FABRICATION DES BOUGIES
eaux provenant du lavage des laines, substances qu'on ne pourrait traiter par la première méthode.
On'introduit ces matières dans de grandes chaudières chauffées à la vapeur, en y ajoutant une quantité d'acide sulfurique concentré dont le poids varie de G à 1 5 pour 100, suivant la nature des corps gras dont on fait usage. La température du mélange est portée à plus de 100 degrés et l'opération prolongée pendant quinze à vingt heures. Au bout de ce temps, la matière, en partie saponifiée, se sépare et vient former une couche huileuse à la surface du liquide. On lave cette couche, puis on la soumet à la distillation dans do vastes alambics, sous l'influence d'un courant de vapeur d'eau qui traverse des tubes chauffés au rouge où elle est soumise à une température de 35o à 4po degrés. Cette vapeur surchauffée est injectée au fond do l'appareil distillatoire. où elle arrive par une espèce de pomme d'arrosoir qui sert à la diviser.
Les produits condensés se séparent ordinairement de l'eau d'une manière immédiate; quelquefois, néanmoins, ils sV émulsionnent pendant quelques instants.
Les premiers produits distillés sont ordinairement colorés par uno sorte d'écume qu'entraîne le courant de vapeur; ceux qui viennent ensuite sont complètement incolores. j
Dans la fabrique de M. Wilson, à Londres, les corps gras neutres sont soumis à la distillation, en présence d'un courant de vapeur d'eau surchauffée, sans intervention d'acide sulfurique. On recueille alors dans les récipients un liquide aqueux que surnage une matière huileuse. Cette dernière se concrète par le refroidissement. Quant à la liqueur aqueuse, elle retient en dissolution la glycérine, qu'on peut en séparer par Pévaporation. • Quelle que soit la méthode qu'on ait employée, le mélange d'acides gras est soumis à l'action de la presse, afin d'en séparer la majeure partie de l'acide oléique. Ce dernier est recueilli dans une cuve, où par un abaissement de température on obtient des dépôts de matière solide qui sont ajoutés aux acides gras provenant d'une autre fabrication.
La pression à froid étant terminée, on procède à une deuxième pression qui se fait cette fois à chaud dans une presse hydraulique horizontale, munie de plaques en fer forgé qu'on chauïïe au
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moyen de la vapeur. Cette deuxième pression détermine l'écoulement d'une nouvelle quantité décide oléique.
Les tourteaux blancs qui résultent do cette seconde pression sont un mélange d'acide stéarique et d'acide margarique ; on les porte dans une cuve de bois blanc munie à son fond d'un serpentin de plomb. On leur fait subir alors un premier lavage avec de . l'eau aiguisée d'acide sulfurique, puis un deuxième lavage à l'eau douce, à laquelle on ajoute des blancs d'œufs battus; on porte enfin lentement la masse à la température do l'ébullition.
L'albumine en se coagulant entraîne mécaniquement toutes les impuretés que le corps gras pouvait tenir en suspension; on obtient alors une matière incolore et limpide, qui se trouve dans un état de pureté suffisant pour être employée directement à la fabrication des bougies.
A cet effet le mélange d'acides margarique et stéarique est versé à l'état liquide dans des moules cylindriques terminés à l'une de leurs extrémités par une sorte de cuvette et à l'autre par une partie conique. L'axe de ce moule est formé par une mèche de coton tressée, fortement imprégnée d'une dissolution d'acide borique qui, en faisant incliner la mèche, facilite tout à la fois la combustion et réduit les cendres à un très-petit volume en les vitrifiant.
Le moulage des acides gras présente d'assez grandes difficultés. Pour réussir, il faut faire fondre complètement la matière et laisser la température s'abaisser graduellement en remuant le corps gras, afin de troubler sa cristallisation. Quand il présente la consistance d'une pâte, liquide, on le fait couler dans les moules qui ont été portés à une température voisine de celle du point de fusion de la matière grasse. Les acides gras, passant rapidement de l'état liquide à l'état solide, ne cristallisent point et se moulent exactement sur la paroi interne du moule en présentant une surface parfaitement lisse.
Dans quelques fabriques, on ajoute à la matière grasse 2 ou 3 pour 100 de cire avant de la couler dans les moules, cette addition ayant pour but d'empêcher la cristallisation et de rendre les bougies moins friables.
SAVONS
SAVONS
§ 1380. Les savons, que connaissaient les anciens ainsi que le prouvent les écrits de Pline, sont de véritables sels résultant de la combinaison des acides gras avec les divers oxydes métalliques. Les savons à base de potasse, de soude et d'ammoniaque possèdent seuls la propriété de se dissoudre dans l'eau; les autres sont insolubles dans ce liquide et peuvent s'obtenir par la méthode des doubles décompositions. Les savons de potasse et de soude sont, en outre, solubles dans l'alcool etl'éther; les autres, sauf quelques rares exceptions, ne s'y dissolvent pas. Les premiers, en raison de leur solubilité, sont les seuls dont on fasse usage dans les arts. Leur constance est d'autant plus grande, que le point de fusion de la matière grasse qui entre dans leur composition est plus élevé; de plus, l'expérience nous apprend qu'avec une même matière grasse, la soude forme des savons beaucoup plus durs que la potasse.
Les savons durs, ou à base de soude, se préparent avec l'huile d'olive, le suif et diverses autres graisses. En France, on fait généralement usage d'huile d'olive; on emploie le suif, au contraire, en Angleterre, ainsi que dans le nord de l'Europe et de l'Amérique, en raison de l'abondance de cette matière première. .
