‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 210 sur 300 · CIRE DES ABEILLES · texte numérisé non relu

CIRE DES ABEILLES

La cire qu’on trouve dans le commerce se présente sous deux aspects différents.

Lorsqu’on prend les cellules des abeilles, et qu’on les fait fondre sans leur faire subir aucune espèce de purification, on obtient une cire de couleur jaune, dont le point de fusion est à 62° ou 63°.

Cette cire, exposée à l’air et à la lumière, perd sa couleur; elle consti-

ACIDE CÜR0T1UUE.

tue alors la cire blanche dont le point de fusion est entre 6à° ou 65°. M. Lewy a analysé comparativement la cire blanchie sur le pré et la cire jaune; il a trouvé dans cette dernière plus de carbone et moins d’oxygène.

Tout le monde sait que la cire est surtout employée à la confection des bougies; qu’elle est ordinairement jaune, et que, pour la blanchir, on l’expose, en lames minces, à l’influence de l’air et de la lumière.

On a essayé de blanchir la cire en la soumettant à l’action du chlore; la cire se décolore, il est vrai, mais elle retient toujours du chlore qui, pendant la combustion de la bougie, présente l’inconvénient de produire de l’acide chlorhydrique.

C’est en examinant l’action du chlore sur la cire, que Gay-Lussac a constaté le premier phénomène de substitution ; il a reconnu en effet que la cire, en abandonnant au chlore 1 équivalent d’hydrogène qui se dégageait à l’état d’acide chlorhydrique, conservait, à la place de cet équivalent d’hydrogène, 1 équivalent de chlore.

La composition de la cire paraît plus compliquée qu’on ne le croyait il y a encore quelques années. On y admettait alors deux substances: l’une, très soluble dans l’alcool, était la cérine; l’autre, beaucoup moins soluble dans ce liquide, était la myricine. (MM. Boudet et Boissenot.)

Indépendamment de ces deux matières, M. Lewy admet l’existence d’un troisième corps qu’il nomme cèroléine.

Ce chimiste considère la cérine comme une substance neutre qui, traitée par la potasse, donne un acide qu’il nomme acide cérinique.

M. Brodie pense que la cérine n’est pas neutre, mais qu’elle constitue un véritable acide, auquel il a donné le nom d 'acide cérotique .

ACIDE CÉROTIQUE. C54H5404 = C54H5303,I1Q.

L’acide cérotique est solide; il fond à 78°, et prend par le refroidissement une apparence cristalline très prononcée. Lorsqu’il est pur, il se volatilise sans décomposition ; mais lorsqu’on le soumet à l’action de la chaleur, à l’état impur ou à l’état de mélange avec les autres éléments de la cire, on ne le retrouve plus dans le produit de la distillation.

On obtient l’acide cérotique en traitant à plusieurs reprises la cire par l’alcool bouillant, jusqu’à ce que le point de fusion du dépôt obtenu par le refroidissement soit à 70°. L’acide ainsi préparé n’est pas encore pur; on le dissout dans une grande quantité d’alcool bouillant, et l’on précipite la dissolution par l’acétate de plomb. Le dépôt , épuisé à chaud par l’alcool et par l’éther, est décomposé par l’acide acétique concentré. On le fait cristalliser dans l’alcool, et il constitue alors l’acide cérotique pur.

Du reste, en faisant cristalliser à plusieurs reprises la cire dans l’alcool, v. 31

CORPS GRAS

on finit par obtenir l'acide cérotique sensiblement pur, dont le point de fusion est à 78°, comme celui de l’acide obtenu par le procédé qui vient d’être indiqué.

La cire contient les 22 centièmes de son poids d’acide cérotique.

ACIDE CHLOROCÉROTIQUE. C54H42Cll204 = C54H41Cll203,HO.

L’acide cérotique perd, par l’action du chlore, 12 équivalents d’hydrogène qui sont remplacés par 12 équivalents de chlore.

L’acide chlorocérotique se présente sous la forme d’une matière jaune, visqueuse et transparente.

M. Brodie a pu vérifier la formule de cet acide par l’analyse de l’éther chlorocérotique.

ÉTHER CÉROTIQUE. C4H50,C54H5303.

Lorsqu’on fait passer un courant d’acide chlorhydrique dans une dissolution alcoolique d’acide cérotique, ce dernier s’éthérifie.

L’éther ainsi formé est solide et fond entre 59° et 60°.

myricine. C92H 9204.

La myricine constitue la partie de la cire qui est presque insoluble dans l’alcool. Elle exige pour se dissoudre 200 parties au moins d’alcool bouillant. Lorsque la cire a subi plusieurs traitements par l’alcool, la myricine encore impure qui ne s’est pas dissoute, reprise par l’éther bouillant, laisse déposer une poudre cristalline dont le point de fusion se fixe invariablement à 72° (M. Brodie). Cette poudre est la myricine pure.

La myricine, soumise à l’action prolongée des dissolutions alcalines concentrées et bouillantes, se change en acide palmitique C32H32Q4 et en un alcool particulier, la mélissine C60H62O2, qui a beaucoup d’analogie avec la cérotine.

La mélissine, traitée par la potasse ou la chaux, se transforme en acide mélissique C60Hc,004. Le chlore produit avec elle un composé analogue au ehloral. La mélissine se décompose par la distillation en acide palmitique et en un carbure d’hydrogène solide C60H60. (pii fond à 62°.

CÉROLÉIVE.

Cette substance, découverte par M. Lewy dans la cire, s’obtient par l’évaporation de l’alcool, lorsque l’acide cérotique s’est déposé : elle est

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