‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 238 sur 308 · ENGRAIS FLAMAND · texte numérisé non relu

ENGRAIS FLAMAND

En Flandre, on fait avec les matières liquides et solides provenant des déjections un engrais qui paraît puissamment contribuer à la fertilité de ce pays. Cet engrais se met en provision dans de vastes citernes, où on le puise à mesure des besoins et où Fou apporte de nouvelles matières pour remplir les vides ; de telle sorte qu’il reste toujours dans ces citernes une certaine quantité des anciennes matières, qui concourent à déterminer une fermentation dont la durée doit être de quelques mois pour que l’engrais flamand ait acquis toutes ses propriétés fertilisantes: ce qu’on reconnaît, du reste, à la viscosité qu’il contracte par son séjour prolongé dans les citernes. Cette fermentation est lente et elle occasionne peu de déperdition. On ajoute assez souvent à cet engrais des tourteaux, qui y éprouvent une désagrégation favorable à l’assimilation de leurs principes fertilisants (M. Kuhlmann).

Le produit des vidanges n’est cependant pas toujours soumis à une fermentation préalable; lorsque les chemins sont praticables et que l’époque de la fumure est arrivée, ce produit, recueilli dans les grands centres de population, est directement conduit sur les champs pour y être répandu.

On ne conçoit pas que l’exemple du bon effet de cet engrais n’ait pas encore déterminé l’emploi général en agriculture des matières fécales qu’on laisse perdre sur presque tous les points de la France.

L’odeur des matières fécales a été jusqu’à présent un des principaux obstacles à leur emploi. En les mélangeant à des substances charbonneuses, on est arrivé à les désinfecter à peu près entièrement (MM. Salmon et Payen). Tous les sels métalliques qui agissent sur le sulfhydrate d’ammoniaque, et que l’on peut se procurer à bon compte, tels que le sulfate de 1èr, le chlorure de manganèse, les sels de plomb, etc., opèrent la désinfection des matières fécales.

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