‹ Traité de chimie générale [electronic resource] (volume 4)Chapitre 79 sur 300 · AMÈRE · texte numérisé non relu

AMÈRE

HYDRERE DE AITROBEAZOÏLE . C14H5(Az04)02.

L’acide azotique monohydraté attaque vivement l’essence d’amande amère et la convertit en acide nitrobenzoïque.

Quand on arrête la réaction en ajoutant de l’eau dans la liqueur, on obtient une huile jaunâtre, qui se solidifie au bout de quelque temps. Ce produit a reçu le nom d ’hydrure de nitrobenzoïle. On le purifie en l’exprimant sur du papier et en le lavant avec de l’eau froide.

L ’hydrure de nitrobenzoïle est incolore, inodore, fusible et volatil. 11 prend feu à une température élevée et brûle avec une flamme fuligineuse. 11 se dissout dans l’eau, l’alcool, l’éther, et dans la plupart des acides minéraux. Lorsqu’on le soumet à l’action d’un oxydant énergique, il se transforme en acide nitrobenzoïque. Le chlore l’attaque, sous l’influence de la radiation solaire, et produit du chlorure de benzoïle nitré Cl4H4(Az04)02,Cl.

BENZOÏNE.

Le chlorure de benzoïle nitré est un liquide jaunâtre, insoluble dans l’eau et plus dense que ce liquide. 11 bout entre 265° et 268°, et s’altère peu à peu au contact de l’air humide en donnant de l’acide chlorhydrique et de beaux cristaux d’acide nitrobenzoïque.

L’ammoniaque réagit sur le chlorure de benzoïle nitré, et forme de la n itrobenzam idc G 1 4 H6Az206 .

Lorsqu’on fait passer un courant d’hydrogène sulfuré à travers une dissolution alcoolique d’hydrure de nitrobenzoïle, la liqueur se trouble et dépose une poudre grisâtre qui a la formule suivante : C14H5(Az04)S2. Ce corps a été nommé hydrure de sulfobenzoïle nitré.

L’hydrure de sulfobenzoïle nitré est insoluble dans les dissolvants ordinaires. 11 fond dans l’eau bouillante et communique à la vapeur d’eau une odeur alliacée très désagréable.

Les bisulfites alcalins donnent, avec l’hydrure de nitrobenzoïle, des combinaisons solubles dans l’eau.

La potasse transforme l’hydrure de nitrobenzoïle en nitrobenzoate de potasse. (M. Bertagnini , M. Cahours.)

BENZOÏNE. G14H602.

G14 1050,00 79,‘2Zt

Ce corps, découvert par MM. Robiquet et Boutron, est isomérique avec l’essence d’amande amère; quelques chimistes doublent sa formule et la représentent par C28 H12( )4 .

Propriétés.

La benzoïne cristallise en prismes incolores, transparents; elle n’a ni odeur ni saveur; elle est plus soluble dans l’eau chaude que dans l’eau froide. Elle se dissout dans l’alcool et dans l’acide sulfurique concentré. Elle fond à 120°, prend feu au contact des corps en ignition et brûle avec une flamme fuligineuse.

Lorsqu’on la fait passer à travers un tube de porcelaine rouge, elle éprouve une transformation isomérique, et donne naissance à de l’essence d’amande amère. Ainsi l’essence d’amande amère peut être transformée en benzoïne, et celle-ci à son tour peut, en subissant une nouvelle transformation isomérique, redevenir essence d’amande amère. Traitée par le chlore, la benzoïne ne se comporte pas comme l’essence d’amande amère; elle perd 1 équivalent d’hydrogène et forme un nouveau corps C14H502, qui est \cbcnzy/e. Ce corps a, comme on le voit, la composition

ESSENCES

du radical hypothétique auquel on a donné le nom de benzoïle, mais il ne reproduit aucune des combinaisons benzoïques : aussi le représentet-on souvent par la formule C28H10O4.

L’acide azotique bouillant convertit aussi la benzoïne en benzyle.

La benzoïne, chauffée en présence d’une dissolution alcoolique de potasse, se transforme en benzilate de potasse :

2(C,4M602) + KO, HO = K0,G28IIn05 + 2H.

Benzoïne. Benzilate de potasse.

La potasse en fusion attaque la benzoïne, dégage de l’hydrogène et produit du benzoate de potasse.

2(C,4H602) 4- 2 (KO, MO) = 2(K0,C14H503) 4- ZiH.

