FABRICATION DES BOUCHES A FEU
Le bronze des canons est toujours un alliage de cuivre et d’étain. Pour les canons de 8 et au-dessous, l’alliage est formé de 100 de cuivre et de 8 d’étain; les pièces de 12 et au-dessus sont faites avec un bronze qui contient 100 de cuivre et 11 d’étain.
Les fondeurs de canons emploient différents métaux qui portent les
CUIVRE
noms de métaux neufs , de vieux bronze , et de bronze de fabrication. Les métaux neufs sont le cuivre et l’étain du commerce ; le vieux bronze se compose de bouches à feu hors de service ; le bronze de fabrication comprend tous les débris qui proviennent des ateliers d’une fonderie.
Les différentes matières qui doivent former le bronze des canons se mélangent en général dans les proportions suivantes :
Pour 1000 kilogrammes de bouches à feu terminées, on emploie :
222 cuivre neuf;
33 étain neuf;
80Zi vieilles pièces ;
1162 bronze de fabrication.
2221 bronze mis en fonte.
Le cuivre employé doit être d’une grande pureté ; aussi chaque fonderie est-elle munie d’un fourneau d’affinage pour purifier les cuivres du commerce.
L’étain doit être également aussi pur que possible ; on donne la préférence à ceux de Banca et de Cornouailles. On évite avec soin la présence du plomb et surtout celle de l’arsenic.
Pour enlever le plomb contenu dans l'étain , on a recours à la liquation : cette opération est fondée sur la fusibilité des alliages de plomb et d’étain , qui est plus grande que celle de l’étain pur ; on chauffe l’étain à une température ménagée , l’alliage s’écoule , et l’étain reste sous forme solide.
La confection des moules est d’une grande importance dans la fabrication des bouches à feu ; on a recours ordinairement au moulage en terre.
Le bronze est fondu en général dans des fourneaux à réverbère dont la sole est circulaire.
On doit conduire le feu de manière à éviter toute flamme oxydante , qui altérerait rapidement l’étain et modifierait les proportions de Lainage.
Pendant les premières heures , le feu est mené avec modération, afin d’échauffer la sole par degrés ; vers la sixième ou la septième heure, le bronze est en fusion. Alors on brasse vivement la matière avec des perches de bois , qui en brûlant produisent une grande quantité de gaz qui ont pour effet de mélanger intimement le cuivre et l’étain et de réduire les oxydes.
Les ouvriers enlèvent toutes les scories qui ont pu se former à la surface du métal ; le bain est porté à la température la plus élevée que puissent produire les fourneaux , et l’on procède à la coulée.
Les canons se coulent en siphon ; c’est-à-dire que le canal de coulée arrive jusqu’à la partie inférieure du moule ; le métal en fusion remplit ainsi peu à peu le moule et chasse l’air devant lui : le moule est plus