sur un filtre, et lavé à l’eau distillée, jusqu’à ce que celle-ci commence à se colorer en rose. Le nouveau résidu est épuisé par l’alcool bouillant, jusqu’à ce que ce dissolvant cesse de se colorer. La solution alcoolique, évaporée au bain-marie, laisse pour résidu la matière colorante pure. (M. Dandrillon.)
Deuxième procédé. — On fait bouillir avec la poudre de garance du vinaigre distillé. La matière colorante se dissout dans l’acide, et s’en sépare par le refroidissement. Elle est alors recueillie sur un filtre, lavée et pesée.
D’après M. Schlumberger, ce procédé ne donne qu’un résultat approximatif, parce qu’une certaine quantité de la matière colorante est retenue par les substances gommeuses et sucrées contenues dans la garance. Ce chimiste modifie le procédé de la manière suivante :
La racine soumise à l’essai est placée pendant douze heures dans de l’eau froide renfermant indifféremment de l’acide acétique, du chlorure de sodium, du sulfate de soude, ou même un mélange de ces deux sels. L’acide acétique et les divers sels précédemment nommés dissolvent les matières sucrées et gommeuses, sans agir sur la matière colorante, qui peut alors être dosée sans perte.
ETUDE DES PRINCIPALES RACINES
M. Schlumberger arrive encore au même résultat en taisant fermenter la garance. Pour cela, il expose pendant vingt-quatre heures, à la température de 25°, un flacon contenant 10 grammes de garance, de la levûre de bière et un demi-litre d’eau. La fermentation ne tarde pas à s’établir et à marcher avec- rapidité. Lorsqu’elle s’arrête, on vide le flacon sur un filtre de toile et on lave le dépôt avec de l’acide acétique très étendu. Le résidu du lavage est traité à chaud, pendant cinquante minutes, par 5 décilitres d’acide acétique à 1°,5. Au bout de ce temps, la liqueur est versée sur un filtre, le dépôt est traité de nouveau par l’acide acétique, et cette dernière liqueur, encore chaude, est réunie à la première. La dissolution acide se trouble par le refroidissement et commence à déposer des flocons orangés de matière colorante. La précipitation de cette matière n’est complète que si l’on sature la liqueur par le carbonate de soude. On jette alors le précipité sur un filtre, où après l’avoir lavé avec de l’eau, on le soumet à la dessiccation et on le pèse.
M. Persoz a fait quelques expériences qui l’ont conduit à admettre que le procédé modifié de M. Schlumberger était encore inexact.
Troisième méthode.
Essai au colorimètre. — Le colorimètre est un instrument fort ingénieux, fondé sur le principe suivant : Lorsque deux substances tinctoriales de même espèce sont dissoutes à poids égaux dans les mêmes volumes d’eau ou de tout autre liquide, elles donnent des liqueurs colorées, dont la nuance est proportionnelle à la quantité de matière colorante que chacune d’elles renferme.
Le colorimètre se compose de deux tubes de verre de 15 à 15 millimètres de diamètre, et de 30 à 35 centimètres de longueur, parfaitement égaux et ayant la même épaisseur. Ces deux tubes sont bouchés à l’une de leurs extrémités, et divisés, à partir de cette extrémité, dans les cinq sixièmes de leur longueur, en deux parties d’égale capacité ; la partie supérieure porte une échelle ascendante divisée en 100 parties. Ces deux tubes se fixent dans une boite, sur le couvercle de laquelle sont deux ouvertures destinées à laisser passer les tubes, qui doivent être placés près d’une des parois latérales ; celle-ci est munie de deux ouvertures carrées de même largeur que le diamètre des tubes, et placées en regard de la moitié inférieure de ceux-ci.