Benzoïne. Benzoate de potasse.

Benzoïnamide , azobenzoïne. C42Hl8Az2. — Cette substance s’obtient en exposant à une douce chaleur un mélange de benzoïne et d’ammoniaque. Elle est blanche et soyeuse, presque insoluble dans l’alcool et dans l’éther. Elle est isomérique avec l’hydrobenzamide et la benzhydramide. (M. Laurent.)

Benzoinam. C28H12AzO. — Ce corps se forme lorsqu’on abandonne pendant plusieurs mois un mélange de benzoïne , d’alcool absolu et d’ammoniaque.

Le benzoïnam est cristallin, insoluble dans l’eau, soluble dans l’acide sulfurique, l’alcool, l’éther, et l’huile de pétrole. (M. Laurent.)

Benzyle . — Le benzyle est solide, jaune, insipide, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool et l’éther, volatil sans décomposition ; il cristallise en prismes à six pans.

Lorsqu’on le traite par une dissolution alcoolique de potasse, il donne naissance à un sel qui contient un acide particulier nommé acide benzilique. Cet acide a pour formule C28H1105,H0. On voit que la réaction de la potasse sur 2 équivalents de benzyle a déterminé la fixation de 2équi- j valents d’eau.

L’acide benzilique présente, du reste, une grande analogie avec l’acide benzoïque : il cristallise en rhomboèdres transparents, incolores et d’un grand éclat, ou en longues aiguilles prismatiques, peu solubles dans l’eau à froid, plus solubles dans l’eau bouillante. 11 fond à 120° et n’est pas volatil.

L’action du perchiorure de phosphore sur l’acide benzilique donne un composé chloré, le chlorure de benzyle G28H1004,C1.

Le chlorure de benzyle est un liquide incolore, doué d’une odeur forte, plus pesant que l’eau et bouillant vers 270". 11 s’altère promptement au | contact de l’air en donnant de l’acide benzilique et de l’acide chlorhydrique. (M. Cahours.)

ACIDE BENZOÏQUE ANHYDRE.

Hydrobeuzyle. C28H1202. — Ce corps prend naissance dans l’action du sulfhydrate d’ammoniaque sur le benzyle. Il est cristallin, soluble dans l’alcool, l’éther, l’acide sulfurique, et insoluble dans l’eau. Il fond à ^2° et distille sans altération. (MM. Laurent et Zinin.)

Cyanobenzyle. C28H1004(CylI)2. • — Le cyanobenzyle forme des tables rliomboïdales d’une blancheur éclatante, solubles dans l’alcool, fusibles et décomposabîes par l’action de la chaleur. On l’obtient en ajoutant de l’acide cyanhydrique anhydre dans une dissolution alcoolique de benzyle. (M. Zinin.)

L’ammoniaque, en réagissant sur le benzyle, produit trois corps :

Vimabenzyle C^H^AzO2, fusible à 140°, très peu soluble dans l’alcool et dans l’éther.

La benzilimide C28H“Az02, fusible à 130°, plus soluble dans l’alcool et dans l’éther que l’imabenzyle.

Le benzilam C28H9Az, fusible à 101°, très soluble dans l’alcool et dans l’éther : il distille sans altération. (MM. Laurent et Zinin.)

Préparation.

On prépare la benzoïne en soumettant l’essence brute d’amande amère à l’action de la potasse, du carbonate de baryte, du sulfure ou du cyanure de potassium.

Lorsqu’après avoir ajouté à un mélange d’essence d’amande amère et de potasse quelques gouttes d’acide cyanhydrique, on le chauffe à 70°, la production de la benzoïne est beaucoup plus rapide. (M. Zinin.)

ACIDE BENZOÏQUE ANHYDRE. C,41J503.

l/ll2,50 100,00

Cet acide a été découvert par M. Cerhardt.

Propriétés.

L’acide benzoïque anhydre cristallise en prismes obliques, fusibles a /i2°, volatils sans décomposition, insolubles dans l’eau, solubles dans l’alcool et l’éther. La dissolution d’acide benzoïque anhydre, nouvellement préparée, est neutre aux papiers réactifs.

L’eau bouillante convertit lentement l’acide benzoïque anhydre en acide benzoïque hydraté. Cette transformation est accélérée par la présence des alcalis.

