‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 122 sur 300 · ESSENCE DE CAR VI · texte numérisé non relu

ESSENCE DE CAR VI

L’essence de carvi se compose de deux huiles essentielles, le carvène C10H8 et le carvol C20H14O2.

On peut séparer ces deux corps par des dist illations fractionnées ; mais il est préférable d’agiter l’essence de carvi avec une dissolution alcoolique de sulfhydrate d’ammoniaque : il se forme du sulfhydrate de carvol C20H14O2,IIS qui, décomposé par l’ammoniaque, donne le carvol.

Le carvol est liquide; il bout à 250°. Sa densité est égale à 0,953. Il se résinifie sous l’influence de l’acide azotique ou de l’acide sulfurique concentrés, et produit avec l’acide chlorhydrique un camphre qui a pour formule C20H14, HCl.

Le carvène est une huile incolore, très fluide, plus légère que l’eau, d’une odeur faible et agréable, d’une saveur aromatique ; elle bout à 173° ; elle est presque insoluble dans l’eau et très soluble dans l’alcool et dans l’éther ; elle absorbe l’acide chlorhydrique et forme un composé solide cristallisé qui fond à 50°, 5.

Lorsqu’on traite l’essence de carvi par la potasse, on obtient un corps, le carvacrol , qui est isomérique avec le carvol .

Le carvacrol est oléagineux, incolore, d’une odeur particulière et désagréable, d’une saveur piquante très persistante; il bouta 232°. Il est plus pesant que l’eau, peu soluble dans ce liquide, très soluble dans l’alcool et dans l’éther; il brûle avec une flamme claire et fuligineuse. L’acide phosphorique anhydre le transforme en carvène.

ESSENCE DE THYM

Cette essence est formée de deux huiles particulières, le thymène et le thymol.

En agitant l’essence de thym avec une dissolution concentrée de potasse qui dissout le thymol, on isole le thymène.

Le thymène est liquide, incolore ; son odeur rappelle celle du thym ; il bout à 165° et produit avec l’acide chlorhydrique un camphre qui a pour formule C20H16,HC1 (M. Lallemand).

L’essence de thym contient environ la moitié de son poids de thymol et laisse souvent déposer ce corps sous la forme de prismes rhomboïdaux obliques. Le thymol possède une odeur de thym fort agréable. Il fond à UU° et distille à 230°. Il est très soluble dans l’alcool, dans l’éther, et peu soluble dans l’eau.

L’acide azotique attaque vivement le thymol et le convertit en une matière résineuse. L’acide sulfurique concentré le transforme en un acide thymylsulfurique C20H13OSO3,HO, dont le sel de baryte est cristallisable

ESSENCES

(Lallemand). L’acide phosphorique le change en un hydrocarbure particulier, bouillant vers 180° (M. Doveri).

Sous l’influence des agents d’oxydation, tels que l’acide chromiqueou un mélange d’acide sulfurique et de peroxyde de manganèse, le thymol donne naissance à un corps nouveau, le thymoïle C24H1604.

Le thymoïle cristallise en lamelles jaunâtres quadrangulaires, peu solubles dans l’eau, dans l’alcool, assez soluble dans l’éther.

Lorsqu’on fait agir du chlore sur le thymoïle, on obtient des produits chlorés dérivés par substitution.

Le thymoïle, traité par l’acide sulfureux, se convertit en un composé cristallisable, le thymoïlol.

Le thymol et le thymoïlol s’unissent à poids égaux et donnent une j combinaison cristalline (M. Lallemand).

ESSENCE DE VALÉRIANE

La racine de valériane renferme une essence qui se compose de deux huiles volatiles : le bornéène C20H16 et le valérol C12H1002. Cette essence contient, en outre, différents corps, tels que l’acide valérianique, le bornéol, une résine particulière ; mais la présence de ces matières est purement accidentelle et doit être attribuée aux altérations que subissent le valérol et le bornéène sous l’influence de l’air et de l’humidité.

L’essence de valériane récemment préparée est limpide, neutre aux réactifs colorés , d’une odeur qui n’a rien de désagréable. Elle s’acidifie peu à peu au contact de l’air, s’épaissit et devient fétide, parce que le valérol absorbe de l’oxygène et se change en acide valérianique.

Les principales propriétés du bornéène ont été étudiées en même temps que celles du camphre de Bornéo ; nous examinerons maintenant le valérol, qui donne l’acide valérianique que l’on retire de la racine de valériane (M. Gerhardt).

Le valérol pur est liquide, d’une odeur de foin très faible, insoluble dans l’eau, très soluble dans falcool et l’éther. Il s’oxyde lentement à l’air et se convertit en acide valérianique. Lorsqu’on le refroidit à quelques degrés au-dessous de zéro, il cristallise en prismes incolores et reste sous cette forme jusqu’à -f- 20°.

L’acide sulfurique concentré dissout le valérol en prenant une teinte d’un rouge de sang ; la liqueur, étendue d’eau, saturée par le carbonate de plomb et filtrée, donne, par l’évaporation, un sel de plomb gommeux, le sulfovalérolate de plomb , dont la saveur est à la fois douce et astringente.

La potasse en fusion transforme le valérol en acide valérianique ; il se produit aussi dans cette réaction du carbonate de potasse et un dégagement d’hydrogène.

ESSENCE DE VALÉRIANE

L’extraction du valérol est très simple. On maintient pendant quelque temps à 200° les portions les moins volatiles de l’essence de valériane, afin de chasser la totalité du bornéène. Le résidu, entouré de glace, se solidifie. On le rectifie deux ou trois fois de suite, en laissant perdre dans chaque opération les premières parties du liquide qui distille ; on lave le produit recueilli avec une dissolution étendue de carbonate de soude, puis on le soumet à une dernière rectification dans une atmos phère d’acide carbonique. Le valérol ainsi obtenu est parfaitement pur (M. Gerhard t).

Il existe encore quelques essences oxygénées ; mais leur étude, fort incomplète, ne permet pas d’en tracer l’histoire.

Nous avons résumé dans le tableau suivant les principales propriétés de ces essences :

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