‹ Traite de chimie generale elementaireChapitre 113 sur 172 · C40 H10 0* = C34 H3' 0* + C6 H8 O6 - 2 HO · texte numérisé non relu

C40 H10 0* = C34 H3' 0* + C6 H8 O6 - 2 HO

La trimargarinc parait se former en chauffant à 270 degrés, pendant quelques heures, un mélange de monomargarine et d'acide margarique en excès. Ce composé fond à 60 degrés et se solidifie à 52. L'oxyde de plomb le décompose par ébullition avec de l'eau en régénérant de l'acide margarique et de la glycérine.

Sa composition est exprimée par la formule

C'08 H,0*O,2 = 3( C31 H34 0* ) -h Cfi H8 0e - 6 HO.

STÉARINES.

§ 1371. On rencontre dans un grand nombre de matières grasses appartenant soit au règne animai, soit au règne végétal, un pro-

4o6 STÉARINES.

duit qu'on désigne sous le nom de stéarine; c'est surtout au suif de bœuf eu de mouton qu'on a recours pour la préparation de cette substance.

Pour préparer la stéarine, on prend le suif, matière solide, fusible à une température peu élevée, dans lequel se rencontre en outre de la margarine et de l'oléine. On le dissout d'abord dans l'élher, qui s'empare de l'oléine, et le résidu solide de stéarine mêlé des deux autres substances est dissous à chaud dans l'alcool. L'alcool s'empare de l'oléine, de la margarine, et aussi d'un peu de stéarine. Par ces dissolutions on purifie la stéarine, mais on ne l'obtient pas exempte de touto matière étrangère, car la stéarine, l'oléine et la margarine ont des propriétés qui les rapprochent tellement, qu'il est impossible de les séparer d'une manière complète.

La stéarine fond à 45 degrés. Abandonnée au refroidissement, elle se prend en une masse solide qui diffère du suif en ce qu'elle a une assez grande tendance à la cristallisation et en ce qu'elle est un peu cassante comme la cire. La stéarine est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool à chaud, mais non à froid. Le véritable dissolvant de cette substance est l'éther.

La stéarine cristallise en paillettes nacrées dépourvues de saveur et qui se laissent facilement réduire en poudre. On peut la distiller sans décomposition dans le vide barométrique; à l'air, elle se décompose sans noircir en donnant de l'acroléine, des hydrocarbures et de l'acide stéarique.

Suivant M. Duffy, le point de fusion du même échantillon de stéarine présenterait des variations fort remarquables qui conduisent à admettre pour ce corps autant de modifications physiques. Ce chimiste a reconnu trois modifications distinctes qui fondent aux températures de 63, 66 et 69 degrés.

11 existe, en outre, de légères différences entre les densités de ces trois modifications.

M. Berthelot a reproduit artificiellement la stéarine par l'union directe de ses parties constituantes, en opérant dans des tubes scellés à la lampe et en faisant intervenir une température plus ou moins élevée. Il a ainsi obtenu la monostéarine, la distéarine et la tristéarine. Cette dernière est identique avec la stéarine naturelle.

STÉA1UNES. 407

La monostéarine s'obtient en chauffant à .200 degrés pendant

trente-six heures, en vases clos, parties égales de glycérine et d'acide stéarique. Le résidu, traité par un mélange d'élher et de chaux éteinte, cède à cette dernière l'acide stéarique qui n'a pas réagi, tandis que l'éther dissout la matière grasse neutre qui s'est formée. Il suffit de soumettre ce liquide à l'évaporation pour obtenir la monostéarine à l'état de pureté.

Ce produit fond à 61 degrés et se solidifie à Go degrés, en formant une masse dure et cassante analogue à la cire.

La monosléarine distille sans s'altérer dans le vide barométrique. Distillée au contact de l'air, elle se décompose avec production d'acide stéarique et d'acroléine. Chauffée sur une lame <3c platine, elle commence à se volatiliser, jaunit, puis prend feu et brûle avec une flamme blanche très-éclairanto, en laissant un charbon qui brûle aisément et sans résidu.

L'oxyde de plomb la saponifie complètement en quelques heures avec le concours de l'eau, en régénérant l'acide stéarique et la î'ycérine.

Maintenue pendant quelques jours à 100 degrés dans un tube dos avec de l'acide chlorhydrique, la monostéarine se dédouble en acide stéarique et en glycérine.

La composition de la monostéarine est exprimée par la formule I c„ H« o* = C3c H3c o< -f- C3 H8 0e - 2 HO.