ESSENCES

L'acide benzoïque anhydre, traité par une dissolution chaude d’ammoniaque caustique, donne du benzoate d’ammoniaque et de la benzamide.

Lorsqu’on fait réagir de l’aniline sur l’acide benzoïque anhydre, on obtient de la benzanilide.

Préparation.

On prépare l’acide benzoïque anhydre en chauffant à 130° un mélange formé d’équivalents égaux de chlorure de benzoïle et de benzoate de soude desséché. 11 se produit du chlorure de sodium et de l’acide benzoïque. En traitant alors la masse par de l’eau froide, qui dissout le chlorure de sodium, on isole l’acide benzoïque anhydre.

L’oxalate de potasse, soumis à l’action du chlorure de benzoïle, donne aussi de l’acide benzoïque anhydre.

Le même acide prend encore naissance dans l’action de l’oxychlorure et du perchlorure de phosphore sur le benzoate de soude.

ACIDE NITROBENZOÏOIJE ANHYDRE, C14PI4(Az04)03.

L'acide nitrobenzoïque anhydre est blanc, fusible, à peu près insoluble dans l’alcool et l’éther. 11 s’hydrate promptement au contact de l’eau. Pour l’obtenir, on chauffe à 150°, dans un petit ballon de verre, un mélange formé de 8 parties de nitrobenzoate de soude desséché et de 1 partie d’oxychlorure de phosphore. Lorsque toute odeur de chlorure de benzoïle nitré a disparu, on lave rapidement la masse avec de l’eau froide. L’acide nitrobenzoïque forme le résidu. (M. Gerhardt.)

ACIDE BENZOXITROBENZOÏQIJE ANHYDRE. C28l]9(Az04)06=Cl4ll503.C14U4( Az4)03.

L’acide benzonitrobenzoïque anhydre est fusible, soluble dans l’alcool et cristallisable. On le prépare en chauffant légèrement un mélange formé de 5 parties de chlorure de benzoïle et de 7 parties de nitrobenzoate de soude desséché. Le produit ainsi obtenu est traité par l’eau chaude qui enlève le chlorure de sodium et laisse l’acide benzonitrobenzoïque pour résidu. Cet acide est lavé au carbonate de soude et soumis à la dessiccation ; on le reprend ensuite par l’alcool qui le laisse déposer, par le refroidissement, à l’état cristallin. (M. Gerhardt.)

ACIDE ACÉTOBENZOÏOUE ANHYDRE. C,8H806 = C4H303,C14H503

Cet acide est liquide, oléagineux, d’une odeur agréable de vin d’Espagne. 11 bout à 150° et se décompose à une température plus élevée, en donnant de l’acide acétique anhydre. Les alcalis le transforment rapidement en acétate et en benzoate alcalins.

On obtient l’acide acétobenzoïque en traitant le benzoate de soude desséché par le chlorure d’acétvle- (M. Gerhardt.)

ACIDE SALICYLOBENZOÏQUE ANHYDRE.

ACIDE VALÉROBENZOÏQUE ANHYDRE. G24111406 = C10I19O3,Gi4H5O3.

L’acide valérobenzoïque est liquide, oléagineux, très réfringent, plus dense que l’eau, d’une odeur agréable de pomme. Sa vapeur irrite vivement les yeux. Il se décompose vers 250°, en acide valérique et en acide benzoïque anhydres. Les alcalis le transforment en valérate et en benzoate alcalins. On le produit en faisant réagir le chlorure de benzoïle sur le valérate de potasse. ( M. Chiozza.)

ACIDE PÉLARGOBENZOÏQUE ANHYDRE. C32H2206 = Cl8H |703,C14H503.

Cet acide est liquide, oléagineux, plus dense que l’eau. Il se congèle à quelques degrés au-dessous de zéro. Lorsqu’on le soumet à l’action d’une température graduellement croissante, il répand d’abord des vapeurs acres, puis se dédouble en acide benzoïque et en acide pélargonique anhydres. Les alcalis le décomposent en benzoate et en pélargonate alcalins.

On le prépare comme l’acide valérobenzoïque anhydre.

(M. Chiozza.)

ACIDE OENANTHYLOBENZOÏQUE ANHYDRE. C2*Hl8016 = C14H130l3,C14H503.

