‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 120 sur 300 · ACIDE ANGÉLIQUE HYDRATÉ. C10H7O3,HO · texte numérisé non relu

ACIDE ANGÉLIQUE HYDRATÉ. C10H7O3,HO

HO

L’acide angélique hydraté forme des prismes incolores, d’une odeur particulière, d’une saveur piquante, fusibles à 45°, et volatils sans décomposition.

Cet acide est peu soluble dans l’eau froide, plus soluble dans l’eau chaude, très soluble dans l’alcool, l’éther, les huiles grasses et l’essence de térébenthine. Il produit avec les bases des sels solubles dans l’eau et l’alcool. Les angélates de chaux et d'argent ont pour formules :

CaO,C10H7O3,2HO.

AgO,C,0H7O3.

L’action de l’oxychlorure de phosphore sur l’angélate de potasse donne l’acide angélique anhydre.

L’acide angélique anhydre est oléagineux, incolore, assez soluble dans l’éther et peu soluble dans l’eau, au contact de laquelle il se convertit en acide angélique hydraté. L’aniline le transforme en angêlanilide (M. Chiozza).

En distillant l’angélate de soude avec 2 parties d’alcool et 1 partie d’acide sulfurique concentré, on obtient X éther angélique. Cet éther est huileux, d’un odeur de pommes pourries. Il provoque la toux et donne de violents maux de tête (MM. Reinscli et Richter).

L’acide angélique hydraté, qui prend naissance lorsqu’on fait réagir la potasse sur l’essence de camomille romaine, se rencontre tout formé dans la racine de plusieurs variétés d’angélique. Pour l’en retirer, il faut épuiser 25 kilogrammes de racine d’angélique coupée en morceaux

ESSENCES

par de l’eau bouillante dans laquelle on a ajouté 2 kilogrammes de chaux en poudre, filtrer l’extrait sur une toile, exprimer le résidu, concentrer la liqueur filtrée, et, après l’avoir sursaturée par de l’acide sulfurique étendu, la soumettre à la distillation. On obtient ainsi un produit très complexe qu’on neutralise par la potasse et qu’on dessèche ensuite au bainmarie. Le résidu de la dessiccation étant alors distillé avec de l’acide sulfurique étendu de deux fois son poids d’eau, donne de l’eau, de l’acide acétique, de l’acide valérianique et de l’acide angélique, qui reste en grande partie dans le col de la cornue.

Le liquide passé dans le récipient dépose par un refroidissement convenable l’acide angélique qu’il tient en dissolution.

100 parties de racine d’angélique donnent par ce procédé de 0,25 à 0,38 parties d’acide angélique pur (M. Buchner).

Le traitement par la potasse de l’essence de camomille fournit une plus grande quantité d’acide angélique, mais cette opération est délicate et exige un soin tout particulier, à cause de la facilité avec laquelle l’acide angélique se dédouble, sous l’influence de la potasse, en acide acétique et en acide métacétonique.

Le mélange de potasse caustique et d’essence doit être maintenu à une douce chaleur jusqu’à ce que la température de la masse s’élève rapidement et qu’il se dégage de l’hydrogène. A ce moment, on retire le feu ; la réaction continue d’elle-même, la partie hydrocarburée de l’essence se volatilise en presque totalité, et l’on obtient pour résidu de l’angélate de potasse mêlé avec la potasse qui a été employée avec excès. Ce résidu étant dissous dans 1 eau, on enlève avec une pipette l’huile hydrocarbonée qui s’en sépare, puis on verse de l’acide sulfurique dans la dissolution. L’acide angélique est mis en liberté ; il se rend à la surface de la liqueur, où il se concrète par le refroidissement.

Si, dans cette préparation, on cherche à volatiliser en chauffant l’huile hydrocarburée que la potasse n attaque pas, on peut décomposer une portion de l’angélate de potasse, ce qui présente un grand inconvénient, car les acides provenant de l’altération de ce sel empêchent la cristallisation de l’acide angélique, et nécessitent une rectification fort longue de cet acide (M. Gerhardt).

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