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FLUIDES ANIMAUX ET FONCTIONS ANIMALES

L’entretien de la vie chez l'homme et chez les animaux exige l’accomplissement d’un certain nombre de phénomènes chimiques qui se passent dans toutes les parties du corps , mais plus spécialement dans le tube intestinal, dans le poumon , dans les glandes et dans le sang.

Les aliments introduits dans les voies digestives y sont modifiés, puis portés dans la circulation. L’air introduit dans le poumon abandonne son oxygène, qui passe dans le sang pour y briller les principes alimentaires provenant de la digestion, et les rendre aptes aux phénomènes de la nutrition de nos organes.

Comme on le voit, les fonctions de la digestion, de la respiration, de la circulation et de la nutrition se trouvent étroitement liées les unes aux autres. L’air et les produits de la décomposition des aliments arrivent dans le sang qui les répand ensuite dans l’économie animale ; et c’est également du sang que dérivent toutes les sécrétions et les excrétions. Ces considérations nous détermineront, dans l’exposé qui va suivre , à tracer d’abord les propriétés chimico-physiologiques du sang. Après cette étude préliminaire, se placeront tout naturellement les phénomènes de la digestion, de la respiration et de la nutrition.

SANG

Propriétés.

Le sang de l’homme, des mammifères et des oiseaux, est un liquide alcalin , rouge brun ou rouge écarlate , un peu épais et visqueux , d’une pesanteur spécifique plus grande que celle de l’eau. Il a une saveur saline repoussante et une odeur fade particulière , caractéristique chez quelques animaux. Sa température est la même que celle du corps.

Alcalinité du sang. — Rouelle démontra, en 1776 , que l’alcalinité du sang était due à de la soude. Cette propriété est essentielle au sang pour qu’il puisse servir à l’accomplissement des phénomènes de la vie. On n’a jamais vu ce liquide présenter un autre réaction. On

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ne peut pas parvenir, à l’aide d’injections directes, à rendre le fluide sanguin acide ; la vie cesse longtemps avant qu’on soit arrivé à ce résultat.

La couleur du sang présente quelques variations chez les animaux placés au bas de l’échelle zoologique. 11 est d’un rouge pur foncé chez les reptiles et d’une couleur bleuâtre chez les poissons. Parmi les animaux sans vertèbres, les sangsues ont seules le sang rouge. Il est incolore chez certains mollusques (biphores) et légèrement nuancé et bleu lactescent dans d’autres (gastéropodes). Chez les insectes, le sang du vaisseau dorsal est transparent et offre une teinte verdâtre dans plusieurs orthoptères; il est jaune dans le ver à soie, orangé dans la chenille du saule; il est brun foncé dans la plupart des coléoptères. Dans les échinodermes, le sang est jaunâtre ou orangé (Tiedemann).

Chez l’homme et les animaux à sang chaud, on distingue, quanta la couleur, deux espèces de sangs : 1° le sang artériel , d’un rouge vermeil ; 2° le sang veineux , d’un brun foncé. Cette coloration spéciale des deux sangs ne commence qu’après la naissance, lorsque la respiration s’effectue. Pendant la vie intra-utérine le sang est de la même couleur dans le système artériel et dans le système veineux, et la rougeur qu’il présente est d’une teinte intermédiaire entre celle du sang veineux et celle du sang artériel chez l’adulte.

Pesanteur spécifique du sang. — Le sang est plus dense et plus visqueux chez les animaux â sang chaud que chez ceux à sang froid. La densité et la viscosité du sang peuvent varier dans certaines limites par l’effet de l’alimentation, des hémorrhagies, des émissions sanguines, etc. Bien plus, les portions différentes d’une même saignée peuvent offrir des densités différentes. Ces circonstances expliquent la diversité des nombres donnés par les observateurs. Toutefois, à 15°, la pesanteur spécifique du fluide sanguin de l’adulte varie ordinairement entre 1,050 et 1,058. Cette densité est en général plus élevée chez l’homme que chez la femme. Pendant la grossesse, elle diminue encore, et n’est, plus que de 1,055 à 1,056. Chez le fœtus, la pesanteur spécifique du sang de l’artère ombilicale est égale à 1,075 (M. Ch. Denis).

Les phénomènes de la circulation sont d’autant plus faciles et plus compatibles avec l’état de santé, que le sang est plus dense. Quand ce fluide perd sa viscosité et devient plus aqueux, il s’imbibe dans les tissus et ne circule que très difficilement dans les capillaires (Magendie).

