WOLFRAM
On n’a rencontré ce corps jusqu’à présent que dans les terrains primitifs et accompagnant presque toujours les minerais d’étain. Il se trouve principalement en Saxe, en Suède, en Espagne et en France, dans les environs de Limoges.
Le wolfram de la Haute-Vienne a pour formule : (Fe0,Tu03)3, (MnO,Tu03), et celui de Zinnwald : (Fe0,Tu03)2,(Mno,TuQ3)3. Ils contiennent l’un et l’autre une petite quantité de chaux et de magnésie.
La composition du wolfram est assez variable. Le wolfram de Glazebach et celui de Pfaffenberg (Harz) sont représentés par (Fe0,Tu03)\
ÀMIDO-AZOTURES de tungstène.
(MnO,Tu03) ; celui de Meiseberg a pour formule: (Fe0,Tu03)5, (MnO,Tu03). (M. Schneider.)
Le wolfram se présente en gros cristaux, d’un brun noir éclatant, à cassure lamelleuse, dont la forme primitive est un prisme rhomboïdal oblique de 101°, dont la base fait avec les faces un angle très voisin d’un angle droit, de 91° 33'. (M. Descloizeaux.)
Sa densité est 7,333. L’eau régale l’attaque assez facilement, et en sépare l’acide tungstique sous la forme d’une poudre jaune. Fondu avec les alcalis ou les carbonates alcalins, le wolfram est décomposé et donne une dissolution qui laisse précipiter par les acides de l’acide tungstique hydraté.
Le wolfram de Limoges fournit les 3/4 de son poids environ d’acide tungstique.
BICHLORURE DE TUNGSTÈNE. TuCl2.
Le bichlorure de tungstène est solide, cristallin, d’un rouge foncé, très fusible et volatil à une température élevée. Il est décomposé par l’eau en acide chlorhydrique et en oxyde de tungstène d’un brun violacé.
On prépare le bichlorure de tungstène en chauffant le tungstène métallique dans un courant de chlore.
PERCHLORURE DE TUNGSTÈNE. TllCI3.
Ce composé ressemble beaucoup au bichlorure ; on l’obtient, mélangé avec ce dernier composé, quand on chauffe le sulfure de tungstène dans un courant de chlore.
On obtient un oxychlorure de tungstène Tu02Cl, sous la forme de paillettes blanches, très volatiles et d'une odeur piquante, en chauffant de l’oxyde de tungstène dans un courant de chlore. Le brome forme un composé analogue Tu02Br, dans les mêmes circonstances.
ÂilHDO-AZOTURES DE TUNGSTÈNE.
Quand on soumet le bichlorure de tungstène à l’action d’un courant d’ammoniaque, tout le chlore qu’il contient passe à l’état de chlorhydrate d’ammoniaque, qu’on peut séparer entièrement par volatilisation en chauffant légèrement à la fin de l’opération. Le bichlorure de tungstène se transforme ainsi en un corps noir, qui dégage de l’ammoniaque quand on le chauffe au contact de l’air, et s’enflamme en se changeant en acide tungstique. Ce composé est une combinaison d’azoture et d’amidure de tungstène (TuAz)2,TuAzH2. If résiste à l’action des acides et des alcalis en dissolution; mais il est attaqué par la potasse en fusion, qui forme avec lui du tungstate de potasse en dégageant de l’ammoniaque et de l’hydrogène.
Quand on chauffe ce composé au rouge naissant dans un courant d’hydrogène, il perd l équivalent d’azote à l’état d’ammoniaque et se change en un corps grisâtre représenté par Tu2Az TuAzH2. Ce composé, de même que le précédent, donne un résidu de tungstène métallique quand on le soumet à l’action d’une forte chaleur. (M. Woehler.)
OXY-AïUIDO-AÆOTURE DE TUNGSTÈNE.