L’acide œnanthylobenzoïque est huileux, d’une odeur désagréable, d’une densité égale à l,(Hi. L’ammoniaque le transforme en un mélange d’œnanthylamide et de benzoate d’ammoniaque. On obtient l’acide œnanthylobenzoïque anhydre en décomposant l’œiianthylobenzoate de potasse par le chlorure de benzoïle. (MM. Chiozza et Malerba.)

ACIDE NI IRIS TOI* E N Z O ï O U E ANHYDRE. C42H3206 = G28I12703,C14H503.

Cet acide cristallise en lamelles brûlantes, d’une odeur agréable et peu solubles dans l’éther. Il fond à 38°.

L’acide miristobenzoïque anhydre se produit quand on met en contact le chlorure de benzoïle et l’œnanthylate de potasse.

(MM. Chiozza et Malerba.)

ACIDE SALICYLOBENZOÏQUE ANHYDRE. G28H10O8 = G,41J505,G1411503.

L’acide salicylobenzoïque anhydre est amorphe, soluble dans l’éther, décomposable par I eau bouillante en un mélange d’acide benzoïque et d’acide salicylique.

On obtient l’acide salicylobenzoïque anhydre en chauffant un mélange de salicylate de soude et de chlorure de benzoïle. ( M. Gerhardt.)

ESSENCES

ACIDE CINNAMOBENZOÏQÜE ANHYDRE. C32H,206 — C18ll703,Cl4H503.

L’acide cinnamobenzoïque présente l’aspect d’une huile grasse, à peu près incolore et inodore. Cet acide s’hydrate lentement au contact de l’air humide. Les alcalis le transforment en benzoate et en cinnamate alcalins. On le prépare en faisant réagir 7 parties de chlorure de benzoïle sur 10 parties de cinnamate de potasse desséché. (M. Gerhardt.)

ACIDE CUMINOBENZOÏQUE ANHYDRE. C34ll16Oü = Ç2oH 1 1 03,C* 4H503.

Cet acide est huileux, incolore et inodore. Sa densité, prise à 23°, est 1,115. Il répand, lorsqu’on le chauffe, des vapeurs âcres et irritantes.

L’acide cuminobenzoïque s’altère lentement au contact de l’air. Les alcalis le convertissent en un mélange de benzoate et de cuminate alcalins.

L’action de l’ammoniaque sur l’acide cuminobenzoïque donne de la cuminamide et du benzoate d’ammoniaque. Il se produit parfois aussi dans cette réaction une certaine quantité de benzamide.

On prépare l’acide cuminobenzoïque anhydre en faisant réagir à une douce chaleur 1 5 parties de chlorure de benzoïle sur 20 parties de cuminate de soude desséché. Il se forme du chlorure de sodium et de l’acide cuminobenzoïque anhydre que l’on isole en traitant ce mélange par l’eau chaude, qui dissout seulement le chlorure de sodium. Apres avoir lavé l’acide cuminobenzoïque avec une dissolution étendue de carbonate de soude, on le reprend par l’éther, qui, en s’évaporant, le dépose à l’état de pureté. (M. Gerhardt.)

ACIDE BENZOÏQUE HYDRATÉ. C14tl503,H0.

Il5

Zi, 09

HO

Propriétés.

L acide benzoïque hydraté est blanc, solide; il cristallise en aiguilles hexagonales. Il est inodore à l’état de pureté, mais lorsqu’on l’a retiré du benjoin, il conserve souvent une odeur balsamique; il rougit la couleur du tournesol; il entre en fusion à 120° et se sublime en partie à 1Zi5°. Il bout à 239°. Sa vapeur a une densité égale à Zi, 26, qui correspond à l\ volumes ou 1 équivalent d’acide. Il exige pour se dissoudre 200 parties d’eau froide et 25 parties d’eau bouillante ; il est très soluble dans l’alcool

ACIDE BENZOÏQUE HYDRATÉ. 185

et l’éther. Sa saveur est brûlante et rappelle celle des huiles essentielles; il est très inflammable. Lorsqu’on le fait passer en vapeur sur de la pierre ponce chauffée au rouge, il se dédouble en acide carbonique et en benzine :

C,4H503,H0 = 2C02 + C12He.

Acide benzoïque. Benzine.

(MM. Barreswil et Boudault.)

La même décomposition s’opère quand on distille l’acide benzoïque sur de la chaux ou de la baryte caustique (Mitscherlich), ou bien encore lorsqu’on fait traverser aux vapeurs de cet acide un tube de terre porté au rouge et rempli de fer en tournure. (51. d’Arcet.)