Pour se servir du colorimètre, on dissout des poids égaux de chaque substance tinctoriale dans une même quantité d’eau ou d’un autre liquide. Les deux tubes sont remplis à moitié de cette dissolution, et fixés dans la boite ; plaçant alors celle-ci de façon que la lumière passant par les ouvertures carrées vienne éclairer les dissolutions colorés, on regarde par une ouverture annulaire placée en face des précédentes, et
l’on compare les intensités des nuances de chacune des liqueurs. Si la teinte est la même dans les deux tubes, les matières colorantes sont également riches. Si, au contraire, l’une d’elles est plus foncée que l’autre, on l’étend d’eau jusqu’à ce que la teinte soit exactement la même dans les deux tubes. A ce moment, on lit sur le tube dans lequel on a ajouté l’eau le nombre de parties de liquide qu’il contient. Le rapport en volume des deux dissolutions est le même que le rapport des quantités de matière colorante contenues dans chaque liqueur. Si, par exemple, les deux tubes renfermant d’abord 100 parties de liqueur colorée, on a ajouté dans celui qui contenait la garance type 25 parties d’eau, le rapport 100 : 125 représente la richesse tinctoriale de la garance soumise à l’essai.
L’essai au colorimètre est donc extrêmement simple, mais il exige chez l’opérateur une certaine habitude de ce genre d’expérimentation.
Il faut en outre que les substances tinctoriales soient d’une grande pureté et de même origine, car deux matières colorantes peuvent être inégalement riches et fournir cependant des liqueurs ayant même coloration. Ainsi, par exemple, une garance d’Avignon diffère d’une garance d’Alsace parce qu’elle a été traitée par les acides, et cependant le colorimètre n’indique pas de différence entre ces deux substances tinctoriales. (M . H ou t on - La bi 1 1 a r d ièr e . )
D’après le principe sur lequel est fondé le colorimetre, on voit que cet instrument peut servir à évaluer la richesse d’une matière tinctoriale quelconque.
VALERIANA. OFFICIA* LIS ( Valériane ).
La racine de valériane est jaunâtre, amère, d’une odeur désagréable. Elle présente la composition suivante :
Essence et acide valcriaihque 1,041
Matière insoluble dans l’alcool 12,500
Gomme 9,375
Résine 6,250
Ligneux. . 69,271
( Trommsdorff.)
L’essence de valériane est formée de deux huiles volatiles, le borné ène et le valérol, dont nous avons déjà décrit les propriétés. (Voy. tome V, p. 263 et 272.)
On emploie la racine de valériane en médecine, et pour préparer E acide valérianique.
ÉTUDE DES PRINCIPALES RACINES
COMPOSÉES
flELlANTiius TUBEROSUS [Topinambour).
Le tubercule de cette plante est blanc et recouvert d’un épiderme noirâtre. On l’emploie comme aliment ; son goût rappelle celui de l’artichaut.
Le topinambour peut acquérir un jour une grande importance au point de vue de l’alimentation ; il n’a pas été atteint, jusqu’à présent, par la maladie qui détruit souvent les récoltes de pommes de terre; il exige peu de culture et réussit dans tous les terrains. C’est un des végétaux qui produit le plus, en consommant le moins d’engrais. Toutes les parties de la plante sont utilisées : les feuilles vertes peuvent être consommées par les bestiaux; sèches, elles donnent un fourrage très recherché par les moutons à cause de son goût sucré : les tiges enfin sont employées comme combustible dans le chauffage des fours.
On trouve en moyenne dans les tubercules 20,8 pour 100 de matières sèches, et 79,2 pour 100 d’eau. (M. Boussingault.)
Braconnot, et après lui MM. Payen, Poirisot et Fery, ont analysé les tubercules de topinambour; voici les résultats que ces chimistes ont obtenus :
Analysé des tubercules de topinambour, par Braconnot.
Eau 77,05
Gomme 1,22
Sucre incristallisable 14,80
Inuline 8,00
Albumine 0,99
Matières grasses 0,09
Citrales de potasse et de chaux 1,15
Phosphates de potasse et de chaux 0,20
Sulfate de potasse. . 0,12
Chlorure de potassium. 0,08
Malalcs et tartrates de potasse et de chaux. ...... 0,05
Ligneux 1,22
Silice 0,03
CHIMIE VEGETALE.