Les savons mous s'obtiennent au moyen des huiles de graines, telles que celles de lin, de chènevis, de colza ; on en prépare également avec l'axonge. Ces savons présentent une couleur d'un vert noirâtre, qu'on leur donne soit au moyen du sulfate de cuivre, ou de la dissolution sulfurique d'indigo, soit à l'aide d'un mélange de sulfate de fer, de noix de galle et de campèche; en général, les huiles siccatives donnent des savons plus mous que les huiles non siccatives.
Les savons durs sont employés aux opérations du savonnage. Les savons verts et noirs sont principalement employés pour le foulage et le dégraissage des étoffes de laine. Les savons de toilette se préparent de la même manière que les savons blancs, seulement on évite l'emploi d'un excès d'alcali; on ajoute, en outre, de petites quantités d'huiles essentielles qui servent à les aromatiser.
SAVONS, • 417 On obtient des savons transparents, incolores ou colorés, en dissolvant du savon ordinaire bien desséché/lans de l'alcool. On maintient le mélange à une douce chaleur, jusqu'à ce que la masse soit parfaitement limpide, puis 011 arrête alors le feu. La matière liquide abandonnée à elle-même pendant quelques heures pour laisser déposer les produits insolubles est coulée dans des mises en fer-blanc. Ce savon n'acquiert pas immédiatement une transparence parfaite; celle-ci n'atteint son maximum que lorsque le produit est parfaitement sec.
Le savon le plus estimé dans les arts est le savon de Marseille. On le prépare avec des huiles d'olive auxquelles on ajoute quelques centièmes d'huile d'oeillette et des soudes caustiques. Les huiles qui conviennent le mieux pour la fabrication de ce savon, sont celles quj possèdent le moins de couleur et contiennent le plus de margarine. Les huiles fraîches fournissent également de meilleurs résultats que les huiles anciennes.
On emploie deux qualités de soude, l'une caustique marquant de 33 à 36 degrés à l'alcalimètre de Decroizilles, l'autre, dite soude salée, est mélangée d'une forte proportion de sel marin.
Pour préparer le savon, on introduit dans de grandes chaudières, que l'on remplit au quart environ, des lessives faibles que l'on porte à l'ébullition et dans lesquelles on fait arriver graduellement la matière grasse, en ayant soin d'agiter continuellement le mélange. On ajoute ensuite successivement de la lessive faible et de l'huile jusqu'à ce que la chaudière soit suffisamment chargée. On obtient de la sorte une émulsion renfermant un excès de matière grasse dans une liqueur qui ne contient que très-peu d'alcali libre, mélange qu'on ne peut maintenir uniforme que par un brassage continuel. On y introduit ensuite une lessive plus concentrée, dont l'objet est de convertir le savon avec excès de matière grasse en un savon avec excès d'alcali qui est beaucoup plus soluble. Cette opération, qu'on désigne sous le nom ftempâtage, exige en moyenne vingt-quatre heures pour s'accomplir d'une manière complète. On procède alors à l'opération du rclargagc dont le but est de rendre le savon, plus alcalin et de le séparer des lessives. A cet effet, on ajoute des soudes salées en agitant continuellement. La pâte homogène et visqueuse se transforme bientôt en grumeaux
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qui viennent so rassembler à la surface. Après avoir fait écouler la lessive, on travaille la pâte avec des pelles pour la rendre homogène ; on la coule dans des mises ; puis, après complet refroidissement, on la débite en morceaux.
On connaît deux sortes de savons, le savon blanc et le savon marbré. Pour obtenir le premier, on délaye ta pâte à une température peu élevée dans des lessives faibles et on l'abandonne au repos; les savons d'alumine et de fer se déposent au fond; on enlève alors le savon blanc qui surnage et on le porte dans des mises. Pour obtenir le savon marbré, on ajoute moins de lessive ; les savons d'alumine et de fer qui présentent une coloration d'un bleu verdàtre ne se déposent plug alors complètement et se sépareut en petites veines qui se disséminent dans toute la masse, simulant ainsi les veines du marbre ordinaire. Les savons marbrés renferment de 3o à 35 pour 100 d'eau en maximum, tandis que les savons blancs en renferment de 4° à 60 pour 100.
On comprend dès lors tout l'avantage qu'a le consommateur d'acheter dés savons marbrés, puisqu'à poids égal ils renferment plus de matière utile.
Les acides minéraux, même étendus d'eau, décomposent les savons, s'emparent de leur base et mettent en liberté les acides gras qui viennent nager à la surface de la liqueur.
On met cette action à profit pour déterminer la quantité de matière grasse contenue dans un savon. A cet effet, on pèse exacte- . ment 10 grammes de matière sèche que l'on traite par un excès d'acide chlorhydrique bouillant, en ayant soin d'ajouter un poids déterminé de cire; la matière grasse vient alors se rassembler à la surface du liquide sous la forme d'une couche huileuse qui se concrète par le refroidissement, on la lave, on la dessèche, puis on la pèse. En retranchant du poids- obtenu le poids de la cire ajoutée, on obtient celui do la matière grasse qui entre. dans la composition du savon.
Pour déterminer la quantité d'eau contenue dans un savon, on le divise en raclures très-minces dont on pèse 5 grammes, que l'on soumet dans un courant d'air sec à l'action d'une température de 100 degrés, jusqu'à ce que la matière n'éprouve plus de perte de poids; on détermine alors le poids de la substance sèche. La dif-
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férence entre la première et la dernière pesée fait connaître la quantité d eau qui s'est dégagée par Tévaporation.
Quanta la proportion d'alcali contenue dans un savon, on peut la déterminer facilement à l'aide d'un css û alcalimétrique.
4ao ALCALIS ORGANIQUES.