ESSAIS D’ARGENT PAR LA COUPELLATION
il sc voile; puis tout d’un coup il jette une vive lumière : on dit alors qu’il a produit l’ éclair ; il redevient terne aussitôt et se solidifie.
Si ce refroidissement avait lieu trop rapidement, Fessai rocherait , et il se produirait au-dessus du bouton une sorte de végétation.
Il ne reste plus qu’à enlever le bouton, le brosser et le peser.
On juge que l’essai est bon quand le bouton est peu adhérent au bassin de la coupelle , que sa surface extérieure est nette, grenue, d’un blanc mat, et que sa surface supérieure est brillante, bien bombée, sans aucune dépression ni saillie.
Le bouton a été trop chauffé, quand il présente une dépression ou une végétation ; il a été trop peu chauffé, quand il adhère fortement à la coupelle , que sa surface est terne , et son pourtour tranchant et à vive arête. Toutefois l’adhérence du bouton et son aplatissement peuvent aussi indiquer un défaut de plomb.
Il faut de grandes précautions et beaucoup d’habitude pour apprécier le titre d’un alliage d’argent par la coupellation. L’exactitude de l’opération est subordonnée à la température du fourneau. Trop de chaleur détermine une perte considérable d’argent par volatilisation et par imbibition dans la coupelle. Si la température est trop basse, il reste du plomb et du cuivre dans l’argent.
Tillet, membre de l’ancienne Académie des sciences et collaborateur de Lavoisier, a lait sur la coupellation des expériences nombreuses, dont nous allons rapporter les principaux résultats :
1° La coupellation donne quelques millièmes de moins pour le titre des alliages d’argent.
2° La perte provient de la volatilisation d e l’argent et de son imbibition dans la coupelle.
3° Le bouton n’est pas de l’argent pur ; il contient du plomb et du cuivre. En effet , l’analyse par la voie humide indique dans le bouton d’essai un titre compris entre 992 et 998 millièmes. Ce titre peut être évalué, en moyenne, à 996 millièmes. Les boutons d’essai contiennent donc k millièmes de métaux étrangers.
h° On observe une diminution du poids du même bouton par chaque nouvelle coupellation.
5° La diminution du poids du bouton cesse d’augmenter avec la proportion de plomb , lorsque le poids de ce dernier métal est à peu près 30 fois plus considérable que celui de l’argent ; dans la coupellation , la perte d’argent est donc nulle pendant tout le temps où le plomb est à l’argent dans le rapport de 30 : 1 .
6° Il faut d’autant plus de plomb pour coupeller les alliages d’argent, que ces alliages contiennent plus de cuivre.
Cependant cette observation n’est applicable qu’aux alliages dont le titre dépasse 500 millièmes. Le cuivre qui ne contient que quelques
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ARGENT
millièmes seulement d’argent n’exige pas plus de plomb pour être essayé à la coupelle qu’un poids égal d’un alliage à 500 millièmes. (Voy. cidessus le tableau des quantités de plomb employées pour la coupellation des alliages d’argent et de cuivre.)
M. d’Arcët a confirmé et étendu les expériences de Tillet.
M. Chaudet a vérifié, de son côté, l’exactitude des résultats signalés en 1727 par Dufay, sur la propriété que présente le bismuth de pouvoir servir, comme le plomb , à la coupellation , et il a dressé une table indiquant les meilleures proportions de bismuth qu’il faudrait employer pour affiner l’argent à divers titres. Ces recherches ii’ont reçu jiisqu’à présent aucune application .
M. Levol, dans un travail sur les phénomènes de \ éclair et du rochage , a fait connaître plusieurs faits qui intéressent l’art de l’essayeur. Il a constaté qu’une partie du cuivre provenant des alliages passés à la coupellation se retrouve dans les coupelles à l’état de protoxyde ; comme il est nécessaire que les oxydes soient liquéfiés pour pénétrer dans l’intérieür des coupelles , et que les oxydes infusibles, tels que ceux d’étain , de zinc, de nickel , etc., restent entièrement à leur surface, M. Levol pense que le cuivre he pénètre pas dans la coupelle à l’état de bi-oxyde de cuivre, qui est réfractaire , mais à l’état de protoxyde.
On admettait généralement que le phénomène de l’éclair était dû au dégagement de chaleur produit au moment oü l’argent passe de l’état liquide à l’état solide ; mais on pouvait objecter à cette interprétation , que l’éclair cesse de se montrer dans des alliages élevés en titre , et que d’ailleurs la solidification du bouton ne coïncide pas toujours avec l’éclair.
M. Levol a expliqué d’une manière beaucoup plus satisfaisante le phénomène de l’éclair en admettant que l’argent, en passant à l’état solide, abandonne l’oxygène qu’il tenait en dissoliitioh, et que ce gaz est subitement absorbé par lè protoxyde de cuivre contenu dans la coupelle sur laquelle repose l’argent. C’est au changemeiit d’état de l’oxvgène qui abandonne un liquide pour se fixer sur un corps solide, et à l’actiôii chimique qui l’accompagne , que M. Levol attribue le dégagement de chaleur, et par suite la lumière qui constitue l’éclair.
Si l’essai de l’argent fin ne donne pas lieu à une émission subite de lutriièfe, c’est que l’oxygène dissous par le métal en fusion ne trouve pas de protoxyde de cuivre qui puisse l’absorber, et qu’il passe sous forme gazeuse dans l’atmosphère ; dans ce cas, au lieu de dégager de la chaleur, l’oxygène doit en prendre au bouton.
Le rochage est produit par l’oxygène qui se dégage de l’argent au moment de la solidification de ce métal , et qui projette une certaine quantité de la masse liquide.
La présence de l’or n’empêche pas la dissolution de l’oxygène dans