ACTION DE LA POTASSE SUR LA CASÉINE
TYROSINE. G18HnAz06.
Az
Lorsqu’on fait réagir la potasse caustique en fusion sur la caséine, cette substance se convertit en un corps nouveau, qui a été nommé tyrosine.
Propriétés.
La tyrosine est cristalline, neutre, peu soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool et dans l’éther. Elle se transforme, sous l’influence de l’acide azotique, en tyrosine nitrée C18Hlü(Àz04)Az06, qui reste unie à l’acide azotique.
L’azotate de tyrosine nitrée cristallise en paillettes brunes, qui sont peu solubles dans l’eau, plus solubles dans l’alcool, dans l’éther, très solubles dans la potasse et dans l’ammoniaque.
On connaît aussi le sulfate de tyrosine nitrée.
La tyrosine se combine avec les acides, les bases et les sels métalliques.
Préparation.
Pour l’obtenir, on fond un mélange de potasse et de caséine, et après avoir repris la masse par l’eau, on ajoute de l'acide acétique dans la dissolution (M. Strecker). (M. Liebig.)
CHIMIE ANIMALE
LEUCINE. Gl2H13Az04.
Az
. . . Zi00,00 ....
La caséine, abandonnée à elle-même , éprouve une décomposition putride pendant laquelle il se forme une substance que Proust a décrite sous le nom d 'oxyde caséique , et que Braconnot a plus tard désignée sous le nom d ’aposépédine. M. Mülder a constaté l’identité de cette substance avec la leucine qui se produit par l’action de l’acide sulfurique étendu et bouillant sur la viande, ou par celle de la potasse caustique sur tous les produits protéiques (albumine, fibrine et caséine).
M. Cloetta a retiré la leucine du tissu pulmonaire.
On a obtenu aussi la leucine en décomposant la thialdine par l’oxyde d’argent récemment précipité (M. Goessmann).
Propriétés.
La leucine est soluble dans l’eau et dans l’alcool ; elle se présente en paillettes blanches, qui se subliment à 170° sans entrer en fusion. Elle est insoluble dans l’éther. Elle se dissout dans l’acide azotique sans qu’il se dégage la moindre trace de vapeurs rutilantes, et la dissolution laisse déposer, par la concentration et le refroidissement, de belles aiguilles incolores. Ce composé, identique avec Y acide nitroleucique de Braconnot, doit être considéré, d’après MM. Laurent et Gerhardt, comme de l’azotate de leucine C12H13Az0\Az05,H0. Cet azotate s’unit à la chaux, la magnésie, et forme avec l’azotate d’argent une combinaison cristallisable. La leucine produit encore un sel cristallisé avec l’acide chlorhydrique Ct2Hl3Az04,HCl. Elle se comporte donc, relativement aux acides, comme une base animale, semblable à l’urée et au sucre de gélatine (MM. Laurent et Gerhardt).
Quand on chauffe la leucine avec un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, elle donne du valéronitrile, de l’acide carbonique et de l’eau.
Si l’on fait bouillir la leucine en présence de l’eau et du peroxyde de plomb, elle produit seulement de la butyraldéhyde et de l’ammoniaque.
La leucine, maintenue en fusion avec son poids de potasse caustique, jusqu’à ce que l’ammoniaque qu’elle dégage soit mêlée d’hydrogène libre, donne successivement naissance à de l’acide valérique et à de l’acide butyrique, qui restent unis à la potasse (M. Liebig).
LEUCINE.
Préparation.
On prépare la leucine en laissant putréfier, pendant plusieurs mois, du caséum ou du gluten , que l’on a soin d’entretenir constamment humides. Lorsque le dégagement des gaz a cessé, on étend la masse d'eau, on la filtre et on l’évapore à consistance de sirop. Le résidu sirupeux, traité par l’alcool bouillant, cède la leucine à ce liquide, qui la dépose à l’état cristallin par le refroidissement. On purifie la leucine à l’aide de plusieurs cristallisations successives dans l’alcool.
Pour se procurer de la leucine, on peut encore épuiser par l’eau froide la viande maigre hachée, et, après l’avoir exprimée dans un sac de toile, reprendre à une douce chaleur le résidu de la compression par son poids d’acide sulfurique. La liqueur, abandonnée au refroidissement, se recouvre d'une couche de graisse qu’on enlève avec soin. La dissolution sulfurique est alors étendue de 1 décilitre d’eau, maintenue en ébullition pendant neuf heures et neutralisée par le carbonate de chaux. En la filtrant ensuite, l’évaporant à sec, et traitant à plusieurs reprises le résidu par l’alcool bouillant, on retire de ce résidu la leucine produite pendant l’opération, et qui cristallise par le refroidissement de la solution alcoolique. La leucine ainsi obtenue contient ordinairement des substances précipitables par le tannin. Pour la purifier, on doit la dissoudre dans l’eau, ajouter dans la liqueur une petite quantité de tannin, filtrer et évaporer convenablement.
On peut aussi, pour obtenir la leucine, attaquer l’albumine, la gélatine ou la fibrine par la potasse en fusion, reprendre par l’eau quand la décomposition est complète, neutraliser ensuite la dissolution par l’acide acétique, et l’évaporer à siccité. Le résidu de l’évaporation, traité par l’alcool, cède la leucine à ce dissolvant.
La putréfaction du fromage donne naissance, indépendamment de la leucine, à une huile acide, jaune, plus lourde que l’eau, et à un corps soluble dans l’alcool, de composition et de propriétés d’ailleurs mal connues, que l’on a désigné sous le nom d 'acide caséique. (Bkaconnot.)
La leucine se rencontre dans le tissu pulmonaire : quand on a traité ce tissu de manière à en retirer la taurine, il reste dans les eaux mères qui ont laissé déposer cette substance, une certaine quantité de leucine, qu’on peut isoler par le procédé suivant. On évapore ces eaux mères au bain-marie, et, après avoir repris à l’ébullition le résidu par de l’eau tenant en suspension de l’oxyde de plomb hydraté, on filtre la dissolution, puis on y fait passer un courant d’hydrogène sulfuré jusqu’à ce qu’il ne se précipite plus de sulfure de plomb. La liqueur qui surnage abandonne, par évaporation, un résidu blanc qui, traité par l’alcool absolu, cède la leucine à ce dissolvant (M. Gloetta).