COMPOSITION IMMEDIATE DES PRINCIPALES LEGUMINEUSES
ETUDE DES PRINCIPALES GRAINES
Cendres des graines de légumineuses.
Fèves.
Haricots.
Pois.
Lentilles.
Vesces.
Potasse
Soude
Chaux
Magnésie ......
Oxydes de fer et de
manganèse. . . .
traces
traces
Acide carbonique. .
Acide phosphorique.
Acide sulfurique. . .
Chlore
Silice
Charbon et perte . .
Bichon.)
(M. Boussingault.)
(M. Lewy.)
RUBSACÉES.
COFFEA ARABICA {Caféier).
Les principes que l’on extrait du café, la caféine , la caféone , ont été étudiés précédemment (tome IV, p.448); il nous reste seulement à donner la composition de cette graine :
Légumine, caféine, etc 10,000
Caféine libre. 0,800
Caféine azotée 3,000
Substances grasses 13,000
Glucose, dextrine, acide végétal indéterminé .... 15,500
Chloroginate de potasse et de caféine 5,000
Huile essentielle concrète insoluble 0,001
Essence aromatique soluble à odeur suave 0,002
Cellulose 34,000
Substances minérales : potasse, magnésie, chaux;
acides phosphorique, silicique, sulfurique ; chlore. 6,697 Eau » 12,000
(M. Paye n.)
La liqueur qu’on obtient en faisant digérer avec de l’eau le café non torréfié prend une coloration vert-émeraude sous l’influence de l’air, si l’on ajoute quelques gouttes d’ammoniaque. Cette réaction parait due à l’acide chloroginique,
ÉTUDE DES PRINCIPALES GRAINES. 533
Une infusion de café torréfié contenant 10 grammes de café moulu pour 100 grammes d’eau a une teinte fauve qui, par l’addition du sulfate de peroxyde de fer, devient trouble et d’un vert brunâtre. Cette réaction permet de distinguer l’infusion de café pur de celle qu’on obtient avec la racine torréfiée de chicorée sauvage : cette dernière infusion ne se trouble pas par l’addition du sel de fer. (M. Lassaigne.)
On reconnaît encore la falsification du café par la chicorée, en mélangeant la poudre suspecte avec dix fois son poids d’eau aiguisée de 2V d’acide chlorhydrique : la poudre de café pur surnage en grande partie, et le liquide se colore peu ; tandis qu’on obtient une forte coloration brune et un dépôt abondant au fond du tube qui sert à l’expérience, s’il y a une certaine quantité de chicorée.
Le café donne environ 3,19 pour 100 de cendres renfermant :
. . . 50, Zi
(M. Letellier.)
On peut remarquer encore que les cendres de café pur contiennent 70 pour 100 de parties solubles, tandis qu’on n’en trouve que 17 pour 100 dans les cendres de chicorée. (M. Payen.)
Potasse
Chaux
Magnésie
Acide carbonique .
Acide phosphorique Acide sulfurique . .
Chlore
Silice
ÉTUDE DU SOL
On désigne sous le nom de sol, ou terre arable , les parties de la couche superficielle de la terre, où les végétaux peuvent se développer.
Les sols arables sont des mélanges de substances minérales pulvérulentes et de matières organiques en partie décomposées.
Pour se rendre compte de la formation de cette couche labourable, il faut remonter à l’époque des grandes révolutions du globe. Nous avons vu, dans les notions de géologie exposées au commencement de cet ouvrage, comment s’étaient formés les terrains cristallins ou roches, les terrains sédimentaires, d'alluvion, volcaniques. Ces terrains ont été ensuite soumis à diverses influences mécaniques et chimiques, qui ont déterminé leur désagrégation complète. Parmi ces influences, il faut citer : les soulèvements intérieurs, la force expansive de l’eau qui se congèle ou se vaporise; puis faction chimique de cette eau, qui, pénétrant par les crevasses à de grandes profondeurs où la haute température a favorisé son action dissolvante, est revenue ensuite à la surface du sol, et a réagi sur les roches par les agents chimiques qu’elle avait entraînés ; enfin faction des pluies, qui enlèvent peu à peu les particules des roches, et celle de l’air, dont l’acide carbonique, se combinant avec les bases de certains silicates, met la silice en liberté.
Les divers produits de cette désagrégation des roches restent parfois à leur surface, et servent alors de support à certaines plantes ; mais ordinairement, ils sont entraînés par les vents et les pluies dans les vallées, où ils forment des dépôts sédimentaires de nature différente.
