‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 184 sur 300 · GLYCÉRINE. C6H · texte numérisé non relu

GLYCÉRINE. C6H

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La glycérine , ou principe doux des huiles , a été découverte par Scheele, en 1779.

CORPS GRAS

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Propriétés.

Cette substance, concentrée dans le vide à la température de 100°, a pour formule C3H‘03 ou C6H806. Elle est liquide, inodore, incolore, d’une densité égale à 2,28, d’une saveur très sucrée, sans arrière-goût désagréable. L’eau et l’alcool la dissolvent en toutes proportions ; elle est presque insoluble dans l’éther. Elle présente la propriété de dissoudre la plupart des corps que l’eau elle-même peut dissoudre. L’acide azotique, même étendu de plusieurs fois son poids d’eau, l’attaque avec énergie en produisant un acide déliquescent qu’une oxydation subséquente convertit en acides oxalique et carbonique.

La glycérine donne naissance à de l’acide formique, lorsqu’on la traite à chaud par un mélange debi-oxyde de manganèse et d’acide sulfurique étendu ou d’acide chlorhydrique concentré.

La solution aqueuse de glycérine, abandonnée pendant plusieurs mois à elle-même, en présence des ferments, à une température de 25° à 30°, subit une décomposition pendant laquelle il se forme de l’acide acétique et de l’acide métacétonique (M. Redtenbacher).

Sous l’influence du noir de platine, la glycérine absorbe l’oxygène de l’air et se convertit en un acide particulier (i\I. Dœbereiner).

La baryte, la strontiane et la chaux forment avec la glycérine des combinaisons solubles dans l’eau, et dans lesquelles l’acide carbonique n’indique plus la présence de ces bases (M. Chevreul).

L’oxyde de plomb se dissout en petite quantité dans la glycérine.

La potasse caustique transforme à chaud la glycérine en un mélange d’acétate et de formiate de potasse (MM. Dumas et Stass).

Lorsqu’on verse de la glycérine dans une dissolution de chlorure d’or, il se produit aussitôt un précipité d’un beau rouge pourpre foncé.

En faisant réagir à 100°, pendant quatre-vingts heures, de l’éther bromhydrique et de la potasse en excès sur la glycérine, on obtient une substance nouvelle, la diéthyline C16H1406.

La diéthyline est huileuse, incolore, d’une odeur poivrée, d’une densité de 0,92 ; elle bout à 191°. (M. Berthelot.)

La glycérine dissout une proportion considérable de brome : le mélange s’échauffe beaucoup et contient une grande quantité d’acide bromhydrique ; l’eau en sépare un liquide d’une odeur éthérée agréable, peu soluble dans l’eau, mais très soluble dans l’alcool et l’éther. Ce liquide huileux est lui-même altéré par le brome, sous l’influence de la chaleur ou de la radiation solaire. Les composés bromés ainsi obtenus ont quelque analogie avec le chloral et le chloroforme, mais leurs propriétés et leur composition réclament une nouvelle étude.

GLYCERINE.

L’iode colore la glycérine en jaune orangé, mais ne paraît pas lui faire subir d’altération bien sensible. Le chlore l’attaque plus facilement et produit une série de composés chlorés.

Préparation.

La glycérine accompagne toujours les produits de la saponification des huiles et des corps gras neutres : le blanc de baleine seul fait exception, et donne, sous l’influence des alcalis hydratés, au lieu de glycérine, une autre substance qui est Yéthal.

On peut obtenir la glycérine en soumettant à l’action prolongée de l’oxyde de plomb et de l’eau presque tous les corps gras neutres ; mais on emploie ordinairement dans cette préparation l’huile d’olive ou l’axonge. Le mélange doit être maintenu en ébullition, et l’eau, à mesure qu’elle s’évapore, est remplacée par une nouvelle quantité d’eau chaude. Le sel de plomb (emplâtre simple) étant insoluble et très dense, se sépare facilement de l’eau ; celle-ci tient en dissolution de la glycérine mêlée k une petite quantité d’oxyde de plomb qu’on précipite en faisant passer dans la liqueur un courant d’acide sulfhydrique. La dissolution est concentrée d’abord à feu nu, et en dernier lieu, au bain-marie, dans une étuve ou dans le vide.

Si la glycérine trouvait un jour quelque application dans l’industrie, on pourrait s’en procurer facilement des grandes quantités. En effet, la saponification du suif par la chaux donne lieu à un savon calcaire et à des eaux très riches en glycérine, qui sont actuellement jetées et perdues dans toutes les fabriques de bougies stéariques. Ces eaux, traitées par un courant d’acide carbonique, donneraient, par une évaporation convenable, de la glycérine presque pure.

M. Rochleder a fait connaître un nouveau procédé de préparation de la glycérine qui ne donne peut-être pas cette substance avec autant de facilité que les procédés de saponification précédents, mais qui est curieux au point de vue théorique, et semble démontrer jusqu’à un certain point la préexistence de la glycérine anhydre et des acides gras dans les corps gras neutres. Ce procédé consiste à dissoudre l’huile de ricin dans l’alcool absolu, et à faire passer dans la dissolution un courant de gaz acide chlorhydrique sec; le mélange, traité par l’eau et séparé de la matière grasse qui le surnage, est évaporé en consistance sirupeuse et mis en contact avec de l’éther; la partie insoluble dans ce liquide, après avoir été desséchée dans le vide, présente toutes les propriétés de la glycérine.

En opérant la saponification des corps gras par la vapeur surchauffée, d’après le nouveau procédé de M. Wilson, on peut obtenir de la glycérine qui distille sans altération et qui peut être livrée au commerce à très bas prix.

CORPS SR AS

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