CP
Zi 6 2 , 5 0 100,00
Propriétés.
L’éther est incolore , très fluide, d’une odeur forte et d’une saveur brûlante. 11 est tout à fait neutre. Sa densité, à la température de 12°, est de 0,7237. Son pouvoir réfringent est considérable. Il ne conduit pas l’électricité. SI entre en ébullition à 35°, 6 (Gay-Lussac).
L éther produit en s’évaporant un grand froid; la température s’abaisse de plusieurs degrés au-dessous de zéro. Un froid considérable peut solidifier 1 éther. La densité de sa vapeur est de 2,565. 2 volumes de vapeur représentent 1 équivalent d’éther. La vapeur d’éther est lourde ; il arrive fréquemment qu’en tombant sur des corps enflammés ou des charbons rouges, elle prend feu et peut devenir la cause d’accidents graves.
L’éther produit en brûlant une belle flamme blanche fuligineuse, beaucoup plus éclairante que celle de l’alcool.
ALCOOLS
La vapeur d’éther, mélangée avec l’oxygène ou avec l’air, forme un véritable mélange détonant.
L’éther se dissout dans 10 parties d’eau, et en toute proportion dans l’alcool. L’eau saturée d’éther est plus lourde que ce liquide, et quand on mêle avec, 1 0 parties d’eau plus d’une partie d’éther, on voit surnager au-dessus de l’eau saturée d’éther une couche bien distincte d’éther qui contient elle-même un certaine quantité d’eau. L’éther du commerce est souvent altéré par de l’alcool ; on reconnaît facilement la présence de ce dernier liquide en mêlant dans un tube gradué l’éther avec une petite quantité d’eau qui dissout surtout l’alcool et diminue le volume de l’éther impur dans des proportions beaucoup plus considérables que s’il était pur.
L’oxygène, à la température ordinaire, acidifie lentement l’éther ; l’oxydation est plus rapide lorsqu’on fait intervenir la chaleur. Si l’on suspend au-dessus d’une lampe qui contient de l’éther un fil de platine très fin, on forme ce qu’on appelle une lampe sans flamme : le fil de platine devient incandescent ; par sa présence, il détermine l’oxydation de l’éther, et cette action chimique développe assez de chaleur pour faire rougir le fil métallique. 11 se forme dans ce cas de l’acide acétique, de l’aldéhyde et de l’acide aldéhydique.
On décompose facilement l’éther en le faisant passer à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge : il se produit alors des carbures d’hydrogène et de l’aldéhyde.
L’éther dissout ^ de soufre et ^ de phosphore. L’action prolongée du phosphore sur l’éther donne naissance à des corps organiques phosphorés (M. Zeise).
L’iode et le brome se dissolvent avec facilité dans l’éther. En réagissant sur l’éther, l’acide sulfurique produit de l’acide sulfovinique.
L’acide azotique décompose l’éther à chaud et donne de l’acide carbonique, de l’acide acétique et de l’acide oxalique.
Si l’on soumet à la distillation de l’éther saturé de gaz acide chlorhydrique, on obtient de l’éther chlorhydrique.
Le potassium et le sodium attaquent lentement l’éther et dégagent de l’hydrogène.
L’éther absorbe le gaz ammoniac et dissout certains chlorures métalliques, tels que ceux de zinc, de mercure, d’or, etc. M. Kuhlmann a obtenu une combinaison cristalline d’éther et de perchlorure de fer. L’étlier forme également des composés définis en s’unissant à d’autres chlorures.
L’éther se produit dans un grand nombre de circonstances; sa formation a été surtout signalée dans les produits de l’action réciproque de
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l’alcool ci des acides sulfurique; phospliorique, arsénique, du fluorure de bore, des chlorures de zinc et d’étain et du potassium, etc.
De tous ces corps, celui qui transforme le plus facilement l’alcool en éther, est l’acide sulfurique concentré; aussi remploie-t-on pour ainsi dire exclusivement dans cette préparation.
On obtient l’étlier en faisant réagir l’acide sulfurique sur l’alcool, à l’aide de la chaleur. L’opération se fait avec facilité dans l’appareil de Scottmann, pharmacien de Berlin (pl. LUI).
