CORPS RÉRIVÉS DE LA GÉLATINE
SUCRE DE GÉLATINE , OU GLYCOCOLLE. C4H5Az04.
Az
. . . Zi2,68
Propriétés.
Ce corps a été découvert par Braconnot. Les propriétés et la composition du glycocolle ont été déterminées par MM. Boussingault et Harsford.
Le glycocolle est blanc, cristallin, d’une saveur sucrée, soluble dans l’eau, insoluble dans l’alcool absolu et dans l’éther. Il n’exerce aucune action sur les réactifs colorés et ne fermente pas au contact de la levure de bière. Lorsqu’on le soumet à la distillation, il brunit vers 270°, en subissant une fusion partielle, puis il se décompose en donnant des produits ammoniacaux et un sublimé cristallin.
Les cristaux de glycocolle, traités par une dissolution bouillante de potasse, prennent d’abord une coloration rouge qui disparaît ensuite par une ébullition prolongée.
La meme teinte rouge se manifeste lorsqu’on fait réagir la baryte ou l’oxyde de plomb sur une dissolution bouillante de glycocolle.
La potasse caustique en fusion attaque le glycocolle sans le colorer en rouge : il se dégage de l’hydrogène, de l’ammoniaque, et il se produit du cyanure de potassium et de i’oxalate de potasse (M. Schwartz).
Le glycocolle, semblable à l’urée, s’unit avec les acides, le chlorure de platine et avec un grand nombre de sels métalliques.
Voici les formules de plusieurs de ces composés :
Azotate de glycocolle C4tl5Az04,Az05,H0.
Chlorhydrate de glycocolle . . C4t]e\z04,UCl.
Acétate de glycocolle ..... C4H5Az04,C4l]303,HO.
Il existe aussi des combinaisons de glycocolle avec les bases et les oxydes métalliques.
Nous donnons ici les formules des composés les mieux connus :
ZnO,C4f]5Az04,HO.
Cd0,C4U5Az04,H0.
PbO,G4lBAz04.
Gu0,C4H5Az04,l]0.
!IgO,C4i!5Az04,l!0.
AgtqGffPAzO4.
CHIMIE ANIMALE
Les agents d’oxydation, tels que la dissolution aqueuse de chlore, l’acide azotique, un mélange d’acide chlorhydrique et de chlorate de potasse, le permanganate de potasse, convertissent le glycocolle en un acide azoté peu connu.
Le chlore gazeux transforme le glycocolle en un corps brun cristallisante.
Le brome et l’iode donnent des combinaisons analogues (M. Mülder).
Le glycocolle, distillé avec un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, fournit de l’acide cyanhydrique pur.
Préparation.
Un peut obtenir le glycocolle en faisant réagir les alcalis sur l’acide cholique ; mais en général on prépare le glycocolle par les deux procédés suivants :
1° On fait bouillir l’acide hippurique avec U parties d’acide chlorhydrique concentré : l’acide hippurique se dédouble alors en acide benzoïque qui cristallise par le refroidissement de la liqueur, et en glycocolle qui reste en combinaison avec l’acide chlorhydrique ; en décomposant le chlorhydrate de glycocolle par un alcali, en présence de l’alcool absolu, on obtient le glycocolle pur en petits cristaux blancs.
2° On mêle 12 grammes de gélatine avec 2è grammes d’acide sulfurique concentré. Après un jour de repos , ce mélange est étendu de 100 grammes d’eau, maintenu en ébullition pendant cinq heures, saturé par la craie, fdtré et évaporé à consistance sirupeuse. 11 laisse déposer lentement des cristaux de glycocolle.
ACTIOM BS B’ ACIDE AZOTEUX SUE EE GLYCOCOLLE ACIDE GLYCOLLIQCE. C4I1305,I1Q.
L’acide azoteux réagit à froid sur le glycocolle, et le convertit en un acide nouveau qui a reçu le nom d 'acide glycollique.
Cet acide-est sirupeux, soluble dans l’eau, dans l’alcool et dans l’éther. 11 forme avec le zinc et la baryte deux sels cristallisables, qui ont pour formule :
Ba0,G4H305 ( à 100" ).
ZnO,C4H3Q5,2HO.
