FER
en
centièmes.
NOMS
des
observateurs.
Sang humain
Lecanu.
Sang de bœuf
Lecanu.
F. Simon.
Sang artériel de bœuf
Mülder.
Sang veineux de bœuf
Miilder.
Sang de mouton .
6,Zi5
Miilder.
Sang de poule
Lecanu.
M. F. Simon a retiré du sang une matière colorante qu’il a appelée hémaphœine, et qui est soluble dans l’eau et dans l’éther.
M. Sanson en a retiré une matière colorante bleue, Vhémacyanine, insoluble dans l’alcool , l’éther et l’eau froide, soluble dans l’alcool bouillant.
Dans des circonstances encore mal déterminées, l’hématosine du sang épanché perd son fer, s’assimile 1 équivalent d’eau, et se convertit en une matière cristalline de couleur rouge, qui a été nommée hématoïdine (M. Robin).
CHIMIE ANIMALE
Pour obtenir l’hématosine, on prend du sang parfaitement défibriné par le battage, et l’on y ajoute peu à peu de l’acide sulfurique étendu, jusqu’à ce qu’il se prenne en une bouillie épaisse, brunâtre. Cette masse est délayée dans un peu d’alcool et jetée sur une toile pour la laisser égoutter ; on la soumet ensuite à l’action de la presse. Le gâteau brun qu’on obtient est repris par de l’alcool acidulé par l’acide sulfurique. On continue ce traitement aussi longtemps que les liqueurs se colorent. L’alcool dissout la matière colorante, et laisse un résidu presque incolore. Les teintures alcooliques filtrées sont sursaturées par de l’ammoniaque, filtrées de nouveau, puis évaporées à siccité. Le résidu desséché se compose d’hématosine , de sels, de matières grasses, et d’un peu de matière extractive dont on le débarrasse en le pulvérisant et en le traitant successivement par de l’éther, de l’alcool et de l’eau. Le résidu constitue déjà la matière colorante presque pure ; on le reprend par de l’alcool ammoniacal, on filtre et l’on évapore à siccité; le résidu est enfin lavé à l’eau pure et desséché à une température peu élevée.
Globules incolores. — Les corpuscules incolores du sang chez l’homme et les mammifères sont en très petite quantité. Ce sont des globules ronds, pâles, grenus, un peu plus gros que les globules colorés. Ils ont un noyau simple ou composé qui souvent n’est visible qu’après l’action de l’eau ou de l’acide acétique. Comme pour les globules colorés du sang, l’acide acétique dissout l’enveloppe des globules incolores, après l’avoir d’abord ramollie et rendue lisse et transparente. Les noyaux sont au contraire insolubles dans l’acide acétique.
Les globules blancs ou incolores du sang diffèrent des globules colorés ordinaires : 1° parce qu’ils sont ronds et non aplatis; 2° parce qu’ils sont plus gros ; 3° parce qu’ils sont finement granulés à leur surface; â° par leur noyau, qui est simple ou composé de deux ou trois granules dont les plus gros présentent au milieu une dépression qui produit l’apparence d’une tache obscure. 11 y a, du reste, beaucoup d’analogie entre les globules du sang et les corpuscules bien développés de la lymphe.
Coagulation tlu sang.
Lorsque le sang a été extrait des vaisseaux vivants et qu’il est laissé en repos, il subit bientôt un changement en vertu duquel il se sépare en un liquide limpide jaune verdâtre et en une masse solide rougeâtre qui emprisonne les globules sanguins. Ce changement constitue le phénomène de la coagulation du sang. La partie solidifiée compose le caillot sanguin, et la portion restée liquide est désignée sous le nom de sérum.
La coagulation du sang commence à s’effectuer plus ou moins longtemps après sa sortie de la veine. C’est habituellement au bout de cinq à dix minutes que la coagulation du sang commence, et c’est au bout de
SANG
huit à douze heures qu’elle est terminée. Quand on examine avec soin le phénomène de la coagulation , voici ce qu’on observe : d’abord le sang devient épais et de la consistance d’une gelée molle ; puis, à la surface de ce sang , on voit suinter ordinairement par gouttelettes un liquide clair citrin, le sérum, qui est comme exprimé de la masse du caillot.