L'odeur du sang serait caractéristique dans chaque espèce animale, suivant quelques observateurs, et elle serait plus marquée chez le mâle que chez la femelle. Cette odeur spéciale se développe et s’exalte en traitant le sang par l’acide sulfurique. Ce caractère, dont M. Barruel a essayé de tirer parti dans la médecine légale, est d’une valeur généralement contestée.

SANG

La chaleur clu sang prise dans le cœur est, chez l’homme et les mammifères, environ de 38° à â0°. Chez les oiseaux, elle est plus élevée de Zi° ou 5°. L’exercice, la digestion, augmentent la chaleur du sang; le repos, l’abstinence, la diminuent. Les expériences de J. Davy, Becquerel et Breschet, Mayer et Saissy, tendent à établir que la chaleur du sang artériel dans le cœur est plus élevée de 1° § que celle du sang veineux.

On a reconnu que la chaleur du sang augmente avec sa densité.

Examen microscopique du sang;.

Quand on observe, sous le microscope, la circulation dans la membrane natatoire de la patte d’une grenouille, ou dans la membrane de l’œib d’une chauve-souris vivante, on constate que le sang ainsi vu en mouvement est formé par un fluide incolore dans lequel nagent des corpuscules colorés appelés globules du sang.

Le liquide dans lequel ces corpuscules sont tenus en suspension pendant la vie est une dissolution d’albumine, de fibrine et de sels, nommée liquor sanguinis. Ces globules, invisibles à l’œil nu, à cause de leur ténuité, donnent au sang sa couleur rouge caractéristique. Indépendamment de ces corps, le fluide sanguin peut encore tenir en suspension des globules de graisse et des corpuscules de la lymphe et du chyle.

Globules du sang;.

Les globules du sang existent dans le sang de tous les animaux vertébrés. Chez l’homme et la plupart des mammifères, ils sont circulaires, aplatis en forme de disque et renflés sur les bords. Chez les oiseaux et les reptiles, ils sont elliptiques et également aplatis. 11 existe deux sortes de globules du sang. Les uns, colorés, sont beaucoup plus nombreux, demi-transparents et d’une couleur jaunâtre, quand ils sont isolés ; ils offrent une couleur rougeâtre, quand il y en a plusieurs réunis ensemble; les autres sont incolores et beaucoup plus petits.

Globules rouges du sang. — La forme des globules rouges du sang influe sur la coloration de ce liquide. Le sang paraît clair lorsque, par leur contraction, les globules présentent deux faces semblables à des miroirs concaves. Il paraît plus coloré quand les globules prennent la forme de miroirs convexes, et répandent ainsi la lumière dans la masse entière du liquide. En effet, si l’on enlève de l’eau aux globules en faisant agir sur eux une dissolution alcaline ou sucrée , le sang devient d’un rouge clair. Si, au contraire, on traite le sang par les acides, l’eau ou l’éther, qui gonflent les globules et les rendent sphériques, la masse entière prend une coloration foncée. Cependant la forme des globules n’est pas la seule cause de ce changement de teinte du sang, car chez les vi. 7

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animaux amphibies, où les globules sont toujours biconvexes, les alcalis et le sucre rendent le sang d’un rouge clair. On a reconnu, en outre, que les matières grasses et les globules lymphatiques qui se trouvent parfois disséminés entre les globules font paraître le sang d’un rouge vif, en réfractant la lumière.

Les globules du sang sont quelquefois dentelés ou crénelés. Cette forme ne doit être attribuée qu’à la contraction de l’enveloppe extérieure, résultant soit de l’évaporation du liquide qu’elle renferme, soit de l’influence des sels alcalins. En effet, le sang nouvellement extrait, même chez des individus malades , ne présente jamais de pareils globules.

Le diamètre des globules circulaires colorés du sang varie dans les différentes espèces animales. Chez l’homme, il est de 1/120 de millimètre. Dans les animaux à globules elliptiques, il se présente également des différences relatives au volume. Chez tous les animaux, les globules du sang, quels que soient leur forme et leur volume, représentent des corpuscules lisses, flexibles et élastiques, ce qui leur permet de pouvoir circuler en glissant facilement les uns sur les autres et de s’allonger temporairement pour traverser des capillaires plus étroits que leur diamètre ordinaire.

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