‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 2)Chapitre 243 sur 308 · QUANTITÉ D’ENGRAIS A EMPLOYER · texte numérisé non relu

QUANTITÉ D’ENGRAIS A EMPLOYER

Quoique l’emploi des engrais soit justifié par la fertilité qu’ils communiquent aux sols arables et par l’abondance des récoltes, cet emploi doit cependant être limité et se répartir de préférence sur plusieurs années, au lieu d’être appliqué en une seule fois pour obtenir plusieurs récoltes successives. Des expériences précises ont prouvé qu’en doublant la quantité de guano, c’est-à-dire en employant, en une seule année, pour la fumure de trois ans, (300 kilogrammes de cette substance an lieu

de 300 par hectare, les récoltes avaient été loin d’équilibrer la dépense, puisque, dans les trois années réunies, il n’avait été obtenu qu’un excédant de récolte de 500 kilogrammes de foin pour un excédant de guano de 300 kilogrammes. Un résultat tout différent eût été obtenu si les 600 kilogrammes de guano avaient été répandus par tiers chaque année.

(M. Kublmann.)

Pour les plantes qui puisent dans l’atmosphère les principes servant à leur développement, ou qui, devant être enfouies en vert, restituent au sol plus qu’il ne leur a fourni, les engrais doivent être ménagés, et leur quantité doit être sagement calculée par les cultivateurs, pour ne pas enfouir des valeurs qui, sans être précisément inutiles au sol, ne seraient pas payées par les produits obtenus. Il n’en est plus de même, lorsqu’il s’agit de plantes qui, tout en recevant quelques-uns des principes de l’atmosphère, s’approprient en bien plus grande quantité ceux du sol; c’est ce qui a lieu pour les céréales, les choux, les betteraves, les pommes de terre, les navets, le chanvre, le lin, le pastel, la garance. Il faut alors réparer l’épuisement du sol en rendant aux terres par d’abondants engrais les principes organiques que les récoltes successives leur ont enlevés.

EMPLOI DES SELS AZOTÉS

Après avoir reconnu que les engrais ont la propriété d’apporter dans le sol l’azote, cet élément indispensable à l’accroissement des végétaux, on a été amené à rechercher s’il ne serait pas utile de présenter l’azote aux plantes sous une autre forme et dans un état plus assimilable, en employant des azotates, des sulfates, des chlorhydrates et des carbonates d’ammoniaque.

L’agriculture pratique n’est pas encore entrée dans cette voie; nous ne pouvons donc qu’appeler son attention sur des expériences faites par des hommes dont l’autorité scientifique est encore rehaussée par l’expérience agricole.

La première idée de l’emploi des sels ammoniacaux dans l’agriculture est due à M. Liebig, qui a constaté la présence des sels ammoniacaux dans les eaux de pluie et de neige, qui ramènent constamment ces sels au sol, où les racines des plantes en absorbent une partie.

L’action remarquable du guano, qui contient des urates, des oxalates, des phosphates et des carbonates d’ammoniaque, est venue encore démontrer tout ce qu’on pouvait espérer de l’emploi direct des sels azotés sur les sols en culture.

M. Schattenmann a étudié d’une manière directe les effets du sulfate et du chlorhydrate d’ammoniaque sur la végétation.

Ses expériences, qui datent de 1853, ont été faites avec des dissolu-

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tions de ces sels marquant un degré à l’aréomètre de Baumé ; la dose était de 100 hectolitres par hectare. Les effets de ces sels sur le froment ont été des plus prononcés, et sur des prairies naturelles ils ont été tels que les prairies ont rendu 10,000 kilogrammes de foin par hectare, tandis que ces mêmes prairies n’en donnent que 5,000 lorsqu’elles n’ont pas reçu de sels ammoniacaux. M. Schattenmann a reconnu en outre que ces mêmes sels, si efficaces sur les froments et les prairies naturelles, n’exercent aucune action sur le trèfle et la luzerne.

M, Kuhlmann s’est livré à une série d’expériences dont nous allons essayer de reproduire les principaux résultats. 11 a examiné, sur une vaste prairie dont toutes les parties étaient dans les mêmes conditions, l’action des sels ammoniacaux et de l’azotate de soude : les effets de ces sels ont été comparés aux productions ordinaires de cette prairie sans engrais, à celles de cette même prairie ayant reçu pour engrais une dissolution gélatineuse, de l’urine de cheval et de l’engrais flamand.

La dissolution gélatineuse provenait de l’ébullition des os dans l’eau : ce liquide contenait 2,5 pour 100 de gélatine impure et altérée.

L’eau ammoniacale des usines à gaz était celle dans laquelle on faisait passer le gaz pour le purifier ; il y amenait une certaine quantité d’ammoniaque, que M. Kuhlmann a convertie en chlorhydrate par l’addition de l’acide chlorhydrique provenant de la décomposition des os pour en obtenir la gélatine : c’était donc une solution de chlorhydrate d’ammoniaque à Zi° qui a été employée dans cette expérience.

Les résultats des expériences de M. Kuhlmann sont consignés dans le tableau suivant :

| Numéros d’ordre.

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