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SESQUI-OXYDE DE TITANE

PROTOXYDE DE TITANE. TiO.

Ti 314,70 75,88

Cet oxyde est d’un noir luisant ; il est infusible aux températures les plus élevées ; il se change par le grillage en acide titanique; il se dissout lentement dans les acides et se combine avec les alcalis. Son hydrate est d’un beau bleu ; il absorbe très rapidement l’oxygène, et se change en acide titanique. Il décompose l’eau, même à la température ordinaire.

Le minéral que l’on nomme anatase paraît être du protoxyde de titane; il cristallise en octaèdres à base carrée d’une densité égale à 3,85. Cependant quelques minéralogistes le considèrent comme de l’acide titanique.

L’oxyde de titane présente au chalumeau des réactions caractéristiques. Lorsqu’on le chauffe avec du borax ou du sel de phosphore, il donne un verre d’abord incolore et qui , dans la flamme intérieure , devient d’un beau violet améthyste.

C’est à la présence du protoxyde de titane qu’on doit attribuer la couleur bleue que présentent les scories de certains hauts fourneaux et les moufles d’argiles réfractaires dans lesquels on traite les minerais de zinc en Silésie. (M. Kersten. )

Préparation.

On prépare le protoxyde de titane en chauffant l’acide titanique avec du potassium ou en réduisant l’acide titanique par le charbon ; mais alors il se forme toujours un mélange de titane métallique et d’oxyde.

SESQUI OXYDE DE TITANE. Ti203.

Ti2

L’ammoniaque, la potasse et la soude produisent dans une dissolution de sesquichlorure de titane un précipité gélatineux, brun foncé, qui est de l’hydrate de sesqui-oxydc de titane : Ti203,H0. Ce précipité absorbe l’oxygène de l’air, devient noir, puis bleu , et enfin tout à fait blanc : il est alors changé en acide titanique.

L’acide titanique exposé, à une haute température, à l’action d’un

TITANE

courant d’hydrogène sec et bien privé d’air, laisse une poudre noire de sesqui-oxyde de titane.

Lorsqu’on plonge une lame de zinc dans le bichlorure de titane , la liqueur se colore d’abord en bleu foncé, puis en pourpre, et laisse bientôt déposer une poudre violette, qui paraît être du sesqui-oxyde de titane. Ce composé se transforme facilement à l’air en acide titanique.

Le sesqui-oxyde de titane s’unit aux acides, et forme des sels qui ont été jusqu’à présent peu étudiés.

ACIDE TITANIQUE, TiO2.

Ti 3i/i,7ü 61,15

L’acide titanique doit être considéré comme un véritable acide; il ne fonctionne dans aucun cas comme une base saliliable. (M. H. Rose.)

Cet acide prend une teinte jaune quand on le chauffe, et redevient blanc par le refroidissement ; il est infusible, fixe, indécomposable par la chaleur, insoluble dans l’eau; il rougit la teinture de tournesol. Sa densité est égale à 3,791.

L’acide titanique est ramené à l’état de protoxyde de titane par l’action du potassium. Le charbon le réduit complètement ; l’hydrogène et l’acide sulthydrique ne l’altèrent pas.

L’hydrate d’acide titanique, que l’on obtient en décomposant un titanate par un acide énergique est blanc et gélatineux comme l’alumine ; il reste longtemps en suspension dans l’eau, et passe à travers les filtres, à moins que la dissolution ne contienne du sel ammoniac ; il se dissout dans quelques acides, et perd cette solubilité lorsqu’il a été calciné ou seulement desséché : toutefois l’acide sulfurique concentré et bouillant dissout facilement l’acide titanique qui a été chauffé, même au rouge.

L’acide titanique présente une certaine analogie avec l’acide stannique ; ces deux acides se trouvent, dans la nature, cristallisés sous les mêmes formes.

Quand on fait passer dans un tube de porcelaine chauffé au rouge un courant de vapeurs d’eau et de perchlorure de titane, on obtient de l’acide titanique en petits cristaux identiques avec ceux d’une variété d’acide titanique natif (brookite) ; ces cristaux sont isomorphes avec les cristaux d’acide stannique produits dans les mêmes circonstances. (M. Daubrée.)

On obtient des cristaux d’acide titanique, dont les propriétés sont identiques avec celles du rutile, quand on maintient à la haute température d’un four à porcelaine un mélange de 1 partie d’acide titanique et de U à

acide titanique.

5 parties de phosphate de soude et d’ammoniaque Les cristaux ainsi produits ont souvent plus de 1 centimètre de longueur; ils sont transparents et d’un jaune d’or; leur densité est égale à à, 283. (Ebelmen.)

Prépara S2®ii3

Le rutile peut être considéré comme de l’acide titanique presque pur ; plusieurs méthodes ont été indiquées pour en extraire cet acide, nous en ferons connaître seulement deux qui nous paraissent devoir être préférées à toutes les autres.

1° Pour rendre le rutile attaquable par les acides , on le pulvérise et on le fait fondre avec 2 parties de potasse au creuset d’argent, ou au creuset brasqué avec 2 parties de carbonate de potasse; on peut également chauffer le rutile avec son poids de chlorure de baryum , dans un creuset brasqué, à la température d’un essai de fer.

Lorsqu’on a employé le chlorure de baryum, qui a l’avantage de ne pas introduire dans la liqueur un alcali dont on se débarrasse difficilement, on reprend la masse par l’eau, qui enlève l’excès de chlorure de baryum, et l’on traite le résidu par l’acide sulfurique : cet acide dissout l’acide titanique ; on fait alors passer dans la liqueur un courant d’acide sulfhydrique pour précipiter l’étain, et l’on ajoute à la dissolution filtrée de l’ammoniaque qui forme un dépôt d’acide titanique coloré par du sulfure de fer. La liqueur est alors abandonnée au repos ; on la décante, puis on la remplace par une dissolution d’acide sulfureux qui dissout le sulfure de fer en le faisant passer à l’état d’hyposulfite, et laisse l’acide titanique parfaitement blanc . ( M . Be rth i e r .)

2° On peut retirer du fer titané ou du rutile de l’acide titanique complètement exempt de fer en employant la méthode suivante :

Le rutile ou le fer titané finement pulvérisé est fondu avec deux fois son poids de carbonate de potasse. La masse, refroidie et réduite en poudre, est traitée par l’acide fluorhydrique étendu ; il se dépose du fluotitanate de potassium , composé peu soluble qu’on redissout dans l’eau bouillante et qu’on purifie par plusieurs cristallisations. La dissolution bouillante de ce sel est ensuite décomposée par l’ammoniaque ; i! se forme un précipité blanc de titanate d’ammoniaque qui donne par la calcination de l’acide titanique parfaitement pur.

Les eaux mères du fluotitanate de potassium contiennent du fer que Bon peut éliminer en le faisant passer à l’état de peroxyde au moyen du chlore et le précipitant à froid par l’ammoniaque. Le fluotitanate de potassium n’est précipité qu’à l’aide de la chaleur; eu filtrant la dissolution, on obtient ce sel exempt de fer et on le transforme en acide titanique , comme ci-dessus. ( M. Wqehler. )

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