STÉARINE. C71H70O
Propriétés.
La stéarine est blanche, inodore, insipide, très combustible et insoluble dans l’eau. L’alcool bouillant en dissout environ le septième de son
STEARINE.
poids et en laisse déposer la pins grande partie par le refroidissement. Elle est beaucoup plus soluble dans l’éther bouillant ; mais ce liquide, lorsqu’il est froid, n’en retient en dissolution qu’une proportion très faible.
Dans les conditions ordinaires, la stéarine fond à 62° ; mais ce point de fusion peut varier d’une manière remarquable :
1° La stéarine, chauffée à 2° seulement au-dessus de son point de fusion, se concrète par le refroidissement à la température de 61°.
2° Portée à la température de 66°, puis abandonnée au refroidissement, la stéarine se solidifie déjà à 51° et peut alors fondre à 53° ; si après avoir laissé prendre en masse une stéarine fusible à 53°, on cherche à la liquéfier par l’action de la chaleur, il faut employer de nouveau une température de 63°.
3° La stéarine, qui a été chauffée à 2° au-dessus de son point de fusion et qui s’est solidifiée à 61°, n’entre plus en fusion qu’à 66°, 5.
On peut donc admettre que la stéarine se présente sous trois modifications physiques distinctes : une modification a, fusible à 51° ; une modification (3, qui fond à 63°; et une modification y qui se liquéfie à 66°, 5. Du reste, cette division semble justifiée par les différences qui existent entre les densités des trois modifications :
Soumise à la distillation, la stéarine se décompose en produisant de l’acide margarique, delà margaroneet divers carbures d’hydrogène. Elle ne laisse qu’un très léger résidu de charbon.
Le chlore et le brome attaquent la stéarine et donnent naissance à des composés chlorés ou bromés dérivés par substitution (M. Lefort).
Les bases, et particulièrement la potasse, la soude et la chaux, décomposent la stéarine, en présence de l’eau et à l’aide d’une ébullition prolongée. Cette réaction, connue sous le nom de saponification, produit de la glycérine hydratée et un stéarate alcalin : le poids de l’acide stéarique libre, après son élimination du savon par un acide, ajouté à celui de la glycérine, surpasse d’une proportion notable le poids de la matière grasse soumise à l’action de l’alcali hydraté. Cette augmentation de poids se manifeste dans la saponification de toutes les matières grasses neutres. Ainsi 100 parties de stéarine donnent 102,6 parties d’un mélange qui contient 94,6 d’acide stéarique et 8 parties de glycérine. L augmentation de poids est due à la fixation des éléments de l’eau (M. Chevreul).
Température
au moment de l’expérience.
Densités des trois modifications
(M. Duffy.)
CORPS GRAS
La saponification de la stéarine peut être représentée par la formule suivante :
C68H6605,C3H403 -f 2 HO = C68H6605,2H0 -f C3H403.
Stéarine. Acide stéarique Glycérine.
hydraté.
Mais comme l’acide stéarique est bibasique, on pourrait considérer la stéarine elle-même comme un stéarate dans lequel 2 équivalents de base sont remplacés par 1 équivalent de glycérine anhydre C3H302 et par 1 équivalent d’eau HO. La stéarine C68H6605,G3H302,H0 viendrait donc se placer à côté des éthers composés et de l’éther stéarique même. En représentant l’acide stéarique par ST, on aurait :
La stéarine C3H302,H0,ST.
L’éther stéarique C4H50,H0,ST.
Le stéarate de méthylène. . . C2H30,H0,ST.
Les stéarates acides MO, HO, ST.
Dans cette hypothèse, les alcalis agiraient sur la stéarine en s’emparant d® l’acide anhydre qu’elle contient et en hydratant la glycérine. Le savÔn, décomposé ensuite par un acide, donnerait 1 équivalent d’acide stéarique hydraté : C68H6605,2H0.
En résumé, la saponification de la stéarine, en supposant qu’elle pût s’effectuer par la simple action de l’eau, devrait être exprimée par l’équation suivante , dans laquelle ST représente 1 équivalent d’acide stéarique anhydre C68H6605, et GL 1 équivalent de glycérine également anhydre C3H3Ô2 :