‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 197 sur 308 · Partie cireuse · texte numérisé non relu

Partie cireuse

Matière colorante jaune. .

Carthamine

Ligneux. .

Silice

Alumine et oxyde de fer .

Oxyde de manganèse. . .

( M. Salvetat.)

Nous avons étudié précédemment le mode d’extraction de la carthamine : cette substance, broyée avec un peu d’eau et du talc très fin, donne le rouge végétal dont on se sert comme fard.

Nous nous occuperons maintenant du pollen ou matière fécondante des végétaux, qui est contenue dans Y anthère, une des parties de la fleur.

fOLL£N.

Les observations microscopiques faites avec le plus grand soin par MM. Molli, Brown, Payen, Decaisne, et surtout par M. Fritzche, démon-

ÉTUDE DES PRINCIPALES FLEURS

Zl99

trent que le pollen n’est pas un principe immédiat, car il est essentiellement formé de membranes extérieures enveloppant une substance interne à laquelle on a donné le nom de fovilla.

La composition de la fovilla paraît être fort complexe ; on y trouve un liquide épais, des gouttelettes huileuses, de petits corpuscules granuleux, et quelquefois de l’amidon.

Les grains du pollen de quelques plantes présentent en outre à leur extérieur une matière grasse qui les lie incomplètement les uns aux autres.

Les propriétés de ces diverses matières ont été décrites dernièrement dans un mémoire, dont nous donnons ici le résumé. (Cloëz et Fremy.)

Substance grasse extérieure du pollen. - Cette substance est fortement colorée en jaune (1), onctueuse, filante, neutre aux réactifs colorés, insoluble dans l’eau, peu soluble dans l’alcool, et très soluble dans l’éther.

Elle possède une odeur de cire très marquée. Les alcalis la saponifient avec difficulté et toujours incomplètement. Le savon qui se produit, étant décomposé par un acide, donne un acide gras liquide ressemblant à l’acide oléique.

Soumise à l’analyse, la substance grasse extérieure du pollen a présenté la composition suivante :

Carbone 79,65

Hydrogène . 12,09

Oxygène 8,26

Elle se rapproche, par sa composition, de certaines espèces de cires végétales analysées par M. Lewy, et elle présente particulièrement de l’analogie avec la cire jaune.

Pour obtenir la substance grasse extérieure du pollen, on traite ce corps par l’éther, puis on évapore l’extrait éthéré.

Examen des principes immédiats qui constituent le pollen. — L’eau froide n’agit pas sur le pollen ; mais lorsqu’on porte l’eau à l’ébullition, la liqueur se colore fortement en jaune et se charge de dextrine; si l’on prolonge l’action de la chaleur, cette dextrine se transforme en glucose.

Cette expérience ne laisse aucun doute sur l’existence de l’amidon dans l’intérieur du pollen, comme cela avait été établi précédemment par M. Payen. Elle fait présumer en outre que dans l’intérieur du grain

(1) La matière jaune qui colore le corps gras extérieur du pollen se détruit très rapidement au contact de Pair, sous l’influence de la lumière même dilfuse.

se trouve une substance particulière, qui peut agir comme la diastase sur l’amidon.

Du reste, la présence d’une matière azotée soluble existant dans le pollen n’est pas douteuse, car l’extrait aqueux, soumis à l’évaporation, laisse toujours coaguler une substance comparable à l’albumine ou plutôt à la caséine.

L’alcool et l’éther n’agissent pas sur le grain de pollen qui est entier, mais ces dissolvants retirent du pollen que l’on a broyé une quantité considérable d’huile grasse.

Cette huile se saponifie avec facilité ; en cela elle diffère du corps gras extérieur du pollen ; sa couleur est légèrement jaunâtre. Elle présente la composition suivante :

Carbone 75,36

Hydrogène 12,90

Oxygène 11,74

Le pollen épuisé par l’eau bouillante, par l’alcool et par l’éther, laisse un résidu très abondant, qui est évidemment formé des membranes extérieures du pollen, et peut-être d’une partie de la fovilla, qui a résisté à l’action des dissolvants. Ce résidu contient encore une quantité assez considérable d’azote et paraît s’éloigner du ligneux.

