X (II
Bases imidogénées
Az X ( Y
Bases nitrilées
Az Y
Quant à la constitution des bases. organiques non volatiles, elle présente probablement des différences considérables. Les expériences récentes de M. Wurtz démontrent qu'on peut obtenir artificiellement des bases oxygénées présentant une grande ressemblance* avec les alcalis oxygénés naturels par le simple accouplement d'un composé ternaire avec l'ammoniaque, et produire ainsi de véritables ammoniaques conjuguées dans le sens qu'y attachait Berzeîius Nous y reviendrons plus loin avec quelques développements.
§ 1396. Après vous avoir énuméré les différentes méthodes à l'aide desquelles on peut engendrer ces bases volatiles si nombreuses, et vous avoir fait comprendre comment, à l'aide de cette génération même, on peut se rendre compte de leur véritable nature, je vais vous décrire les propriétés générales de quelques-uns de ces composés en particulier, en choisissant ceux dont les propriétés sont les mieux connues, et qui présentent le plus d'intérêt. Je vous ferai voir également qu'on peut faire dériver de l'hydrogène phosphore, de l'hydrogène arsénié, de l'hydrogène antimonié, corpsanalogues à l'ammoniaque, des composés qui présentent les ressemblances les plus frappantes avec les dérivés ammoniacaux, et qui n'en diffèrent qu'en ce que l'azote s'y trouve remplacé par du. phosphore, de l'arsenic ou de l'antimoine.
438 ÉTHYLAMINE.
PREMIER GROUPE
Alcalis de la forme C^H'^Az,
Correspondant aux alcools. C^H'^O2.
ÉTHYLAMINE. Éq. = 562,5 ou 45.
§ 1397. Ce produit se prépare soit en distillant de l'éther cyanique avec de la potasse, soit en faisant réagir l'éther brorohydrique sur une dissolution alcoolique d'ammoniaque. Dans le premier cas, il se forme de l'éthylamine libre, qu'on recueille dans de l'acide chlorhydrique ; la dissolution saline est évaporée à sec et le sel purifié par des cristallisations dans l'alcool. Dans le deuxième cas, l'éthylamine existe en combinaison avec l'acide bromhydrique.
Pour isoler la base à l'état. de pureté de l'un ou de l'autre de ces sels, on les distille avec de la potasse solide en faisant arriver les vapeurs dans un petit matras, entouré d'un mélange de glace et de sel.
§ 1398. Ainsi préparée, l'éthylamine est un liquide incolore, très-mobile, qui bout à 1 8°, 7 et ne se solidifie pas dans un mélange d'acide carbonique et d'éther. Sa densité est de 0,696 à 8 degrés- La densité de sa vapeur est de 1 ,57.
Celte matière possède une odeur ammoniacale des plus vives et qu'on tendrait à confondre avec l'ammoniaque elle-même; sa causticité ne peut guère être comparée qu'à celle de la potasse. Elle bleuit le tournesol rougi, sature complètement les acides les plus énergiques, et détermine une douleur des plus vives lorsqu'on la dépose sur la langue, les lèvres ou toute autre partie molle du corps.
Elle s'enflamme par l'approche d'un corps en combustion et brûle avec une flamme jaunâtre.
Elle se mêle en toute proportion à l'eau, en s'échauffant nota blement. L'ébullition la chasse en totalité.
La dissolution d'éthy lamine se comporte à l'égard des sels métalliques à la manière de l'ammoniaque. La seule différence consiste en ce qu'elle jouit, contrairement à l'ammoniaque, de la propriété de dissoudre l'alumine en quantité considérable.
L'énergie basique de l'éthylamine parait supérieure à celle de
gle
DIÉTIIYLAMINE. 439
l'ammoniaque; ce qu'il y a de certain, c'est qu'elle chasse cette base de ses combinaisons salines.
Lorsqu'on fait passer sa vapeur à travers un tube de porcelaine chauffé au rouge, elle se décompose en donnant de l'acide cyanhydrique, de l'ammoniaque, de l'hydrogène et des gaz carburés.
