‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 206 sur 300 · BOUGIES STÉARIQUES. Ù · texte numérisé non relu

BOUGIES STÉARIQUES. Ù

ensuite on la décante dans une autre cuve munie d’un serpentin et contenant de l’eau ordinaire.

On fait bouillir la matière avec cette eau pendant une heure, afin de la débarrasser de quelques traces d’acide sulfurique qu’elle peut contenir, et on l’abandonne à elle-même pendant quatre heures.

Le sulfate de chaux qui reste déposé dans la cuve dont on s’est servi pour la décomposition est lavé soigneusement, et l’on en retire :

1° Un excès d’acide sulfurique qui est mis à profit pour les décompositions ultérieures ;

2° De la matière grasse qui reste engagée dans la masse.

La quantité théorique d’acide sulfurique à 66", nécessaire à la décomposition du savon calcaire, est de 11,8 pour 100 ; mais la pratique exige l’emploi d’une quantité d’acide sulfurique double de celle de la chaux dont on a fait usage, à cause de l’excès d’acide qui est indispensable pour une bonne décomposition, et en raison aussi des pertes qui résultent d’une exploitation en grand.

La matière grasse provenant de la décomposition du savon calcaire est versée dans des moules de fer-blanc où elle se refroidit. Ces moules doivent être de la dimension des plaques de fer forgé qui servent dans les presses à chaud dont il sera parlé plus loin ; ils ont la forme d’une caisse à biscuit. Les acides gras se 'montent dans ces caisses en plaques ayant environ 3 centimètres d’épaisseur et pesant généralement 5 kilogrammes. Ces caisses, dites galettes , sont percées latéralement de deux ou trois trous d’environ 1 centimètre de diamètre, destinés à laisser écouler la matière grasse. Les galettes sont placées les unes à côté des autres, de manière que la première se déverse dans la seconde, la seconde dans la troisième, et ainsi de suite jusqu’à la dernière : c’est donc un véritable système de cascades au moyen duquel il suffit de verser la matière grasse dans la première galette pour les remplir toutes. Il est utile, en hiver, de maintenir à un douce température l’atelier qui contient les galettes ; le froid pourrait nuire à la cristallisation des acides gras et l’expression de l’acide oléique deviendrait plus difficile.

Lorsque la matière grasse est refroidie, on renverse les galettes pour en retirer les plaques moulées qu’on appelle tourteaux. Ces tourteaux sont enveloppés dans un croisé de laine appelé malfite et placés les uns à côté des autres par couches de quatre ou cinq sur le plateau d’une presse hydraulique verticale. La première couche est recouverte d’une plaque de tôle de la dimension du plateau ; la plaque de tôle reçoit à son tour une couche de quatre ou cinq tourteaux ; en continuant de la même manière, on monte une colonne de tourteaux proportionnée en hauteur à l’espace compris entre le plateau de la presse et la partie inférieure de son sommier qui fournit la résistance. Les tourteaux étant ainsi disposés, on fait jouer les pompes et l’on presse graduellement

COUPS GU AS

pendant cinq à six heures. L’acide oléique se sépare des acides solides : on le recueille et on le transporte dans une cave où, par un abaissement de température, on obtient des dépôts de matière solide, qui sont ensuite versés dans le courant de la fabrication. La température à laquelle on soumet les matières huileuses provenant de la pression à froid qui vient d’être décrite doit se rapprocher autant que possible de 5°, afin d’obtenir par les dépôts la plus grande quantité possible d’acides solides. La pression à froid étant terminée, on procède à une seconde pression qui, cette fois, se fait à chaud dans une presse hydraulique horizontale munie de plaques de fer forgé de 1 centimètre 1/2 d’épaisseur. On chauffe les plaques, soit en les plongeant dans une boîte de fonte contenant de la vapeur d’eau, soit en les plaçant dans de l’eau bouillante dont on a élevé le point d’ébullition par une addition saline : il y a des plaques qui sont creuses et qui reçoivent dans leur cavité un jet de vapeur qui les échauffe.

On place les tourteaux, toujours contenus dans leur enveloppe de maifite, dans des matelas de crin appelés étreindelles. Ces étreindelles sont également employées dans la fabrication des huiles de colza : elles se composent de deux feuillets de la dimension des plaques. C’est un tissu fait avec une chaîne et une trame présentant une surface très rugueuse, parsemée de cellules qui fixent la matière grasse du tourteau et l’empêchent de s’étendre.

Les tourteaux, étant logés entre deux feuillets d’étreindelle, sont placés entre deux plaques chaudes qui reposent dans la bâche de la presse ; on commence alors la pression très graduée, qui dure environ trois quarts d’heure. On recueille au-dessous de la bâche de la presse des résidus de consistance butyreuse qu’on fait rentrer dans le cours de la fabrication et qui fournissent de nouveaux produits solides.

Les tourteaux blancs, qui sont un mélange d’acide stéarique et d’acide margarique, sont retirés de leurs enveloppes de malfite et épluchés ; un ouvrier les passe en revue et retranche avec un couteau les bords qui auraient échappé à la pression et seraient restés jaunes ou qui n’auraient pas acquis le degré de blancheur voulue. Chaque tourteau blanc pèse environ 1 kilogramme. Le tourteau primitif, formé par les acides gras mous , pesait 5 kilogrammes. Il y a donc eu réduction au cinquième.

Les tourteaux, ainsi triés et épluchés, sont portés dans une cuve de bois blanc, munie à son fond d’un serpentin de plomb. On leur fait subir alors un lavage avec de l’eau aiguisée d’acide sulfurique marquant 7° ou 8° ; de cette manière, on débarrasse la matière grasse des impuretés et particulièrement de l’oxyde de fer qu’elle contient souvent. Après ce lavage, on la fait passer dans une cuve remplie d’eau douce. On verse dans cette cuve des blancs d’œufs battus (environ 100 blancs d’œufs

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