Les réactifs semblent démontrer également que les membranes extérieures du pollen ne sont pas formées par de la cellulose; elles résistent en effet à l’action de l’acide sulfurique même concentré qui les colore en noir, mais qui ne les dissout pas ; elles sont remarquables par leur grande fixité.

11 existe une analogie frappante entre la composition d’un pollen et celle d’une graine oléagineuse. On trouve en effet, dans le pollen comme dans la graine, des membranes plus ou moins azotées, de l’amidon, une sorte de diastase, de l’huile grasse en grande quantité et des substances albumineuses. Il est curieux de voir la déhiscence et le développement du tube ou boyau poil inique, qui peuvent être comparés jusqu’à un certain point à un phénomène de germination, se produire dans un corps présentant la même composition qu’une graine.

(Cloez et F REM Y.)

ETUDE DES PRINCIPALES GRAINES

La graine est la partie de la plante qui sert à reproduire de nouveaux individus.

Nous examinerons surtout les graines qui présentent une grande importance, soit au point de vue de l’alimentation, soit dans leurs applications industrielles.

GRAMINÉES

A VEXA SATIVA (Avoine).

L’avoine est employée comme aliment pour les bestiaux. Elle renferme un principe aromatique qui, se combinant avec l’urée, donne de l’acide hippurique qu’on retrouve dans l’urine des chevaux (M. Sacc). L’analyse immédiate de cette céréale a donné :

Gluten et albumine 11,9

Amidon et dexlrine 61,5

Matières grasses 5,5

Ligneux et cellulose 4, 1

Substances minérales 3,0

Eau 14,0

( M. Boussingault. }

L’avoine sèche renferme d’après l’analyse élémentaire :

Carbone 50,32

Hydrogène 6,32

Azote . 2,24

Oxygène . 37,14

Cendres 3,98

(M. Boussingault.)

On a pour la composition centésimale de ces cendres :

Potasse 12,18 12,9

Soude 14,69 »

Chaux 7,29 3,7

Magnésie 4,58 7,7

A reporter . . . . 38,74

CHIMIE VEGETALE.

Report. . .

Oxyde de fer

Acide phosphorique

Chlore

Silice

(M. Lévy.)

(M. Boussingault.)

L’avoine donne en générai 62 pour 100 de farine, 17 de son et 21 d’eau. (M. Sacc.)

TRI Tic uni ( Froment ).

Le froment est la céréale la plus importante, au point de vue de notre alimentation; aussi sa culture est universellement répandue. Il existe plusieurs variétés importantes de froment, et toutes sont remarquables par la proportion de matières azotées qu’elles renferment. Le blé contient en effet quelquefois jusqu’à 21 pour 100 d’un principe azoté, le gluten. Les blés durs sont plus riches en gluten que les blés tendres ou blancs ; ceux-ci fournissent une farine plus blanche, mais moins nourrissante.

Le blé donne en général 72,5 de paille et 27,5 de grain, présentant en moyenne la composition suivante :

Gluten 12,8 'i

Albumine 1,8 j

Dextrine. ...... 7,2

Matières grasses. . . 1,2

Cellulose 1,7

Sels minéraux .... 1,6

Eau l/i,0

Matières azotées . . . 14,6

100,0 (M. Boussingault.)

L’analyse immédiate du froment a donné :

Carbone . . . 46,10

Hydrogène 5,80

Azote 2,29

Oxygène 43,40

Cendres 2, /il

(M. Boussingault.)

ETUDE DES PRINCIPALES GRAINES

La grande quantité de matières azotées qui existe dans le froment fait comprendre que les engrais très riches en principes azotés doivent augmenter la proportion de gluten contenu dans cette graine ; c’est en effet ce qui a été reconnu. (Hermbstæd.)

Les cendres du froment renferment :

Froment

Froment

de Giessen.

d’Alsace.

Potasse.

Chaux

Magnésie

Oxyde de fer

Acide phosphorique . .

Acide sulfurique. . . .

Silice

(Fresenius et Will.) (M. Boussingault.)

Ces cendres sont surtout très riches en phosphates et en silicates alcalins et terreux, il sera donc convenable que le terrain ou les engrais employés contiennent aussi ces mêmes sels.

