‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 208 sur 308 · SOLS SABLONNEUX · texte numérisé non relu

SOLS SABLONNEUX

La silice prédomine dans ces terrains ; elle s’y trouve presque toujours mélangée avec de petites quantités d’argile et de calcaire, et est colorée en général en brun, en jaune ou en gris par l’humus et l’oxyde de fer. Ces terrains sont peu consistants, perméables et s’échauffent très facilement; ils exigent une plus grande quantité de fumier que les autres terres : on les reconnaît au dépôt considérable de sable qu’on obtient en les délayant dans l’eau.

Si le sable pur constitue un sol végétal à peu près infertile, il est bon d’observer néanmoins que la silice paraît indispensable à la végétation :

ÉTUDE DU SOL

on en retrouve en effet toujours dans les cendres des plantes, et surtout dans les feuilles; la silice forme des concrétions aux nœuds des graminées; elle constitue presque seule le squelette des végétaux. On conçoit qu’elle ait pu y être introduite, en observant que les eaux de nos sources en renferment presque toujours, ce qui prouve que la silice peut se rencontrer dans un état où elle est légèrement soluble. Mais son peu de solubilité empêche qu’elle ne soit dissoute et entraînée de nouveau, une fois qu’elle s’est déposée; c’est pour cela que la proportion de silice que renferment les végétaux augmente avec leur âge.

Sol de sable pur. — Cette variété de soi ne se rencontre que sur les bords de la mer, où elle forme les dunes : elle est peu estimée des cultivateurs, car elle réunit tous les inconvénients des sols sablonneux en général. Le sable, en raison de sa forme granuleuse, ne retenant pas l’eau, les racines des plantes qu’on y cultive se dessèchent promptement. La facile circulation de l’air dans un pareil sol, et son état de division, le rendent impropre à absorber et à conserver les principes fertilisants de l’atmosphère et des engrais : aussi l’on ne peut y cultiver que des plantes prenant directement à l’atmosphère, au moyen de leurs organes aériens, les principes qui leur sont nécessaires.

Les pins, les genêts, réussissent bien dans le sable pur, et il est même indispensable d’avoir recours aux plantations de ces végétaux ou à Yengazonnement , pour arrêter la marche envahissante des sables mouvants dans certains pays. Le sol acquiert dans ce cas un peu de consistance, parce que la terre végétale est retenue à sa surface.

Soi quartzeux. — Le quartz constitue presque exclusivement ce sol, qui prend les noms de sol caillouteux , graveleux ou granitique, selon la grosseur des fragments de silice qu’on y rencontre. Ces sols sont d’ailleurs peu favorables à la culture.

Le sol granitique est le plus souvent complètement stérile ; mais quelquefois le granit est feldspathique, comme dans les prairies de Pompadour par exemple, le sol présente alors une grande fertilité.

La vigne, les arbres verts, et surtout les châtaigniers, viennent parfaitement bien dans les sois quartzeux.

Soi volcanique. — - Les terrains volcaniques sont en général noirs et pulvérulents. Parfois aussi ils présentent une teinte rougeâtre ou grisâtre, due à la forte proportion de ponce qu’ils renferment. On leur donne alors le nom de tufs ponceux . Bien qu’un pareil sol ne contienne pas la moindre trace de matières organiques, il se fait remarquer par sa fécondité : cela tient à la grande quantité d’alcalis qu’il renferme.

CHIMIE VEGETALE.

Soi sa Mo -argileux. — Ce sol est un des plus féconds et des plus faciles à cultiver. 11 se trouve ordinairement dans les vallées et sur les * bords des rivières.

Les sols sablo-argileux qui offrent le plus de fertilité sont les terrains d’alïuvion submergés par les eaux à l’époque des crues. Cette fertilité est due surtout à la couche, souvent très épaisse, de limon argileux qui les recouvre, et à la grande quantité de débris organiques que les eaux laissent déposer à la surface de ces terrains. C’est ce qui a lieu pour les rives du Nil, de la Loire, de la Seine, en un mot pour tous les terrains submersibles.

Sol sabio-argiio-ferrugineux . — L’aridité de ce sol tient principalement à la facilité avec laquelle les particules qui le constituent s’agglomèrent en poudingues compactes. On n’y fait en général que des plantations de bouleaux et de châtaigniers.

