SUIF
On désigne sous le nom de suif les différentes graisses des herbivores. Les masses de graisses extraites par les bouchers portent le nom de suif en branche ; elles contiennent du suif proprement dit, et. de plus, des membranes animales qu’on enlève en faisant fondre le suif.
Deux procédés différents sont suivis pour la fonte du suif. Le premier, qui est 1 a procédé des créions, consiste à faire chauffer simplement le suif en branche ; dans ce cas, les membranes animales se crispent et laissent suinter les corps gras. Les résidus égouttés se nomment pains de cretons.
Le second procédé pour la fonte du suif porte le nom de procédé à V acide (d'Arcet). Le suif en branche est traité par de l’acide sulfurique qui dissout ou désagrège les membranes. Le suif qu’on obtient ainsi est de belle qualité , mais il présente en été un inconvénient assez grave : l’acide sulfurique parait avoir déterminé la séparation de l’oléine du suif; car le suif préparé à l’acide est grenu et laisse facilement suinter l’oléine.
On doit considérer le suif comme un mélange de différents corps gras qui sont : la stéarine, la margarine, l’oléine, et de plus, une substance neutre, très abondante dans le suif de bouc, qu’on a nommée hircine (M. Chevreul).
Le suif donne, par la saponification , les acides oléique, stéarique, margarique et hireique. La proportion de ce dernier acide est extrêmement faible. Gomme les acides solides sont prédominants dans les produits de la saponification du suif, ce dernier corps gras est presque toujours employé dans la fabrication des bougies stéariques.
Le suif forme des savons de bonne qualité, mais qui ont l’inconvénient de présenter toujours une odeur désagréable.