OEUFS D’ARACHNIDES ET D’INSECTES
Les œufs de Y araignée contiennent de l’albumine, des corps gras et une grande quantité d’une substance précipitable par l’eau.
Les œufs de fourmis présentent les mêmes résultats.
OEufs de mollusques. — Les œufs de mollusques paraissent s’éloigner complètement, par leur composition, de ceux des autres animaux. Ainsi les œufs de colimaçon ne contiennent aucune trace de graisse ; ils sont exclusivement formés par des membranes hyaloïdes renfermant un liquide visqueux incolore. Ce liquide tient en dissolution une substance organique azotée qui n’est pas de l’albumine, car elle ne se coagule pas par la chaleur, elle est précipitée par l’acide acétique, et elle se dissout dans l’acide chlorhydrique sans produire de coloration violette.
VENIN DE LA VIPÈRE. 235
Il résulte donc des recherches entreprises sur la composition des œufs dans la série des animaux :
Que parmi les animaux vertébrés, les œufs d’oiseaux, de reptiles, de poissons, présentent dans leur composition des différences que l’analyse la plus simple permet de constater, et cependant que les œufs des sauriens et des ophidiens ont une grande analogie avec ceux des oiseaux, tandis que les œufs des batraciens se rapprochent de ceux des poissons cartilagineux ;
Que les œufs d’arachnoïdes et d’insectes s’éloignent complètement, quant à leur composition, des œufs des autres animaux ;
Que ceux de crustacés, organisés pour éclore dans l’eau, ne ressemblent nullement à aucun de ceux des poissons ou des autres vertébrés amphibies ;
Qu’il en est de même de ceux des mollusques ;
Que ces différences ne correspondent pas seulement aux classes ou aux ordres, qu’elles s’étendent jusqu’aux familles naturelles sans même s’v arrêter, puisqu’un œuf de poisson cartilagineux n’a pas la même composition qu’un œuf de poisson osseux; mais, de plus, qu’un œuf de carpe est très différent d’un œuf de saumon, et qu’un œuf d’ophidien, tel qu’une couleuvre, ne contient pas les mêmes principes que ceux des chéloniens ;
Qu’il existe dans les œufs plusieurs principes immédiats différents : la vitelline, l’ichtine, l’ichtuline, l’ichtidine et l’émydine, que l’on désigne sous le nom générique de substances vitellines ;
Que si la composition des divers principes immédiats est la même dans des espèces très voisines, la forme et la grandeur des granules vitellins varient d’une manière assez appréciable pour pouvoir être reconnue et assignée à chaque espèce ;
Que les substances albumineuses provenant des œufs d’oiseaux, de reptiles, de poissons, de crustacés, présentent, dans leurs propriétés chimiques et dans leur point de coagulation, des différences qui permettent de supposer que ces corps constituent des principes immédiats différents ;
Qu’un œuf change dénaturé, que ses liquides se modifient considérablement aux différentes époques de sa formation, en se détachant de l’ovaire et en séjournant dans l’oviducte avant d’être pondu.
(MM. Ch. Valenciennes et Frémy.)
VENIN DE LA VIPÈRE
Àu-dessiis de la racine des dents de la vipère se trouve un réservoir ayant une capacité suffisante pour contenir trois ou quatre gouttes de liquide extrêmement vénéneux. Lorsque l’animal mord, cette espèce de glande se comprime, le venin s’échappe par deux conduits existants à l’intérieur des dents, pénètre dans la plaie et cause la mort.
L’étude du venin de la vipère n’est pas encore complète. Nous donnons ici quelques observations faites sur ce liquide.
Fontana a examiné le venin de la Vîp'era II edi. C’est un liquide mucilagineux, jaunâtre, inodore, insipide, miscible à l’eau, et qui se convertit par la dessiccation au contact de l’air, en une masse vitreuse et brillante. Ce résidu est insoluble dans l’alcool. Lorsqu’on le traite par l’eau chaude, il se gonfle peu à peu et finit par se dissoudre.
Comme le curare et la plupart des virus animaux, le venin des serpents n’agit que lorsqu’il se trouve en contact avec le sang. On peut l’avaler sans inconvénient.