Composition des tubercules de topinambour, par MM. Payen , Poinsot et Fery.
Glucose et autres matières sucrées l/l, 70
Albumine et deux autres matières azotées 6,12
Cellulose 1,50
Inuline 1,86
Acide peclique 0,92
Pectine 0,37
Matières grasses et traces d’huile essentielle 0,20
Matière colorante violette sous l’épiderme Iraces
/Phosphates de chaux, de magnésie, de potasse, ''
\ sulfate de potasse, chlorure de potassium , ci- (
* i trate et malate de potasse , malate de chaux, i ’
\ traces de soude ‘
De son côté, M. Boussingault a établi la composition élémentaire des tubercules séchés à 100°.
Carbone 43,02
Hydrogène 5,91
Azote 1,57
Oxygène 43,56
Cendres 5,94
Ces cendres contiennent sur 100 parties :
Soude traces
Chaux 2,3
Magnésie 1,8
Oxydes de fer et de manganèse 5,2
Acide phosphorique 10,8
Acide sulfurique 2,2
Acide carbonique 11,0
Chlore 1,6
Silice 13,0
Perte et charbon 7,6
• (M. Boussingault.)
Les vaches laitières, les moutons, les porcs et les chevaux peuvent être nourris avec des topinambours légèrement salés et mélangés, soit
ETUDE DES PRINCIPALES RACINES
avec du fourrage, soit avec des pommes de terre ou des betteraves. La ration ordinaire d’un cheval est de 10 litres environ. (MM. Girardin et du Breuil.)
M. Payen a pu retirer 5 pour 100 d’alcool absolu des tubercules de topinambour soumis à la fermentation.
iivula HELENIUM (Année).
La racine d’aunée est rougeâtre, d’une odeur forte et d’une saveur désagréable. Elle renferme :
Essence traces
Hélénine 0,U
Cire 0,6
Résine 1,7
Extrait amer 36,7
Gomme Zi,5
Inuline 36,7
Albumine végétale 13,9
Fibre ligneuse 5,5
Sels de potasse, de chaux et de magnésie Iraces
(John.)
L’action de cette racine sur les animaux parait due à la matière résineuse.
Les propriétés de l’hélénine ont été étudiées (t. V, p. 265).
SCORSONERA hispanica ( Scorsonère ).
Cette racine, nouvellement récoltée, a présenté la composition suivante :
Eau 32,0
Résine 3,0
Matières solubles dans l’eau 10,0
Ligneux Zi6,0
(John. )
MO
ANTHEMIS PYRETHRUM ( Pyrèthre ).
L’ Anthémis pyrethrum présente une racine grisâtre, d’une saveur amère, d’une odeur désagréable. Cette racine contient :
Principe âcre .... 3,00
Inuline 25,00
Gomme 11,00
Tannin 0,55
Matière colorante. . 12,00
Ligneux Zi 5 , 0 0
Chlorure de potas- .
sium, silice, oxyde 1,66
de fer ’
Perte 1,81
(M. Parisel.)
- Résine brune .... 0,95
Iiuile brune 1,60
( Huile jaune 0,35
traces
(M. Koene.)
On l’emploie en médecine.
ARNICA MONTANA ( Amique ).
La racine d ’ Arnica montana est rougeâtre à l’extérieur et blanche à l’intérieur, d’une odeur forte, et d’une saveur âcre. Elle se compose, en centièmes, de :
Huile volatile 1,5
Résine 6,0
Matières extractives 32,0
Gomme 9,0
Ligneux 51,2
( Pfaff.)
Nous donnerons ici, sous forme de tableau, les noms de quelques racines dont letudc est encore fort incomplète :
ÉTUDE DES PRINCIPALES TIGES. U 11