Pour préserver le grain que l’on doit ensemencer de l’attaque des insectes, et de maladies telles que la carie, il est indispensable de le chauler. On se contentait d’abord pour le chaulage de tremper les grains dans un lait de chaux; on a employé ensuite d’autres substances telles que l’alun, les sulfates de fer ou de zinc, le réalgar, l’acide arsénieux, le sulfate de cuivre; ce dernier sel donne de bons résultats, mais on préfère à l’emploi des substances précédentes, qui sont presque toutes vénéneuses, le procédé connu sous le nom de sulfatage.

Pour opérer, d’après cette méthode, sur un hectolitre de grains, on prend 640 grammes de sulfate de soude que l’on fait dissoudre dans 8 à 9 litres d’eau chaude, et 2 kilogrammes de chaux caustique éteinte au moment même. On arrose avec la dissolution saline le blé que l’on place à cet effet dans un baquet, et que l’on remue dans tous les sens; puis on saupoudre avec la chaux, en continuant à remuer pour que tous les grains soient bien recouverts de chaux ; ils sont alors étendus sur le sol pour être séchés. Ce procédé, très efficace, est le plus employé.

Le froment donne, d’une part, la farine employée à la confection du pain, de l’autre, le son- que les bestiaux consomment en partie. La mouture fait subir au grain une sorte de décortication, il ne reste plus qu’à le soumettre au blutage pour séparer le son. La quantité de farine que

CHIMIE VEGETALE.

donne le blé varie selon les procédés de mouture ; en moyenne on obtient :

Farine 74

Son 23

Déchel 3

(M. Boussingault.)

La nature du blé fait naturellement varier beaucoup ces quantités ; certains blés peuvent donner 85,5 pour 1 00 de farine. (M. de Dombasle.)

Nous reviendrons plus loin sur les farines; quant au son, il contient encore assez de matières azotées :

Gluten et albumine 11,9

Amidon et dextrine 61,5

Matières grasses 5,5

Ligneux et cellulose 4,1

Substances minérales 3,0

Eau 14,0

(M. Boussingault.)

Il est très important, dans les analyses de blés, de déterminer la quantité de son et de farine qu’ils peuvent donner, et aussi combien la farine renferme de matières azotées. Les quantités relatives de son et de farine s’obtiennent avec beaucoup d’exactitude en séparant la farine du son par un tamisage du blé préalablement broyé; en pesant le son resté sur le tamis, on a la farine par différence. Quant au gluten, nous avons vu, en parlant de l’amidon, qu’on pouvait l’évaluer en soumettant la farine à un faible courant d’eau qui entraîne l’amidon et laisse le gluten ; mais ce procédé n’offre pas toute la précision désirable. Il vaut mieux doser directement l’azote contenu dans la farine ; sachant d’ailleurs que les substances azotées, gluten et albumine, qui entrent dans la farine, renferment 0,16 d’azote, la détermination de ces principes azotés se fera par un calcul très simple. (M. Boussingault.)

C’est d’après ces procédés qu’ont été obtenus les résultats indiqués dans le tableau qui suit.

Nous donnons enfin, dans un deuxième tableau, les résultats de l’analyse immédiate de quatorze variétés de blés.

ÉTUDE DES PRINCIPALES GRAINES

HH

ce

ta

*S £> £* C» C (\ ï» «V ï' SN JN J' • *'«'*' *» (• (V (S ^ ^

a)XoooH04^îia<îo^orj<fSv-tinH05?M

r>tvooi>xoococoœcotNco»xioocoxi^ooooxi>Moo

©W<fX<tHO©HinxtD<ttNCj3HDOXOt>.COiOO

r iv . rf. r f r> «n a> in »\ «s

o-HCiOC5300iooor>OLCOiGOOicOtoour5LOooor>.»r5

rt<fH:OH05CTinoxcoiO'HOH[^iowK5<joMœio

COCOCOCOCOCMCOC^(M«MCOC^îOCOCOCMC^COC^C^COCO!^C^

rlfl>HOOOiO<flOOOOiOCnOiOOiOifliOOOiOOiO

XOiMMCDwXCDiniO^rxrOiH-^XXiCH^OlOOS

©X^OMlOiOOOOClCOifllflOlClOiOOOlflOifi

-h co ^ co x x" ^ 10 lo 0 rî ci o 00 h x <î o x a in o

P = '05 fi

ta O

fi .

zz

' Zmi

rÇJ

2fi

CJ Cd

Page 1