‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 257 sur 300 · NOIR · texte numérisé non relu

NOIR

pension le tannate de fer qui s’est produit. On lui donne la densité nécessaire au moyen de la gomme et de la dextrine. Les sulfates de fer décomposés abandonnent leur acide : pour prévenir leur réaction sur la soie, on ajoute au bain du sous-acétate ou de l’oxyde de plomb.

La soie, en sortant de ce bain , a une couleur rousse qui passe bientôt au noir par l’exposition à l’air. Pour obtenir une belle nuance, on est souvent obligé de recommencer jusqu’à cinq ou six fois cette opération.

On donne quelquefois au noir sur soie un reflet bleu au moyen du bleu Raymond et d’une teinte de violet et de jaune.

Pour la teinture en noir du lin et du coton, on procède généralement comme nous l’avons indiqué pour la laine. Cependant on obtient aussi un noir foncé en plongeant les tissus dans une décoction de parties égales de noix de galle et de campêche, et en les soumettant pendant deux ou trois heures à l’action d’un bain à 90°, dans lequel on a fait dissoudre 1/15 de pyrolignite de fer. En réduisant de moitié les proportions de noix de galle, de campêche et de pyrolignite, on obtient le gris et toutes ses dégradations.

Les différentes matières qui entrent dans la teinture en noir jouent un rôle dont on peut expliquer l’influence , soit pour la production de la couleur noire elle-même, soit pour sa stabilité.

L’acide gallique et le sel de fer au minimum donnent un composé soluble susceptible de pénétrer dans l’intérieur des pores de l’étoffe et d’y déposer, au contact de l’air, des flocons d’un bleu violet qui, à proprement parler, constituent le fond du noir.

il faut modifier cette couleur qui est trop violette. C’est dans ce but que l’on emploie le sumac, le bois jaune et la gaude, qui, indépendamment de la matière astringente qu’ils peuvent contenir dans une plus ou moins grande proportion et qui produit du noir avec le sel de fer, donnent une matière jaune qui détruit la couleur violette du noir.

Pour conserver au noir sa stabilité et empêcher que la destruction des acides organiques qui le constituent ne lui fasse prendre une teinte rousse due à l’oxyde de fer mis en liberté, on lui donne avant la teinture en noir un pied de bleu de cuve dont la couleur neutralise l’orangé de l’oxyde de fer.

Enfin l’emploi du sulfate de cuivre et du campêche, qui, comme nous l’avons vu aux bleus remontés , donnent une couleur bleue, produit le même résultat que l’indigo.

11 est probable que la crème de tartre, que l’on emploie dans la composition du noir, change une partie du sulfate de fer en tartrate, qui est plus facilement décomposable par les acides organiques de la noix de galle et des matières astringentes que ne le serait le sulfate de fer luimême.

Dans chaque atelier de teinture , on a une forme dite au noir , qui sert

MATIERES COLORANTES

à rabattre les couleurs et à faire des gris. Elle est ainsi montée. Dans une feuillette on met :

Sulfate de fer 2 kilogrammes.

On verse sur ce sel un bain qui a bouilli deux ou trois heures avec :

Campêche 15 kilogrammes.

Sumac l\

Noix de galle 5

On brasse le mélange, le sulfate de fer se dissout et produit le gallate de fer. On agite deux ou trois jours, puis on laisse déposer.

Les gris se font en alunant la laine préparée au carbonate de soude.

Il est bon de mettre une moindre proportion de tartre, un seizième environ , puis après le lavage on piète de bleu avec le carmin d’indigo , on rince le tissu ; on fait un nouveau bain dans lequel on verse un cassin (vase contenant environ 2 kilogrammes) de tonne au noir, et on lisse la laine à 75°. Si le gris devait être jaunâtre, on pourrait ajouter un peu de décoction de gaude ou de garance, mais cette dernière substance lui enlève de la légèreté; la cochenille donnerait du rouge : on voit que l’on pourra à volonté obtenir des gris rougeâtres, jaunâtres ou bleuâtres , et les foncer plus ou moins, suivant la quantité de bruniture que l’on ajoutera au bain.

Pour obtenir des gris clairs sur coton, il est indispensable d’ajouter de l’acétate d’alumine qui a pour but de donner une teinte violacée; il est bon aussi de se servir d’acétate de fer au lieu de pyrolignite.

On fait encore sur coton de beaux fonds pour la teinture, qui sont : le chamois , le vert-mer , le rouille , et le bistre.

Ces couleurs sont dues à la fixation des oxydes métalliques , tels que l’oxyde de chrome, l’oxyde de fer et l’oxyde de manganèse.

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