La distcarinc s'obtient :

i°. En maintenant à 100 degrés, pendant plusieurs jours, un mélange de parties égales de glycérine et d'acide stéarique;

ï". En chauffant ce mélange à 275 degrés pendant sept heures;

3°. En chauffant à 260 degrés pendant trois heures 1 partie de . raonosléarine et 3 parties d'acide stéarique;

4°. Enfin, en chauffant à 200 degrés pendant vingt-quatre heures k stéarine naturelle avec un excès de glycérine.

Quelle que soit la méthode employée pour sa préparation, c'est matière neutre, blanche, cristallisant sous le microscope en «tes obliques, aplaties, biréfringentes. Elle fond à 58 degrés, ;| *e solidifie à 55 degrés en une masse dure et cassante, sem- ,iaWe à de la cire. Distillée au contact de l'air, elle se décompose n donnant, de l'acide stéarique et de l'acroléine.

408 OLÉINES.

L'oxyde de plomb la saponifie complètement dans l'espace de quelques heures à la température de 100 degrés. Sa composition est exprimée par la formule

C78 H78 0" = 2 (C3C H36 0< ) -h Cfl H" 0* - 2 HO.

La trhtèarine s'obtient en chauffant la monostéarine à 270 degrés pendant trois heures avec i5 ou 20 fois son poids d'acide stéarique. Il y a élimination d'eau, qui se condense à la partie supérieure du tube. On sépare ce composé de l'excès d'acide stéarique en traitant le résidu par la chaux éteinte et l'éther.

M. Berthelot s'est assuré par des expériences multipliées de l'identité complète de cette substance avec la stéarine naturelle.

La composition de la tristéarine est exprimée par la formule

C, Il Hi ,0 Ql 2 = 3 ( C3C H3C Qi J + Q6 fl» Ç)6 — 6 HO.

OLÉINES.

§ 1372. On rencontre dans les huiles.grasses, à côté de la margarine, une substance liquide qui s'y trouve quelquefois en quantité considérable.

On a proposé diverses méthodes pour l'extraction de cette ubstance : mais aucune d'elles ne permet de l'obtenir à l'état de pureté. Ce composé jouissant, en effet, de la propriété de dissoudre la margarine, on ne parvient à l'en séparer qu'incomplètement par le froid; et comme, bien que l'alcool et les liquides analogues dissolvent l'oléine en plus forte proportion que la margarine, ils dissolvent néanmoins une certaine proportion de cette substance, on ne saurait parvenir à l'isoler par l'action des dis- , solvants.

L'oléine se saponifiant très-difficilement à froid par les lessives alcalines concentrées, tandis que la margarine et la stéarine se saponifient facilement dans ces circonstances, on peut, en agitant les huiles ou les graisses avec une dissolution concentrée de potasse ou de soude caustique, séparer l'oléine, mais non entièrement débarrassée des principes qui l'accompagnent.

Comme on n'a pu se procurer encore de l'oléine pure, la composition de cette substance nous est inconnue ; celle-ci fournissaitt néanmoins par la saponification de l'acide oléique et de la glycë-

BENZOYCINES. * 409

rine, on est en droit de supposer qu'elle possède une constitution analogue à celle des autres glycérides et que, comme eux, elle doit provenir de Faction de l'acide oléique sur là glycérine avec élimination d'un certain nombre d'équivalents d'eau. Ce qu'il y a de certain, c'est que tout récemment M. Berthelot, en faisant réagir en vase clos un mélange d'acide oléique et de glycérine, s'est procuré deux substances bien définies qu'il désigne soys les noms de monolêinc et dioléine, qui présentent la plus exacte ressemblance avec l'oléine naturelle et qui offrent comme elle cette résistance remarquable a la saponification.

La composition de ces corps est exprimée par les formules

Monoléine.... C"li"0" = C3CIFOs-j-C6H806 - 2HO, Dioléine C78H7tO,2 = 2C™ UM 0* -h C" HH O - 2 HO.

L'oléine naturelle et les oléines artificielles se décomposent à la distillation sèche, en fournissant, outre des produits gazeux, des hydrocarbures liquides, de l'acide sébacique et de l'acroléine.

L'acide sulfurique, au maximum de concentration, la dédouble en acides sulfoléiquo et sulfoglycérique.

L'acide nitreux la transforme en une substance isomère qu'on désigne sous le nom iïélaïdine.