ACIDE HOMOLACTIQUE. 87
Pour obtenir Facide glycollique, on fait arriver de F acide azoteux dans une dissolution de glycocolle. Il se dégage de l’azote et il se forme de Facide glycollique. En agitant la liqueur avec de l’éther, on enlève ce dernier acide, qui se dépose par l’évaporation de l’extrait éthéré.
L’acide glycollique se produit aussi lorsqu’on fait bouillir pendant quelques jours Facide benzoglycollique avec de l’eau contenant une petite quantité d’acide sulfurique. Par la concentration, la liqueur laisse déposer de Facide benzoïque. On décante les eaux mères qui recouvrent cet acide, et, après les avoir neutralisées par le carbonate de baryte, on les évapore à consistance sirupeuse. Elles donnent, au bout de peu de temps, une cristallisation abondante de glycollate de baryte. Ce sel, décomposé par Facide sulfurique, fournit Facide glycollique.
(MM. Strecker et Socqloff.)
Nous plaçons ici un acide particulier, Y acide homolactique , découvert par M. Cloëz dans les eaux mères de la préparation du fulminate de mercure, et qui présente la même composition que Facide glycollique.
ACIDE HOMOLACTIQUE.
L’acide homolactique est liquide, incolore et inodore, d’une densité égale à 1,197. Il est avide d’humidité, soluble dans Feau, l’alcool et l’éther. îl se décompose vers 200°, en dégageant des vapeurs blanches, qui se solidifient par le refroidissement. Il dissout le fer et le zinc.
Pour retirer l’acide homolactique des eaux mères qui ont donné le fulminate île mercure, il faut saturer ces eaux mères par le carbonate de chaux, filtrer et distiller la liqueur claire au bain-marie. II passe dans le récipient de l’aldéhyde, des éthers formique, acétique et azoteux, tandis qu’il reste dans la cornue un liquide noir contenant de l’azotate, de l’acétate, du formiate et de l’homolactate de chaux.
Ce liquide, abandonné à l’évaporation spontanée, dépose tous les sels de chaux qu’il renferme, excepté l’azotate. On enlève le dépôt, on le lave avec de l’alcool, et après l’avoir repris par Feau bouillante, on ajoute à la liqueur de Facide oxalique dissous, jusqu’à ce qu’il ne se forme plus de précipité d’oxalate de chaux. En filtrant ensuite la dissolution, la chauffant dans un appareil distillatoire, afin de chasser les acides formique et acétique , décolorant par le noir animal le liquide sirupeux resté dans la cornue, le neutralisant ensuite par la chaux et l’évaporant convenablement, on obtient l’homolactate de chaux, -qu’on purifie par de nouvelles cristallisations.
Ce sel, décomposé par Facide oxalique, donne l’acide homolactique.
(M. Cloez.)
CHIMIE ANIMALE
CHONDRINE. C32H26Az4014.
Il 9,74
Az4
Les cartilages, traités par l’eau bouillante, donnent une substance que l’on a longtemps confondue avec la gélatine, et dont la véritable nature a été déterminée par M. Millier, qui a donné à ce corps le nom de chondrine.
Propriétés.
La chondrine est solide, incolore ou légèrement jaunâtre, insoluble dans l’alcool, dans l’éther, et soluble dans l’eau bouillante.
Presque tous les acides précipitent la chondrine de sa dissolution aqueuse; le précipité est soluble dans un excès de réactif.
Les dissolutions de sulfate d’alumine, d’alun, d’acétate de plomb, de sulfate de fer, forment dans les dissolutions de chondrine des précipités volumineux ; ces caractères établissent une distinction entre la chondrine et la gélatine; cette dernière substance n’est pas précipitée par les sels que nous venons de citer.
La dissolution aqueuse de chondrine, traitée par le chlore, donne un précipité qui a pour formule C:î2H25ClAz4014 (M. Schrâder).
Préparation.
La chondrine s’obtient en faisant bouillir pendant quarante-huit heures environ, avec de l’eau, des cartilages costaux d’homme ou de veau ; on évapore la liqueur à consistance gélatineuse, et on la traite par l’éther qui enlève les corps gras. (M. Muller.)