On doit attribuer la différence qui existe entre ces dépôts, d’abord à la diversité de composition des roches; en second lieu, à ce que les substances qui ont été entraînées ou dissoutes par l’eau ont dû, suivant leur densité ou leur solubilité, se déposer à des distances plus ou moins grandes des roches dont elles provenaient. Néanmoins il existe toujours une relation plus ou moins marquée entre la composition de ces roches et celle de la terre arable résultant de leur désagrégation. En effet, les granits ont produit des terres renfermant de la silice, de l’alumine, de la chaux, de la magnésie, de la potasse et de l’oxyde de fer; les quartz n’ont fourni que du sable ; les schistes argileux, des argiles ; la craie, des couches de calcaire.
La végétation, de son côté, a contribué à la production des terres arables. Dès que la surface des roches a été recouverte d’une couche assez épaisse de matières inorganiques pulvérulentes, les mousses et les lichens ont pu s’y développer et y ont végété normalement. Les débris de ces premières plantes, mêlés à la poussière minérale, ont formé alors
ETUDE DU SOL
une couche de terre propre à nourrir des végétaux plus vigoureux, mais qui empruntaient encore la majeure partie de leurs éléments à l'air atmosphérique. Les détritus de cette seconde végétation ont à leur tour augmenté l’épaisseur de cette couche cultivable ; et ces accroissements successifs ont formé un sol arable, sur lequel les végétaux de la plus grande espèce peuvent se développer.
Enfin l’homme a modifié la composition de ces sols primitifs, soit en les mélangeant entre eux, soit en les additionnant de débris de plantes ou d’excréments d’animaux.
L’épaisseur de la couche de terre arable varie depuis quelques centimètres jusqu’à un mètre et plus. La couche située au-dessous forme le sous-sol. Le sous-sol est donc, dans les cas des formations les plus simples, la roche primitive dont la surface a été convertie en terre végétale.
Quelques agronomes donnent le nom de sous-sol à une couche dont la composition diffère complètement de celle de la terre arable, et qui repose ordinairement sur une couche imperméable à l’eau. Ainsi M. de Gasparin distingue : le sol actif , c’est la couche superficielle destinée à la culture ; le sol inerte , qui n’est pas entamé par les travaux agricoles et qui offre la même composition que la couche précédente; le sous-sol , dont la composition minérale est tout à fait différente, c’est la couche comprise entre le sol inerte et la couche imperméable : cette dernière couche, ordinairement argileuse, supporte directement le sol arable, quand le sous-sol n’existe pas.
Les couches inférieures influent sur quelques-unes des propriétés du sol arable, principalement sur son état de sécheresse ou d’humidité.
La nature du sous-sol, en nommant ainsi la couche sur laquelle repose la terre arable, est assez importante à considérer pour l’agriculteur. En effet, dans le cas où la composition du sous-sol est analogue à celle du sol arable, on peut, si cela est nécessaire, augmenter la profondeur de ce dernier en empruntant au sous-soi par des labours profonds. Quelquefois aussi, la couche superficielle pourra être rendue plus favorable à la culture, en la mélangeant avec le sous-sol, si celui-ci offre une composition différente : c’est ainsi qu’un sol argileux pourra être amélioré, s’il est supporté par un sous sol sablonneux, par un mélange convenable des deux couches.
Avant de taire connaître la classification des différents sols arables, il faut remarquer qu’on n’y rencontre, en fait de substances minérales, ([lie du sable, de l’argile, du calcaire, un peu d’oxyde de fer, et quelquefois de la magnésie ; à ces principes vient se joindre Y humus, qui constitue la partie organique du sol.
CHIMIE VEGETALE.
Le sable, l’argile, le calcaire, pris isolément, sont de très mauvais terrains de culture : la trop grande consistance de l’argile doit être diminuée par l’addition du sable, dont la porosité pourrait être nuisible, si l’on ne faisait intervenir le calcaire; celui-ci absorbe l’eau, que l’argile compacte retient à la surface, et que le sable laisse trop facilement écouler. Il parait, d’après de nombreuses expériences, que les meilleurs terrains sont ceux qui réunissent à peu près en parties égales ces trois principes minéraux, auxquels il faut toutefois que le principe organique, l’humus, soit aussi mélangé.
Les sols que nous présente la nature sont presque toujours, du reste, des mélanges de ces divers principes ; c’est d’après leurs proportions relatives qu’on a établi la division suivante, que nous empruntons à l’excellent ouvrage de MM. Girardin et du Breuiî :
Sols sablonneux ....... /
Sols argileux . . . j
Sols calcaires. ........ |
Sols magnésiens . j
Sols humifères. . \
Sol de sable pur,
Sol quartzeux,
Sol volcanique ,
Sol sablo-argileux ,
Sol sablo-argilo-ferrugineux , Sol sablo-humifère.
Sol d’argile pure ,
Sol argilo-ferrugineux ,
Sol argilo-sablonneux ,
Sol argilo-cal caire.
Sol crayeux,
Sables calcaires ,
Sol tufeux,
Sol marneux.
Sol tourbeux ,
Sol marécageux.