Le chlore attaque l’acide benzoïque, sous l’influence de la radiation solaire, et donne trois acides chlorés qui ont pour formules:

(M. Stenhouse.)

L'acide benzoïque, chauffé en présence du perchlorure de phosphore, se convertit en chlorure de bcnzoïle. (51. Cahours.)

Le perchlorure d’antimoine transforme l’acide benzoïque en acide chlorobenzo'ique C14H4C103, HO.

L’acide benzoïque, traité par l’acide sulfurique anhydre, se change en acide suif obenzoïqae, qui a pour formule Ct4H402,(S03)2,H0. (51. 51itscherüch.)

L’acide azotique peut, en réagissant sur l’acide benzoïque, produire X acide nitr obenzoïqae C14H4(Az04)03,H0, et un autre acide, Yacide binitrobenzoïque G1 4H3(Az04)203,H0.

Préparation.

On prépare l’acide benzoïque hydraté par plusieurs procédés :

1° L’essence d’amande amère, soumise à des influences oxydantes, ou exposée pendant longtemps à l’air, se transforme en acide benzoïque hydraté : C14H602 + O2 = C14H503,H0.

2° Le chlorure de benzoïle, traité par la potasse, donne du benzoate de potasse dont on peut retirer l’acide benzoïque.

3° La résine du benjoin contient de l’acide benzoïque tout formé; on peut en retirer cet acide par deux procédés différents : dans le premier procédé, on introduit la résine dans une capsule que l’on recouvre d’un dôme de carton ; en échauffant la capsule avec précaution, l’acide benzoïque se volatilise et vient se déposer en beaux cristaux nacrés sur les parois du dôme (PL LU).

ESSENCES

Comme, dans cette distillation, on produit une certaine quantité d’huile empyreumatique qui colore les cristaux d’acide benzoïque, on fixe habituellement sur la capsule une feuille de papier non collé ; l’huile empyreumatique est retenue par le papier, tandis que les vapeurs d’acide benzoïque le traversent et donnent, par leur condensation sur le dôme, des cristaux parfaitement purs.

Ce procédé permet de retirer environ k pour 100 d’acide benzoïque de la résine de benjoin.

U° Pour extraire l’acide benzoïque du benjoin, on suit quelquefois un autre procédé, qui est fondé sur la solubilité du benzoate de chaux dans l’eau. On fait bouillir du benjoin pendant quelques heures avec un lait de chaux ; on filtre et l’on précipite la liqueur par de l’acide chlorhydrique. L’acide benzoïque brut ainsi obtenu est purifié par la distillation ou par des cristallisations réitérées.

5° L'acide hippurique, que l’on trouve principalement dans l’urine des herbivores, se transforme facilement, sous l’influence des acides, en sucre de gélatine et en acide benzoïque :

C18H9Az06 + 2HO = G14t]503,H0 + C4tl5AzOf

Acide hippurique. Acide benzoïque. Sucre de gélatine.

L’acide benzoïque peut encore être préparé en faisant bouillir la dissolution d’acide hippurique avec de l’acide sulfurique et du bi-oxyde de manganèse. (Voy. Acide hippurique.)

ACIDE BENZOÏQUE AMORPHE, ACIDE BENZO-ÉRÉSIQUE.

Les résines detoluet de benjoin, traitées par l’acide azotique bouillant, donnent un acide benzoïque amorphe, de couleur jaune, d’une saveur acide et amère, qui fond à 113° et qui bout à 256°. Cet acide est soluble dans l'eau bouillante, l’alcool et l’éther. 11 forme avec les bases des sels moins solubles que les benzoates ordinaires. Lorsqu’on l’expose à une douce chaleur, sous l’influence de la radiation solaire, il se recouvre de cristaux blancs d’acide benzoïque ordinaire. 11 donne le même acide quand on le soumet à la distillation. (M. E. Kopp.)

BENZOATES.

Les benzoates alcalins et celui de manganèse sont très solubles dans l’eau et cristaliisables. Le benzoate de chaux exige environ 20 fois son poids d’eau pour se dissoudre. Les benzoates de plomb, de baryte et de strontiane sont à peu près insolubles dans l’eau froide. Le benzoate d’ammoniaque est déliquescent; on l’emploie quelquefois, comme lesuccinate d’ammoniaque, pour précipiter les sels neutres de sesquioxyde de fer et

BENZOATES.

doser ce métal. Lorsqu’on le chauffe, il entre en fusion, laisse dégager de l’eau, de l’ammoniaque, et une substance volatile, le benzomtrile C14H5Àz, qui diffère du benzoate d’ammoniaque par U équivalents d’eau.

