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COMBINAISONS ACIDES FORMÉES FAR LA GLYCÉRINE

Acide suifogiyeérique. C6H705(S03)2,H0. — L’acide sulfoglycérique est liquide, inodore, d'une saveur fortement acide. Il décompose les carbonates avec effervescence et se dédouble lentement au contact de l’eau en glycérine et en acide sulfurique.

Les sulfoglycérates, même ceux de plomb et de baryte, sont solubles dans l’eau ; la chaleur les décompose en laissant dégager des vapeurs irritantes, qui contiennent de l’acroléine.

Pour obtenir l’acide sulfoglycérique, on mêle de l’acide sulfurique concentré avec la moitié de son poids de glycérine. La combinaison s’opère avec élévation de température. Si, après avoir étendu d’eau la liqueur, on la neutralise par la chaux, il se produit du sulfoglycérate de chaux Ca0,C6H705(S03)2, qui cristallise par le refroidissement. Ce sel , décomposé par l'acide oxalique, donne l’acide sulfoglycérique.

(Pelouze.)

Acide phosphogij cérique . C6H705,Ph05,H0. — Cet acide est liquide, incristallisable, très soluble dans l’eau et l’alcool. Il se décompose facilement en glycérine et en acide phosphorique.

Les sels formés par l’acide phosphoglycérique sont en général solubles dans l’eau et insolubles ou peu solubles dans l’alcool.

On prépare l’acide phosphoglycérique en mélangeant de l’acide phosphorique avec de la glycérine. La liqueur, saturée par de la baryte, filtrée et convenablement évaporée, dépose du phosphoglycérate de baryte. On lave ce sel avec de l’alcool, pour le séparer d’une petite quantité de glycérine dont il est imprégné, et après l’avoir repris par de l’eau, on verse dans la dissolution de l'acide sulfurique étendu, qui forme du sulfate de baryte insoluble, et met en liberté l'acide phosphoglycérique.

M. Goblev a constaté la présence de l’acide phosphoglycérique dans le jaune d'œuf.

L’existence des acides sulfoglycérique et phosphoglycérique, rapprochée de celle des acides sulfovinique et phosphovi nique, établit une certaine analogie entre la glycérine et l’alcool. (Pelouze.)

Acide tartroglycérique. C6H705,C8H404,H0. — L’acide tartl’Oglycérique se présente sous l'aspect d'une masse amorphe, de consistance mielleuse, qui est déliquescente à l’air, insoluble dans l’éther pur et soluble dans l’étlier alcoolisé.

L’acide tartroglycérique, traité par l’eau froide, se dédouble en glycérine et en acide tartrique. Cette décomposition est plus rapide quand on chauffe la liqueur. Le mélange étant desséché et maintenu quelque temps à 150°, reproduit l’acide tartroglycérique.

ACROLÉINE. — ACIDE ACROLÉ1QUE.

Les tartroglycérates sont insolubles dans l’alcool.

On produit l’acide tartroglycérique en chauffant à 150° un mélange formé de parties égales d’acide tartrique sec pulvérisé et de glycérine.

( Berzelius.)

Parmi les nombreux composés glycériques neutres dont nous avons donné la liste, ceux qui se rapprochent des corps gras naturels présentent surtout de l’importance.

Ces différentes combinaisons seront examinées à la suite des corps gras avec lesquels elles offrent des relations.

ACROLÉINE. C6H402. — ACIDE A€ROLÉI<)UE. C6H303,IIU.

La glycérine, soumise à l’action de la chaleur, distille en éprouvant toutefois une décomposition partielle. La partie qui se détruit donne naissance à une petite quantité d 'acroléine, à des huiles empyreumatiques, des gaz inflammables, et laisse dans le vase distillatoire un résidu de charbon.

L 'acroléine, qui caractérise la distillation des corps gras à base de glycérine, peut être préparée de la manière suivante : On distille dans un courant d’acicle carbonique un mélange d’acide phosphorique anhydre et de glycérine concentrée. Le produit de la distillation est liquide et composé de trois couches distinctes : la plus dense consiste en une huile épaisse; celle du milieu est aqueuse, et la couche supérieure contient l’acroléine. On distille l’acroléine impure une première fois sur de l’oxyde de plomb, et une seconde sur du chlorure de calcium.

L’acroléine est liquide, huileuse, très volatile, limpide, soluble dans l’eau, mais beaucoup moins que dans l’éther et l’alcool. Elle irrite vivement les yeux et le nez. Elle bout à 52" ; la densité de sa vapeur est égale à 1,89. Sa composition ne diffère de celle de la glycérine que par les éléments de U équivalents d’eau :

G6tl705,II0 = C6H402 -f ZiHO.

Glycérine. Acroléine.

L’acroléine anhydre se solidifie lentement au contact de l’air et se transforme en un nouvel acide, l 'acide acroléique ou acrylique :

C6H402 + O2 = C6tl303,H0.

Acroléine. Acide acrylique.

L’oxvde d’argent est réduit, même à froid, par l’acroléine, qui se con-

CORPS GRAS

vertit aussitôt en acide acrylique. Cet acide s’unit en même temps à l’oxyde d’argent dont on peut le séparer par l’hydrogène sulfuré.

