PROTOXYDE DE MERCURE
: Les métaux étrangers passent en quantité notable à la distillation, de sorte que cette opération n’est utile que pour purifier du mercure très impur; le plus souvent on purifie le mercure sans le distiller, en l’agitant simplement avec de l’acide azotique étendu qui dissout les métaux et les oxydes qu’il peut tenir en dissolution ; on laisse agir l’acide au moins pendant vingt-quatre heures ; il se produit d’abord de l’azotate de mercure qui est décomposé par les métaux étrangers : ces métaux entrent alors en dissolution et le mercure se précipite. Le mercure peut aussi être débarrassé de l’étain avec lequel il est quelquefois mêlé, en le faisant chauffer légèrement avec de l’acide chlorhydrique du commerce, qui dissout l’étain sans attaquer le mercure.
On distille en général le mercure dans les bouteilles de fer forgé qui servent à transporter ce métal, et qui dans ce cas font l’office de cornues; la bouteille communique avec un récipient au moyen d’un canon de fusil courbé. Dans les laboratoires, cette distillation se fait souvent dans des cornues de verre ordinaire.
La présence de certains métaux, comme le plomb, l’étain, retarde beaucoup la distillation du mercure, tandis que d’autres métaux, comme le platine, paraissent l’accélérer (M. Millon). Les métaux qui retardent la distillation du mercure sont les métaux oxydables, comme le plomb et l’étain, qui viennent former une pellicule d’oxyde à la surface des bains métalliques; les premières bulles de vapeur qui se forment traversent difficilement cette pellicule ; une couche d’huile ou d’une matière résineuse agit de la même manière. (M. Barreswil.)