‹ Traité de chimie générale [electronic resource]Chapitre 200 sur 369 · ARGENT ET FER · texte numérisé non relu

ARGENT ET FER

Ces deux métaux se combinent ensemble assez difficilement; et, sous ce rapport, l’argent diffère de l’or, qui a une affinité assez grande pour le fer. Il paraît cependant que l’intervention du carbone ou du silicium facilite la combinaison de f argent avec le fer, car on a préparé des aciers damassés en fondant de l’acier avec 1/500 de son poids d’argent. (MM. Faraday et Stodart.)

ESSAIS D’ARGENT FAR LA COUFEI.I.ATIODT.

Les alliages d’argent et de cuivre peuvent être analysés par la voie sèche ou par la voie humide.

La détermination de l’argent par la voie sèche porte le nom de coupellation, parce que l’expérience se fait dans une espèce de petite coupe ou coupelle.

Cette opération est fondée sur la propriété que possède l’argent, d’être inoxydable et à peu près fixe à une température rouge, tandis que le cuivre s’oxyde, surtout à la faveur du plomb, et passe dans la coupelle, sur laquelle l’argent, au contraire, s’arrête comme sur un filtre.

Les coupelles sont faites avec des os calcinés au contact de l’air et réduits en poudre fine. Cette cendre est mêlée avec de l’eau; on en forme une pâte molle, qu’on comprime dans un moule, et qu’on dessèche ensuite. Les coupelles sont blanches, légères, poreuses et très friables ; elles peuvent absorber facilement leur propre poids de litharge.

Pour déterminer l’oxydation du cuivre et obtenir un bouton d’argent pur, il est nécessaire d’ajouter du plomb à l’alliage. La proportion de ce métal doitaugmenter avec celle du cuivre de l’alliage. Avant de procéder

à une analyse définitive, on doit donc déterminer d’une manière approximative le titre de l’alliage. Ce titre, en général, est connu d’avance, à quelques millièmes près, car on sait si la matière à analyser est une monnaie, une médaille, un bijou, etc. ; mais, dans tous les cas, on peut déterminer approximativement ce titre par un procédé rapide : on passé à la coupelle ÜS' ,100 d’alliage avec 1 gramme de plomb, et au bout de quelques minutes on obtient un bouton dont le poids donne, àl ou 2 centièmes, le titre cherché. On juge d’après cet essai préliminaire de la quantité de plomb qu’il faut ajouter à l’alliage pour le côupeller dans les meilleures conditions possibles.

L’essai se fait ordinairement sur 1 gramme d’alliage; le nombre de milligrammes qui représente le poids du bouton de retour indique donc le titre de l’alliage en millièmes. Un bouton du poids de 900 milligrammes représente un alliage cà900 millièmes.

La table suivante donne les quantités de plomb nécessaires pour passer à la coupelle les differents alliages de cuivre et d’argent :

Titres

Plomb nécessaire à la coupellation

de l’argent.

de 1 gramme d’alliage.

Argent

1 lx

ZlOO . .

/ 16 à 17 grammes

Cuivre pur

(M. d’Arcet.)

Supposons qu’on ait à faire l’analyse d’un alliage au titre approximatif de 900 millièmes, d’une monnaie, par exemple. On pèse 7 grammes de plomb, quantité indiquée dans le tableau. On porte ce métal dans une des coupelles qui sont rangées dans un moufle, et que l’on a chauffées à une température d’un rouge vif (voy. le fourneau de coupelle, pl. XXV, fig. 6, 7, 8 et 9). Lorsque le plomb est fondu et découvert , c’est-à-dire lorsqu’il est devenu brillant, on introduit dans la coupelle, avec une pincette légère et élastique, 1 gramme d’alliage enveloppé dans un petit morceau de papier ou dans une feuille de plomb; il entre bientôt en fusion, et la petite masse liquide, dont la surface est d’abord à peu près plane, devient peu à peu convexe; elle se recouvre de gouttelettes d’apparence oléagineuse, qui sont de l’oxyde de plomb fondu ; ces gouttelettes sont rapidement absorbées par la coupelle et remplacées aussitôt par d’autres. Des fumées s’élèvent de la surface du liquide, serpentent dans l’intérieur du moufle , et sortent bientôt pour se répandre au dehors.

Cette fumée est produite par du plomb en vapeur qui brûle au contact de l’air. A mesure que Y œuvre s’arrondit, les points brillants sont agités d’un mouvement plus rapide. Lorsqu’on juge que le volume de l’alliage a été réduit à peu près aux 2/3, on rapproche la coupelle du bord du moufle; les points brillants disparaissent bientôt, et sont remplacés par des bandes irisées, qui sont produites par des couches très minces d’oxyde de plomb.

On rapproche la coupelle du bord du moufle, parce qu’à ce moment une haute température serait nuisible. Le bouton se fixe et devient terne :

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