‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 11 sur 300 · SO · texte numérisé non relu

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Ac. sulfovinique.

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Éther. Ac. sulfurique.

que l’acide sulfurique régénéré, se trouvant en contact avec une troisième molécule d’alcool, se convertit en acide sulfovinique, et complète ainsi le cercle des réactions qui donne lieu à un dégagement simultané de vapeurs d’eau et d’éther.

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Usages.

On doit considérer l’éther comme un dissolvant très précieux pour l’analyse immédiate ; il sert à préparer un grand nombre de bases organiques, à puriher les corps gras, à dissoudre le caoutchouc, etc., etc.

L’éther est employé en médecine, principalement comme antispasmodique. Appliqué sur le front, il y produit un froid considérable qui le fait employer dans le traitement des céphalalgies.

L’histoire de l’éther se rattache, comme tout le monde le sait, à l’une des plus belles applications qui aient jamais été faites dans l’art médical. Introduit dans les organes de la respiration, il détruit la sensibilité et permet au chirurgien de pratiquer des opérations qui le plus souvent ne causent aucune douleur aux malades qui les subissent.

ÉTHYLE. C4H5.

Cet hydrogène carboné, qui dans la théorie allemande représente le radical de l’éther, se produit lorsqu’on fait réagir le zinc sur l’éther iodhydrique.

Propriétés.

L’éthyle est gazeux, incolore, d’une odeur éthérée très faible, d’une densité égale à 2,00k, insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool. Il prend feu au contact des corps en ignition et brûle avec une flamme éclatante.

L’oxygène ne l’altère qu’au rouge et en présence de la mousse de platine.

Le chlore agit sur l’éthyle à la lumière diffuse et le transforme en un liquide incolore.

Le brome n’attaque l’éthyle que sous l’influence de la chaleur et de la radiation solaire.

Les acides concentrés n’exercent aucune action sur l’éthyle.

Pour obtenir l’éthyle, on introduit du zinc en grenaille et de l’éther iodhydrique dans un tube de verre épais que l'on ferme à la lampe après v avoir fait le vide. Ce tube est chauffé pendant deux heures dans un bain d’huile, à la température de 150°. La réaction marche avec rapidité ; le zinc et les parois du tube se recouvrent d’une matière blanche, tandis qu’on voit apparaître un liquide incolore, dont le volume égale environ la moitié de l’espace occupé d’abord par l’éther iodhydrique. Ce liquide

dérivés de l’éthyle. 35

est de l’éthyle mélangé de carbures d’hydrogène, et liquéfié par sa propre pression.

On laisse refroidir le tube, puis on l’ouvre sous l’eau. Le liquide qu’il renferme entre en ébullition et se réduit à l’état de gaz. Comme 1 éthyle se volatilise moins facilement que les carbures d’hydrogène qui l’accompagnent, on l’obtient à l’état de pureté , en recueillant seulement les dernières bulles de gaz qui sortent du tube.

DÉRIVÉS DE L’ÉTHYLE.

La matière blanche restée dans le tube qui a servi pour préparer l’éthyle se compose d’iodure de zinc et d’une substance particulière, contenant du zinc, à laquelle on a donné le nom de zinc-éthyle.

Ce corps a été découvert par M. Frankland, qui avait, en 18A9, indiqué le mode de production du zinc-méthyle.

Le zinc-éthyle est liquide, incolore, d’une odeur pénétrante, d’une densité égale à A, 259. Sa formule C4Hf,Zn correspond à 2 volumes de vapeur. 11 paraît résulter du remplacement de l’iode dans l’éther iodliydrique par 1 équivalent de zinc.

Au contact de l'air, le zinc-éthyle s’oxyde, prend feu et brûle en répandant des vapeurs blanches. Pour isoler les produits de l’oxydation , on doit faire arriver lentement de l’oxygène dans un mélange formé de 3 parties d' 'éther et de 1 partie de zinc-éthyle, il se dépose alors différentes substances , parmi lesquelles se trouve de Yéthylate de zinc Znü,C4HO.

L’eau convertit immédiatement le zinc-éthyle en oxyde de zinc et en un carbure d’hydrogène C4H6 ou C4H5,H, que l’on nomme hydrure d'éthyle.

Le zinc-étliyle se combine vivement avec le chlore, le brome et l’iode : la réaction est souvent accompagnée d’explosions violentes.

En agissant sur le zinc-éthyle, le soufre donne naissance à de l’éther sulfhydrique , du sulfure de zinc et du mercaptide de zinc G4H5S,ZnS.