L’acide tungstique, chauffe dans un courant d’ammoniaque jusqu’à ce qu’il devienne légèrement incandescent, se change en un corps noir, d’un aspect demi-métallique, dont la composition peut être représentée par (TuAz)3,Tu2AzH2,2Tu02. La chaleur le décompose en dégageant de l’ammoniaque; il résiste à Faction des acides et des alcalis; il brûle avec éclat quand on le chauffe au contact de l’air ; le minium et l’oxyde de cuivre l’oxydent aisément, il est complètement ramené à l’état métallique quand on le chauffe dans un courant d’hydrogène.
On obtient un composé noir qui paraît identique avec le précédent, «quand on chauffe à une température élevée un mélange de tungstate de potasse et d’un grand excès de chlorhydrate d’ammoniaque , qu’on recouvre d’une couche de chlorure de potassium. Le produit de cette opération est traité par l’eau, puis par une dissolution faible de potasse qui dissout du tungstate acide de potasse. Le résidu noir, ainsi obtenu, contient de l’azote et de l’hydrogène ; il se transforme en tungstène métallique pur quand on le chauffe au rouge blanc. Ce composé avait d’abord été décrit comme du bi-oxyde de tungstène. (M. Woehler.)
SULFURES DE TUNGSTÈNE. TuS2 — TuS3.
Les sulfhydrates de sulfures dissolvent l’acide tungstique; lorsqu’on sursature cette dissolution par un acide, il s’en sépare un précipité brun qui est le sulfure TuS3, correspondant par sa composition à l’acide tungstique TuO3.
Exposé à une chaleur rouge, ce persulfure se décompose et laisse pour résidu un sulfure TuS2, qu’on peut aussi préparer en calcinant fortement un mélange de 1 partie d’acide tungstique et de 6 parties de cinabre.
PHOSPHURES DE TUNGSTÈNE.
Quand on chauffe du tungstène métallique en poudre fine dans un courant de vapeur de phosphore, ces deux corps se combinent directement, et l’on obtient un phosphore de tungstène pulvérulent et de couleur grise, dont la composition est représentée par Tu3Ph2.
PHOSPHORES DE TUNGSTENE,
Lorsqu’on maintient pendant une heure à la température d’un feu de forge, et dans un creuset brasqué, un mélange d’acide tungstique et d’acide phosphorique, on obtient de gros cristaux prismatiques d’un gris d’acier et d’un éclat métallique. La densité de ces cristaux est représentée par 5,207 ; ils ne sont attaqués par aucun acide et résistent à l’action de l’eau régale. Leur composition correspond à la formule Tu4Ph.
(M. Wright.)
MOLYBDÈNE.
Équivalent : Mb — 575,83.
Historique.
L’acide molybdique fut préparé, pour la première fois, par Schéele, en 1778, au moyen du sulfure de molybdène natif, qu’on avait confondu jusqu’alors avec la plombagine. Scliéele démontra que ce minéral contient du soufre, et obtint un acide métallique particulier, d’où le molybdène fut retiré quelques années plus tard par Hielm et par Pelletier. Le molybdène fut ensuite étudié par Bucholz, Berzelius, etc.
Propriétés.
Le molybdène est blanc, il a l’apparence de l’argent mat, et peut être poli. Sa densité est 8,615. Il entre difficilement en fusion; on l’obtient cependant en culot : exposé à l’air, il éprouve une oxydation superficielle; si on le chauffe au rouge, il passe d’abord à l’état d’oxyde brun, et devient ensuite bleu ; à une température plus élevée, il se transforme en cristaux blancs d’acide molybdique.
L’acide azotique attaque vivement le molybdène, et le change en acide molybdique.
L’acide sulfurique concentré agit sur le molybdène, à l aide de la chaleur et dégage de l’acide sulfureux.
Les acides chlorhydrique, phosphorique et fluorhydrique sont sans action sur ce métal. L’eau régale le dissout aisément.
La potasse n’attaque le molybdène que très difficilement, même par voie de fusion; le nitre le transforme rapidement en molybdate de potasse, à l’aide de la chaleur.
On prépare le molybdène en réduisant l’acide molybdique, par le charbon ou l’hydrogène, à une température rouge.