§1373. Les huiles grasses siccatives renferment un glycéride liquide comme l'oléine, extrait de l'huile d'olive ou de l'huile d'amandes douces, mais qui en diffère complètement en ce qu'il jouit de la propriété de se résinifier rapidement au contact de l'air, et en ce qu'il demeure liquide lorsqu'on lui ajoule de l'acide hypoazotique. En outre, ces huiles siccatives fournissent par la saponification un acide entièrement différent de l'acide oléique et qui, de même que le glycéride, tend à se résinifier avec la plus grr.nde facilité. De là l'application de l'huile de lin et des différents produits analogues, soit dans la fabrication des vernis, soit dans la peinture à l'huile.

BENZOYCINES.

§ 137 i. M. Berthelot s'est assuré que lucide benzoïque, par sa réaction sur la glycérine, donne naissance à des résultats entièrement semb'ables aux précédents. Il a obtenu de cette façon deux m. 3j

410 % BENZOYCINES.

produits, Tun liquide, l'autre solide, et dont la composition est exprimée par. les formules

Monobenzoyeine. C ><\\"0* = C'H'O'-hC'H'O*- *HO, Tribenzoycinc. . . Cl8IPO"= 3CuHaO,-4-C°H,Os-GHO.

§ 1375. Ces synthèses de corps gras neutres, exécutées par M. Berthelot, d'une part, et la séparation des corps gras naturels, d'une autre part, en acides gras et glycérine avec fixation d'un certain nombre d'équivalents d'eau, établissent un rapprochement très-digne d'intérêt entre ces composés et les élhers, et viennent vérifier après plus de quarante années l'hypothèse remarquable établie par M. Chevreul dans le travail vérilablement classique qu'il a publié sur ces matières, et qu'on peut considérera juste titre comme le fondement do la chimie organique. En effet, ces deux sortes de composés se forment, par l'union directe des acides et de l'alcool, ou des acides et de la glycérine , avec séparation des éléments de l'eau. Dans les deux cas, les corps produits sont neutres, et les propriétés de l'acide qu'ils renferment sont entièrement masquées; en outre, ils reproduisent, par les procédés les plus variés, l'acide et l'alcool ou la glycérine, en fixant les éléments de l'eau.

L'action de l'ammoniaque change de môme en amides ces deux classes de corps.

De plus, des réactions directes et réciproques établissent l'équivalence de la glycérine et de l'alcool vis-à-vis des acides; on peut, en elfet, à volonté, soit décomposer certains élhers par la glycérine et produire un véritable corps gras, soit décomposer un corps gras neutre par l'alcool et former un éther.

Néanmoins, si la glycérine se rapproche de l'alcool par la nature des combinaisons auxquelles les acides donnent naissance dans leur contact avec cette substance, la formule de ces mêmes composés et de plus l'existence de plusieurs combinaisons neutres entre la glycérine et un mémo acide établissent entre la glycérine et l'alcool une différence entièrement comparable à celle que l'acide phosphorique et l'acide citrique présentent à l'égard des acides azotique et acétique. En effet, tandis que l'alcool ne forme qu'une seule série de combinaisons neutres avec les acides, la glycérine produit trois séries parfaitement distinctes.

BENZOYCINES. m 4"

La première de ces séries, qui comprendra monoacétine, la monobutyrine, la monostéarine, etc., correspond aux éthers par ses formules, et résulte comme eux de l'action réciproque de 1 l'acide et de la glycérine avec élimination de 2 équivalents d'eau.

La deuxième série, qui comprend la diacétine, ladibutyrine, etc., n'a point de Correspondants parmi les élhers.

Enfin la troisième série, qui résulte de l'union de 3 équivalents d'acide et de 1 équivalent de glycérine avec élimination de 6 équivalents d'eau, paraît identique avec les corps gras naturels dont les diflférens termes possèdent la composition et les propriétés.

Si nous admettons donc avec M. Wurtz que la glycérine dérive de 3 molécules d'eau dans lesquelles lo carburo d'hydrogène CfiH\ groupement triatomiquo, occupe la place de 3 molécules d'hydrogène, de telle sorte qu'on ait

II3 1

JJ3 j0« = H«0%

Kau.

Glycérine.

Ce produit deviendra dès lors un alcool tribasique, susceptible d'échanger tout ou partie de son hydrogène pour des groupements déterminés, et par suite capable de former avec un môme acide trois groupes d'éther définis, résultats qui ont été réalisés de la manière la plus heureuse et la plus féconde par M. Berthelot, et qu'on peut formuler de la manière suivante, en considérant simplement ici comme cas particuliers les chlorhydrines, les acétines et les stéarines :

l'r CROUPE.

H°cir'

II' groupe

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