Lorsqu’on veut obtenir de grandes quantités de zinc-éthyle, on emploie l’appareil suivant dont la disposition ingénieuse, due à M. Frankland, permet d’opérer sans danger. Cet appareil se compose d’un cylindre de fonte, long de üm,50, large de 0m,08, épais de 0m,017, fermé par un bout et terminé à l’autre par un rebord annulaire sur lequel s’appuie un couvercle de fonte que l’on peut serrer à volonté au moyen de boulons à vis. Deux ouvertures sont pratiquées dans ce couvercle : à l’une d’elles s’adapte un tube de fonte bouche à l’une de ses extrémités, et qui, lorsque le couvercle est fixé , entre complètement dans le cylindre ; à l’autre ouverture est placée une soupape de cuivre que maintient sur l’orifice un fil résistant de même métal. Après avoir rempli d’eau le

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cylindre de fonte, on y introduit, dans plusieurs tubes de verre scellés à la lampe, un mélange bien sec de zinc en grenaille et d’éther iodhydrique. On pose successivement sur le rebord annulaire un cercle de plomb, puis le couvercle de fonte , enfin on serre fortement les boulons à vis. Cette fermeture étant hermétique , une pression très grande s’exerce sur les tubes de verre quand on chauffe l’appareil, et contre-balance les effets de la pression que ces tubes supportent intérieurement. Comme la réaction du zinc sur l’éther iodhydrique ne s’opère qu’à + 150°, pour connaître la température de l’eau que contient l’appareil , on remplit de mercure le petit tube de fonte adapté au couvercle du cylindre et l’on y plonge un thermomètre.

Au bout de dix-huit heures , il ne reste plus que des traces d’éther iodhydrique non décomposé. On laisse refroidir lentement l’appareil, on ouvre les tubes, et on les chauffe après les avoir mis en communication avec un récipient rempli d’acide carbonique. L’éther distille d’abord , du zinc-éthyle passe vers 1^0°, mais ce n’est que vers 190° que les dernières portions de ce composé se volatilisent. Il suffit, pour séparer l’éther du zinc-éthyle, de chauffer le mélange dans une cornue que l’on adapte à un récipient rempli d’acide carbonique dès que la température s’est élevée à 150°. (M. Frankland.)

Au contact de l’eau, le zinc-éthyle se convertit en oxyde de zinc et en un carbure d’hydrogène C4H6 ou C4H5,H que l’on nomme hydrure d'éthyle.

L’hydrure d’éthyle produit avec le chlore un composé gazeux qui a pour formule C4H5C1 (MM. Frankland et Kolbe).

Lorsqu’on fait agir un alliage d’antimoine et de potassium sur l’éther iodhydrique, on obtient un composé qui a reçu le nom de stibéthyle (MM. Cahours et Riche).

Le stibéthyle est liquide, incolore, d’une odeur désagréable, fumant à l’air, insoluble dans l’eau, très soluble dans l’alcool et dans l’éther. Sa densité, prise à 16°, est égale à l,32à ; il bout à 158°, 5 ; la densité de sa vapeur est de 7,^38.

L’affinité du stibéthyle pour l’oxygène est très grande : si on le verse goutte à goutte dans un flacon rempli d’oxygène, il s’enflamme et brûle en répandant une vive lumière.

Quand on fait arriver lentement de l’air sur du stibéthyle, ce corps se transforme en une matière sirupeuse et incolore qui est l’oxyde de stibéthyle.

Il se produit aussi dans cette réaction un composé blanc, pulvérulent et acide, nommé antimonite de stibéthyle [ M. Lœwig).

Le chlore, le brome, l’iode, le soufre, se combinent avec le stibéthyle et donnent un chlorure, un bromure, un induré, un sulfure de stibéthyle.

L’acide sulfurique et l’acide azotique forment de véritables sels avec le stibétbvle.

dérivés de l’éthyle.

Nous donnons ici la liste des composés du stibéthyle :

Stibéthyle

Oxyde de stibéthyle . . .

Chlorure de stibéthyle. .

Bromure de stibéthyle. .

lodure de stibéthyle. . .

Sulfure de stibéthyle. . .

Séléniure de stibéthyle. .

Azotate de stibéthyle . .

Sulfate de stibéthyle. . .

C,2H15Sb = 3(C4Il5)Sb.

G12H15Sb,02.

C12H15Sb,Cl2.

C12Fl15Sb,Br2.

Cl2H15Sb,l2-

Cl2H,5Sb,S2.