Soi sahio-iîumiSere. — On désigne également ce sol sous le nom de terre de bruyère ; il est composé d’un sable plus ou moins ferrugineux et de terreau provenant de la destruction des bruyères, des genêts ou d’autres plantes renfermant beaucoup de fer et de tannin.

La terre de bruyère n’est pas très avantageuse pour les grandes cultures, à cause de sa faible consistance et de son peu de profondeur. De plus, elle s’échauffe facilement en été, et devient fort aride. On ne l’emploie que pour certaines plantes cultivées dans les jardins.

SOLS AKGÏLEUX.

Les sols argileux sont tout à fait opposés aux terrains siliceux, fis absorbent l’eau abondamment, et l’espèce de pâte qui se forme alors se dessèche difficilement et est en quelque sorte imperméable. Aussi les terres qui contiennent une trop forte proportion d'argile sont parfois inondées; elles sont froides et ne peuvent guère être cultivées qu’au printemps. La grande compacité de ces terrains les rend d’une culture difficile ; ils adhèrent fortement aux instruments aratoires, et le labour les partage seulement en grosses mottes consistantes, qui se prêtent peu à l’ensemencement ; l’agriculteur doit employer tous les moyens propres à diviser ces sols, à y faciliter l’écoulement des eaux. Les terres fortement argileuses doivent recevoir une forte proportion d’engrais, surtout à cause de cette propriété particulière qu’elles possèdent d’absorber et de retenir les gaz, l’oxygène de l’air, par exemple, et surtout les vapeurs ammoniacales, ce qui neutralise l’action de la première dose d’engrais qu’on y introduit ; mais bientôt, sous l’influence de l’eau et d’un excès d’engrais, ces vapeurs ammoniacales se dégagent et les plantes peuvent se les assimiler.

ETUDE DU SOL

Les sols argileux se distinguent par leur consistance, leur propriété de happer à la langue et leur coloration brune, jaune ou rouge.

Soi d’argïie pare. —Ce n’est point, à proprement parler, un sol arable ; une pareille terre, qui contient plus de 85 pour 100 d’argile, ne peut être employée directement par l’agriculteur ; il est peu probable que les plantes puissent y germer, et d’ailleurs les frais de culture seraient très supérieurs au rendement. Mais cette argile peut être employée pour augmenter la consistance de terres trop sablonneuses, par exemple. Ainsi, dans certains pays, on répand sur ces sols sablonneux une eau renfermant de l’argile en suspension ; cette opération prend le nom de colmatage.

Soi argiio— fferrBsgineiBx . — Ce sol offre diverses variétés colorées en noir, en rouge ou en jaune; une légère calcination leur fait prendre la teinte rouge du peroxyde de fer. Les terres jaunes surtout ont fort peu de valeur; une assez grande proportion d’humus peut les rendre cultivables.

Soi argiio-saMonsiesix. — Ce qui distingue ce sol du sol sablo-argileux étudié précédemment, c’est que l’argile s’y trouve en proportion beaucoup plus grande que le sable. 11 existe deux variétés de sol argilosablonneux : les terres fortes , convenant aux arbres, surtout à ceux qui donnent des bois blancs ; elles sont souvent froides et donnent des produits inférieurs.

Les terres franches , au contraire, sont très fertiles ; presque tous les végétaux y prospèrent: elles renferment quelquefois jusqu’à 20 pour 100 de calcaire. C’est principalement cette variété qui se rapproche du sol sablo-argileux, dont nous avons signalé la fertilité, quand le limon y apporte l’élément calcaire ; mais l’excès de sable lui enlève de la consistance : aussi forme-t-il les Zooms inconsistants , tandis que les terres franches constituent les loa?ns meubles.

Soft argiio-caïcaire. — Le carbonate de chaux qu’on rencontre dans ce sol le distingue des autres terres argileuses; il varie d’ailleurs beaucoup dans sa composition. Cette variété comprend : les terres argilocalcaires argileuses , qui renferment plus de la moitié de leur poids d’argile, et qui sont un peu trop consistantes ; et les terres argilo-calcaires calcaires : celles-ci sont plus fertiles, elles doivent être rangées parmi les sols calcaires.

On obtient avec les sols argilo-calcaires de bonnes prairies naturelles ; on y cultive même quelques céréales avec avantage, quand il n’y a pas trop d’humidité, car l'eau retenue par l’argile délaie le terrain et forme une sorte de bouillie.

CHIMIE VEGETALE.

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