Sérum. — Le sérum est un liquide légèrement visqueux, d’une couleur jaune verdâtre ou jaune rouge, due, suivant quelques auteurs, à de petites quantités d’hématosine et de pigment biliaire tenus en dissolution. Pendant la digestion, le sérum contracte une apparence laiteuse provenant des particules de graisse qui y sont apportées par le chyle. Le sérum présente une saveur salée, fade. Sa pesanteur spécifique varie entre 1,027 et 1,029. 11 tient en dissolution de l’albumine et des sels, et il réagit constamment à la manière des alcalis sur le papier de tournesol. Lorsqu’on le chauffe jusqu’à 76ü, il se coagule sans laisser dégager de gaz.
Le sérum de l’homme contient :
Eau
Albumine '
Extrait de viande et lactate de soude
Chlorure de sodium
Albumine modifiée , carbonates et phosphates
alcalins
(Berzelius. )
Eau
Albumine
Matières extractives
Matières grasses
Chlorures de potassium et de sodium . . . Carbonate
Phosphate
Sulfate
Carbonate ) .
> de chaux et de magnésie Phosphate )
(Lecanu.)
CHIMIE ANIMALE
Em 90,00
Albumine 7,60
Chlorures de potassium et de sodium 0,60
Matières muco-exti actives 0, A0
Carbonate de soude 0,65
Sulfate de potasse 0,35
Phosphates terreux 0,/j0
(M. Marcet.)
Séroline. — La séroline est une matière blanche et légèrement nacrée
qui se précipite par le refroidissement de la décoction alcoolique du sérum desséché. Elle a été découverte par M. F. Boudet. Elle fond à 36°, ne fait point émulsion avec l’eau froide , et se transforme par l’action de la chaleur en une huile incolore moins dense que l’eau. Elle est soluble dans l’éther, insoluble dans l’alcool froid, peu soluble dans l’alcool bouillant.
Caillot. — Le caillot est une masse rouge de la consistance d’une gelée ferme qui se laisse pénétrer par le doigt. Le caillot est constitué par une trame fibrineuse qui maintient dans ses réseaux les globules sanguins, et il est imbibé par une certaine quantité de sérum. Sa surface, exposée à l’air, est d’un rouge clair, tandis que son intérieur est d’un rouge tirant sur le brun. Il est plus pesant que le sérum et occupe ordinairement le fond du vase. Le caillot est ordinairement contracté, parce que la fibrine, en se solidifiant, éprouve une contraction ; c’est à cette circonstance que sont dues l’expulsion et la séparation du sérum.
La fibrine et les corpuscules sanguins se trouvent distribués d’une manière inverse aux différentes hauteurs du caillot sanguin. Ainsi les parties inférieures du caillot sont très riches en globules et très pauvres en fibrine ; les parties supérieures, au contraire, sont très riches en fibrine et très pauvres en globules. Cette disposition dans ces deux éléments s’explique très bien par leur densité respective. Avant la coagulation du sang, la fibrine , à cause de sa densité moindre, tend à monter à la surface, tandis que les globules, à cause de leur pesanteur spécifique beaucoup plus grande, tendent à descendre au fond du vase. La solidification du caillot arrive et surprend la fibrine et les globules se dirigeant en sens opposé. 11 peut arriver même que les corpuscules sanguins s’abaissent avant la coagulation et qu’une couche plus ou moins épaisse de fibrine se coagule à la surface sans en emprisonner aucun. Dans ce cas, qui peut dépendre de ce que la fibrine monte plus vite ou de ce que les globules descendent plus rapidement, il se forme à la surface du caillot une pellicule plus ou moins épaisse , dépourvue de globules , à laquelle on donne le nom de couenne du sang.
SANG
La forme des vases dans lesquels s’opère la coagulation du sang influe sur la production de la couenne : on a reconnu qu’un vase haut et étroit est favorable à la formation de cette pellicule.
Le nombre des globules exerce aussi une certaine influence sur la production de la couenne : plus un sang est riche en globules, plus il donne de couenne.
La proportion en poids du sérum et du caillot présente de nombreuses différences qui tiennent soit à des états particuliers de l’organisme, soit à ce que la fibrine se contracte plus ou moins énergiquement, et qu’elle chasse hors de ses mailles des quantités plus on moins considérables de sérum. Toutefois le sérum constitue à peu près les trois quarts du poids du sang, tandis que le caillot, encore humide et non exprimé, forme un quart de ce poids. (Berzelius.)