C12fI15Sb,Se2.

C12HlhSb02,^Az05.

C121I15SJ)02,2S03.

L’éther iodhydrique de l’alcool s’unit au stibéthyle et donne naissance à l’iodure d’un radical particulier, le stibéthylium Sb(C4H5)4, qui correspond, par sa composition, au tétréthylammonium Àz(C4H5)4.

La production de l’iodure de stibéthylium est représentée par l’équation suivante :

chi5i + Sb(C4Il5)3 = Sb(C4H5)4,l.

Éther Stibéthyle. lodure

iodhydrique. de stibéthylium.

En décomposant cet iodure par la potasse, on obtient Y oxyde hydraté de stibéthylium Sb(C4H5)40,H0, qui forme avec les acides des sels parfaitement définis. (M. Landolt.)

L’étain produit avec l’étliyle une combinaison qui a pour formule :

G4H5Sn Stannéthyle. (M. Breed.)

Le stannéthyle donne, avec l’oxygène, le chlore, le brome, l’iode et les acides minéraux, des composés qui correspondent exactement aux combinaisons formées par le zinc-éthyle et le stibéthyle.

L 'oxyde de plombéthyle et plusieurs autres dérivés du même radical ont été obtenus dans ces derniers temps.

Le tableau suivant en présente la liste :

Oxyde de plombéthyle hydraté. »

Chlorure de plombéthyle . . . G12H15Pb2,Cl.

Bromure de plombéthyle . . . Gl2lll5Pb2,Br.

Azotate de plombéthyle .... C12H15Pb20,Az,05.

Sulfate de plombéthyle .... C12ll15Pb20,S03.

Carbonate de plombéthyle. . . C,2ll,5Pb20,C02. (M. Lœwig. )

L’oxyde de plombéthyle est une base énergique.

L’arsenic se combine en deux proportions différentes avec l’éthyle. A chacun de ces arsénéthyles correspond une série distincte de composés dont voici les formules :

Arséniobiéthyle (C4ll5)2As = C8ll10As. .

lodure d’arséniobiéthyle. . C8IT10As,I.

Arséniotriéthyle (C4H5)3As=C12H15As.

Oxyde d’arséniotriéthyle. C,2H15As,02.

lodure d’arséniotriéthyle. C12fI15As,l2.

Sulfure d’arséniotriéthyle C,2fll5As,S2.

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Eu comparant la formule de l’arséniobiéthyle à celle du cacodyle, on voit que ces deux corps présentent une constitution analogue :

As(C4H5)2. As(C2H3)2.

Arséniobiéthjle. Cacodyle.

Ce rapprochement n’est pas le seul qui puisse être établi entre ces composés : ils ont tous deux une grande tendance à s’enflammer au contact de l’air en répandant une odeur pénétrante et des vapeurs d’acide arsénieux, et leurs combinaisons correspondantes sont isomériques entre elles.

Lorsqu’on fait réagir l’éther iodliydrique sur l’arséniotriéthyle, il se produit un iodure d 'arséniotriéthylium (radical nouveau, analogue au stibéthylium) (M. Landolt).

On a signalé deux composés différents de bismuth et d’éthyle. Ce sont :

Le bismuthétliyle . C4H5Bi. (M. Dunhaupt.)

Et le bismuthtriéthyle (C4H5)3Bi. (M. Frankland.)

Les combinaisons du bismuthtriéthyle s’obtiennent très difficilement,

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tandis qu’on prépare facilement les dérivés du bismuthétliyle.

Voici la liste de ces dérivés :

Oxyde de bismuthétliyle »

Chlorure de bismuthétliyle »

Iodure de bismuthétliyle C4H5Bi,I2.

Sulfure de bismuthétliyle »

Azotate de bismuthétliyle C4H3Bi02,2Az05.

Sulfate de bismuthétliyle »

Le mercuréthyle n’a pas encore été isolé ; mais on connaît plusieurs dérivés de ce radical.

Les combinaisons du mercuréthyle sont fort peu stables. Elles se détruisent promptement sous l’influence de la radiation solaire. Elles ont pour formules :

Chlorure de mercuréthyle Bromure de mercuréthyle Iodure de mercuréthyle.

Sulfure de mercuréthyle.

Azotate de mercuréthyle Sulfate de mercuréthyle.

C4tl5Hg2,Cl.

C4H5Ug2,Br.

C4H5Hg2,I.

C4H5Hg2,S.

C4H5Hg20,Àz05.

G4fl5IIg20,S03.

(AI. Streckbr.)

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