Les phénomènes que présente la distillation du benzoate de chaux ont été principalement étudiés par MM. Péligot, Mitscherlicli et Chancel.

Quand on chauffe avec précaution le benzoate de chaux, il se transforme en carbonate de chaux et en benzone C2LiHlü02.

On voit que la benzone se produit dans les mêmes circonstances que l’acétone, et que, semblable à cette dernière substance, elle diffère de l’acide qui lui a donné naissance par 2 équivalents d’acide carbonique.

Lorsqu’on distille le benzoate de chaux sur un excès de chaux, on obtient la benzine et un hydrocarbure qui a beaucoup d'analogie avec la naphtaline, dont il présente la composition, mais dont il diffère cependant par quelques propriétés.

Le benzoate de cuivre, soumis à la distillation, donne un composé blanc et cristallisable qui a pour formule G14H502, et que l’on nomme oxyde benzoïque. Ce corps cristallise en prismes rhomboïdaux obliques, fusibles à 70°, d’une odeur agréable. Traité par la potasse, il dégage de l’hydrogène et donne du benzoate de potasse. Le chlore le transforme en un composé ayant pour formule : C28ITJC104 (MM. Ettliug et Stenhouse).

Voici les formules des benzoates les mieux connus :

Benzoates de potasse . .

Benzoate d’ammoniaque.

Benzoate de chaux. . . .

Benzoate de cuivre . . .

Benzoate de plomb . . .

Benzoate d’argent . . . .

( K0,C14fJ503,H0.

( K0,(G14li503)2.

AzH3,H0,C14Il503.

CaO,ClsIl503,/tI]0.

Cu0,G14H503,H0.

Pb0,C14H503,H0.

Ag0,C14H503.

Action du chlore sur le benzoate de potasse.

Lorsqu’on fait passer lentement un courant de chlore dans une solution de benzoate de potasse fortement alcaline, il se forme du chlorure de potassium, il se dégage de l’acide carbonique et l’on obtient un nouvel acide chloré, V acide nicéique monochloré , qui ne diffère de l’acide plié— wique que par la substitution de 1 équivalent de chlore à 1 équivalent d’hydrogène et la fixation de 2 équivalents d’oxygène.

L’acide nicéique monochloré a pour formule : G12H5C104. Il fonda 150° et bout à 215°; sa densité est 1,29. !l forme des cristaux prismatiques groupés en choux-fleurs. M. Saint-Èvre a obtenu V éther chloronicéique et la chioronicéamide. L’acide chloronicéique, soumis à l’action de l’acide

azotique fumant, donne naissance à deux produits :

1° A Yacidc chloronicéique mtroyéné C12H4(Az04)Cl0' ; 2° A un acide qui a pour formule C,0H4(Az04)C104.

ESSENCES

Quand on distille le chioronicéate de baryte en présence d’un excès de baryte, il passe d’abord un liquide qui a pour formule C10H5C1 : c’est le nicène monochloré . En chauffant davantage, une décomposition secondaire se manifeste ; il passe à la distillation un corps qui se condense à l’état solide dans le col de la cornue et qui a pour formule C20H12. Cet hydrogène carboné a reçu le nom de paranicène.

Le nicène monochloré et le paranicène , traités par l’acide azotique fumant, sont transformés en nicène nitromonochloré et paranicène nitré. Ces deux corps, traités par le sulfhydrate d’ammoniaque, donnent la chloronicine et la paranicine.

La chloronicine C10HliClAz est un alcaloïde solide, soluble dans l’éther, dans les acides chlorhydrique, azotique, acétique, oxalique, étendus; précipitable par l’ammoniaque et les autres bases, mais dépourvu de toute réaction alcaline, altérable à l’air et à la lumière.

La paranicine C20Hl3Az est un alcaloïde solide, sans réaction alcaline, soluble dans l’éther, donnant naissance à des sels solubles et cristallisables avec des acides chlorhydrique, azotique, acétique, étendus. L’ammoniaque la précipite de ses dissolutions sous la forme de flocons jaunes.

(M. Saint-Èvre.)

ÉTHER

BENZOÏQUE. C18H!°04 =

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