La quantité du caillot varie, en général , de 68,369 à 168,650 sur 1000 parties de sang : elle est en moyenne 108,399. Elle varie chez les hommes de 115,850 à 168,650; chez les femmes, de 68,369 à 127,990. Le sang des hommes contient donc environ 32,980 plus de principes constituants du caillot que celui des femmes. La quantité du caillot ne paraît pas augmenter proportionnellement avec l’àge, du moins de vingt à soixante ans. Elle est plus considérable chez les tempéraments sanguins que chez les lymphatiques. La proportion du caillot dans 1000 parties de sang a pu varier de 121,720 à 129,563 chez quatre femmes sanguines, et de 92,670 à 129,990 chez cinq femmes lymphatiques; ce qui donne pour moyenne, chez les premières, 126,176; chez les autres, 117,300 : différence, 8,876. Chez les hommes, la proportion du caillot dans 1000 parties de sang varie de 121,560 à 168,650 chez cinq hommes sanguins, de 115,850 à 117,686 chez deux hommes lymphatiques.
Le sang de tous les animaux ne se coagule pas également bien : il est établi que de tous les sangs celui des oiseaux se coagule avec le plus de rapidité , tandis que celui des poissons et des reptiles se coagule avec une très grande lenteur. Il en serait de même du sang des animaux hibernants pendant leur sommeil. Chez les animaux invertébrés, la coagulation est très imparfaite ; elle est niée même par quelques auteurs.
Circonstances qui influent sur la coagulation du sang. — La cause qui détermine le sang à se coaguler est inconnue. Cette coagulation a lieu dans un vase exposé à l’air ou placé dans le vide sous la machine pneumatique. Elle s’elfectue également dans l’oxygène, l’acide carbonique et l’hydrogène. Cependant nous devons mentionner un certain nombre de causes dont les unes retardent et les autres accélèrent la coagulation du sang.
Le battage accélère la coagulation de la fibrine, qui est empêchée, au contraire, par le sulfate de soude, le chlorure de sodium, l’azotate de potasse, le chlorure de potassium, l’acétate dépotasse, le borax, pourvu
que l’on ajoute ces substances dans la proportion de 30 grammes pour 180 grammes de sang (Hewson, Schultz et Hambruger). Les carbonates et les acétates empêchent la coagulation, quel que soit leur degré de concentration, tandis que les sulfates en solution concentrée retardent la coagulation et la favorisent à l’état de solution diluée. La même chose paraît avoir lieu pour lestartrates et les borates (Hambruger). Les acides minéraux dilués empêchent la coagulation du sang en même temps qu’ils l’épaississent et lui donnent une apparence huileuse (Magendie, Simon). Les azotates de strychnine, de morphine et la nicotine empêchent également la coagulation du sang (Magendie). Une solution d’opium produit le même effet (Hunter).
La chaleur accélère la coagulation du sang. Le froid la retarde et l’arrête dans certains cas. C’est ainsi que du sang venant d’être extrait de la veine et exposé à un grand froid, gèle sans se coaguler, puis redevient liquide à la chaleur et se coagule alors , comme le ferait du sang frais. La chaleur est donc nécessaire pour opérer la coagulation. Une température de 38° à /U)°, égale à celle du corps vivant, est celle qui est la plus favorable (M. Hewson).
La coagulation du sang est encore retardée par son contact avec les membranes ou parties animales, et c’est par cette cause qu’on explique que le sang infiltré dans le tissu cellulaire reste fluide très longtemps, et quelquefois plusieurs semaines avant de se coaguler.
La coagulation du sang devient plus prompte sous l’influence d’un courant galvanique. Par un air sec, la coagulation est plus rapide que par un temps humide , sans doute parce que l’évaporation de l’eau du sang le rend plus coagulable. C’est par la même cause qu’il faut expliquer l’assertion de Scudamore, qui dit que la coagulation est plus rapide dans le vide de la machine pneumatique. Une dissolution de gomme, de sucre ou d’amidon accélère la coagulation (Magendie et Hambruger). Les décoctions de digitale, de tabac, l’éther et l’alcool produisent le même résultat.
Le sang ne se coagule pas chez les personnes frappées de la foudre ou mortes par asphyxie, tandis qu’il se solidifie rapidement chez celles qui ont été mordues par des vipères ou qui sont atteintes de la peste.