ANIMAUX A GLOBULES ELLIPTIQUES
Dromadaire , alpaca
Orfraie, pigeon, dinde, canard
Poulet
Paon , oie , corbeau , moineau , chardonneret
Mésange
Tortue terrestre
Vipère . .
Orvet
Grand diamètre.
Petit diamètre.
SANG
G, 'an J diamètre. Petit, diamètre.
Couleuvre .
Lézard gris.
Salamandre.
1/50 i/LOO fl/66 J/110 1/30 1/55
Grenouille commune. .
Lotie , véron , dormille
. 1 /Zj5 1/75
Quand le sang circule dans les vaisseaux, les corpuscules du sang paraissent simples et homogènes; mais dès qu’ils sont sortis au dehors de la veine, on aperçoit une tache centrale, et l’on voit sur leurs deux faces un bombement qui y correspond : c’est ce qu’on appelle le noyau du globule sanguin.
Au point de vue de la constitution physique, le globule du sang est composé d’une enveloppe extérieure qui renferme le noyau, d’une substance albumineuse (hématocristalline) et de la matière colorante.
Lorsque les globules du sang sont conservés dans le sérum ou dans un liquide albumineux, ils ne s’altèrent que très lentement; mais si l’on ajoute de l’eau , il se produit un phénomène d’endosmose en vertu duquel l’eau, pénétrant dans l’enveloppe du globule, le distend et donne au corpuscule une forme sphérique. Dans cet état, on voit que le noyau intérieur devient de plus en plus apparent à mesure que l’enveloppe pâlit, et que la matière colorante se répand dans le liquide.
Par suite d’un phénomène d’endosmose, analogue à celui qui vient d’être signalé, les globules peuvent perdre, pendant la circulation du sang, une certaine quantité de liquide qui est remplacé par la liquor sanguinis. Aussi leur densité est-elle très variable; elle augmente lorsque les globules perdent une partie des sels solubles ou de la matière albumineuse qu’ils renferment , ou bien quand la liqueur absorbée est moins aqueuse que celle qui se trouvait dans leur intérieur. La densité des globules diminue au contraire lorsque la proportion des matières grasses qu’ils contiennent augmente, ou bien quand ils absorbent de l’eau provenant d’une dilution artificielle du sang.
Globules rouges . — L’enveloppe et le noyau du globule rouge du sang se dissolvent en entier dans les alcalis caustiques, tels que la potasse, la chaux, l’ammoniaque, la soude; l’enveloppe seule du globule est dissoute par l’eau, par les acides phosphorique, oxalique, citrique, acétique. Ce dernier acide finit cependant par dissoudre le noyau si l’on élève la température à 30°. Les globules ne sont pas dissous, mais au contraire crispés et racornis par les acides sulfurique, azotique, par l’alun et le chlore. Enfin ils se conservent sans se dissoudre et sans s’altérer sensiblement dans l’eau albumineuse, l’eau sucrée et l’eau gommée, dans les
Examen chimique des globules du sang
CHIMIE ANIMALE
acides borique, carbonique, dans l’azotate et le sulfate de potasse, dans l’azotate et le sulfate de soude, dans le chlorure de sodium, etc.
L’oxygène, qui rougit fortement le sang, et l’acide carbonique, qui fait passer au rouge brun le sang rougi par l’oxygène, agissent probablement, le premier en dilatant les globules, le second en les contractant.
Les globules ne traversent pas les filtres de papier sur lesquels on jette le sang, lorsque ce liquide est additionné de sulfate de soude ou d’azotate de potasse. On s’est servi de cette propriété dans l’analyse, pour séparer les globules du sang et pouvoir les doser par une simple pesée. Le dosage des globules par cette méthode doit être exécuté rapidement, car peu de temps après l’addition des sels alcalins, les globules se rassemblent en grumeaux, deviennent d’un rouge foncé et traversent ensuite le filtre.
L’oxygène retarde le passage des globules au travers du papier.
Membrane enveloppant, les globules. — L’enveloppe des globules est d’un blanc grisâtre et insoluble dans l’eau chargée d’azotate de potasse. L’acide acétique et les dissolutions alcalines étendues la convertissent en une gelée incolore. Elle présente avec les acides azotique et chlorhydrique les caractères des substances albumineuses.
L’hématocristalline , extraite comme il a été dit précédemment , renferme toujours des fragments de la membrane enveloppante des globules, que l’on peut isoler en lavant l’hématocristalline avec de l’alcool, jusqu’à ce que l’alcool de lavage ne précipite plus par l’azotate d’argent, et en épuisant le résidu de ce traitement par l’éther, qui dissout seulement l’hématocristalline.
Matières grasses contenues dans les globules. — Les globules colorés du sang renferment de 18 à 26 pour 100 de substances grasses qui sont de l’oléine, de la margarine, de la cholestérine, des oléates, des margarates et des pliosphoglycérates de potasse.
Ces diverses matières grasses se rencontrent en plus forte proportion dans les globules du sang artériel que dans ceux du sang veineux.
Substance albuminoïde des globules . — La matière albumineuse que renferment les globules a été nommée hématocristalline. Ses propriétés ont déjà été examinées.
Les globules contiennent de 18 à 26 pour 100 d’hématocristalline.
Matière colorante du sang. — La matière colorante du sang a reçu le nom c Vhématosine . Sa dissolution, mêlée à des corps albumineux, prend par l’agitation , au contact de l’oxygène, une teinte rouge qui se rapproche de celle du sang artériel, mais qui se modifie rapidement ; on peut l’évaporer au-dessous de 50° sans qu’elle se modifie ; elle laisse alors pour résidu une masse noire, susceptible de se pulvériser, et qui peut être maintenue pendant plusieurs heures à 100°, sans perdre sa solubilité dans l’eau. La dissolution d’hématosine, portée à la température de 75°,
SANG
se coagule à la manière du sérum ; si elle est très concentrée, le liquide coloré qui surnage le coagulum, séparé de ce dernier, se coagule à son tour.
Le chlore décolore la dissolution d’hématosine ; l’alcool la coagule comme la chaleur ; les acides agissent de la même manière ; les acides et les alcalis se combinent avec elle.
La dissolution de l’hématosine dans l’alcool ammoniacal , évaporée au bain-marie, donne une masse d’un rouge noirâtre, ayant l’aspect métallique.
L’hématosine a pour formule C44H2iAz306Fe ; elle est insoluble, soit à chaud soit à froid, dans l’eau, l’alcool, l’éther, les huiles grasses ou volatiles ; cependant elle se dissout à chaud dans l’essence de térébenthine et l’huile d’olive.
L’eau, l’alcool, contenant une très petite quantité d’ammoniaque, de potasse ou de soude caustique, donnent avec i’hématosine des dissolutions d’un rouge de sang; un excès d’alcali modifie à chaud l’hématosine; l’alcool faible, chargé de sulfate de soude, dissout la matière colorante du sang. L’acide azotique détruit l’hématosine à chaud ; elle donne, par la distillation sèche, les mêmes produits que les matières azotées. Quand elle est parfaitement pure, elle ne laisse d’autres cendres que le peroxyde de fer.
ORIGINE DE L’HÉMATOSINE.