Cet appareil se compose : 1° d’une grande cornue de verre, tubulée, que l’on enterre dans un bain de sable jusqu’à la hauteur où le mélange doit s’élever dans la cornue; 2° d’une allonge qui éloigne la cornue du réfrigérant ; 3° d’un ballon qui reçoit le bout de l’allonge et dont le col est adapté, au moyen d’un bouchon, à un réfrigérant. (Le serpentin d’un alambic ordinaire peut être avantageusement employé). À une certaine distance de la cornue se trouve un grand flacon rempli d’alcool, qui porte latéralement à sa base une tubulure qui doit être plus élevée que celle de la cornue. La tubulure du flacon reçoit un tube qui est mis en communication avec la cornue et pénètre, par la tubulure de celle-ci, dans le mélange d’acide sulfurique et d’alcool qui doit fournir l’éther. L’appareil étant disposé, on mêle dans une terrine l’alcool avec l’acide sulfurique en ayant la précaution d’y introduire d’abord l’alcool et d’y verser peu à peu l’acide en agitant sans cesse. Ce mélange, après son refroidissement, est introduit dans la cornue : on l’y porte à l’ébullition; on ouvre ensuite le robinet adapté au tube de verre, et l’on fait arriver continuellement de l’alcool dans la cornue, de manière que ce liquide remplace, pendant toute la durée de l’opération, la portion du produit qui a été distillée.
Les proportions d’alcool et d’acide sulfurique qui réussissent le mieux, dans la préparation d’éther, sont les suivantes :
Alcool à 32° centigr 70 parties.
Acide sulfurique concentré .... 100 parties.
(M. SOUBEIRAN.)
On introduit dans la cornue un thermomètre que l’on maintient à lùO0 pendant la durée de l’opération. Le même acide sulfurique peut servir pendant plusieurs jours à la conversion de l’alcool en éther.
L’éther qui a distillé est mêlé d’eau, d’alcool, d’une petite quantité d’huile douce de vin, d’acide sulfurique et d’acide sulfovinique. On le met en digestion pendant vingt-quatre heures avec une dissolution de potasse ou de soude caustique, eu ayant soin d’agiter de temps en temps le mélange. L’éther vient surnager la dissolution alcaline, et on le rectifie par une ou par deux nouvelles distillations sur de la chaux vive.
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Quand on 11e veut préparer qu’une petite quantité d’étlier à la fois, on peut employer une simple cornue de verre communiquant à un récipient qu’on a soin de maintenir constamment froid, à l'aide d’un courant d’eau de puits.
Théorie rie r éthérification.
La transformation de l’alcool en éther est restée longtemps inexpliquée. Ces deux composés ne différant entre eux que par les éléments de 1 équivalent d'eau, on a d’abord pensé que l’acide sulfurique, en réagissant sur l’alcool, éliminait simplement 1 équivalent d’eau :
C4H602 — HO — CffJ50.
Alcool. Ether.
L’affinité de l'acide sulfurique pour l’eau était considérée comme la cause déterminante de cette réaction ; mais en remarquant que la présence d’une quantité d’eau assez considérable ne s’opposait pas à la formation de l'éther, et que I on retrouvait de l’eau dans les produits de la distillation, M. Mitscherlich a émis l’opinion que l’acide sulfurique agissait sur l’alcool comme le platine divisé sur un mélange d’oxygène et d’hydrogène. L’éthérification pour ainsi dire indéfinie de l’alcool aqueux par une même quantité d’acide sulfurique, et la production de certains éthers composés, comme l’éther butyrique, sous l’influence du même acide étendu d’une grande quantité d’eau, semblaient confirmer cette opinion.
Les recherches successives de MM. Gerhardt et Williamson , dont voici le résumé, ont jeté un jour nouveau sur la théorie de l’éthérification, et ont permis de se rendre compte de ce phénomène sans faire intervenir la force catalytique.
Une série de déductions et d’expériences, dans le développement desquelles nous 11’entrerons pas ici (1), a conduit M. Gerhardt à représenter les combinaisons par 2 volumes de vapeur et, par conséquent, à dédoubler les formules d’un grand nombre de corps : la formule de l’alcool, correspondant à h volumes de vapeur , est devenue C2H60, tandis que celle de l’éther, qui représente seulement 2 volumes de vapeur, n’a pas été changée.
M. Gerhardt, ne pouvant plus alors considérer l'éther comme le produit de la déshydratation de l’alcool, a donné au phénomène de l’ éthérification une interprétation toute différente, que nous allons exposer, en conservant les formules particulières à ce chimiste :
Lorsqu’on fait réagir l’acide sulfurique SLPO4 sur l’alcool C2H60, il se forme d’abord de l’acide sulfovinique C2Rr’S04, puis sous la double in-
(1) Gerhardt, Revue scientifique, t. X, Précis de chimie organique ; introduction à V étude de la chimie.
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fluence de l’eau et de la chaleur , 2 molécules de ce dernier acide se décomposent en éther et en acide sulfurique :