‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 232 sur 300 · JAUNE INDIEN · texte numérisé non relu

JAUNE INDIEN

Il arrive en Europe depuis quelques années, de la Chine et des Indes, une substance colorante jaune, connue sous le nom de purrée ou de jaune indien. Cette substance a été examinée récemment par MM. Erdmann et Stenhouse. Elle est soluble dans l’eau et dans l’alcool ; les alcalis la dissolvent également en la colorant en jaune. Lorsqu’on ajoute de l’acide chlorhydrique dans de l’eau qui tient en suspension du jaune

MATIERES COLORANTES

indien, on obtient un précipité cristallin formé par un nouvel acide qui a été nommé acide euxanthique. L’acide euxanthique représente à lui seul la moitié du poids environ du jaune indien et s’y trouve combiné avec la magnésie.

ACIDE EUXANTHIQUE.

L’acide euxanthique a pour formule C40H16021 (Erdmann), ou C42H18022 (Laurent). Cet acide est peu soluble dans l’eau froide, très soluble dans l’alcool et dans l’éther.

L’acide euxanthique qui a cristallisé dans une dissolution alcoolique contient de l’eau de combinaison qu’il perd à 130°. L’acide qui cristallise dans la liqueur, après avoir été précipité de sa combinaison ammoniacale par l’acide chlorhydrique, contient 11 pour 100 d’eau.

L’acide euxanthique cristallise en longues aiguilles soyeuses de couleur jaunâtre. Sa saveur est d’abord douce, puis amère ; il se colore en jaune foncé sous l’influence des alcalis. Soumis à la distillation, il donne naissance à un produit qui n’est plus acide, que l’on a nommé euxanihone , et qui a pour formule C13H404.

L’acide euxanthique, soumis à l’action du chlore, du brome, de l’acide azotique, produit les composés suivants qui dérivent de l’acide euxanthique par substitution :

C40fl14Br2O21,

C40H,5(AzO4)O21.

L’acide euxanthique, traité par l’acide sulfurique concentré, donne de l’euxanthone et un acide double nommé acide hamathionique , qui a pour formule C14H7012,S03.

L’acide euxanthique forme avec les alcalis des sels jaunes, solubles, qui ne cristallisent que très difficilement , même dans des dissolutions concentrées. On connaît des eu xant hâtes de manganèse, de zinc, de nickel, de fer, de cuivre, de mercure et d’argent.

Page 1