L’acide acrylique est liquide, incolore, volatil, d’une saveur franchement acide, d’une odeur de viande marinée. Il forme avec les bases des sels qui sont tous très solubles. 11 réduit l’oxyde d’argent en produisant, comme l’acide formique, de l’eau et de l’acide carbonique.

L 'éther acrylique bout à 65° ; il a une odeur de raifort.

Le chlore et le brome réagissent sur l’acroléine, et donnent naissance à des composés chlorés et bromés peu connus.

Les alcalis résinifient l’acroléine.

L’acroléine, abandonnée dans un flacon mai bouché, se transforme en une substance résineuse blanche, qui est fusible à 100°, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther ; la dissolution alcoolique de ce corps est acide; elle précipite les sels de plomb et de cuivre (M. Redtenbacher).

L’acroléine, conservée dans l’eau, se change à la longue en acides acétique, formique et acrylique, dont la formation est acompagnée de celle d’une substance qu’on a nommée disacryle , C19H8Q4.

La disacryle est blanche , pulvérulente, insipide, inodore, insoluble dans l’eau, l’éther, l’alcool, le sulfure de carbone, les essences, les huiles grasses, les acides et les alcalis. La potasse en fusion s’unit à la disacryle, et les acides l’en séparent sans qu’elle subisse d’altération.

SAPONIFICATION SULFURIQUE.

Les corps gras, soumis à l’influence de l’acide sulfurique, présentent une série de phénomènes trime grande netteté dont l’étude a été entreprise dans ces dernières années, et que l’on désigne sous le nom de saponification sulfurique (1).

On sait qu’un corps gras neutre, traité par la potasse, se dédouble toujours en glycérine et en acide gras : l’acide sulfurique peut, comme les alcalis, opérer le dédoublement des corps gras neutres en acides gras et en glycérine. Tel est le résultat final de l’action de l’acide sulfurique sur les corps gras dans la saponification sulfurique ; mais il se produit d’abord des phénomènes secondaires qui tiennent à la nature même de l’acide qui a été employé pour opérer le dédoublement.

Ainsi, lorsqu’on fait agir lentement et a une température basse l’acide sulfurique concentré sur l’oléine , la margarine et la stéarine, ces corps gras neutres se combinent d’abord intégralement avec l’acide pour former

(1) Fremy, Recherches sur la saponification sulfurique.

SAPONIFICATION SULFURIQUE.

des acides sulfogras ; et ce n’est qu’à la longue que ies corps neutres se dédoublent en acides gras et en glycérine. De plus, les acides gras et la glycérine jouissent eux-mêmes de la propriété de se combiner avec l’acide sulfurique pour former des acides doubles ; aussi lorsque les premiers acides sulfogras se décomposent , obtient- on quatre nouveaux acides doubles, qui sont les acides sulfoglycérique , suif omar garique , sulfostéarique et sulfoléique. Ces acides se décomposent sous l’influence de l’eau, régénèrent de l’acide sulfurique, de la glycérine, et laissent en même temps précipiter les acides oléique, margarique et stéarique. On voit donc que dans la saponification sulfurique, faite à froid, la glycérine et les acides gras qui se produisent, résultent de la décomposition, sous l'influence de l’eau, des acides doubles qui se sont formés d’abord.

Lorsqu’on fait agir à chaud l’acide sulfurique concentré sur ies corps gras, leur dédoublement en acide gras et en glycérine est en quelque sorte instantané ; il se dégage de l’acide sulfureux qui provient de l’action de l’acide sulfurique sur la glycérine.

L’acide sulfurique étendu peut également opérer la transformation des corps gras neutres en acides gras et en glycérine ; mais dans ce cas faction est lente et doit être aidée par la 'chaleur (Fremy).

Les acides gras qui prennent naissance dans la saponification sulfurique sont quelquefois identiques avec ceux qui dérivent de la saponification par les alcalis ; dans d’autres cas, ils diffèrent des acides ordinaires par les éléments de l’eau.

Les acides sulfogras, formés par la combinaison des acides gras liquides avec l’acide sulfurique, sont beaucoup plus stables que ceux qui sont produits par les acides solides, iis sont solubles dans l’eau ; leur saveur est amère ; l’eau ne les décompose que très lentement à la température ordinaire, mais leur décomposition est rapide lorsqu’on fait bouillir leur dissolution.

Quand on fait dissoudre dans l’eau froide un mélange d’acide sulfoléique et d’acide sulfomargarique, et qu’on l’abandonne à lui-même pendant quelque temps à la température ordinaire, l’acide sulfomargarique se décompose presque complètement avant que la décomposition de l’acide sulfoléique ait commencé : cette différence dans la stabilité des deux acides sulfogras permet d’isoler les produits de leur décomposition.

Les acides sulfogras sont solubles dans l’eau pure et entièrement insolubles dans une eau qui tient en dissolution des sels alcalins, tels que le chlorure de sodium, le sulfate de potasse, le sulfate de soude, les sels ammoniacaux, etc. Cette propriété a été mise à profit pour la purification des acides sulfogras.

Les acides sulfogras sont également insolubles dans l’eau qui contient des acides en excès.

CORPS GRAS

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