BOUGIES STÉARIQUES
pour 1000 kilogrammes de matière grasse). On porte toute la masse à l’ébullition pendant un quart d’heure. L’albumine de l’œuf clarifie le corps gras en s’emparant mécaniquement de toutes les substances étrangères qu’il pouvait tenir en suspension. Les acides gras solides sont alors suffisamment purs et peuvent être convertis en bougies.
Des mèches. — Les mèches des bougies stéariques se composent de la réunion de trois fils de coton formant une tresse ou natte : elles doivent être imprégnées d’une dissolution d’acide borique qui, en faisant incliner la mèche , facilite sa combustion et présente en outre l’avantage de réduire les cendres à un très petit volume en les vitrifiant. Dans 100 parties d’eau, on fait dissoudre 1,5 partie d’acide borique très pur; on immerge les mèches dans cette dissolution, on les retire de la liqueur, on les exprime fortement ; on les fait sécher, et on les emploie dans cet état.
Le moulage des acides gras a présenté d’assez grandes difficultés à l’époque de la création des premières fabriques de bougies stéariques. Les acides margarique et stéarique , versés à l’état liquide dans des moules, y cristallisent et fournissent des bougies à surface moirée, d’un aspect peu agréable et d’un débit commercial très difficile. Pour parer à ce grave inconvénient, avant de couler la bougie, on fait fondre complètement la matière, et on laisse la température s’abaisser peu à peu en remuant le corps gras ; on trouble ainsi la cristallisation en amenant le corps gras à l’état de pâte liquide : c’est alors qu’on le fait couler dans des moules qui ont été préalablement chauffés dans de l’eau ou dans une étuve, et portés à une température qui est à peu près celle du point de fusion de la matière grasse.
Les acides gras passent rapidement de l’état liquide à l’état solide, et dans ce cas ne cristallisent point : ils se moulent exactement contre la paroi interne du tube qui les reçoit, réchauffement de celui-ci favorisant le moulage et déterminant l’expulsion des bulles d’air qui se trouveraient emprisonnées sans un échauffement préalable. Les bougies que l’on obtient alors sont parfaitement lisses, unies et exemptes de cristallisation.
On ajoute ordinairement aux acides gras, qui vont être convertis en bougies, des quantités infiniment petites de bleu de Prusse, ou mieux encore de bleu d’outremer.
On donne aux bougies le dernier degré de blancheur en les exposant à faction de la lumière solaire.
Un grand nombre de fabricants ajoutent à la matière grasse deux à trois centièmes de son poids de cire avant de la couler dans des moules. Cette addition a pour but de rendre les bougies moins friables.
On peut évaluer à 45 pour 100 la proportion des acides solides fournis par le suif. Celui de mouton en donne plus que toutes les autres ma-
tières grasses ; après Je suif de mouton vient le suif de bœut. Le beurre rance, ou de qualité inférieure, pourrait aussi servir à la fabrication des acides gras solides.