Le chlore et le brome agissent immédiatement sur i'éthylamine en donnant naissance à des chlorhydrates ou des bromhydrates d'éthylamine, qui se dissolvent dans l'eau, tandis qu'il sô précipite des produits huileux qui ne diffèrent de Téthylamine qu'en ce que 2 équivalents d'hydrogène s'y trouvent remplacés par 2 équivalents de chlore ou de brome. Ces composés se détruisent au contact de la potasse caustique, en formant de l'ammoniaque, de l'acétate de potasse et du chlorure ou du bromure de potassium. Cette réaction s'explique au moyen de l'équation
C H5 CP Az H- 3 KO 4- HO = Az H3 + 2 Cl K C II3 O9 , KO.
L'acide nitreux décompose I'éthylamine en donnant naissance à de l'eau et à de l'azote; il se forme en môme temps du nitrite d'éthyle.
La composition de I'éthylamine est exprimée par la formule
(C'HM
C4 H7 Az = Az ] H ! , = 4 vol . vap., ( H )
contrôlée par l'analyse d'un grand nombre de ses sels ei par celle du chloroplatinate.
DIÉTHYLAMINE. Éq. = 912, 5 ou 73.
§ 1399. Ce composé se produit par l'action réciproque de I'éthylamine et du bromure d'éthyle. Ces deux corps agissent plus rapidement l'un sur l'autre que le bromure d'éthyle et l'ammoniaque. La liqueur laisse déposer assez rapidement des cristaux aciculaires de bromhydrate de diéthylamine, dont on peut séparer la base en distillant ce sel avec de la potasse.
On obtient de la sorte un liquide limpide très-volatil, inflammable, soluble en toutè- proportion dans l'eau et présentant une réaction alcaline fort énergique. Ce liquide bout à 67 degrés, et donne, par son union avec l'acide chlorhydrique, un sel cristalli-
44o MÉTHYLAMINE.
sable; ce dernier forme avec le bichlorurede platine un composé qui cristillise en grains d'un rouge orangé. La composition de ce produit est représentée par la formule
C8H,,Az = Az,GtHs'.
TRIÉTHYLAMINE. Éq. = 1262,5 ou 101.
§ 1400. Si Ton mélange le produit précédent avec du bromure d'éthyle, qu'on l'introduise dans un tube scellé à la lampe et qu'on le chauffe au bain-marie, il se prend bientôt en une masse de cristaux fibreux, qui constituent le bromhydrate d'une nouvelle base. Ce sel, soumis à la distillation avec un excès de potasse, laisse dégager un liquide incolore, très-alcalin, volatil au-dessous de 100 degrés, inflammable, encore très-soluble dans l'eau, mais moins que les produits précédents.
Cette base forme avec les acides des sels très-nettement cristallisés. Lorsqu'on mêle des dissolutions de chlorhydrate de triéthylamine et de bichlorure de platine et qu'on abandonne le mélange à l'évaporation spontanée, il se sépare de magnifiques rhombes d'un bel orangé présentant une grande ressemblance avec le bichromate de potasse.
La composition de la triéthylamine est représentée par la formule
(C'HM
. * C,aH,sAz = Az]c4H*{.
La meilleure méthode pour obtenir la triéthylamine pure consiste à distiller l'hydrate de tétréthylammonium.
MÉTHYLAMINE. Éq. = 387 , 5 ou 3 1 .
§ 1401. Si l'on remplace le bromure et l'iodure d'éthyle par le bromure et l'iodure de méthyle, on obtient une série de composés qui présentent les ressemblances les plus frappantes avec ceux dont nous venons de tracer l'histoire. On donne ainsi naissance à la méthylaminvy à la dimélhylaminc et à la trimèthylaminc > dont la
BUTYLAMINE. 44 <
composition est exprimée par les formules
Méthylamine C2HiAz = Az{ H
Diméthy lamine CH' Az = Az { C'H*
Triméthylamine CH'Az = Az] C2H3